Les agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti à Minneapolis ont été suspendus, aux États-Unis

Sophie Lambert

Deux fonctionnaires de l’administration chargée de la surveillance des frontières (CBP) ont été mis en suspens de façon temporaire dans le cadre de l’enquête sur la fusillade ayant causé la mort d’Alex Pretti à Minneapolis, ont rapporté plusieurs médias américains mercredi. La pratique de suspendre temporairement des agents dans des circonstances comme celles-ci constitue une procédure standard, a précisé un porte-parole de la CBP.

Selon les informations provenant du journal New York Times, ce sont précisément deux agents qui auraient tiré au total dix coups de feu le samedi où, durant l’intervention, plusieurs forces de police ont tenté de maîtriser Alex Pretti, qui a été touché à plusieurs reprises. L’individu, victime de ses blessures, n’a pas survécu à son arrêt cardiaque sur place.

Pendant que le président américain, Donald Trump, qui la veille avait évoqué une volonté de « désescalade » pour calmer la situation devenue extrêmement tendue, a concrètement critiqué mercredi le maire de Minneapolis. La raison de son attaque publique réside en ce qu’il a déclaré que ce dernier n’était pas en conformité avec l’application des lois fédérales relatives à l’immigration. Le contexte de cette déclaration est lié à la polémique autour de la gestion locale de la politique sur l’immigration, notamment dans le cadre d’un débat national houleux.

Des protestations ont également éclaté en dehors des États-Unis, notamment à Paris, où un rassemblement significatif s’est tenu mercredi soir. Plusieurs dizaines de personnes sont venues dénoncer les actions de la police de l’immigration américaine, connue sous le nom d’ICE, qui est souvent considérée comme un symbole de répression. Les manifestants, réunis devant le ministère français des Affaires étrangères, ont scandé en anglais des slogans tels que « Va te faire foutre ICE » ou « Fermez-la dans toutes les villes, tous les villages ». Cette mobilisation a été organisée par le groupe américain Indivisible et par plusieurs représentants politiques français, notamment issus de la gauche.

Parmi les manifestants, certains portaient des pancartes avec des slogans anti-ICE comme « Fraternité sans frontière, ICE out », ou « La seule bonne ICE, c’est la glace écrasée ». Une participante, Isobel Coen, âgée de 29 ans et originaire des États-Unis, a expliqué qu’elle envisageait de faire venir sa mère en France, car elle craignait pour l’avenir dans son pays natal. Elle a précisé : « Nous sommes à un moment critique. Des citoyens se font tuer dans la rue, et si nous ne réagissons pas, nous allons finir par vivre sous une dictature fasciste. »

Une autre militante, Michelle Rooney, une artiste américaine domiciliée à Paris, a confié qu’il s’agissait de sa toute première manifestation. Elle a déclaré : « Je suis ici parce que nous pouvons manifester sans craindre de nous faire tirer dessus. » Elle a ajouté qu’elle participait pour sa famille vivant dans le Minnesota, qui ressentait l’impossibilité de s’exprimer librement dans leur région.

Le contexte mondial de ces événements, combiné à la violence et aux luttes sociales, alimente un climat d’incertitude et de colère dans de nombreux cercles. La tension autour de la question du contrôle des armes, des violences policières, et des politiques migratoires continue de nourrir les débats, tant dans la rue qu’au sein des gouvernements.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.