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Wadi Fukin : des Alsaciens s’engagent pour des terres palestiniennes

Lors d’une récente conférence de presse l’Association France Palestine Solidarité Alsace (AFPS) a rappelé qu’elle est engagée depuis des années dans des projets de coopération économique avec des partenaires palestiniens.

Il s’agit de promouvoir des formes pacifiques d’aide à la cause palestinienne, et tout particulièrement en cas de colonisation de terres palestiniennes en Cisjordanie appuyée par l’occupant militaire.

Dans le cadre du projet « 1 million d’oliviers pour la paix » porté par plusieurs associations palestiniennes suite à l’arrachage sous protection militaire d’un million d’oliviers en Palestine, un projet de plantation de 1000 oliviers, financé par des souscripteurs essentiellement alsaciens, a été lancé en bordure du village de Wadi Fukin dont la population palestinienne autochtone est présente depuis des siècles dans cette région proche de Bethléem.

Cette action s’inscrit dans la logique de projets de coopération visant à soutenir les villageois dans leur résistance contre l’occupation israélienne de terres palestiniennes, reconnues comme telles par la communauté internationale.

Elle est née en 2014 de la visite d’un groupe de Colmariens. La plantation de cette première tranche d’oliveraie a été inaugurée le 7 février 2016 en présence de représentants du Consulat général de France à Jerusalem. Ce sont 400 souscripteurs à l’achat des arbres qui ont vu leur nom inscrit sur un panneau à l’entrée du terrain choisi à Wadi Fukin.

Mais le site du verger est désormais menacé.

Ce village emblématique est situé à proximité immédiate de la « ligne verte », ligne de démarcation avec l’Etat israélien avant la guerre des six jours ; depuis 1950 des colonies étrangères (israéliennes donc) se développent sur des terres confisquées, en toute illégalité, par l’Etat israélien.

Aujourd’hui le village est complètement encerclé et son unique accès à Bethléem coupé!

Désormais Wadi Fukin est directement menacé par l’extension des trois colonies qui l’enserrent, particulièrement depuis 2010. Sur ses terres communales les oliviers – à l’importance vitale pour les villageois concernés – sont arrachés et les colonies se développent à vue d’œil….

Pour confisquer les terres et ordonner l’arrachage des arbres la pratique du gouvernement israélien est bien rodée : ordre d’arrachage par ordre militaire (2014, 2015, 2016 pour Wadi Fukin) sur des terres villageoises collectives, au sens des législations ottomanes et britanniques antérieures, mais déclarées « Terres d’Etat » par Israël après la guerre des six jours en 1967.

Au-delà …

En Palestine ce sont des milliers d’hectares qui sont concernés par ces procédures, éléments d’une stratégie d’Etat programmée de confiscation des terres et de colonisation systématique sous protection militaire: voir en particulier les destructions diverses (habitations, bâtiments publics de toute nature…) et surtout les constructions immobilières dans les colonies qui s’accélèrent dans toute la Palestine et visent à rendre sans objet l’option politique retenue par la Communauté internationale, celle des deux Etats.

Ces modalités de spoliation sont souvent accompagnées de mesures de contrainte extrême comme à l’occasion de la destruction récente de 27 maisons à Jerusalem Est: obligation a été imposée aux familles concernées de détruire elles-mêmes leur propre maison, sous peine d’amendes et d’avoir à supporter, en outre, le coût des démolitions.

De même, à Wadi Fukin, les ordres militaires « d’évacuation » stipulent que les frais d’expulsion, en cas de non respect de l’arrachage et de refus d’évacuation, seront à la charge de la communauté villageoise.

Et demain?

Outre leurs protestations formelles, l’Union Européenne et nombre des Etats qui la composent semblent jouer un rôle « d’idiot utile » et ajoutent le ridicule à l’impuissance en finançant des constructions que l’Etat israélien détruit sans hésitation dans ses actions de spoliation de terrains ou de destruction.

A noter que seule la Belgique a réclamé à l’Etat israélien le remboursement des aides qu’elle avait versées pour la construction d’ouvrages qu’Israél a détruit dans le cadre de ces actions de confiscation ou de guerre (comme à Gaza).

Il est vrai qu’Israël est un partenaire économique privilégie de l’Europe et pourrait rentrer bientôt au commandement unifié de l’Otan….

Arracher les oliviers ou tendre le rameau de la paix?

Wadi Fukin est bien un symbole, celui de la résistance pacifique.

Sinon, face à l’arrogante détermination israélienne, face au silence de la communauté internationale et à l’absence de solutions politiques, que reste-t-il aux Palestiniens: le désespoir? la « Guerre des couteaux »? le départ vers des camps de réfugiés au Liban voire vers la Syrie? une répression sans précédent en Israël et en Palestine (plus de 7000 prisonniers politiques, femmes et enfants compris, grèves de la faim, colonisation et répression militaire …)?

Quant aux Alsaciens, en tout cas, avec modestie mais détermination, ils continueront à aider les villageois à replanter des oliviers…

C.R

2 réflexions sur “ Wadi Fukin : des Alsaciens s’engagent pour des terres palestiniennes ”

  1. Il serait préférable de s’inquiéter des immigrés SYRIENS qui eux ont vraiment des besoins. Les oliviers en Palestine…… c’est un mal depuis 1948.

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