Les directives anticipées, souvent désignées sous le nom de testament de vie, constituent une déclaration écrite par laquelle un adulte exprime ses préférences concernant la fin de sa vie. Il s’agit d’un document dans lequel la personne définit ses volontés exactes pour la suite, en précisant les traitements ou interventions qu’elle souhaite ou refuse de recevoir dans une situation où elle serait incapable de communiquer ses souhaits elle-même. En somme, ces directives permettent de faire connaître de son vivant ses souhaits précis relatifs à ses soins futurs.
Ces déclarations écrites ont pour but d’indiquer de manière claire et précise quelles actions médicales doivent être entreprises ou, au contraire, évitées lorsque la personne ne sera plus en capacité de s’exprimer. Elles abordent généralement des points tels que la poursuite ou l’arrêt de certains traitements, la limite à poser sur des interventions chirurgicales, ou encore le refus de recours à des réanimations ou des soins intensifs dans des circonstances graves. Par cette démarche, la personne souhaite s’assurer que ses volontés seront respectées dans des situations où elle pourrait se retrouver dans l’incapacité de s’exprimer à cause de maladies, accidents ou états d’état critiques comme un coma.
Une orientation destinée aux professionnels de la santé
Il est important de souligner que toute personne majeure, même si elle est sous tutelle, a la possibilité de rédiger ses directives anticipées. La législation en détermine la procédure et garantit cette liberté pour tous les citoyens, y compris ceux sous protection juridique. La base légale pour ces démarches a été posée par la loi Léonetti, adoptée le 22 avril 2005, qui énonce les droits des malades et leurs devoirs face à la fin de vie. Ce cadre a été renforcé en 2016 par la loi Claeys-Léonetti, visant à renforcer la reconnaissance et la prise en compte des volontés anticipées des patients.
Les professionnels de santé ont le devoir de consulter et d’intégrer ces directives dans la planification des soins. Lorsqu’un patient a rédigé ses directives anticipées, ceux qui prennent en charge sa santé sont tenus de les respecter, sauf dans des situations exceptionnelles prévues par la loi. Ces documents doivent être pris en considération avant toute exploration ou intervention médicale, qu’il s’agisse d’une opération, d’une réanimation ou d’un changement de traitement. En cas de discordance ou d’incompatibilité manifestée par les directives avec la situation médicale actuelle, le médecin doit alors procéder à une décision collégiale en concertation avec d’autres confrères.
Il demeure cependant des situations où ces directives ne seront pas appliquées. En particulier, si leur application semble manifestement inadaptée à la contexte médical actuel ou si leur exécution pourrait mettre en danger la vie du patient dans l’immédiat. Dans un cas d’urgence vitale, le corps médical peut décider de réagir rapidement, notamment d’engager une réanimation en attendant la réalisation d’un bilan médical plus approfondi. Lorsqu’il doit déroger à ces volontés exprimées, le professionnel doit documenter ce refus et en informer la personne de confiance ou la famille du patient.
Ce qu’il faut faire pour préserver ses directives
Même si la rédaction de ses volontés anticipées peut se faire librement, c’est-à-dire à la main ou sous une forme manuscrite, il est fortement conseillé d’utiliser les modèles et formulaires officiels proposés sur le site sante.gouv.fr. Ces formulaires permettent de s’assurer que toutes les informations essentielles sont correctement mentionnées. Après avoir rempli, daté et signé le document de votre propre main, il est essentiel de le conserver avec soin ou de le remettre à une personne de confiance, à un membre de la famille ou à votre médecin traitant pour qu’il puisse le retrouver facilement lorsque cela sera nécessaire.
Il est également envisageable d’intégrer ces directives dans votre dossier médical numérique, ou de les enregistrer dans un fichier national accessible uniquement aux professionnels de santé autorisés. Ajouter ce document dans un espace sécurisé permet d’assurer qu’il sera pris en considération lors de toute intervention future, tout en facilitant sa consultation pour le personnel médical.
Les directives anticipées restent généralement valides tant qu’elles ne sont pas modifiées par la personne concernée. En effet, elles peuvent être maintenues indéfiniment, à condition que leur contenu reste conforme à la volonté du patient. Toutefois, il est conseillé de les revoir périodiquement. Cela permet de s’assurer que ces volontés continuent à refléter précisément les souhaits actuels du patient, notamment dans un contexte où ses opinions ou ses situations de vie peuvent évoluer avec le temps.
En résumé, ces directives représentent un moyen essentiel pour garantir que la personne reste maître de ses choix concernant la fin de sa vie, tout en facilitant la tâche des professionnels de santé qui doivent respecter ses volontés dans des moments difficiles. Leur rédaction et leur mise à jour régulière sont encouragées afin de maintenir cette conformité avec ses désirs profonds.






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Comment faire connaître ses dernières volontés avec des directives anticipées ?