Corse : Vierge vandalisée, suspects expulsés, l’île en colère

Sophie Lambert

Les tensions persistent sur l’île de Beauté après un acte de profanation

La fureur ne s’est pas calmée sur la Corse suite à l’incident survenu la semaine précédente, lors duquel une statue de la Vierge Marie a été vandalisée à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud. Les deux personnes suspectées d’avoir endommagé la sculpture religieuse, et qui auraient également simulé, tout en se filmant, une scène à caractère sexuel sur la statue, ont été évacuées du territoire dimanche, à bord d’un vol privé spécialement affrété par le service pénitentiaire, selon les informations de Corse Matin.

Refus d’embarquement à l’aéroport après un contrôle judiciaire

Sous un régime de contrôle judiciaire, ces deux hommes se devaient de quitter l’île. Cependant, lors du jour du départ, le commandant de bord du vol opérant avec Air Corsica, destiné à Paris et dans lequel ils devaient embarquer, a décidé de leur interdire l’accès à bord. Son refus a été motivé par le risque potentiel de trouble à l’ordre public, en raison de l’atmosphère hostile à leur arrivée à l’aéroport, où une foule leur a réservé des huées et manifestations de mécontentement.

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Refus d’hébergement à l’hôtel suite à leur éviction

Une fois escortés vers un hôtel proche pour y passer la nuit, les deux individus ont de nouveau été refoulés par la direction de l’établissement. Selon un communiqué publié sur Facebook, l’hôtellerie a expliqué que leur refus de les accueillir était dû à une réservation effectuée via la plateforme Booking, sans que le personnel de l’hôtel ait connaissance de la provenance ou du motif. « Dès qu’ils ont été identifiés comme étant les personnes impliquées dans le délit sur la statue, la direction a immédiatement refusé de leur offrir un hébergement et leur a demandé de quitter immédiatement les lieux », précise la communication.

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Une séquence de protestation avec un cercueil symbolique

Avant même leur éviction, la vidéo montrant la destruction de la statue, largement relayée sur les réseaux sociaux, avait profondément marqué les habitants. Elle avait également suscité une réaction de colère acerbe à l’échelle de l’île. La semaine précédente, des centaines de citoyens s’étaient rassemblés devant la gendarmerie de Porto-Vecchio, ainsi que sur le lieu où la statue religieuse avait été retrouvé arrachée de son socle. Lors de cette manifestation, les manifestants avaient déposé un cercueil gravé aux noms des deux jeunes hommes suspects, en signe de protestation.

Les jeunes prévenus devant le tribunal

Ces deux jeunes saisonniers ont désormais quitté l’île, mais ils seront jugés le 16 novembre prochain devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio. Leur accusation repose sur des faits de dégradations graves en groupe et d’exhibition sexuelle. Toutefois, étant donné que leur retour sur la Corse ne peut pas être garanti en toute sécurité, il reste incertain quant à leur présence lors de l’audience.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.