Archives par mot-clé : SBO

Non au S.B.O (service bénévole obligatoire) pour les R.S.A!

pauvreté

Nous publions ci-dessous le communiqué signé par de très nombreuses associations, syndicat, personnes, qui dénonce la décision du président du Comité Départemental du Haut-Rhin. Ces associations se réuniront à nouveau le 22 février et L’Alterpresse rendra fidèlement compte des décisions que l’assemblée prendra.

Notre journal est aux côtés de ceux qui, nombreux et d’une grande diversité, se mobilisent pour que cette décision inique et injuste ne s’applique pas.

 

Communiqué

La menace de suspension du RSA (revenu de solidarité active) aux allocataires n’ayant pas effectué sept heures de bénévolat par semaine a été brandie par le président du conseil départemental du Haut – Rhin.

 Certes les conseils départementaux ont en charge le versement d’un RSA dont ils ne maîtrisent ni le montant ni les modalités d’attribution et dont la courbe fortement ascendante menace leurs équilibres budgétaires, alors que l’Etat ne respecte pas ses obligations quant aux dotations correspondantes.

Pour autant, la mesure proposée par l’élu alsacien est profondément choquante:

– stigmatisation et culpabilisation punitive des allocataires implicitement accusés de ne pas vouloir « s’en sortir »

– méconnaissance des contrôles et tracasseries administratives dont ils sont déjà victimes et qui conduit nombre d’allocataires potentiels à renoncer à demander le RSA.

– ignorance des propositions et des immenses besoins réels des associations et des bénévoles débordés par leurs engagements face aux carences des autorités publiques dans un tissu social qui se déchire.

Faire du pauvre une monnaie d’échange dans un bras de fer entre l’Etat et les conseils départementaux est une démarche indigne!

Créer une nouvelle catégorie de travailleurs forcés est inacceptable et relève d’un chantage économique!

L’initiative du président du conseil départemental du Haut – Rhin est parfaitement illégale, ainsi que l’a souligné la ministre des Affaires Sociales, et ne sera sans doute pas traduite dans les faits. Mais elle relève d’une démarche politicienne traduisant un profond mépris pour les 20 000 personnes ou familles de son département, bénéficiaires à titre principal ou complémentaire de ce RSA qui conditionne leur survie sociale et leurs besoins vitaux comme ceux de leur famille.

Elle constitue surtout un ballon d’essai pour ses collègues de nombreux départements tentés par cette nouvelle version institutionnelle de la lutte contre la précarisation et la pauvreté grandissante.

 À tous les élus tentés par cette approche amorale autant qu’inique et à une partie de l’opinion publique abusée nous devons en opposer une autre: celle de la solidarité nationale, du respect des personnes, et de la prise en compte réelle de leurs immenses difficultés.

Dans un contexte national délétère les propos du président du conseil départemental du Haut – Rhin sont au mieux strictement politiciens et au pire inexcusables.

Il est plus que temps qu’au mépris et à la démagogie se substituent de véritables réflexions sociétales, en particulier sur les sujets du revenu minimum universel, des moyens donnés aux associations trop souvent contraintes de pallier les dérives de notre société, et du respect dû à toutes les personnes socialement exclues et condamnées à la pauvreté de longue durée!

Les premiers signataires:

ATD Quart Monde délégation de Mulhouse, Mouvement National des Chômeurs et Précaires Mulhouse Sud Haut-Rhin, Ligue des Droits de l’Homme Haut-Rhin, Fondation Abbé Pierre, FNARS Alsace, Bouge Ta Galère Mulhouse, Maison de la citoyenneté mondiale, Alternatives et autogestion, Mouvement du Nid délégation du Haut-Rhin, UD CGT 68, UL CGT Colmar, Emmaüs Cernay, SNC Sud Alsace.. Laurent Schneider, militant associatif et membre du Conseil citoyen de Mulhouse, Tina STELTZEN, militante associative, Christian RUBECHI, militant associatif et membre du comité de rédaction de l’Alterpresse 68, Richard MARTZ, militant associatif…

Service bénévole obligatoire : convaincre !

Ainsi, la droite et la « social-réaction » (car on ne peut plus parler de social-libéral) a trouvé son « idiot utile » en la personne de M. Straumann pour mettre en débat un travail obligatoire pour les personnes touchant le RSA.
Il en fallait un pour lancer dans l’opinion une idée réactionnaire que les associations ont bien fait d’appeler SBO même si en l’occurrence on aurait pu parler de Service du travail obligatoire. Mais malgré les protestations, M. Straumann persiste et continue sa campagne.
On aurait tort de voir dans cette hargne une envie personnelle de faire le « buzz » ou de se sentir « tranquille » parce que la loi voire la constitution interdirait de telles mesures.
D’ailleurs, le gouvernement a plutôt réagi mollement et n’a pas du tout enterré l’idée !
Un gouvernement qui est en mesure de liquider le code du travail et d’imposer aux salariés des conditions de travail comparables à celles du XIXe siècle, sait comment faire.
Première règle : avoir l’opinion publique avec soi. Deuxième règle : trouver le moyen d’en faire un débat le plus large possible. Et ainsi créer les conditions de pouvoir changer la législation, voire la Constitution pour arriver à sa fin. Troisième règle : faire en sorte que les protestataires restent minoritaires.
Tout l’arsenal n’a donc pas encore été déployé par ceux qui à droite ou se prétendant de gauche, veulent faire payer les pauvres. C’est pourquoi l’œuvre de M. Straumann n’est pas encore terminée.
Il faut saluer les associations qui ont réussi à préserver leur unité malgré leur diversité et de dénoncer dans un communiqué ce « SBO »
D’autres étapes les attendent : des initiatives devront être prises pour continuer à combattre cette idée réactionnaire. Pas pour convaincre M. Straumann, son rôle d’idiot utile lui va bien. Mais pour faire comprendre à nos concitoyens la nocivité d’une proposition inutile, inefficace économiquement et injuste socialement.
Michel Muller