L’histoire peu conventionnelle de Carlo Abarth et de ses contributions au monde de la course automobile
Carlo Abarth, dont le nom de naissance était Karl Abarth, aurait vu le jour en 1908 en Autriche. C’est après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il décide de s’installer en Italie, dans la région proche de Turin, qu’il adoptera définitivement le prénom de Carlo. Ce changement de nom marque le début de son aventure dans l’univers automobile et ses nombreuses réalisations qui laisseront une empreinte durable dans ce domaine.
Une localisation stratégique pour lancer sa carrière dans la préparation automobile
L’installation de Carlo Abarth dans cette région italienne n’est pas le fruit du hasard. La proximité avec les usines de FIAT et Lancia lui offre une opportunité précieuse : celle de développer sa propre société spécialisée dans la préparation de voitures destinées à la compétition. Ces usines, actives dans le secteur automobile, lui permettent d’accéder à des ressources, du savoir-faire et des pièces de qualité pour ses ajustements et innovations techniques.
Une réputation grandissante dans l’univers des voitures de compétition
C’est rapidement que Carlo Abarth se forge une renommée dans le monde de la course en prenant en charge un grand nombre de véhicules, principalement des modèles FIAT, mais aussi des voitures d’autres constructeurs comme Alfa Romeo, Lancia, Gordini ou Porsche. Son expertise en optimisation mécanique et en tuning lui vaut une réputation de préparateur de haut niveau, capable d’amener des voitures classiques vers de nouvelles performances.
Les modèles emblématiques d’Abarth, des icônes du tuning italien
Parmi ses créations les plus célèbres, les Fiat Abarth 595 SS et 695 SS figurent en tête de liste, devenant des références dans l’univers des petites voitures sportives. L’Autobianchi A112 Abarth, également, reste gravée dans la mémoire collective comme un exemple parfait du savoir-faire d’Abarth dans la fabrication de modèles à la fois légers, agiles et puissants. Ces véhicules incarnent l’esprit de l’ingéniosité italienne et la passion pour la performance.
Une collaboration étroite avec des marques italiennes et en compétition
Abarth ne s’est pas limité à la simple préparation de voitures de route. Le préparateur italien a aussi travaillé en partenariat avec des marques nationales, même dans des contextes de compétition de haut niveau. La Lancia Rally 037, par exemple, témoigne de la collaboration à la conception de véhicules de rallye performants et innovants, capables de rivaliser avec les meilleures équipes internationales, faisant de la société une figure importante de la compétition automobile italienne.
Abarth devient le département sport de FIAT après une vente stratégique
À un moment donné, l’écurie de course d’Abarth est vendue à Enzo Osella, un nom réputé dans le monde de la compétition. Suite à cette opération, Abarth devint officiellement la branche « sport » de la maison Fiat. Ce transfert permet à la société de continuer ses recherches et ses préparations sous l’égide d’un groupe plus important, tout en conservant sa touche d’excellence dans le domaine des voitures modifiées pour la course.
Une clientèle fidèle composée de nombreuses marques italiennes et une marque étrangère inattendue
La marque Abarth a signé de nombreuses voitures sous son nom, qu’elles soient Fiat, Lancia ou Autobianchi. Néanmoins, l’originalité de son parcours réside aussi dans une aventure engagée avec une marque étrangère, très éloignée géographiquement de l’Italie et de ses racines. En effet, le fameux logo du scorpion, un symbole du signe du zodiaque de Carlo Abarth, sera aussi porté par une marque russe : la Lada, dans une histoire peu connue mais riche en surprises.
L’aventure de la Lada Abarth, un défi technique et sportif
Dans les années 1970, l’équipe de rallye soviétique souhaitait améliorer les performances de leur modèle phare, la Lada 2106, équipée d’un moteur de 1 500 cm³. Conscients qu’une modification d’origine serait coûteuse ou compliquée, ils décident de chercher l’aide d’un expert en performances automobiles. Sur les conseils de leur partenaire Castrol, ils s’adressent à Abarth pour transformer leur véhicule. La Lada, qui n’est qu’une évolution de la modèle 124, se voit confier à un spécialiste de la préparation Fiat depuis la fin des années 1950.
