Pourquoi nos extrémités restent-elles souvent glacées malgré une température corporelle normale ?
Il est fréquent de se demander pourquoi, lorsque le reste du corps conserve une température apparemment stable, les mains et les pieds restent glacés. Ce phénomène, aussi repandu que désagréable, concerne un grand nombre de personnes, mais il est particulièrement marqué chez les femmes. La différence dans la perception du froid selon le sexe a une explication physiologique complexe, qui repose sur plusieurs mécanismes du corps.
Le rôle de l’œstrogène dans la régulation thermique périphérique
Cette différence de sensation et de réaction face au froid s’explique notamment par l’action de l’œstrogène, une hormone sexuelle propre à la femme, qui influence la réactivité des vaisseaux sanguins face à une température basse. En présence de températures froides, le corps féminin a tendance à réduire rapidement la circulation sanguine vers les extrémités telles que les doigts et les orteils afin de concentrer la chaleur autour des organes vitaux, comme le cœur et le cerveau. Cette réaction est une défense naturelle pour préserver la survie, mais elle peut aussi expliquer pourquoi ces parties du corps deviennent rapidement froides et engourdies.
La régulation sanguine, un processus clé
Selon le professeur Mike Tipton, spécialiste en physiologie humaine et appliquée à l’Université de Portsmouth, la température des mains et des pieds est directement liée à la circulation sanguine. Ces extrémités étant les premières affectées par une baisse de la circulation, leur température chute quand celle-ci est ralentie. Chez les femmes, cette modulation est accentuée en raison d’un ralentissement plus marqué de la circulation en réponse au froid, ce qui favorise la sensation de froid et la froidure des mains et des pieds.
L’éloignement du cœur, un facteur déterminant
Un autre élément souvent évoqué pour expliquer la vulnérabilité particulière des pieds au froid est leur position par rapport au cœur. Logés à la périphérie du système circulatoire, ces membres éloignés de la pompe cardiaque reçoivent le sang plus lentement, surtout lorsque la contraction des vaisseaux sanguins augmente pour limiter la perte de chaleur face au vent ou au froid ambiant. La distance concentre donc leur exposition au refroidissement, rendant plus difficile leur maintien à une température confortable.
La graisse corporelle, un bouclier thermique partiel
Un aspect qui pourrait sembler avantageux pour les femmes face au froid est la masse de graisse corporelle généralement plus importante chez elles. En effet, en moyenne, une femme possède environ 10 % de graisse supplémentaire par rapport à un homme. Cette couche de graisse, en agissant comme un isolant, offre une certaine protection contre le froid, mais elle a aussi pour effet d’empêcher la chaleur interne de pénétrer efficacement la surface de la peau. La graisse fonctionne ainsi comme une forme d’isolation thermique, similaire aux matériaux utilisés pour isoler une maison, qui retient la chaleur à l’intérieur mais maintient l’extérieur plus froid.
Conseils pour réchauffer et préserver ses extrémités en hiver
Pour celles et ceux qui souffrent de pieds glacés lors des périodes froides, il existe plusieurs méthodes simples pour atténuer ce phénomène et améliorer leur confort. Porter plusieurs épaisseurs de chaussettes, en privilégiant celles en fibres naturelles comme la laine, peut grandement aider. Il est également conseillé d’opter pour des chaussures isolantes et imperméables afin de limiter la perte de chaleur. La pratique régulière d’exercices physiques, qui stimule la circulation sanguine, constitue une solution efficace pour augmenter la chaleur dans les extrémités. Enfin, l’utilisation de semelles chauffantes peut apporter une chaleur immédiate et appréciable dans les situations de grand froid.






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