Lio surprise par sa retraite de 980 euros : une révélation qui concerne aussi d’autres célébrités

Sophie Lambert

Pourquoi Lio doit-elle encore exercer sa profession ?

Dans une interview accordée à Mesdames Media début décembre, la chanteuse et actrice Lio, âgée de 63 ans, a partagé ses raisons pour lesquelles elle n’envisage pas encore de prendre sa retraite. Elle explique qu’elle doit continuer à travailler, car la question de sa pension de retraite reste un mystère pour elle et elle souhaite comprendre ce système qui la concerne directement.

Elle confie, avec une certaine incompréhension : « Je ne sais même pas comment ils calculent tout ça. » Elle revient sur ses débuts professionnels, précisant qu’elle a commencé à réaliser des activités déclarées à l’âge de 17 ans. Elle a récemment vérifié le montant de sa future pension sur un site officiel du gouvernement, et cette somme l’a profondément troublée. Selon ses calculs, elle pourrait percevoir environ 980 euros par mois, une somme qu’elle trouve injustement basse et qu’elle espère voir rectifiée, voire qu’elle pense être victime d’une erreur.

Lio, née Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos, est devenue une étoile incontournable à la fin des années 1970. Son ascension a débuté avec la sortie de son tube « Banana Split » enregistrée alors qu’elle n’avait que 16 ans. Outre sa carrière musicale, elle a également exercé comme actrice. Très engagée concernant la condition des femmes, elle a évoqué dans cette même interview les violences qu’elle aurait personnellement subies durant son enfance, notamment une agression sexuelle dont elle a été victime de la part de son beau-père.

Des montants de retraite qui inquiètent les célébrités

Plusieurs autres artistes, tout comme Lio, s’alarment du faible niveau de leur pension. Par exemple, en 2022, l’actrice Anny Duperey révélait percevoir à peine 600 euros par mois. De son côté, le chanteur Frédéric François déclarait toucher une somme légèrement supérieure, de l’ordre de 660 euros mensuels, même si la gestion de ses droits d’auteur lui procure un revenu plus conséquent.

Laurent Cabrol, ancien présentateur météo, mentionnait également recevoir environ 1 200 euros chaque mois pour sa pension, ce qui illustre bien la disparité parfois frappante entre la vie professionnelle et la pension de retraite qu’elle génère. La grande majorité des artistes ne bénéficie pas de pensions astronomiques, ce qui suscite souvent l’indignation ou l’anxiété chez eux.

Les chiffres officiels de la retraite en France

Selon le Panorama annuel publié par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la pension moyenne dans l’Hexagone s’établit à 1 666 euros bruts par mois. Mais comment en arrive-t-on à ces montants ? La réponse réside dans le fait que chaque pension est calculée en fonction des cotisations versées, régies par les régimes de droit commun. Que l’on soit connu ou non, la carrière professionnelle influence fortement le montant final, et celle-ci peut connaître des interruptions, notamment pour cause de périodes de chômage ou d’emplois précaires.

Les revenus déclarés par certains artistes ou partenaires de la scène ne reflètent pas toujours leur vraie capacité financière. Jimmy Schumann, représentant du Syndicat français des artistes-interprètes, indique que bon nombre de ces professionnels sont payés à la journée, par cachet. Si certains peuvent gagner plusieurs milliers d’euros lors d’une seule journée de travail, leur pension sera limitée par un plafond fixé par la Sécurité sociale, qui ne dépasse pas souvent 200 euros par jour. Et c’est précisément sur cette limite que se base le calcul de leur retraite, ce qui explique en partie pourquoi leur pension peut apparaître dérisoire.

Retraites faibles, mais revenus secondaires nombreux

Certains artistes, comme Dave ou Armande Altaï, ont exprimé leur frustration face à leurs pensions modestes. Dave évoque dans une interview récente avoir une retraite mensuelle d’environ 1 700 euros, une somme que beaucoup jugent faible au regard de ses années d’activité. La vedette de la Star Academy, Armande Altaï, touchait quant à elle autour de 900 euros par mois.

D’autres personnalités, comme l’ancien ministre Luc Ferry, ont aussi expliqué qu’il leur était difficile de maintenir leur niveau de vie avec une pension d’environ 4 000 euros mensuels, c’est-à-dire une somme considérée comme modeste pour certains.

Une carrière souvent irrégulière et des plafonds de la sécurité sociale

Le montant moyen de la retraite en France demeure relativement bas en comparaison avec le coût de la vie ou d’autres pays européens, ce qui s’explique notamment par la nature même de la carrière des artistes. La durée et la stabilité ne sont pas toujours au rendez-vous, et leur contribution dans le système de retraite est souvent affectée par des périodes de moindre activité ou de chômage.

De plus, la manière dont ces revenus sont déclarés a aussi une influence décisive. Il est fréquent que les artistes, notamment dans le domaine du spectacle, soient payés au cachet, parfois de façon irrégulière ou hors déclaration. Jimmy Schumann précise que si des artistes peuvent percevoir des cachets importants, leur pension sera plafonnée par le montant maximal fixé par la Sécurité sociale, soit environ 200 euros par jour de travail. Et comme la retraite repose en partie sur ces plafonds, cette limite limite mécaniquement le montant des pensions.

Les revenus complémentaires et autres sources de revenus

Pour bon nombre d’artistes, la retraite ne constitue pas leur unique source de revenus. Beaucoup jouent sur plusieurs tableaux : droits d’auteur, droits de rediffusion, activités dans le patrimoine immobilier, ou encore tournées et spectacles. Ces revenus annexes jouent un rôle crucial pour maintenir un certain niveau de vie après la fin de leur carrière principale.

Anny Duperey, par exemple, a expliqué qu’elle comptait sur ses droits d’auteur et ses autres revenus pour compléter sa pension. La chanteuse Stone, alias Annie Gautrat, confie quant à elle percevoir environ 1 000 euros par mois de sa retraite, ce qu’elle considère comme largement insuffisant. Elle admet que ses revenus issus des spectacles ou des rediffusions permettent de pallier cette faiblesse en complément de la pension.

Une rémunération de retraite très modeste, mais des biens immobiliers valorisés

Garder en perspective, certains artistes cumulent des fortunes immobilières ou exploitent leur héritage pour un complément de revenus. Laurent Cabrol, par exemple, affirme que ses faibles pensions ne reflètent pas la réalité de ses autres actifs, notamment dans l’immobilier. Dans ses déclarations, il expliquait que ceux qui ont travaillé longtemps dans le secteur de la médiatisation peuvent aussi posséder des propriétés valorisées, ce qui constitue une richesse additionnelle.

Jean-Marie Bigard, quant à lui, témoigne qu’il perçoit environ 6 000 euros par mois grâce à ses droits d’auteur, une somme tout à fait supérieure à sa pension de base, qu’il qualifie de « faible » dans le contexte de ses revenus globaux. Il précise que ses gains lui permettent de vivre confortablement, alors même que d’autres professions dans le spectacle touchent des pensions bien moindre.

De leur côté, des célébrités comme Christine Bravo ou Danièle Gilbert se déclarent satisfaites de leur retraite, avec des montants respectifs de 3 100 euros ou exprimant qu’il serait indécent pour une star de se plaindre concernant sa pension.

Les disparités restent majeures en matière de pensions en France, et ces exemples soulignent que, pour beaucoup de ceux qui ont consacré leur vie à la scène ou à la musique, la retraite reste une étape difficile à atteindre de façon confortable.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.