Aides à la vie quotidienne : argent, famille, invalidité et handicap

Sophie Lambert

Les principales aides financières pour les personnes en situation de handicap actives

Il existe principalement deux types de soutiens financiers que l’État propose aux individus en situation de handicap qui exercent une activité professionnelle. Ces aides, toutes deux gérées par la Sécurité sociale, visent à soutenir leur autonomie et leur inclusion dans la vie active.

La première de ces aides est la pension d’invalidité. Elle concerne les personnes dont la capacité de travail est considérablement diminuée, en particulier celles dont la faculté à travailler est réduite d’au moins deux tiers. Son montant est calculé en fonction du revenu annuel moyen de la personne concernée, ce qui signifie qu’il varie en fonction du niveau d’incapacité déclaré. Plus la perte d’autonomie est élevée, plus la pension tend à être substantielle. Cette indemnité est soumise à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux contributions sociales, ce qui impliquera une intégration dans la déclaration fiscale annuelle. En outre, la pension d’invalidité peut être cumulée avec d’autres types de pensions ou rentes, permettant à son bénéficiaire de maintenir une stabilité financière malgré ses limitations. Son versement ne limite pas la possibilité de bénéficier d’autres aides ou indemnités, ce qui permet une certaine souplesse dans la gestion de ses ressources.

L’autre dispositif essentiel pour soutenir les adultes en situation de handicap est l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). Elle est versée sous conditions de ressources, ce qui signifie que seuls les demandeurs dont les revenus n’excèdent pas un certain plafond y ont droit. L’éligibilité à cette allocation repose aussi sur le taux d’incapacité : elle est généralement attribuée si celui-ci atteint au moins 80 %. Toutefois, dans certains cas spécifiques, une incapacité comprise entre 50 % et 79 % peut également ouvrir droit à cette prestation. Le montant versé dans le cadre de l’AAH n’est pas fixe et est réévalué chaque année selon un barème prédéfini. Jusqu’au 1er avril 2026, le plafond maximal de cette aide s’élève à un peu plus de 1 033 euros par mois. La variation annuelle du montant permettra aux bénéficiaires de mieux faire face à leur situation financière et à l’évolution de leur vie quotidienne.

Aides à l’aménagement du domicile pour personnes en perte d’autonomie

Depuis le début de l’année 2024, le dispositif clé pour favoriser le maintien à domicile des personnes en situation de handicap s’appuie sur la mise en place de MaPrimeAdapt’. Ce dispositif s’est substitué aux aides précédentes en proposant une nouvelle structure pour financer les aménagements nécessaires dans le logement des personnes dont l’autonomie est altérée. Il concerne, tout d’abord, celles et ceux qui présentent un taux d’incapacité supérieur ou égal à 50 %, sous réserve de respecter les conditions de ressources. Le montant de l’aide varie en fonction des revenus : selon la situation financière des demandeurs, l’aide peut couvrir soit 50 % soit 70 % des coûts engagés pour les travaux, qui sont plafonnés à 22 000 € hors taxes. Cette capacité à couvrir une part significative des dépenses permet d’alléger considérablement le coût des travaux indispensables pour rendre un logement plus accessible.

En plus de cela, pour ceux qui ont un taux d’incapacité d’au moins 80 %, une majoration pour vie autonome est disponible. Son montant mensuel actuel est de 104,77 €. Elle vise à soutenir les efforts pour maintenir une indépendance dans le cadre de la vie quotidienne. Par ailleurs, la Prestation de compensation du handicap (PCH) joue aussi un rôle central dans cette démarche d’aide à domicile. La PCH, versée par le Conseil départemental, se concentre sur la prise en charge des frais liés aux aides humaines ou techniques apportées pour faciliter la vie quotidienne des personnes isolées ou nécessitant une assistance spécifique. Son montant dépend des ressources du bénéficiaire : si ses revenus sont inférieurs à 30 915,30 € par an, toutes ses dépenses sont intégralement couverts, soit 100 %. Dans le cas contraire, une couverture à 80 % est généralement appliquée.

Soutien pour les déplacements des personnes en situation de handicap

Depuis 2017, la Carte mobilité inclusion (CMI) a remplacé les anciennes cartes d’invalidité, de priorité ou de stationnement, tout en conservant leurs mentions spécifiques. Cela permet aux personnes en situation de handicap de bénéficier d’un accès simplifié aux services de transport collectif et à la possibilité de stationner leur véhicule dans des conditions avantageuses. La mention d’invalidité, valable pour celles ayant un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ainsi que la mention priorité pour un handicap inférieur, facilitent l’usage de ces services. La mention stationnement, quant à elle, est attribuée à ceux dont le handicap limite fortement leur capacité à marcher. Outre ces avantages, la CMI offre également certains allègements fiscaux, permettant aux titulaires de réduire leurs coûts liés aux déplacements ou au stationnement.

En parallèle, l’aide à la mobilité appelée aide aux déplacements en compensation du handicap constitue un autre soutien précieux pour les individus engagés dans un parcours professionnel. Elle intervient pour couvrir partiellement les frais liés aux déplacements professionnels ou liés à la vie quotidienne. La demande doit être effectuée directement auprès de l’Association pour la gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), qui évalue le montant et les conditions d’attribution en fonction de la situation spécifique de chaque bénéficiaire. Ainsi, diverses mesures existent pour aider ces personnes à conserver leur autonomie et à améliorer leur qualité de vie, à la maison comme dans leurs déplacements quotidiens.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.