Comparaison entre Beyfortus et Abrysvo : quelle stratégie est la plus efficace contre le VRS ?
Le débat autour de la meilleure méthode pour prévenir les infections dues au virus respiratoire syncytial (VRS), responsable notamment des bronchiolites chez les jeunes enfants, fait rage parmi les professionnels de santé et les chercheurs. Deux principales stratégies existent : l’administration du Beyfortus, un anticorps monoclonal, et la vaccination de la mère enceinte avec Abrysvo. Une étude de référence, la première de son genre, a récemment comparé ces deux approches pour déterminer laquelle offre la meilleure protection aux nourrissons. La recherche a été menée par le regroupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE, une collaboration entre l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Cnam, et ses résultats ont été publiés le 22 décembre dans la revue américaine The Journal of the American Medical Association (JAMA).
Une étude sans précédent en son genre
Il s’agit de la première étude mondiale à analyser directement l’efficacité de ces deux stratégies de prévention contre le VRS. Beyfortus, dont le nom scientifique est nirsevimab, constitue une solution d’immunoprophylaxie passive : d’un seul geste, un anticorps monoclonal est injecté directement au nourrisson pour lui conférer une immunité immédiate contre le virus. De son côté, Abrysvo est un vaccin destiné aux femmes enceintes, administré entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée, afin d’induire une transmission passive d’anticorps à travers le placenta, offrant ainsi une protection au nouveau-né dès sa naissance.
Une stratégie préventive basée sur la vaccination des femmes enceintes
Le vaccin Abrysvo, en étant administré durant la grossesse, mise sur le transfert naturel d’anticorps du mère à l’enfant, protégeant ainsi le nourrisson contre le VRS durant ses premiers mois, période à risque élevé pour cette maladie. La stratégie consiste donc à immuniser la mère pour produire une réponse immunitaire robuste, qui sera transmise au bébé par le biais du sang maternel à la naissance. Ce mode d’action contraste avec celui du Beyfortus, qui est une injection unique pour chaque nourrisson, lui garantissant une immunité immédiate sans dépendre de la réponse de la mère.
Une disponibilité des deux options en France
En France, ces deux méthodes sont aujourd’hui accessibles aux familles. La décision d’opter pour l’une ou l’autre revient en grande partie à la responsabilité des parents, qui s’appuient sur les conseils et l’explication des professionnels de santé pour choisir la solution la mieux adaptée à leur situation. L’information claire et précise fournie par les médecins reste essentielle pour leur permettre d’évaluer les bénéfices et les éventuels risques de chaque option.
Les résultats de l’étude : Beyfortus réduit davantage les hospitalisations
L’étude s’est basée sur l’analyse des données recueillies durant la saison 2024-2025, période marquée par le début de la mise en œuvre simultanée du Beyfortus et d’Abrysvo. Plus de 42 000 nourrissons ont été inclus dans cette recherche, suivis durant une période médiane de 84 jours. Les résultats indiquent une meilleure efficacité du Beyfortus en matière de prévention des formes graves d’infection virale. En effet, les protections offertes par ce dernier se sont avérées supérieures à celles du vaccin administré aux femmes enceintes.
Selon l’analyse, le Beyfortus confère une réduction notable du risque d’hospitalisation pour infection à VRS : il diminue ce risque de 26 % par rapport à la protection apportée par la vaccination maternelle avec Abrysvo. De plus, il permet une diminution encore plus marquée des formes sévères d’infection. Concrètement, cela se traduit par une réduction supplémentaire de 42 % du nombre de cas nécessitant une réanimation ou des soins intensifs pédiatriques. La nécessité d’utiliser de l’oxygénothérapie ou de recourir à des intubations est également fortement réduite, avec une diminution d’environ 43-44 % par rapport à l’utilisation du vaccin chez la mère.
Une efficacité reconnue, mais des bénéfices communs
Malgré ces différences, les deux stratégies de prévention montrent une efficacité significative, avec un taux de réussite situé entre 65 et 85 %. Elles contribuent toutes deux à réduire considérablement les hospitalisations pour bronchiolite chez les jeunes enfants, ce qui représente un enjeu majeur de santé publique. Leur performance a été validée tant lors des phases d’essai clinique que dans l’application réelle en contexte national.
Recommandations de la Haute Autorité de Santé
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), l’immunisation passive par Beyfortus doit être privilégiée dans certains cas spécifiques. En particulier, lorsque la vaccination de la mère n’est pas ou peu susceptible d’être efficace, comme chez les nouveau-nés prématurés ou dans des situations où la période entre la vaccination et la naissance est inférieure à deux semaines, limites possibles pour la vaccination maternelle. La HAS recommande également cette approche pour les femmes enceintes ayant déjà été vaccinées lors d’une grossesse précédente, mais pour lesquelles aucune étude n’a encore confirmé la sécurité et l’efficacité d’une dose supplémentaire. Enfin, dans le cas de femmes immunodéprimées, faute de données suffisantes, il est conseillé d’opter pour la prophylaxie passive avec Beyfortus à titre de précaution.
La situation épidémique demeure préoccupante
Il est important de rappeler que l’épidémie de bronchiolite, qui sévit chaque année durant les mois froids, est encore active en France selon le dernier rapport de Santé publique France. Toutes les régions du pays sont actuellement en phase épidémique, à l’exception de la Corse, qui est encore en phase pré-épidémique. Cela souligne la nécessité de continuer la vigilance et la mise en place de mesures préventives pour protéger la santé des nourrissons.
Sources et contexte
Les données de cette étude proviennent principalement d’Epi-Phare, de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de Santé publique France, dont la mission inclut la surveillance et l’évaluation continues de l’impact des stratégies de prévention contre le VRS. Ces résultats apportent une meilleure connaissance de l’efficacité comparée des deux principales options de prévention, aidant ainsi à orienter au mieux les politiques de santé publiques et les recommandations pour la protection des enfants à risque.






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