Comment éviter les tensions familiales pendant les fêtes : nos conseils santé

Sophie Lambert

La saison de Noël : un moment de réjouissance ou de stress ?

Selon Valérie Jourdan, psychologue spécialisée dans la pratique clinique, la période des fêtes de Noël commence à occuper les esprits dès la fin du mois de septembre. Les préparatifs, les décorations et l’effervescence liée à cette célébration amorcent une réflexion qui s’étend bien au-delà de l’automne. Cependant, cette anticipation peut également se révéler source d’anxiété pour beaucoup, car Noël évoque souvent des tensions, notamment au sein des familles. La période de Noël est fréquemment associée à une forme de stress, celui-ci étant généralement renforcé par des désaccords familiaux ou des peurs liées aux rencontres avec certains proches.

Un rappel des remous familiaux, bien ancrés dans l’enfance

Pour la professionnelle, cette nervosité trouve ses racines dans la dimension profondément régressive de cette fête. Noël fait remonter à la surface des souvenirs liés à l’enfance, rattachés à la dynamique familiale durant cette période. Lorsqu’on évoque les relations familiales, on pense souvent aux rivalités entre frères et sœurs, aux positions que chacun occupe au sein de la fratrie, ou encore aux personnes qui se comportements comme victimes de la famille. Ces scènes, qui ont marqué notre enfance, peuvent ressurgir à l’approche des célébrations, donnant à Noël un parfum de répétition de vieux schémas émotionnels.

Une reconstitution psychologique qui peut s’intensifier

À tout âge, face aux rencontres de famille, certains comportements d’enfant peuvent faire surface, comme si la personne revivait ses expériences de jeunesse. La spécialiste souligne que cette régression n’est pas anodine : elle peut entraîner la réactivation de conflits longtemps enfouis, voire la mise en place de disputes ouvertes ou latentes. La période des fêtes devient alors un catalyseur, facilitant la résurgence d’émotions anciennes qui, dans le contexte familial, peuvent rapidement dégénérer. Elle insiste cependant sur le fait que ces retrouvailles ne sont pas un espace pour régler les différends existants. Au contraire, Noël devrait rester une parenthèse, une occasion de partage plutôt que de confrontation.

Garder l’esprit convivial : quelques conseils pour éviter les tensions

Pour préserver la paix et profiter de ces moments, Valérie Jourdan propose plusieurs astuces pratiques. Elle recommande, tout d’abord, d’accepter que des tensions soient possibles, en gardant à l’esprit que l’objectif principal est de vivre des instants agréables. La pleine conscience, ou méditation en pleine conscience, peut également être bénéfique : prendre conscience à chaque échange d’un sourire ou d’un signe de satisfaction permet de se recentrer sur le moment présent, tout en relâchant la pression liée aux conflits potentiels. La technique de dissociation est une autre stratégie : face à une montée d’émotions, comme la colère ou la tristesse, il est conseillé de tourner la tête ou de fixer cinq objets rouges dans la pièce pour se déconnecter psychiquement de la situation immédiate. Cela demande une préparation préalable pour que l’exercice soit efficace, mais il constitue un outil précieux pour casser le cycle des tensions immédiates.

Se relaxer pour mieux vivre ces retrouvailles

Par ailleurs, la pratique de la cohérence cardiaque juste avant un repas ou une rencontre peut aider à évacuer le stress. En respirant calmement pendant environ cinq minutes, il devient possible de calmer le système nerveux et d’aborder la réunion familiale plus sereinement. Enfin, il ne faut pas hésiter à s’absenter brièvement si la situation devient trop pesante. Se réserver quelques instants pour prendre l’air, se rendre dans la salle de bain ou simplement s’isoler permet de regagner en calme et en contrôle émotionnel. La psychologue insiste sur le fait qu’il ne faut pas se sentir coupable de prendre soin de soi en ce moment-là, afin de préserver son bien-être mental.

Une période à vivre avec précaution mais aussi conscience de ses limites

Les fêtes de Noël sont donc à envisager comme une courte pause dans le rythme habituel, une occasion de mieux vivre ses relations familiales tout en évitant de céder à la tentation de régler des conflits profonds. La clé pour passer un Noël apaisé réside dans la conscience que cette période n’est pas l’échéance pour résoudre tous les problèmes. Valérie Jourdan rappelle que l’objectif n’est pas de partir en famille pour tirer profit de ces moments afin de faire avancer des dossiers en suspens, mais plutôt d’apprécier la convivialité et l’affection partagée. La préparation mentale, ainsi que l’adoption de stratégies simples, peuvent transformer ce rendez-vous annuel en un temps plus harmonieux pour tous.

Enfin, que faire pour préserver l’harmonie durant cette période festive ?

Les conseils pour éviter les débordements psychologiques durant Noël sont nombreux, mais l’essentiel est de garder en tête que cette parenthèse doit rester une occasion de repos et de partage positif. Adopter une attitude détachée face aux tensions, pratiquer des exercices de relaxation ou de pleine conscience, et accepter que certains moments soient parfois difficiles, sans vouloir les transformer en conflits ouverts, sont autant de clés pour vivre ces fêtes dans la sérénité. Se fixer ces limites personnelles et respecter celles des autres constitue le meilleur rempart contre d’éventuelles disputes qui pourraient ternir la magie de Noël.

Sources : Interview de Valérie Jourdan, 19 décembre 2025

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.