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PLU de Wattwiller Les habitants disent NON au sacrifice du « grand pré »

Dans nos éditions précédentes,nous avions exposé les tenants et aboutissants de cette affaire. Wattwiller est un village-clairière comme on en voit très rarement : il se distingue par l’existence en milieu urbain à l’entrée du village d’un beau pré pâturé, qui offre de surcroît une perspective unique sur le Hartmannswillerkopf avec un avant plan l’église classée monument historique. Il est ainsi considéré comme une véritable carte de visite de Wattwiller, et identifié dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial) du Pays Thur Doller comme un espace devant obligatoirement – au plan légal – être protégé.

http://lalterpresse.info/wattwiller-grand-pre-interet-general-interets-de-quelques-uns/

Ce patrimoine paysager aujourd’hui est menacé de destruction par le nouveau PLU concocté par le député-maire SCHELLENBERGER, au profit de deux élus et leur famille proche, qui siègent au conseil municipal. Ces derniers faisaient partie des propriétaires fonciers ayant réussi à faire annuler pour un souci de procédure l’ancien PLU jugé pourtant « particulièrement vertueux » (sic) par les services de l’État, notamment pace qu’il protégeait cet espace vert remarquable. Mais la population est entrée en résistance…

La barre des 500 été frôlée ! 493 électeurs exactement se sont exprimés à l’occasion de la consultation d’initiative citoyenne organisée par le collectif « Cœur de village » qui s’est tenue dimanche 12 novembre 2017. Le message adressé à la municipalité est clair et net : le « non au sacrifice du grand pré» représente 97% des voix exprimées bulletins blancs compris.

Le taux de participation de 36% – c’est le chiffre clé – est particulièrement élevé pour ce type de scrutin non officiel : pour mémoire une consultation de cette nature à l’occasion du dossier explosif de la construction de l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait suscité une participation de 27%. Cette participation est d’autant plus remarquable que le scrutin s’est déroulé dans les pires conditions météo : les votants ont littéralement bravé la tempête pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Il en résulte que la crédibilité de la consultation ne peut pas être contestée.

L’ampleur du score final de 97% peut surprendre, mais il ne supporte aucune contestation. D’abord parce que la question posée, « approuvez-vous que le grand pré devienne constructible ? », était claire et n’induisait pas la réponse de l’électeur. Ensuite parce que, comme tous les observateurs ont pu le constater, le scrutin s’est déroulé avec toute la rigueur requise : règlement précis et public de la procédure, tenue irréprochable du bureau de vote, isoloirs etc. Enfin parce que contrairement à ce qui se passe dans une enquête publique où le citoyen qui s’exprime s’expose publiquement, le vote à bulletin secret permet à chacune et chacun de s’exprimer en toute liberté dans l’isoloir… d’autant plus que le sujet est ultra sensible. Rappelons que deux élus et leur famille proche profitent directement de cette opération foncière… C’est ce qui explique le niveau exceptionnel de la mobilisation des habitants qui ont été deux fois plus nombreux à s’exprimer que lors de l’enquête publique.

Comme indiqué dans le document de présentation de cette consultation déposé dans toutes les boites aux lettres, le résultat du scrutin n’a pas de valeur sur le plan légal. Il n’en demeure pas moins qu’il met le député-maire Schellenberger en face de ses responsabilités : est-il prêt à ignorer l’avis quasi unanime exprimé par la population ? Ce résultat sonne comme un sévère avertissement adressé par la population à la municipalité, et plus particulièrement le député-maire qui dans cette affaire s’est une nouvelle fois distingué.

La démocratie, « une manipulation grotesque »?!!!

D’abord en faisant tout ce qui lui était possible pour torpiller l’initiative : refus de mettre à disposition une urne, refus de communiquer la liste électorale, refus de mettre à disposition une salle communale… Mais le collectif « cœur de village » a su trouver des réponses adaptées permettant aux habitants de Wattwiller de vivre une expérience de citoyenneté remarquable, qui constitue une véritable première !

Ensuite en déclarant le lendemain du scrutin lors de la séance du conseil municipal ne pas vouloir s’exprimer sur le fond mais dénoncer « une manipulation grotesque». Ces propos outrageants ont créé à juste titre des remous dans le village. En effet, ils sous-entendent implicitement que les citoyens qui ont bravé les intempéries pour aller voter sont ad minima des marionnettes qui se sont laissées manipuler, au pire des clowns qui ont accepté de participer à une mascarade… Le sérieux et la sérénité dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, tranchent furieusement avec ce nouveau dérapage verbal du premier magistrat de Wattwiller (1).

