L’Intelligence Artificielle au service de la lutte contre la fraude fiscale et ses usages par les contribuables
Depuis plusieurs années, l’administration fiscale mise de plus en plus sur l’intelligence artificielle pour renforcer ses efforts de détection de la fraude. Par exemple, elle a lancé le projet baptisé « Foncier innovant », utilisant les images aériennes fournies par l’Institut national de l’information géographique (IGN). Ce dispositif vise à vérifier si la déclaration de propriété immobilière faite par un contribuable correspond bien à la réalité de ses biens. La technologie permet ainsi de croiser les données déclarées avec celles observées sur le terrain grâce à l’imagerie satellite ou aérienne. De son côté, une question se pose : dans quelle mesure un contribuable peut-il lui aussi s’appuyer sur l’intelligence artificielle, notamment générative, pour compléter sa déclaration fiscale ou même pour minimiser le montant de ses impôts ?
Le recours à ChatGPT pour simplifier la déclaration et optimiser sa fiscalité
L’idée première pour un usager serait de se tourner vers une intelligence artificielle généraliste, comme ChatGPT. Ces outils peuvent véritablement être précieux pour mieux comprendre les obligations fiscales, pour clarifier les différentes possibilités de réduction d’impôts et pour effectuer des simulations d’optimisation, par exemple en mesurant l’impact d’un investissement dans un produit ou dispositif spécifique. ChatGPT peut aussi accompagner le déclarant lors de la préparation et de la rédaction de sa déclaration. En lui posant des questions précises, l’outil peut lui faire gagner du temps en évitant des recherches fastidieuses ou en compilant des explications complexes.
Cependant, cette IA a ses limites. Lorsqu’une situation fiscale devient plus complexe ou que des éléments spécifiques entrent en jeu, elle montre rapidement ses faiblesses et ne peut pas toujours fournir des réponses adaptées ou à jour. Notamment, elle ne peut pas proposer directement des stratégies concrètes de défiscalisation ou de planification fiscale. La technologie est efficace pour des questions simples ou pour une première approche, mais elle reste une aide et ne remplace pas un conseiller professionnel.
Les précautions à prendre face aux recommandations de l’IA
Lorsqu’on interroge ChatGPT ou d’autres IA similaires concernant les outils ou les méthodes pour réduire ses impôts, la réponse est souvent nuancée. Par exemple, une réponse type serait : « Ces IA sont généralistes et ne remplacent pas un logiciel spécialisé ou un fiscaliste agréé. » Elles peuvent donner des pistes ou des suggestions, mais leur fiabilité n’est pas totale. En effet, elles peuvent aussi prodiguer des conseils inadaptés, obsolètes ou incorrects, surtout si la législation a évolué récemment. Il est donc primordial d’être vigilant et de considérer ces recommandations comme une première étape, en vérifiant leur validité auprès d’un expert en fiscalité.
Les solutions d’intelligence artificielle spécialisées en fiscalité
Pour démocratiser l’accès à une expertise fiscale approfondie, plusieurs solutions d’IA dédiées ont été développées, telles que Fiscaly, Taxcut ou Fiscaleo. Ces outils ciblés sont conçus pour fournir des conseils précis, souvent à coût réduit, voire gratuitement. Par exemple, l’application Fiscaly offre une interface intuitive permettant de s’informer sur les dispositifs fiscaux et de recevoir des recommandations personnalisées. Son développement repose sur une combinaison d’algorithmes et d’intelligence artificielle. Son cofondateur, Gustav Sondén, explique que l’IA joue un rôle de confort pour le simple utilisateur, en lui permettant d’interagir naturellement, tandis que la connaissance métier spécifique est intégrée dans l’algorithme. La partie IA ne fait qu’interpréter cette base de connaissances pour transmettre des conseils compréhensibles.
Pour obtenir ces conseils, l’utilisateur doit généralement fournir certaines données, souvent en téléchargeant une copie de son dernier avis d’impôt ou en saisissant manuellement ses informations. Cela permet à l’algorithme de calculer des recommandations adaptées à la situation fiscale spécifique de chacun.
Les risques associés aux démarches en ligne et à l’utilisation de l’IA
Toutefois, l’utilisation de ces services soulève également des questions de sécurité et de confidentialité. Envoyer une copie de son avis d’imposition sur une plateforme en ligne dont la fiabilité ne fait pas l’unanimité peut poser problème, même si certains assureurs que les données sont cryptées et hébergées en Europe. D’autres applications, comme TaxCut ou Fiscaleo, requièrent une inscription, impliquant la communication de son identité, ce qui peut augmenter les risques liés à la vie privée.
Le principal souci reste la gestion des données transmises dans le cloud. Ces informations personnelles et fiscales sont souvent utilisées pour entraîner et améliorer les algorithmes, ce qui n’est pas sans danger si leur sécurité n’est pas rigoureuse. En outre, il existe un défi technique connu sous le nom d’« hallucination » dans l’intelligence artificielle : cela correspond à la génération de réponses incorrectes mais présentées comme des faits incontestables. Si une demande est imprécise ou mal formulée, l’IA peut produire une information erronée, qu’il sera difficile de contester, car il s’agit d’un résultat généré par la machine.
Il est donc essentiel d’apprendre à formuler des « prompts » ou instruction précises pour obtenir des résultats exploitables. Par ailleurs, comme indiqué par les développeurs d’outils d’IA, ces technologies ne doivent pas être perçues comme des solutions définitives, mais plutôt comme des aides à la décision qu’il convient de faire vérifier par un spécialiste ou un conseiller fiscal compétent.






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