En janvier, le marché automobile d’occasion et neuf est en baisse.

Sophie Lambert

Démarrage difficile pour le secteur automobile en 2026

Le début d’année 2026 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices pour le marché automobile en France, poursuivant la tendance déjà observée en 2025. Le nombre de véhicules neufs enregistrés en ce début d’année affiche une baisse significative, avec une diminution de 6,6 % par rapport à la même période l’année précédente, représentant ainsi 107 157 nouvelles immatriculations. Comparée à janvier 2019, cette chute est encore plus marquée, atteignant près de 31 %. Ce recul traduit une période particulièrement difficile pour les concessionnaires et fabricants, qui doivent désormais faire face à un contexte de baisse soutenue du marché.

Une situation préoccupante également sur le marché de l’occasion

Malgré le rôle souvent protecteur du marché de l’occasion dans le maintien du dynamisme global de la filière automobile, celui-ci ne semble pas épargné par la crise. En ce début d’année, le secteur des véhicules d’occasion enregistre également un fort repli, avec une chute de 9,8 % des ventes en janvier. Cette tendance à la baisse remet en question la capacité du marché secondaire à compenser la faiblesse du neuf, et indique une période de transition difficile pour l’ensemble de la filière.

La pénurie de véhicules récents freine le renouvellement du parc

L’une des principales raisons de cette contraction des ventes, tant neuves que d’occasion, réside dans une offre limitée sur le marché, notamment pour les voitures les plus récentes. Selon Vincent Hancart, Directeur Général d’AutoScout24 France, cette tendance s’explique par une persistance des tensions en matière d’approvisionnement, qui affectent directement les véhicules de moins d’un an ainsi que ceux compris entre deux et cinq ans. Ces segments clés ont connu d’importantes baisses, ce qui s’explique par un manque de renouvellement provenant du marché du neuf durant ces dernières années, limitant ainsi la disponibilité des véhicules récents pour les acheteurs.

Une domination encore nette des marques françaises, malgré une baisse

Sur le plan des parts de marché, les marques françaises conservent leur position de leader, représentant toujours 43,8 %. Toutefois, cette domination ne se maintient pas sans difficulté : en volume, leur part diminue de 8,7 %, tandis qu’en pourcentage, leur présence baisse de 13,7 %. La situation montre clairement que l’ensemble du marché est affecté par la conjoncture économique et logistique, impactant la présence des marques nationales.

Une baisse notable des marques premium allemandes

Les marques de luxe ou premium allemandes connaissent également une dégradation de leur activité. Leur volume de ventes diminue d’environ 9,5 %, ce qui se traduit aussi par une diminution de leur part de marché, qui recule de 14,4 %. Le groupe Volkswagen, en particulier, enregistre une chute de plus de 11,6 % du nombre d’unités vendues, ainsi qu’une perte de 16,4 % de leur portion de marché. Ces chiffres soulignent un contexte commercial difficile pour ces fabricants, traditionnellement portés par une clientèle fidèle et exigeante.

Les véhicules asiatiques en léger rebond, hors Chine

Du côté des constructeurs asiatiques, la situation est contrastée. Les véhicules coréens voient leur volume en baisse de 10,8 %, tandis que les Japonais enregistrent une chute encore plus prononcée, de 14 %. Néanmoins, les voitures chinoises semblent s’inscrire dans une dynamique positive, avec une croissance de 9,8 %. Bien que leur part de marché demeure très faible, représentant seulement 0,4 %, cette tendance pourrait indiquer une évolution favorable pour cette origine dans les années à venir.

Impact différencié sur les grands groupes automobiles

En termes de regroupements industriels, Renault voit ses ventes diminuer de 7,8 %, ce qui correspond à une baisse de 12,8 % de sa part de marché. De son côté, le groupe Stellantis subit une chute de 9,5 % volume et perd environ 14,5 % de ses parts relatives. Ces chiffres illustrent un contexte général marqué par une contraction pour ces géants de l’automobile, qui doivent redoubler d’efforts pour maintenir leur position face à une demande en recul.

Dans l’ensemble, ces indicateurs traduisent un début d’année particulièrement difficile pour le secteur automobile en France, face à des défis structurels et conjoncturels importants. La pénurie de véhicules récents, la baisse de la demande en occasion comme en neuf, ainsi que les tensions dans la chaine d’approvisionnement, alimentent cette période incertaine pour tous les acteurs du marché.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.