En France, près de 23 000 plaques d’immatriculation sont usurpées chaque année

Sophie Lambert

La menace croissante de la falsification des plaques d’immatriculation

L’usurpation de plaques d’immatriculation, communément désignée sous le terme de « doublette », désigne la pratique consistant à coller sur un véhicule un numéro de plaque qui a été dérobé. Cette manœuvre vise à utiliser une plaque d’origine similaire à celle du véhicule de l’auteur pour dissimuler son identité, facilitant ainsi une série d’actes délictueux. Parmi ces délits figurent notamment la conduite en excès de vitesse, le cambriolage de véhicules, les détournements de carburant ou encore d’autres formes de criminalité routière. En réalité, cette technique permet à des individus malintentionnés de se soustraire à la justice, puisque la plaque apposée n’est pas la leur, rendant leur identification problématique pour les forces de l’ordre.

Ce phénomène s’intensifie année après année, au rythme de la multiplication des cas rapportés. Il est estimé qu’environ 23 000 plaques d’immatriculation frauduleuses sont enregistrées chaque année en France, ce qui témoigne de l’ampleur du problème. Le procédé consiste généralement à prendre le numéro de série d’un véhicule ressemblant fortement au leur — par exemple une Renault Clio — puis à afficher cette plaque sur leur propre voiture. De cette manière, le criminel peut ainsi se livrer à une multitude d’actes malveillants tout en évitant d’être reconnu par la police ou tout autre organisme de contrôle.

Les conséquences désastreuses pour les victimes de la doublette

Les personnes qui deviennent victimes de cette usurpation se trouvent souvent dans une situation difficile, car elles sont régulièrement confrontées à des démarches administratives longues et compliquées. Selon l’organisation « 40 millions d’automobilistes », lorsqu’un automobiliste découvre que ses plaques ont été détournées, il doit engager une procédure en plusieurs étapes : déposer une plainte auprès des autorités compétentes, faire changer ses papiers d’immatriculation, puis remplacer ses plaques d’immatriculation falsifiées. Ces démarches interminables et souvent coûteuses peuvent rapidement devenir un véritable casse-tête pour le véhicule concerné.

Au-delà de cette perte de temps, la victime doit également faire face à la contestation d’amendes et de contraventions qui lui sont injustement imputées. À chaque infraction, il lui faut recommencer le processus en tentant de prouver son innocence face à une administration parfois peu coopérative, ce qui peut se révéler épuisant. La complexité administrative et le manque de réactivité des services publics contribuent à aggraver la frustration et l’insécurité face à cette criminalité organisée qui s’étend de plus en plus.

Une image illustrant le problème

Pour mieux comprendre la situation, voici une photographie représentant une plaque d’immatriculation falsifiée, illustrant le cas typique de cette criminalité. Sur l’image, apparaissent des plaques semblables à celles que l’on peut retrouver sur une Renault Clio, mais qui sont en réalité des copies détournées, utilisées à des fins frauduleuses. Ce genre d’image est souvent mis en ligne par des organismes de sensibilisation afin de montrer la complexité et la dangerosité de la pratique.

Des mesures urgentes pour lutter contre la fraude

L’association « 40 millions d’automobilistes » ne cesse de tirer la sonnette d’alarme concernant ce fléau. Elle insiste sur la nécessité pour le gouvernement de prendre des mesures concrètes et immédiates afin de mettre fin à ces délits de falsification. Depuis plusieurs années, des propositions de lois ont été déposées au Parlement, notamment en 2024 et 2025, visant à renforcer la lutte contre le vol de plaques. Ces efforts législatifs ont pour objectif de mieux encadrer la vente et la fabrication de plaques d’immatriculation, afin de limiter l’accès sans contrôle aux criminels.

Les responsables associatifs réclament la mise en œuvre rapide de ces propositions afin de limiter la portée du phénomène. Selon eux, la problématique n’est plus une simple affaire de délinquance isolée, mais bel et bien un enjeu de criminalité organisée qui sape la confiance des automobilistes dans les dispositifs de sécurité existants. En effet, tant que les criminels pourront se procurer des plaques sans vérification approfondie, ils continueront de rouler de façon illégale et anonyme, ce qui met en péril la sécurité publique et la tranquillité des automobilistes respectables.

Des solutions pragmatiques pour une prévention efficace

Pour répondre à ce problème, l’association propose des mesures simples qui pourraient constituer des premiers pas vers une lutte efficace contre cette criminalité. Parmi ces solutions, figure la mise en place d’un dispositif obligatoire obligeant à présenter la carte grise du véhicule et une pièce d’identité lors de l’obtention d’une nouvelle plaque d’immatriculation. Cette démarche viserait à vérifier plus strictement l’identité du demandeur et à réduire drastiquement la possibilité pour des agents malintentionnés d’obtenir des plaques de manière clandestine.

Selon Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes », la législation sur la vente de plaques existe déjà et doit être appliquée de façon plus rigoureuse. Il estime que le vol de plaques n’est plus un simple fait divers, mais un outil au service du crime organisé, qui nuit gravement à la sécurité des automobilistes honnêtes. La multiplication des délits liés à cette pratique nécessite une action renforcée de la part de l’État pour protéger les citoyens. La mise à l’ordre du jour immédiate de ces propositions est selon lui une priorité pour endiguer ce phénomène et garantir un véritable contrôle dans ce domaine sensible.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.