L’Italie vise la qualification face à la Bosnie pour mettre fin à la pression

Sophie Lambert

L’Italie en quête de retour sur la scène mondiale après plus d’une décennie d’absence

Ce mardi soir à 20h45, dans la ville de Zenica, l’équipe italienne a une occasion unique de renouer avec la compétition internationale qui lui échappe depuis douze années. Pour cela, elle devra s’imposer face à la Bosnie-Herzégovine lors de la confrontation décisive des barrages européens en vue de la Coupe du Monde 2026. La rencontre s’annonce comme un véritable défi, car malgré la supériorité historique de l’Italie, ce match constitue une étape clé où tout peut basculer, notamment en raison de la forte motivation et de la détermination des Bosniaques à faire respecter leur territoire et leur honneur.

Une qualification suscitée par une célébration problématique

Après l’élimination inattendue face à la Macédoine du Nord lors de la Coupe du Monde 2022, les joueurs italiens ont connu une crise de confiance. Récemment, après leur succès aux tirs au but contre le Pays de Galles (1-1, 4 tab à 2), Federico Dimarco, Sandro Tonali et plusieurs autres membres de l’effectif ont laissé apparaître une excitation visible devant les caméras de télévision. Cette euphorie a rapidement alimenté la controverse, puisqu’ils ont célébré la qualification de la Bosnie au détriment du pays de Galles. La manière de célébrer a été considérée comme excessive et a suscité des réactions mitigées, voire des critiques, de la part de leurs futurs adversaires et de nombreux supporters. Certains observateurs estiment que cette attitude, un peu trop ostentatoire, n’était pas la meilleure préparation pour un match si crucial dans une ambiance qui s’annonce électrique.

Les réactions des protagonistes et la polémique

Malgré ses dénégations, où Federico Dimarco a expliqué qu’il n’avait pas voulu manquer de respect à la Bosnie ni à ses habitants, la controverse a marqué les esprits. Il a reconnu que ses propos pouvaient paraître arrogants, notamment lorsqu’il a indiqué que les « Zmajevi » — c’est-à-dire les Dragons, surnom de l’équipe bosnienne — semblaient être moins redoutables que le pays de Galles. Cependant, la fâcheuse impression était là : l’Italie, quadruple championne du monde, se prépare à un match très difficile dans un contexte hostile, marqué par une atmosphère de feu et des enjeux importants. La fête ne s’est pas faite sans conséquence, car l’impact de ces déclarations, ou tout simplement de cette célébration trop démonstrative, pourrait influencer la dynamique de la rencontre et compliquer la tâche des Italiens.

Des conditions particulières à Zenica

Le stade Bilino-Polje, situé à environ 70 kilomètres de la capitale sarajevo, accueillera l’événement. Toutefois, il ne comptera que 8 800 spectateurs, en raison d’une sanction de la FIFA pour des comportements racistes et discriminatoires de la part des supporters bosniens lors du dernier match de qualification contre la Roumanie. La capacité totale habituelle de cette enceinte est supérieure, mais la suspension a été appliquée pour tenter de prévenir tout débordement. La majorité des supporteurs locaux seront néanmoins rassemblés derrière leur sélection, qui occupe actuellement la 66e position au classement FIFA mais reste déterminée à faire vibrer le pays et à décrocher son ticket pour la Coupe du Monde, notamment grâce à la vivacité et à l’expérience de son emblématique attaquant Edin Dzeko. À 40 ans, celui-ci est considéré comme le capitaine de cette équipe et leur dernière chance de participer dans une compétition mondiale après leur unique apparition en 2014.

Une équipe bosnienne optimiste face à l’adversité

Les Bosniens abordent la rencontre avec une confiance renouvelée, malgré un contexte difficile. Lors d’un entretien récent, leur attaquant vedette, qui a déjà inscrit 73 buts en 147 sélections, a affirmé : « Nous savons que l’Italie est une équipe de haut niveau, mais elle n’a plus la même solidité que par le passé. Elle ne possède plus Totti ni Del Piero, mais elle reste redoutable. Pourtant, je pense que nous pouvons leur poser de sérieux problèmes, car nous sommes une équipe forte. » Avec un regard tourné vers le futur, cette nation espère renouveler sa participation à une Coupe du Monde, après avoir manqué celles de 2018 et 2022, et elle mettra tout en œuvre pour conquérir la victoire qui leur permettrait d’écrire une nouvelle page de leur histoire footballistique.

Les enjeux et la préparation italienne

En dépit d’une ambiance de feu, la météo pourrait compliquer la donne : des chutes de neige récentes et une pluie annoncée pour le moment du match risquent de transformer la pelouse en un terrain glissant. Face à cela, l’entraîneur italien Gennaro Gattuso a pris la décision de reporter d’une journée le déplacement en Bosnie, prévoyant une dernière répétition à Coverciano, près de Florence, où les joueurs pourront s’adapter au mieux aux conditions climatiques prévues. La sélection italienne, qui n’a connu qu’un seul véritable grand rendez-vous depuis leur élimination prématurée en 2018, est consciente de l’enjeu. Le coach envisage probablement de faire confiance aux nombreux vainqueurs du dernier match contre l’Irlande du Nord, tout en restant à l’écoute des jeunes talents prometteurs comme Francesco Pio Esposito, âgé de seulement 20 ans, qui pourrait avoir droit à sa chance si certains titulaires sont décevants.

Les forces en présence : forces et faiblesses

Ce qui se joue, c’est aussi le maintien d’un espoir national. Après une série d’échecs à répétition, l’Italie a l’obligation morale de se qualifier pour le Mondial, même si elle sait qu’elle rencontrera une équipe redoutable. Le défenseur latéral, tout comme le capitaine Dimarco, insistent sur la nécessité de faire preuve de mental fort et de rester concentrés pendant toute la durée du match. La clé pour eux sera de garder l’état d’esprit positif, de croire en leurs capacités et de donner le meilleur d’eux-mêmes durant 95 minutes, afin de repartir avec le résultat espéré. La pression est immense, mais la fierté de représenter la nation ne faiblit pas. Tout un pays s’apprête à vibrer pour sa sélection dans cette ultime étape vers le rêve, celui de renouer avec la scène mondiale après une longue période d’absence dans la compétition phare qu’est la Coupe du Monde.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.