Découvrez le « syndrome cardiaque des fêtes » et ses effets sur votre santé

Sophie Lambert

Le syndrome cardiaque des fêtes : un phénomène saisonnier à ne pas négliger

Lors des périodes festives en fin d’année, il arrive que le cœur rencontre des troubles inhabituels, donnant lieu à ce qu’on appelle communément le syndrome cardiaque des fêtes ou plus simplement, le cœur des fêtes. Lors de ces occasions particulières, la fréquence et le rythme cardiaque peuvent devenir irréguliers ou perturbés, ce qui peut faire craindre un problème sérieux pour la santé.

Ce trouble du rythme cardiaque, connu sous le nom d’arythmie, apparaît souvent à la suite d’une consommation excessive d’alcool, situation qui est particulièrement fréquente durant cette période de fin d’année. Il s’agit donc d’un phénomène saisonnier qui semble s’intensifier lorsque les fêtes battent leur plein.

L’explication derrière cet épisode réside dans le fait que l’alcool peut influencer le fonctionnement électrique du cœur. Plus précisément, une consommation en grande quantité peut induire une fibrillation auriculaire ou fibrillation atriale, une condition où l’activité électrique dans les oreillettes du cœur devient désorganisée, rapide et chaotique. Ce phénomène se traduit par des contractions inefficaces de ces cavités supérieures du cœur, perturbant ainsi la synergie vitale de leur activité.

Ensuite, cette fibrillation atriale peut entraîner un rythme cardiaque irrégulier et accéléré au niveau des ventricules, ce qui est désigné par le terme de tachyarythmie. La Cleveland Clinic, une institution renommée en matière de médecine, a d’ailleurs désigné cette forme de trouble comme étant le syndrome cardiaque des fêtes, suite à l’observation d’une augmentation notable des cas de fibrillation atriale en décembre et en janvier, périodes où la consommation d’alcool est généralement plus élevée.

Les effets délétères de l’alcool sur le cœur ne se limitent pas à l’arythmie. La consommation excessive peut aussi endommager le muscle cardiaque et compromettre sa fonction. Selon la Cleveland Clinic, l’alcool favorise également une augmentation de la diurèse, ce qui est une perte de liquides par les reins, entraînant une diminution des électrolytes dans l’organisme. Or, ces électrolytes jouent un rôle clé dans la transmission électrique et la contraction du muscle cardiaque. Leur déficit peut perturber la stabilité du rythme cardiaque, augmentant ainsi le risque d’incidents graves lors des fêtes.

Quels sont les symptômes du syndrome cardiaque des fêtes ?

Les personnes touchées peuvent ressentir différentes manifestations, allant de palpitations, c’est-à-dire une sensation de battements rapides ou irréguliers du cœur, à une fatigue inhabituelle. Certains ressentent également un essoufflement, une faiblesse générale ou encore des douleurs ou une sensation d’oppression dans la poitrine. Ces signes doivent alerter et inviter à une consultation médicale, surtout si la consommation d’alcool a été importante.

Quelles sont les origines de cette affection saisonnière ?

L’alcool reste la cause principale du syndrome cardiaque des fêtes, particulièrement lorsque quelqu’un consomme cinq boissons alcoolisées ou plus en une seule fois, bien que cet seuil puisse varier d’un individu à l’autre. La surconsommation d’alcool n’est pas le seul facteur en jeu : une alimentation trop salée, par exemple, peut également contribuer à faire travailler davantage le cœur, en raison de l’effet de surcharge qu’elle induit.

Par ailleurs, le stress lié aux festivités, aux préparatifs ou aux obligations sociales peut exacerber la situation en augmentant la tension artérielle ou en jouant sur le rythme cardiaque. Toute personne ayant une faible tolérance à la consommation d’alcool ou présentant certains facteurs de vulnérabilités peut être à risque.

Facteurs de risque et vulnérabilités

Certains profils sont plus susceptibles de subir ces troubles cardiaques saisonniers : ceux qui souffrent d’une hypertension artérielle, qui ont des antécédents de maladies cardiaques ou d’anomalies au niveau du cœur, ou encore les personnes âgées de plus de 65 ans. Les hommes semblent également présenter une vulnérabilité accrue face à ce syndrome. D’autres facteurs comme l’apnée du sommeil, le diabète ou encore un excès de poids ou une obésité peuvent également augmenter la probabilité de survenue d’un épisode.

Quels sont les dangers encourus ?

Bien que la plupart des épisodes de syndrome cardiaque des fêtes soient passagers et se résolvent généralement dans les 24 heures, ils ne doivent pas être pris à la légère. Parmi les complications possibles, la plus grave reste l’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, notamment en raison du risque de formation de caillots sanguins dans l’oreillette gauche du cœur, conséquence de la contraction inefficace de ses cavités.

Ce caillot peut alors migrer dans la circulation sanguine et obstruer une artère cérébrale, provoquant un AVC. De même, ces caillots peuvent atteindre les vaisseaux coronaires et entraîner un infarctus du myocarde si ils se déplacent vers le cœur. La survenue de tels évènements constitue une urgence médicale, et toute personne présentant des palpitations, des douleurs chest ou un essoufflement doit rapidement se faire accompagner par les secours.

Il est fortement conseillé de ne pas tenter de conduire soi-même vers un service d’urgence en cas de suspicion d’un problème cardiaque durant ces épisodes. La prise en charge immédiate est cruciale pour limiter les risques de complications graves.

En résumé

Le syndrome cardiaque des fêtes est une réaction temporaire, souvent liée à une consommation excessive d’alcool, qui peut se manifester par des troubles du rythme cardiaque, des douleurs thoraciques et une faiblesse. Bien qu’il disparaisse généralement en un jour, il peut conduire à des complications graves telles que l’AVC ou l’infarctus, notamment chez les personnes à risque. La prudence et la modération durant cette période festive sont donc essentielles pour préserver la santé cardiologique.

Ce phénomène saisonnier rappelle les effets potentiellement dangereux d’une alimentation et d’une consommation d’alcool excessives, et invite à faire preuve de vigilance lors des célébrations.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.