Le gouvernement prévoit de prendre une part du surplus financier que l’Unédic devrait générer en 2027, montant estimé à 2,1 milliards d’euros. Cette information a été communiquée par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, lors d’un entretien publié ce lundi dans la publication L’Opinion. Selon ses déclarations : « Le régime anticipe un excédent de 2,1 milliards d’euros d’ici 2027. Nous prendreons donc cette somme, cependant, l’Unédic sera à l’équilibre dès l’année prochaine », tout en ajoutant qu’« cela aurait pu être encore plus important ! ». Il a ainsi confirmé que cette somme sera en partie réquisitionnée, même si cela pourrait nourrir l’impression d’un prélèvement accru sur ces ressources.
Une nouvelle étape dans la baisse des fonds de l’assurance-chômage
Dans sa démarche pour réduire ses dépenses, le gouvernement continue de compresser les fonds de l’organisme chargé de gérer l’assurance chômage, en dépit des demandes réitérées de la part de cette entité. Il s’agit concrètement de ponctionner davantage ses recettes, notamment celles issues des cotisations et autres ressources, pour pallier le déficit global. En parallèle, l’État a déjà prélevé un total de 12 milliards d’euros sur cette caisse entre 2023 et 2026, témoignant d’un effort considérable de transfert de fonds publics vers ses caisses.
Les réductions d’indemnisation et les nouvelles recettes espérées
Invité de l’émission LCI ce lundi, Jean-Pierre Farandou a affirmé avoir mené une lutte acharnée pour rétablir l’équilibre financier de l’Unédic. Parmi ses actions, il mentionne la réduction de la durée maximale d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi, qui passerait de 18 à 15 mois, une mesure qui devrait générer près de 800 millions d’euros d’économies annuelles à partir de 2029. Il évoque également la possibilité de générer jusqu’à 880 millions d’euros chaque année en modifiant les règles d’indemnisation pour les travailleurs frontaliers suite aux nouvelles règles adoptées récemment au sein de l’Union européenne.
Ces nouvelles sources de revenus devaient en principe servir à diminuer la détresse financière de l’organisme, fortement endetté. La dette prévue pour la fin de 2026 s’élèverait à 61,5 milliards d’euros, mais grâce à ces recettes additionnelles, l’Unédic envisageait de réduire cette dette, pour l’amener à 59,4 milliards à la fin de 2027, puis à 55,4 milliards d’ici 2028. La situation en 2026 reste particulièrement critique : le prélèvement de l’État, qui doit s’élever à 4,1 milliards d’euros, risque de dépasser la somme que l’Unédic espère récupérer, entraînant ainsi une perte nette estimée à 2,3 milliards d’euros pour le régime cette année-là.






