La réforme du DPE en immobilier : une nouvelle règle du jeu qui ne se limite pas à une note

Sophie Lambert

Voici la version réécrite des paragraphes en respectant vos consignes :

Le changement apporté au Diagnostic de Performances Énergétiques (DPE) repose principalement sur une nouvelle méthode de calcul pour déterminer la lettre attestant de la performance énergétique d’un logement. En particulier, le coefficient utilisé pour valoriser l’électricité a été réduit, reflétant son caractère majoritairement décarboné dans le contexte français. Cette modification a pour but d’ajuster la manière dont l’énergie électrique influence l’étiquette énergie, en tenant compte du contexte électrique national qui privilégie une production faible en carbone.

De nombreux immeubles chauffés grâce à l’électricité ont vu leur classement au DPE s’améliorer sans qu’aucun travaux de rénovation ne soient réalisés. Selon les données du gouvernement, près d’un million de logements, soit environ 850 000, ont été automatiquement sortis de la catégorie des “passoires thermiques” — c’est-à-dire ceux classés F ou G. Cette progression intervenant sans intervention directe sur le bâti témoigne de l’impact du nouveau mode de calcul du DPE, qui change la donne pour l’évaluation énergétique des habitations.

Il est important de noter qu’aucun logement n’a subi une dégradation de son classement suite à cette réforme du DPE. En d’autres termes, la réforme a uniquement permis d’améliorer la notation ou de maintenir le même niveau, mais jamais de le faire baisser. Ce changement a donc permis une meilleure reconnaissance des logements en leur attribuant une meilleure évaluation, parfois même simplement en ajustant les critères de calcul.

Les effets de cette réforme ne se limitent pas à la seule revalorisation des classifications énergétiques. Elle a aussi des conséquences majeures sur le marché locatif. En particulier, à partir du 1er janvier 2025, il sera interdit de louer des logements classés G. De plus, à compter de 2028, cette interdiction s’étendra également aux logements classés F. Ces nouvelles réglementations ouvrent ainsi la voie à une reprise du marché locatif pour un grand nombre de biens qui étaient jusque-là considérés comme invendables ou inlouables.

Lorsqu’un logement n’est plus considéré comme une “passoire thermique”, il échappe à la règlementation interdédisant sa mise en location en raison de sa performance énergétique. Par conséquent, cette sortie de la catégorie G ou F constitue une opportunité pour les propriétaires souhaitant louer leur bien, en évitant notamment l’interdiction instaurée pour les logements considérés comme très peu performants sur le plan énergétique.

Ces évolutions vont probablement modifier la stratégie adoptée par les bailleurs en matière de rénovations énergétiques. En effet, ils pourraient cibler davantage les biens énergivores, en profitant des aides et des incitations publiques disponibles pour améliorer la performance de leurs logements. Une focalisation pourrait ainsi être faite sur les immeubles chauffés aux énergies fossiles, qui resteront une priorité pour la mise en conformité et la rénovation énergétique, dans le cadre de cette nouvelle politique de transition énergétique.

Un effet secondaire notable de cette réforme est la réévaluation à la hausse de la valeur de certains logements. Depuis que le DPE est devenu un critère déterminant, se classant après l’emplacement, la superficie et le prix d’achat, il constitue désormais un facteur de valorisation. Un logement qui aurait auparavant une étiquette faible peut, avec la nouvelle méthode, voir sa note s’améliorer, augmentant ainsi son attractivité commerciale.

Lorsqu’un bien immobilier change de classement, par exemple en passant de F à E, sa valeur marchande peut augmenter significativement. Cette plus-value peut atteindre plusieurs milliers d’euros, en raison de l’amélioration de la note DPE et de l’image positive que cela projette auprès des potentiels acheteurs ou locataires. Par ailleurs, des biens jadis considérés comme invendables ou invendables peuvent en conséquence réintégrer le marché, bénéficiant d’un regain d’intérêt dû à leur nouvelle étiquette énergétique.

Pour mettre à jour le DPE et prendre en compte la nouvelle méthode de calcul, il faut attendre le 1er janvier 2026. À partir de cette date, tous les diagnostics réalisés intégreront le coefficient favorable à l’électricité, permettant une meilleure reconnaissance des performances énergétiques des logements équipés principalement de cette source d’énergie.

Les anciens DPE, qui ont été effectués avant cette date, restent valides pendant une période de dix ans, conformément à la législation en vigueur. Toutefois, il est possible de réaliser une mise à jour gratuite de ces diagnostics, si le nouveau mode de calcul s’avère plus favorable pour le logement concerné. Cette démarche permet alors d’obtenir une nouvelle attestation, reflétant plus précisément la situation réelle du logement selon la nouvelle méthodologie.

Pour effectuer cette mise à jour, il suffit de se rendre sur le site de l’Ademe, où l’outil recalculera automatiquement l’étiquette énergie du bien immobilier. Une fois le nouveau classement obtenu, une attestation officielle peut être téléchargée. La mise à jour de l’évaluation n’est pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée, notamment si le logement est chauffé à l’électricité ou si le propriétaire souhaite vendre ou louer dans de meilleures conditions.

Tous les diagnostics de performance énergétique réalisés à partir du 1er janvier 2026 seront automatiquement conformes à la nouvelle méthode de calcul, intégrant le coefficient avantageux pour l’électricité. Pour ceux qui ont été effectués avant cette échéance, la possibilité de mise à jour gratuite permet de bénéficier d’une évaluation plus précise, en fonction des nouvelles règles enfin instaurées.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.