Une transformation ambitieuse qui dépasse les attentes
L’opération consiste à acheter une Lada neuve en Russie, à l’expédier en Italie par voie terrestre (via la Pologne), accompagnée de deux moteurs pour assurer la transformation. Le but est de convertir la voiture en un véhicule conforme au groupe 2, alors très prisé en rallye, directement dans les ateliers de Abarth en Italie. Cependant, le processus rencontre des retards considérables en raison des imprévus et des retards dans le respect des délais contractuels. Pourtant, malgré ces difficultés, la Lada modifiée finit par voir le jour : la Lada 1500 S Abarth revient en URSS, prête à faire ses preuves.
Des performances surprenantes et une influence durable
Les essais réalisés sur le terrain d’entraînement de Dmitrovsky puis à Togliatti révèlent que la voiture développe désormais environ 140 chevaux, tout en conservant une vitesse de croisière de 175 km/h. Ces résultats impressionnent, car ils montrent qu’un constructeur soviétique peut rivaliser avec certaines voitures européennes dans des disciplines aussi exigeantes que le rallye.
Une légende née en Lituanie
L’émergence de cette Lada Abarth n’est pas passée inaperçue. Elle deviendra rapidement une source d’inspiration pour un pilote de rallye lituanien, Stasys Brundza. Coiffé d’un ingénieur, Anatolijus Brumas, le pilote décide de créer une réplique exacte de la Lada 1500 S Abarth. La voiture sera engagée en 1976 au rallye de l’Acropole, en Grèce, où elle décroche la deuxième place dans sa catégorie (moins de 2 000 cm³) et la sixième au classement général. Ce succès marque un tournant dans la perception des capacités techniques soviétiques, prouvant qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs en compétition automobile.
Le développement de véhicules de compétition soviétiques de haut niveau
Fort de cette performance, Stasys Brundza fonde plus tard l’écurie VFTS, ou la Fabrique de Moyens de Transports de Vilnius, dans le but de poursuivre l’aventure. La VFTS dévoilera notamment une version très spéciale de la Lada, la VAZ-2015 VFTS, homologuée par la FIA pour évoluer en Groupe B. Elle reste aujourd’hui l’un des exemples les plus aboutis de la sportivité de l’Est dans l’histoire de l’automobile.
Guy Moerenhout, le passionné belge et ambassadeur de l’esprit Abarth et Lada
L’histoire de cette alliance inattendue ne s’arrête pas là. Guy Moerenhout, un passionné belge installé à Lier, détenteur du musée SQUADRA Abarth & Rally Collection, joue un rôle clé dans la mémoire et la renaissance de cette histoire. Spécialiste des marques Abarth et Lada, il a commencé sa carrière en travaillant dans un garage Ford à Anvers, avant de devenir à son tour un préparateur réputé, surtout dans le monde du rallye, grâce à ses collaborations avec divers pilotes et constructeurs.
En 1977, il découvre la Lada Niva et décide de devenir concessionnaire de la marque en Belgique. Sa passion le pousse à continuer de préparer des voitures pour la compétition dans divers événements, du rallye au Dakar, et même dans les rallyes historiques. Aujourd’hui, il possède un musée dédié à sa passion, où sont notamment exposés des modèles rares et des projets innovants.
Le rêve de recréer la légendaire Lada Abarth
Fasciné par l’histoire de cette voiture unique, Guy Moerenhout entreprend la reconstruction d’une Lada Abarth 1500 S. Il a confié : « J’ai voulu reproduire cette voiture dans ses moindres détails, en suivant la même aventure que l’originale. J’ai acheté une Lada neuve en Russie, exactement de la même couleur que la première, et je l’ai immatriculée en Pologne, comme autrefois. Avec l’aide de partenaires comme Polski Fiat et Castrol, j’ai suivi le même parcours que la voiture de 1975, en lui apportant les modifications nécessaires, notamment deux carburateurs Weber et un collecteur d’échappement différent. »
Une pièce unique en son genre, symbole d’un lien entre passé et présent
À ce jour, cette Lada Abarth reproduite est exposée dans le musée de Moerenhout, devenue un symbole de l’ingéniosité et de la passion liées aux anciennes collaborations entre constructeurs, souvent méconnues. Elle témoigne que, parfois, les histoires les plus improbables peuvent renaître et continuer à fasciner les passionnés et les amateurs d’automobiles rares.
En conclusion, cette saga illustre à quel point l’esprit de compétition, de passion et d’innovation peut relier des univers aussi éloignés que celui de Fiat, Lada ou même de l’automobile russe, donnant naissance à des histoires hors du commun, où la passion dépasse les frontières et le temps.






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