Aucune entente ni compromis n’ont été trouvés entre l’Assemblée nationale et le Sénat : le 18 décembre passé, les négociations qui s’étaient engagées dans le cadre de la commission mixte paritaire, réunissant ces deux institutions pour examiner le projet de Loi de finances 2026, se sont soldées par un échec.
Malgré plusieurs tentatives de parvenir à un consensus, aucune avancée n’a été réalisée lors de ces discussions. La situation demeure donc bloquée, ce qui complexifie la mise en place du budget national pour la prochaine année.
Ce manque d’accord signifie que le texte doit à nouveau faire l’objet de débats parmi les parlementaires, ce qui repoussera la finalisation de la loi financière. La prochaine étape consiste à reprendre les échanges dans les salles parlementaires en janvier, afin d’adopter définitivement le budget nécessaire pour la gestion des affaires publiques en 2026.
En attendant, une solution transitoire a été mise en œuvre pour garantir le fonctionnement continu de l’État. Il s’agit d’adopter un projet de loi spécial, spécialement conçu pour couvrir la période de transition et assurer la continuité administrative et financière durant cette période d’incertitude.
—
Une crise du logement exacerbée par l’échec parlementaire
L’échec de la commission mixte paritaire a été une mauvaise nouvelle pour le secteur immobilier, qui attend depuis longtemps des mesures claires et fortes pour sortir de la crise du logement. Ce secteur, déjà fragilisé, subit désormais un coup dur alors que la situation se dégrade, aussi bien pour les ménages que pour les acteurs professionnels.
Les habitants, notamment ceux qui louent un logement, peinent à trouver des solutions d’hébergement abordables, face à la complexité croissante du marché immobilier. La fin de certains dispositifs d’incitation, qui encourageaient les investisseurs à rénover ou construire, contribue également à aggraver cette crise. Le secteur immobilier tout entier souffre de ce dénouement stérile, dont les conséquences affectent directement la disponibilité et l’accessibilité du logement pour tous.
Cette impasse parlementaire interpelle sur l’urgence de mesures concrètes pour relancer le secteur, qui est crucial pour le développement urbain et la stabilité sociale. La question du logement reste donc au cœur des préoccupations, avec un besoin pressant de décisions politiques courageuses et structurantes pour inverser la tendance.
—
Le constat d’un immobilisme inquiétant sur les réformes du logement
Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), insiste sur l’importance de la stabilité dans le secteur du logement. Selon lui, ce domaine ne doit plus servir de variable d’ajustement face aux blocages politiques, mais nécessiter des décisions audacieuses permettant de poser les bases d’un marché plus fiable et dynamique.
La Fnaim exprime ainsi ses craintes concernant la possibilité que, dans le pire des cas, aucune grande initiative ne soit prise avant le début de 2026. Elle redoute notamment que la fiscalité immobilière reste figée dans la version de 2025, sans réforme du statut des bailleurs privés, sans mesures incitatives pour relancer la construction, ni signaux forts pour encourager la reprise du secteur. Ce scénario, s’il se concrétise, pourrait perpétuer l’instabilité et retarder une relance tant attendue.
L’organisation professionnelle met en garde contre une situation où l’absence de décisions concrètes nourrirait la stagnation du marché immobilier, affectant directement les investisseurs et les ménages en quête d’un logement. La nécessité d’un sursaut de responsabilité de la part des responsables politiques est désormais plus que jamais soulignée.
—
Des discussions parlementaires à la relance attendue début janvier
Le calendrier pour le réexamen du projet de loi financier prévoit la reprise des discussions en commission mixte paritaire à partir du 8 janvier. Ce rendez-vous crucial sera suivi par la formulation et le dépôt d’amendements, afin de préparer leur examen en séance publique, prévu pour le 13 janvier.
Le gouvernement, soucieux d’obtenir une adoption rapide du budget 2026, mise sur une procédure efficace pour finaliser les débats dans les meilleurs délais. Toutefois, la Fnaim appelle l’ensemble des parlementaires à faire preuve d’un sens accru de responsabilité. Elle enjoint les élus à prendre des mesures audacieuses, qui pourraient éviter de compromettre la reprise économique et la stabilité du secteur immobilier.
Selon la Fédération, si cette crise perdure sans solution concrète, cela entraînera la suspension de nombreux projets immobiliers, le gel d’investissements et des ménages pénalisés sur le long terme. La nécessité d’un changement d’attitude et l’urgence à agir sont donc aujourd’hui plus que jamais mises en avant pour faire face à cette situation de blocage.






