Aides au parcours professionnel : ce que la famille et le handicap peuvent faire pour vous

Sophie Lambert

Les innovations et défis dans l’emploi des personnes en situation de handicap en France

Une récente étude menée par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) révèle que, en 2022, seulement deux travailleurs en situation de handicap sur cinq occupaient une position active sur le marché du travail. Ce chiffre met en lumière la persistance des obstacles et des difficultés rencontrés par cette population pour accéder à l’emploi et le maintenir dans la durée.

Depuis l’instauration en 2005 de la loi relative à « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », des avancées ont été réalisées. Cette législation impose notamment aux entreprises de plus de vingt salariés d’embaucher un minimum de 6 % de personnes en situation de handicap. Cependant, la mise en œuvre de cette obligation progresse doucement, et l’impact sur l’intégration professionnelle reste modéré.

Par ailleurs, une enquête réalisée par l’Ifop en 2025 indique que seul un peu plus d’une personne sur dix dans la population handicapée déclare observer des changements significatifs concernant leur situation professionnelle. Cela témoigne de la lenteur des améliorations perçues par ceux qui vivent cette réalité, malgré le cadre législatif qui cherche à favoriser leur participation au monde du travail.

Au cœur de la problématique de l’accès à l’emploi, l’Agefiph, l’Association pour la gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées, apparaît comme le principal organisme facilitant la mobilisation des divers dispositifs d’aide. Elle joue un rôle clé dans l’accompagnement des employeurs et des salariés handicapés, en proposant un éventail de solutions pour favoriser l’intégration et le maintien en emploi.

Favoriser la formation professionnelle

Deux dispositifs principaux soutiennent la formation des personnes en situation de handicap. Le premier a pour vocation d’améliorer leur accès à l’emploi en finançant tout ou partie de leur formation. Cette aide peut couvrir l’intégralité des frais pédagogiques, facilitant ainsi la réalisation d’un parcours de formation adapté aux besoins de chaque individu.

L’obtention de cette aide s’appuie sur la constitution d’un dossier à adresser à l’Agefiph. Pour simplifier cette démarche, les candidats peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un conseiller de France Travail ou d’une mission locale, ce qui facilite la navigation dans les démarches administratives et optimise leurs chances d’obtenir un soutien.

En complément, l’Agefiph offre également un soutien pour financer la formation visant à assurer le maintien dans l’emploi. Dans ce cas, c’est l’employeur qui doit soumettre une demande de subvention pour accéder à ces fonds, afin de financer des dispositifs de formation continus ou de perfectionnement pour leurs salariés en situation de handicap. Ces efforts de formation constituent un levier essentiel pour lutter contre le sentiment de stagnation professionnelle, d’autant plus que, selon une étude précisée par l’Ifop, près de 70 % des personnes handicapées n’ont pas bénéficié d’une promotion ou d’une évolution de carrière au cours des cinq dernières années.

Accompagner par des aides humaines et techniques

L’Agefiph propose également diverses aides pour soutenir l’autonomie et l’intégration professionnelle, notamment par le biais d’assistances humaines et techniques. Toute personne en situation de handicap engagée dans une démarche d’insertion peut bénéficier d’un appui humain, destiné à financer l’intervention d’un tiers pour réaliser un geste professionnel à sa place lorsque cela s’avère nécessaire.

Ce soutien peut couvrir aussi l’achat ou la location de moyens techniques visant à favoriser l’autonomie sur le lieu de travail. Cela inclut par exemple l’acquisition de prothèses, de fauteuils adaptés ou d’autres équipements compensant certaines incapacités. Une autre aide spécifique, appelée « reconnaissance de la lourdeur du handicap », permet d’aménager le poste de travail pour en améliorer la compatibilité avec les limitations du salarié. Les modalités de cette assistance sont déterminées en fonction du taux d’incapacité et du contexte professionnel, avec un montant annuel fixé à 6 611 € pour une décision à taux normal, ou pouvant aller jusqu’à 13 161,90 € en cas de décision à taux majoré. Une autre forme de soutien concerne les déplacements : une aide plafonnée à 12 000 € par an vise à faciliter les déplacements professionnels ou la recherche d’emploi, en prenant en charge les coûts du transport ou l’adaptation des véhicules.

Des services pour accompagner et valoriser le parcours

En plus de ces dispositifs financiers, l’Agefiph met en place une variété de services gratuits destinés à conseiller et accompagner les personnes en situation de handicap dans leur parcours professionnel. Parmi ceux-ci figurent des outils, des documents, et un centre de ressources dédié, permettant un accompagnement personnalisé à la création de leur activité ou de leur entreprise. Ce service comprend également la possibilité de souscrire à une micro-assurance spécifique.

De plus, l’organisme dispose d’un espace dédié sur son site Internet dédié à l’emploi. Cet espace propose aux demandeurs d’emploi ou aux entreprises la possibilité de rechercher des offres d’emploi ou de déposer leur CV, facilitant ainsi la mise en relation directe avec le marché du travail.

En résumé, bien que de nombreuses initiatives soient en place pour améliorer la situation des personnes en situation de handicap sur le marché de l’emploi, les résultats restent encore en deçà des attentes. La mobilisation continue de dispositifs variés, alliant aides financières, accompagnement humain, et services personnalisés, est essentielle pour faire évoluer cette réalité vers une plus grande inclusion.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.