BYD : La stratégie d’une marque chinoise ambitieuse sur le marché européen
Depuis son entrée en France, BYD ne semble pas vouloir faire marche arrière face aux défis et aux particularités du marché européen. La société adopte une approche résolument pratique, affichant une confiance solide face aux obstacles qui pourraient se dresser sur sa route. Lors de notre première prise en main d’une BYD Dolphin en juin 2023, nous avions été très critiques concernant le comportement routier de ce véhicule. Sa conduite ne nous avait pas du tout convaincus, et nous avions relevé plusieurs points faibles à améliorer. Cependant, quelques semaines plus tard, le constructeur chinois a su modifier sa formule en proposant un nouveau essai avec des modifications notables : pneus remplacés, suspension retravaillée et aides à la conduite adaptées aux spécificités du marché européen. Ces ajustements traduisent la capacité du groupe à écouter et à s’adapter rapidement aux attentes locales.
Lorsque BYD a débarqué en France, l’offre ne comprenait que des véhicules entièrement électriques, une stratégie qui, face aux droits de douane élevées pour les importations depuis la Chine et au marché français encore peu réceptif au tout électrique, aurait pu faire peur à plus d’un concurrent. Nombre d’acteurs auraient pu baisser les bras ou revoir leur position. Pourtant, la marque a souligné sa pertinence en développant, dans un délai très court, une gamme hybride compétitive, affichant des prix défiant toute concurrence sur le marché local. Ces modèles hybrides ont connu un succès immédiat, se vendant à grande vitesse, preuve que BYD a compris l’importance d’offrir des alternatives adaptées aux réalités françaises.
L’adaptation de BYD aux particularités du marché européen passe aussi par la constitution d’une équipe locale forte et expérimentée. La société s’appuie sur le recrutement de talents issus de la concurrence, pour renforcer son implantation et sa crédibilité. Parmi les plus notables figure Dorothée Bonassies, qui a dirigé Volkswagen France jusqu’au début novembre. Son arrivée est stratégique : le 17 novembre 2025, elle a pris la tête de BYD France, sous la supervision directe de Stella Li, vice-présidente exécutive et responsable de la présence de BYD en Europe et en Amérique. Cette prise de fonction marque une étape importante dans la consolidation de la stratégie de la marque en France, conjuguant expertise locale et vision globale.
Les résultats sont là : après trois années d’une présence encore discrète, les ventes de BYD ont connu une croissance spectaculaire cette année. Selon Dorothée Bonassies, la performance est conforme aux projections : une année fructueuse, avec une augmentation significative par rapport à 2024. Elle prévoit pour 2023 environ 14 000 véhicules livrés, avec 17 000 commandes toujours en cours. La nouvelle gamme hybride, notamment avec le lancement du Seal Lion 5 DM-i après la Seal 6 en septembre, a permis de proposer une solution à la fois sobre en consommation — moins de 5 litres aux 100 km —, performante et accueillie favorablement par le public. La capacité du modèle à atteindre plus de 1000 km d’autonomie et à générer de très faibles émissions de CO2 convainc un nombre croissant de clients, qui reconnaissent la valeur de cette offre.
L’objectif stratégique de BYD en France est clair : développer un réseau de concessionnaires pour être au plus près des clients. L’entreprise prévoit de terminer 2025 avec environ 90 points de vente, un chiffre qui devrait continuer à augmenter rapidement au cours des prochains mois. La priorité est de faire en sorte que chaque automobiliste puisse accéder à un point de contact en moins de 30 minutes de chez lui, ce qui implique d’atteindre autour de 200 concessions réparties sur tout le territoire français. Ce déploiement vise à assurer un service de qualité, à renforcer la proximité avec la clientèle et à consolider l’image de la marque dans un marché très concurrentiel.
Les ambitions de BYD pour 2026 sont tout aussi déterminées : la société souhaite doubler ses ventes, voire plus encore, en mobilisant toutes ses forces. Les équipes travaillent d’ores et déjà à intensifier leurs efforts, dans un contexte où le marché européen voit arriver plusieurs nouvelles marques chinoises. La concurrence se fait de plus en plus présente, mais BYD revendique une position de force par la qualité de ses produits, notamment la Seal Lion 5 DM-i, qui se présente comme une offre imbattable dans sa catégorie. La société prône une ouverture totale à la concurrence, convaincue que cela stimule la compétitivité et profite inévitablement au client français. La stratégie consiste à proposer une gamme d’offres innovantes et attractives, capables d’attirer une clientèle diversifiée, y compris des automobilistes habitués aux marques premiums ou à l’occasion.
À ce sujet, le profil du client BYD lui-même est en pleine mutation. La marque touche aujourd’hui un large éventail de consommateurs : ceux qui viennent des marques généralistes françaises, mais aussi une audience plus aisée, habituée à des véhicules haut de gamme. Beaucoup de clients qui auparavant hésitaient à acheter du neuf, souvent par crainte de coûts ou de défaillances, se tournent désormais vers BYD. La qualité de finition, la technologie avancée et le rapport prix-équipements deviennent des arguments décisifs, renforçant la crédibilité de la marque. Durant nos échanges, dorothée Bonassies a également évoqué le futur, notamment le projet d’usine européenne en Hongrie. La mise en service est prévue pour le début de l’année 2026, avec une production en série qui débutera au second trimestre. Ce site industriel permettra la fabrication locale de véhicules destinés aux marchés européens, avec une première introduction notable : la BYD Dolphin Surf, une citadine proposée à un prix très accessible — 18 990 € ou 199 € de mensualité —, qui profitera d’avantages fiscaux liés à l’écoscore français.
Malgré la montée en puissance de BYD, la question de la réticence des consommateurs européens face aux véhicules chinois demeure. Cependant, cette réserve semble s’estomper au fil des échanges avec la clientèle locale. Lors de ses visites en concession, Dorothée Bonassies a constaté que les acheteurs sont aujourd’hui séduits par la finition, le design, la richesse d’équipements et le rapport qualité-prix exceptionnel des modèles BYD. Beaucoup, auparavant hésitants ou réservés, se sentent rassurés par la certitude de faire une bonne affaire, tout en profitant de prestations premium à un tarif très compétitif. L’enthousiasme des clients à chaque étape du processus d’achat, même avec une gamme encore en développement, traduit une dynamique positive qui pourrait bien continuer à faire de BYD un acteur incontournable du paysage automobile français.
Dans un contexte concurrentiel marqué par l’arrivée de nombreuses autres marques chinoises sur le marché français, BYD affirme sa volonté de rester un acteur fort et innovant. La clé de sa réussite réside dans sa capacité à offrir une gamme de véhicules hybrides et électriques à la pointe de la technologie, à des prix attractifs, tout en continuant à élargir son réseau de distribution. La marque continue d’investir dans la proximité, la technologie et la qualité de service, dans l’espoir de conquérir une part de marché toujours plus importante. La volonté est claire : toucher tous les Français, qu’ils soient particuliers ou professionnels, et leur offrir des véhicules à la fois accessibles, performants et technologiquement avancés. Sur le long terme, BYD ambitionne de devenir une référence dans le secteur des véhicules électrifiés en Europe, avec la ferme intention de confirmer ses ambitions dans les années à venir.






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