Après avoir connu une reprise dès le mois de septembre 2025, la moyenne des taux d’intérêt s’était établie à 3,17 % à la fin de cette année-là. Depuis le début de l’année 2026, une nouvelle tendance à la hausse se manifeste, avec une augmentation supplémentaire de 0,04 % en janvier, suivie de 0,05 % en février, selon les données de l’Observatoire Crédit Logement.
La dynamique de cette hausse paraît solidement installée, même si quelques acteurs du secteur bancaire peuvent proposer des conditions plus avantageuses dans un contexte où le printemps s’installe. La tendance à la croissance des taux semble donc persister, alimentée par des éléments de concurrence commerciale, mais sans que cette tendance s’essouffle pour autant.
Une amélioration des taux observée en décembre dernier
Au mois de décembre dernier, le taux moyen des crédits immobiliers était de 3,17 %, un chiffre qui a connu une légère augmentation pour atteindre 3,25 % en février. Détail intéressant, les emprunts à différentes durées connaissent des taux spécifiques : 3,11 % pour une période de 15 ans (contre 3,09 % en décembre), 3,25 % pour 20 ans (contre 3,17 %), et 3,32 % pour 25 ans (contre 3,25 %), selon les données recueillies par l’Observatoire Crédit Logement.
Une durée de prêt record en février
Les chiffres enregistrés en février montrent également une prolongation notable de la durée moyenne des crédits accordés. Elle s’établit désormais à 252 mois, soit un peu plus de 21 années. Pour les opérations d’achat de biens neufs, cette durée atteint en moyenne 264 mois, et pour celles portant sur des biens anciens, elle s’élève à 266 mois. La durée des crédits ne cesse de s’allonger, ce qui témoigne d’une tendance sans précédent dans le secteur.
Selon l’Observatoire, cette configuration reflète une difficulté croissante pour les emprunteurs, car le poids des remboursements ne cesse de s’accroître en raison de la hausse rapide des coûts d’emprunt. Les banques tentent encore de limiter les effets de cette hausse en proposant les durées les plus longues possibles, afin d’atténuer l’impact sur les capacités d’emprunt des ménages.
Un marché immobilier en ralentissement
Le dynamisme du marché de l’immobilier, qui avait commencé à rebondir au début de 2025, est lui aussi en train de faiblir. L’ »effet retard » observé depuis plusieurs mois montre que l’activité de crédit commence à perdre de sa vigueur. Ce ralentissement est dû à plusieurs facteurs : une situation de solvabilité plus tendue chez les acheteurs, impactée par la dégradation du marché de l’emploi et l’augmentation des prix des logements, ainsi qu’à un contexte géopolitique et politico-économique plus incertain.
En outre, dès le second semestre 2025, on note une diminution tant du volume de crédits que du nombre de prêts. Au début de 2026, cette tendance négative se poursuit, avec un rythme de progression beaucoup plus modéré qu’au début de l’année précédente. La croissance annuelle de la production de crédits demeure néanmoins positive, enregistrant une hausse de 25,4 % sur la période allant de mars 2025 à février 2026 par rapport à la période précédente. Le nombre de prêts en cours augmente également, avec une progression annuelle de 33,4 % en février 2026, même si cette croissance reste inférieure à celle observée à son pic, en avril 2025, lors du début de la reprise.
Les perspectives pour l’avenir
Les banques ont adopté une stratégie plus prudente, continuant à privilégier une approche sélective dans l’octroi de crédits. L’Observatoire souligne que malgré cette prudence, les taux de refinancement de la Banque centrale européenne, qui représentent le coût qu’ont les banques pour se financer, n’ont pas connu de variation significative depuis mi-2025. Toutefois, en réponse à l’environnement économique plus serré, elles ont augmenté leurs taux d’intérêt pour les prêts à 25 ans de 0,20 %, et à 20 ans de 0,18 %, tandis que ceux à 15 ans n’ont n’augmenté que de 0,10 %.
Ce contexte augure probablement une poursuite de l’approche prudente à l’avenir, avec des banques qui resteront sélectives dans la distribution des crédits, tout en ajustant leurs conditions de financement en fonction des fluctuations des coûts d’emprunt. La prudence reste donc le mot d’ordre pour le secteur immobilier dans les mois à venir, face à un environnement économique incertain qui tend à limiter la vigueur de la reprise.
En somme, même si le marché immobilier continue d’afficher une certaine résilience avec une croissance modérée, la tendance à la hausse des taux d’intérêt et la prolongation des durées de crédit indiquent une phase de transition vers un contexte plus complexe, où la prudence financière devient essentielle pour les acteurs du secteur.






