Après plusieurs modifications successives du régime des retraites et face à un contexte politique souvent incertain, les citoyens français se montrent de plus en plus préoccupés quant à leurs futurs revenus. Ces inquiétudes résultent notamment des réformes institutionnelles qui ont fragilisé la confiance dans le système, mais aussi du climat politique global, source de doutes et d’incertitudes pour beaucoup.
D’un côté, cette anxiété est alimentée par l’allongement constant de l’espérance de vie, qui modifie la perception de la durée pendant laquelle ils devront vivre avec un revenu limité. D’un autre côté, le mode de financement actuel du système de retraite, en grande partie basé sur la solidarité intergénérationnelle, paraît de plus en plus vulnérable et questionné. La combine de ces facteurs fait peser un doute sérieux sur la pérennité de leur pension future.
Face à cette situation, nombreux sont ceux qui considèrent l’immobilier comme une valeur sûre. La pierre demeure une solution attrayante, perçue comme un placement fiable pour assurer une certaine stabilité financière en période d’incertitude. Par conséquent, elle constitue pour beaucoup une véritable alternative de refuge face aux fragilités du système de retraites publics.
Une crainte partagée par une majorité de Français
Les résultats d’un sondage réalisé par Kantar confirment que la majorité des sondés vivent cette période avec de fortes préoccupations : environ 74 % des personnes interrogées expriment leur inquiétude quant à la qualité de leur avenir financier lors de la retraite. Ces chiffres traduisent une anxiété généralisée, témoignant d’un malaise qui dépasse les simples considérations économiques, pour s’étendre à toutes les sphères de la vie.
Cette préoccupation ne concerne pas qu’une tranche d’âge spécifique, mais elle évolue en fonction du cercle de vie. Ainsi, plus l’individu se rapproche de l’âge de la retraite, plus il manifeste d’inquiétudes. Pourtant, ce phénomène commence à toucher une population plus jeune qu’auparavant, ce qui marque une évolution notable : désormais, même des jeunes entre 30 et 39 ans se disent préoccupés par leur avenir. Ce mal-être s’intensifie chez ceux qui ont entre 40 et 49 ans, tout comme chez ceux approchant de la cinquantaine, avec respectivement 73 et 77 % d’entre eux exprimant leur inquiétude.
Les sources de ces inquiétudes
Les raisons qui alimentent ces préoccupations sont variées. La peur principale concerne la baisse de pouvoir d’achat, redoutée par 65 % des personnes interrogées. Beaucoup craignent que leur niveau de vie actuel ne soit pas maintenu une fois à la retraite, avec la crainte d’être confrontés à une diminution de leurs ressources.
Par ailleurs, plus de la moitié des sondés (53 %) redoutent de ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues ou à une perte d’autonomie liée à l’âge. La crainte de dépendance excessive, due à une confiance décroissante dans le système par répartition, concerne environ 45 % des individus. Ces peurs alimentent une tendance concrète : celles et ceux qui sont préoccupés par leur avenir cherchent à diversifier leurs sources de revenus, notamment en épargnant davantage pour leur retraite. Selon les statistiques, 63 % d’entre eux ont déjà commencé à mettre de côté une somme pour assurer leurs vieux jours.
Les attentes en matière de placements
Les Français ont en tête plusieurs critères pour constituer leurs revenus complémentaires. Parmi leurs priorités, ils souhaitent privilégier des placements à risque réduit, souvent pour garantir la stabilité de leur capital. Plus de la moitié (53 %) privilégie des investissements à faible risque, tandis que 41 % sont attentifs à limiter leurs frais. La sécurité et la régularité des revenus générés par ces investissements sont également essentielles pour une part importante des épargnants, avec 34 % citant la nécessité de disposer de revenus réguliers.
En ce qui concerne leur choix de placements, l’immobilier arrive en tête : 62 % des personnes considèrent qu’il constitue une solution judicieuse pour compléter leur revenu de retraite. Le secteur immobilier reste dans leur esprit comme un placement sûr, capable de générer un flux financier stable et d’offrir une certaine tranquillité d’esprit face à l’incertitude des autres produits financiers.
Derrière l’immobilier, viennent l’or, les actions en bourse, ainsi que les obligations, qui restent des options populaires pour diversifier leur portefeuille. L’immobilier jouit d’une image de stabilité et de sécurité, perçue comme un vecteur de revenus réguliers, surtout en comparaison avec d’autres investissements financiers souvent jugés complexes ou moins sûrs.
Inversement, une proportion importante de Français—environ 34 %—ne sait pas encore vers quel type de placement se diriger pour compléter leur pension de retraite. Ce manque d’information ou de confiance dans certaines solutions financières les empêche de faire des choix éclairés pour leur avenir.
En somme, la majorité des citoyens expriment le besoin de mieux s’informer et d’avoir accès à des dispositifs simples et sûrs, permettant de sécuriser leur avenir financier en dehors du système public, dont la stabilité devient de plus en plus contestée.






