Le festival international d’Angoulême se prépare à une nouvelle ère après une crise majeure
Le célèbre festival de bande dessinée d’Angoulême, en France, traverse une période de transformation importante. En effet, la direction prévoit de changer plusieurs aspects de l’événement, tels que son nom, son logo, ainsi que ses dates et ses lieux de déroulement, dans le but de mieux répondre aux attentes des créateurs et des éditeurs. Cette nouvelle orientation intervient suite à l’annulation de l’édition 2026, annoncée récemment par l’association responsable de la sélection du nouveau prestataire chargé d’orchestrer l’événement. La volonté est de redonner une dynamique à un rendez-vous qui, depuis sa création en 1974, jouit d’un rayonnement mondial, mais qui doit aujourd’hui s’adapter aux enjeux actuels.
Un appel à projets pour repenser le futur du festival
L’initiative de relancer cet incontournable de la BD sera officiellement lancée le mardi suivant, par un appel à propositions auquel tous les professionnels intéressés pourront répondre. La date limite pour soumettre leur candidature est fixée au 12 mars. La mairie d’Angoulême, en collaboration avec l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), qui regroupe les principaux acteurs financiers, les professionnels du secteur et les fondateurs historiques, se veut proactive dans cette démarche. Ce nouvel appel d’offres s’inscrit dans une volonté de transparence accrue, avec notamment un cahier des charges allégé et plus clair, mettant un accent particulier sur la lutte contre toutes formes de violences et de harcèlements, qu’ils soient sexistes ou sexuels. De plus, la gratuité pour l’accès aux auteurs et autres acteurs du milieu sera maintenue, afin de favoriser la participation et la diversité.
Les raisons de l’annulation de l’édition 2026 et le contexte de crise
Pour la première fois depuis ses débuts en 1974, la manifestation phare s’était vue contrainte d’annuler sa 53e édition, qui était initialement prévue en janvier 2026. Cette décision, prise à la fin de l’année 2025, a été marquée par une crise interne sévère. La société organisatrice, 9e Art+, a essuyé une forte opposition de la part d’une grande partie du secteur de la bande dessinée, qui dénonçait de lourdes divergences et un climat de tension autour de l’événement. La fronde a notamment été alimentée par des critiques concernant la gestion de l’organisation, mais aussi par une controverse autour d’un incident impliquant une salariée de 9e Art+ qui avait porté plainte en 2024 pour un viol survenu lors du festival, ce qui a terni encore davantage l’image de la manifestation.
Une contestation alimentée par des tensions et des scandales
Une vague de mécontentement a touché de nombreux auteurs et autrices, qui ont voulu boycotter cette édition au nom de l’opacité entourant la gestion du festival et de ce qu’ils considèrent comme une dérive commerciale. La crise a été amplifiée par la révélation du licenciement d’une salariée ayant déposé une plainte pour viol, ce qui a alimenté le sentiment d’un dysfonctionnement grave au sein de l’organisation. Les questions de transparence et de pratiques éthiques ont ainsi pris de l’importance dans le débat public autour du festival, remettant en cause la légitimité de l’événement à continuer de se tenir dans ses formes passées.
Une volonté de réconciliation et d’avenir prometteur
Face à cette situation tendue, une nouvelle étape s’amorce avec la sélection de trois candidats présélectionnés, qui seront auditionnés durant la semaine du 6 avril. La décision finale sera annoncée la semaine suivante, et il est attendu qu’elle soit portée par un projet ambitieux, guidé par une connaissance approfondie du secteur. L’objectif est de faire en sorte que le festival s’inscrive encore davantage dans une dimension internationale, en permettant à l’événement de franchir de nouveaux caps. Par ailleurs, le calendrier pourrait évoluer, avec une proposition de décaler la tenue de l’événement, qui se déroulerait désormais entre janvier et la mi-mars, au lieu de fin janvier comme c’était le cas jusqu’à présent.
Un nouveau contrat d’organisation pour une stabilité accrue
Le partenariat futur entre l’association organisatrice et le prestataire sélectionné sera valable pour une période de cinq ans, contre dix auparavant, tout en laissant la possibilité d’une année supplémentaire. Cette gestion plus courte vise à instaurer une plus grande souplesse et à favoriser une meilleure adaptation aux enjeux du secteur. Le représentant des États généraux de la bande dessinée, Denis Bajram, a souligné l’importance de cette approche, déclarant que l’on restait très vigilant à la concrétisation de tous ces projets avec le futur délégataire. Selon lui, le climat de « bonne volonté générale » qui se dessine est de nature à rassurer quant à l’avenir du festival et à lui assurer une relance positive.
Ce contexte de renouveau s’inscrit donc dans une volonté collective de préserver la renommée mondiale d’un rendez-vous emblématique de la bande dessinée, qui doit aujourd’hui s’adapter aux réalités éthiques, sociales et économiques du secteur.






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