L’un des adjoint avouait en voix off déjà avant la consultation, « avec le PLU la municipalité sommes sur le fil du rasoir »… Il reste aux habitants de transformer le magnifique essai qui vient d’être marqué, car cette consultation marque un tournant dans l’affaire du PLU de Wattwiller ! Au delà d l’intérêt général c’est le bien commun est en jeu… et ce n’est pas gagné ! La mobilisation va continuer de monter en puissance : prochainement à l’occasion du conseil municipal décisionnel qui se tiendra après le remise des conclusions du commissaire enquêteur que le 4 décembre, et le cas échéant avec l’engagement d’un recours devant le TA de Strasbourg pour faire tomber un PLU dont la fragilité juridique est avérée. La détermination du collectif est totale !

Pour le Collectif « Cœur de village »

Geneviève PETER et Jean-Claude PELKA

(1) A l’occasion de l’inauguration du nouveau mémorial du Hartmannswillerkopf par le président Macron les services de la préfecture avaient comme à l’accoutumée – problème de stationnement et écologie obligent – affrété des bus pour permettre aux élus, invités et journalistes de rejoindre le site. Le député-maire SCHELLENBERGER avait refusé de monter dans une « bétaillère »… Vous avez dit mépris des gens ?

CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

Un référendum pour stopper le CETA

Le CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne, « conçu à l’écart du processus démocratique » selon Emmanuel Macron, présente des risques importants pour de nombreux aspects de nos vies. Il est malgré tout entré en application provisoire le 21 septembre dernier, mais il n’est pas trop tard pour le stopper car il n’a pas encore été voté en France. Continuer la lecture de Un référendum pour stopper le CETA

Notre-Dame-des-Landes: un mensonge qui dit oui

Oui …

Majorité de plus de 55% des suffrages pour le projet de transfert de l’actuel aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes, ce dimanche en Loire-Atlantique.

Fin donc possible de l’interminable feuilleton par cette consultation sans pouvoir de décision mais au résultat aussitôt traduit par l’adjudant chef qui fait fonction de premier ministre de la France : exécution, fin de l’occupation de la zone, début des travaux. Continuer la lecture de Notre-Dame-des-Landes: un mensonge qui dit oui

Les Grecs soulèvent la chape de plomb de la dette… Imitons-les !

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En votant « Non » au référendum de dimanche, les Grecs ont simplement voulu desserrer le nœud d’une dette qui les asphyxie. Un exemple qui fera peut-être tâche d’huile en Espagne et au Portugal… mais aussi à Mulhouse où le remboursement des emprunts toxiques enfonce la population dans la crise.

La feuille de route du gouvernement Tsipras est claire : réformer le pays, rester dans l’Euro et tenter d’infléchir une politique européenne qui semble au seul service des banquiers et des rentiers. Après 5 ans d’une politique d’austérité extrêmement brutale qui a fait chuter le niveau de vie moyen de la population de 30 %, les Grecs disent « stop ». Comme tous les économistes un peu sérieux, ils réclament une restructuration, un allègement de leur dette publique pour repartir sur un bon pied et renouer avec la croissance.

Les gouvernements conservateurs européens, qui défendent les intérêts des plus fortunés, risquent de jouer l’inflexibilité pour ne pas créer de précédent : en Espagne, au Portugal, en Italie, ont aussi bien besoin d ‘oxygène et on suit de près cette affaire… Pourtant la réduction de moitié de la dette grecque  ne coûterait que 150 milliards d’euros, bien peu comparé aux 2 000 milliards d’euros qu’ont versés les Allemands pour leur réunification, avec des résultats d’ailleurs assez mitigés.

Les riches préfèrent prêter de l’argent aux États plutôt que payer des impôts. Pour eux, le bénéfice est double, et c’est ce qu’ils font depuis des dizaines d’années avec la complicité de la classe politique européenne. Tout cela au détriment de la grande majorité de la population qui subit de plein fouet les restrictions budgétaires dans les services publics et les collectivités territoriales.

Les Grecs nous donnent l’exemple : osons contester les dettes illégitimes, refusons de payer notre propre enterrement à crédit ! Alors que la ville de Mulhouse s’apprête à verser 15 ou 20 millions d’euros d’indemnités (voire plus) pour se dégager d’un emprunt toxique contracté en 2010, il est grand temps de reprendre la main sur ces dettes qui nous étranglent !

Le référendum grec a été organisé en dix jours sur une question précise et a suscité un taux de participation de 65 % des électeurs. Une belle leçon de démocratie dont nous pourrions nous inspirer.

Sources :

http://www.franceculture.fr/2015-06-30-tout-comprendre-sur-la-dette-grecque-en-six-etapes

http://www.lepoint.fr/monde/la-reunification-allemande-a-coute-2-000-milliards-d-euros-06-05-2014-1819454_24.php