Alizé Cornet : retour dans l’élite et féminisation, sa feuille de route

Sophie Lambert

Les dessous de sa nomination à la tête de l’équipe de France de Billie Jean King Cup

Alizé Cornet évoque dans cet entretien les moments clés qui l’ont menée à accepter le poste de capitaine de l’équipe féminine de tennis en France. Selon ses propres mots, cette considération lui semblait évidente depuis longtemps : « Il était clair dans mon esprit qu’un jour, je deviendrais capitaine. » En tant que joueuse, elle confie nourrir un véritable amour du maillot, ancré profondément en elle, et ressentir une volonté forte d’apporter sa contribution à l’équipe nationale. Elle explique que, lorsqu’elle envisageait son avenir professionnel après sa carrière de sportive, cette ambition de devenir leader de l’équipe nationale s’est rapidement dessinée. Cornet affirme qu’elle pense qu’elle peut apporter un vrai plus aux joueuses françaises, qu’elles soient expérimentées ou plus jeunes, en leur transmettant son expérience et sa motivation.



Une transition rapide mais un projet longuement mûri

Si l’on considère la décision d’arrêt de sa carrière de joueuse en septembre dernier, cette nomination paraît sur le coup plutôt rapide. Pourtant, pour Cornet, cette démarche a été pensée depuis longtemps. Elle indique avoir commencé à y réfléchir bien avant d’arrêter le tennis professionnel : « Plus j’y pensais, plus je me projetais dans ce rôle. On peut lire des ouvrages, suivre des formations en management, faire tout ce qui peut nous aider. Mais au fond, c’est un métier où il faut avant tout être à l’écoute des autres, gérer la dimension humaine, tout en conservant une forte connaissance sportive. Je me suis rendu compte qu’attendre d’être complètement prête, qu’aucun doute ne subsiste, n’était pas réaliste. Certaines responsabilités naissantes nécessitent d’apprendre en situation et de prendre des initiatives, même si l’on se sent encore un peu incomplète. »

Une ambition de faire remonter la France dans l’élite mondiale

Pour la nouveauté dans la gestion de l’équipe de France, Cornet précise que son objectif immédiat est de faire gravir l’équipe vers des classes supérieures. La priorité qu’elle cite, c’est l’amélioration de la position des Bleues dans la Billie Jean King Cup : « La tâche à accomplir actuellement, c’est de sortir du groupe 2 – le deuxième échelon – dans lequel nous évoluions. Les délais sont serrés, mais l’enthousiasme doit primer. Notre ambition est claire : viser la montée au niveau supérieur. Et pourquoi pas, dès 2026, accéder à la prestigieuse zone du groupe mondial, là où jouent les meilleures nations. »



Des liens étroits avec les joueuses françaises

Concernant ses relations avec les joueuses françaises, Cornet confie avoir déjà échangé avec plusieurs d’entre elles lors de Roland-Garros, notamment avec Loïs Boisson. Elle raconte : « Je l’ai contactée pour lui annoncer ma nomination, et j’ai perçu que cela lui faisait plaisir. Je n’ai pas encore eu l’occasion de parler en détail de la vision qu’elle a de l’équipe ou de son amour pour le maillot, mais si on peut avoir une leader comme elle, ce serait un vrai bonus. »

« Au fil des années, j’ai côtoyé plusieurs joueuses que j’ai rencontrées en équipe. J’ai joué avec Varvara (Gracheva), Kristina (Mladenovic), Diane (Parry), Clara (Burel), et je connais très bien Elsa (Jacquemot), parce que, récemment, je suis allée jouer avec elle à Lyon et on a beaucoup discuté. Je suis aussi très proche de Léolia (Jeanjean). En revanche, Sarah (Rakotomanga), je ne la connais pas encore personnellement, mais je vais la voir à l’occasion de mon déplacement en Australie début 2026. En dehors de cela, toutes les autres me semblent bien intégrées dans le groupe. »



Une mission élargie pour promouvoir la féminisation du tennis

En plus de ses responsabilités en tant que capitaine, Cornet évoque une fonction supplémentaire qu’elle apprécie particulièrement : celle de manager des équipes françaises. Elle s’amuse en racontant : « C’est vrai que je me retrouve aussi dans un rôle de management, c’est assez amusant ! (rires) » Elle insiste sur le fait que, grâce à la plateforme donnée par la Fédération française de tennis (FFT), elle pourra intervenir à tous les niveaux, de la formation des jeunes filles jusqu’au plus haut niveau professionnel.

Selon elle, il est primordial de suivre de près ce qui se passe chez les jeunes dans les circuits en dehors du top niveau, pour pouvoir apporter des idées nouvelles. « Il faut aller à la rencontre des jeunes talents, comprendre leur évolution, puis revenir avec des propositions, voire des innovations pour rajeunir et dynamiser notre tennis féminin. Il est clair que ces dernières années, le tennis féminin français a connu des difficultés, et cela doit nous pousser à faire mieux. »



Un déficit de représentativité féminine à combler

Elle souligne également la nécessité de renforcer la présence des femmes dans tous les secteurs du tennis. Elle explique : « On constate qu’il y a un vrai manque de femmes dans la structure, notamment dans l’enseignement. Or, ce sont justement ces figures féminines qui inspirent et motivent les jeunes filles. Il faut intensifier la formation de futures éducatrices et entraîneures pour combler ce vide. »

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.