Argent et famille : à quoi correspond le passif du défunt en succession ?

Sophie Lambert

Calcul des droits de succession : sur quoi se basent-ils ?

Les héritiers doivent s’acquitter de droits de succession, qui sont établis en fonction du montant de l’actif net reçu lors de la transmission. En d’autres termes, la base pour le calcul est la valeur de l’ensemble des biens transmis par le défunt, après déduction des dettes et obligations. Le notaire, lors de l’évaluation, va considérer la totalité des biens transmis à ses héritiers, ce qu’on appelle l’actif brut de la succession. À cette somme, il va soustraire toutes les dettes éventuelles, appelées passif, afin d’obtenir sur quoi seront calculés précisément ces droits. Mais qu’entend-on exactement par actif et passif dans ce contexte ?

Définition du passif de la succession

Avant toute chose, il faut analyser ce que représentent les dettes du défunt, qui composent le passif successorale. Ces dettes, contractées avant le décès, peuvent inclure diverses obligations financières. Il peut s’agir de créances envers des particuliers ou d’emprunts en cours, comme un crédit immobilier, un prêt à la consommation ou encore un découvert bancaires. Cela concerne aussi toutes sortes de factures impayées : factures d’eau, d’électricité, charges de copropriété, ou encore de loyer en retard. Les impôts dus par le défunt entrent également dans cette catégorie, tout comme certaines taxes, amendes ou contraventions qui restent impayées. En résumé, tout ce que le défunt devait à différents intervenants avant sa disparition constitue ce passif, et doit être pris en compte lors du calcul du patrimoine successoral.

La nécessité de la certitude et de la justification de la dette

Il est essentiel que la dette soit considérée comme « certaine » pour pouvoir entrer dans le passif successorale. Cela signifie qu’elle doit réellement exister, avec un montant précis et consolidé. Tant que son montant exact n’a pas été déterminé de façon définitive, la dette ne pourra simplement être inscrite dans la déclaration de succession à titre de référence. En outre, la dette doit pouvoir être justifiée, peu importe la date à laquelle elle doit être remboursée. Les héritiers ou le notaire doivent pouvoir produire des documents prouvant l’existence de cette créance, tels que des factures, des contrats, des actes notariés ou encore des attestations de créances émises par les organismes concernés. La transparence est essentielle pour que la dette soit reconnue comme faisant partie du passif de la succession.

Les frais liés au décès pris en compte dans l’actif

Après le décès, certains frais doivent être considérés comme liés à cet événement et inclus dans le passif de la succession. Ces coûts peuvent inclure des dépenses médicales et hospitalières engagées avant le décès, ainsi que les frais liés à la procédure de séparation des biens comme l’ouverture du testament ou celle de l’inventaire. D’autres dépenses peuvent également faire partie de cette catégorie, notamment les frais de donation entre époux, les droits temporaires sur le logement ou encore la rémunération d’un mandataire nommé à titre posthume. Ne sont pas exclues non plus les frais funéraires, qui représentent une dépense importante dans l’organisation du décès.

Montant limite et nature des justificatifs pour les frais liés à la mort

Il est à noter que ces frais liés à la mort sont plafonnés à une somme maximale de 1 500 euros, une limite qui vise à simplifier leur prise en compte dans la succession. Par ailleurs, il n’est pas obligatoire pour les héritiers de fournir des justificatifs pour ces dépenses, ce qui facilite leur déclaration. Cependant, pour des frais supérieurs ou pour certains types de charges, il peut être nécessaire de fournir des documents pour prouver la plausibilité des coûts engagés, notamment en cas de contrôle ou de contestation.

Le traitement des dettes avant distribution de la succession

Il est important de préciser que toutes les dettes du défunt doivent impérativement être réglées avant que l’actif successoral ne puisse être distribué aux héritiers. Cela signifie que la somme des dettes doit être payée ou, à défaut, imputée sur la part revenant à chaque héritier. En pratique, ces dettes sont généralement déduites directement de la valeur totale des biens transmis, ce qui revient à dire que chaque héritier voit sa part diminuer du montant du passif. Ainsi, le processus de liquidation de la succession garantit que toutes les obligations financières du défunt sont honorées avant la répartition du patrimoine aux héritiers.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.