Le superéthanol-E85 continue de croître en France, mais face à certains défis

Sophie Lambert

Le statut du Superéthanol-E85 en 2025 : une consommation stable mais une situation réglementaire incertaine

En l’année 2025, la consommation de Superéthanol-E85 en France s’est maintenue à un niveau proche de celui atteint en 2022, année où elle avait atteint ses records historiques. Ce carburant représente aujourd’hui environ un tiers, soit 34 %, de l’ensemble de l’éthanol utilisé dans le pays. Cette stabilité dans la consommation témoigne de l’intérêt croissant des automobilistes pour cette alternative moins polluante, même si la croissance semble avoir atteint un seuil et se stabilise à ce niveau.

Une adoption croissante chez les automobilistes et un réseau de stations étendu

Depuis les débuts de la diffusion du Superéthanol-E85 en 2006, plus de 418 000 conducteurs ont choisi de passer à ce carburant, ce qui montre une adoption progressive mais régulière. Parmi eux, 62 % ont équipé leur véhicule d’un boîtier homologué flex-E85, leur permettant de rouler avec une alimentation mixte, tandis que 38 % utilisent un véhicule d’origine compatible avec le superéthanol. La dynamique s’appuie également sur la présence d’un vaste réseau de stations-service proposant l’E85, plus de 4 000 au total, ce qui représente environ 42 % du total des stationnements en France. Cela facilite l’accès des conducteurs à ce carburant alternatif.

Une ambiance d’incertitude freinant la croissance du Superéthanol-E85

Malgré un certain enthousiasme pour ce carburant considéré comme plus écologique, la situation politique et réglementaire autour du Superéthanol-E85 est loin d’être stable. La menace potentielle d’une augmentation du prix de l’E85, accentuée par des décisions ou des incertitudes politiques, inquiète une partie des usagers. Cette instabilité peut freiner la dynamique engagée jusqu’à présent, en rendant les consommateurs plus méfiants quant à l’avenir de cette filière.

Quelles perspectives pour le développement du Superéthanol ?

Une majorité de la population, environ 21 %, estime que la réussite de l’expansion du Superéthanol-E85 passera par la mise en place d’une fiscalité plus favorable. Selon eux, il serait essentiel que le prix reste attractif et stable grâce à une fiscalité avantageuse, ce qui encouragerait davantage d’automobilistes à opter pour ce carburant alternatif par rapport aux options traditionnelles. Une telle stabilisation pourrait favorise une croissance durable de l’utilisation de cette énergie moins polluante.

Renforcer l’usage du bioéthanol par des véhicules adaptés et des garanties

L’un des leviers importants identifiés pour augmenter la popularité du bioéthanol concerne la disponibilité accrue de véhicules capables de l’utiliser. Seul le Ford Kuga, actuellement, reste commercialisé en version compatible avec le bioéthanol, ce qui limite l’offre sur le marché. Près de 36 % des Français pensent qu’un effort doit être fait pour développer davantage de modèles compatibles, afin de bénéficier d’un parc automobile plus diversifié. Par ailleurs, 25 % des répondants souhaitent obtenir des garanties précises concernant la compatibilité du bioéthanol avec les moteurs, ce qui reste encore complexifié par les contraintes techniques et la communication des constructeurs.

Le rôle des dispositifs de conversion et d’accompagnement

En complément, un peu plus de 27 % des sondés réclament des aides financières pour l’installation de boîtiers de conversion flex-E85. Ces dispositifs sont essentiels pour permettre à un grand nombre de véhicules à essence, déjà existants, de pouvoir rouler avec du Superéthanol-E85 ou de l’essence sans plomb. Ces initiatives d’aide financière pourraient jouer un rôle crucial pour démocratiser davantage cette énergie alternative, en permettant à un plus grand nombre d’automobilistes d’opérer cette transition sans obstacles majeurs.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.