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ATTAC : Débattons, résistons, agissons. C’est le moment !

La semaine dernière, celle du 23 au 27 août, j’étais à l’Université d’été d’Attac à Toulouse, un événement important même si les grands médias en ont peu parlé.
Une université européenne des mouvements sociaux, organisée par Attac France. Le mouvement altermondialiste d’éducation populaire et pour l’action citoyenne aura 20 ans l’année prochaine.

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Rien à voir avec la germanophobie !

Il y a quelques semaines, L’Alterpresse publiait un article signé Michel Muller, sous le titre «Pour en finir avec la germanophobie ». Il faisait suite à une polémique m’ayant opposé à un membre de l’équipe rédactionnelle à propos d’un de mes textes portant sur la dernière évolution de la crise grecque au moment où je le rédigeais, à savoir l’accord du 12 juillet par lequel Tsipras acceptait les clauses contenues dans le troisième mémorandum. Cet accord était en fait une capitulation en rase campagne après les cinq mois de tribulations que l’on sait.

Je passe sur la polémique. Elle ne regarde que moi, et n’a pas à faire l’objet d’un étalage sur le net. J’en reviens à l’article de Michel Muller, qui n’a pas caché la peine et le labeur qu’il lui a coûté. Pour rien, selon moi, car il n’avait pas lieu d’être.

Il ne s’agit pas de germanophobie, en effet, c’est-à-dire d’un esprit de système conduisant à l’adoption de cette attitude par principe. Il s’agit au contraire de voir clair dans le comportement des dirigeants de ce pays pour la conduite de tous les problèmes que rencontre l’Europe actuellement, et la zone euro en particulier. Ces dirigeants sont des conservateurs, et pour certains, des réactionnaires, ce qui ne veut pas dire que l’ensemble des Allemands partagent leurs positions. Constater ce fait ne relève en rien d’une quelconque germanophobie, mais de l’observation des faits, et c’est la raison qui me conduit à considérer ce laborieux article comme parfaitement inutile.

Des faits…

Un épisode récent de la façon dont Schäuble a abordé le problème grec est révélateur. La presse grecque s’en est faite l’écho, dans une révélation exclusive du journal « Το βημα της κυριακης » du dimanche 30 août.

Reportons-nous un an en arrière, précisément le 22 septembre 2014. Le conservateur Samaras est au pouvoir à Athènes, et les élections sont prévues pour janvier de l’année suivante. Samaras met en œuvre les dures dispositions du second mémorandum, et le pays est en pleine récession. Les premiers sondages ne sont pas bons pour lui. Syriza et son jeune chef Tsipras, ont le vent en poupe. Ce 22 septembre, Samaras rencontre, à sa demande, Angela Merkel à Berlin. Il plaide un allègement de l’austérité, afin de pouvoir se prévaloir, durant sa campagne, de quelques résultats et de préserver ses chances de victoire. Merkel fait de vagues promesses mais ne s’engage pas.

Peu après, Schäuble rencontre très discrètement Pol Thomsen, chef de la branche Europe du FMI, connu pour son intransigeance. Entretemps Schäuble a fait connaitre à Merkel son opposition catégorique à tout allègement envers la Grèce. Avec Thomsen, il met au point sa stratégie : accéder à la demande de Samaras n’offre aucune garantie de victoire à ce dernier. Bien renseigné, Schäuble sait qu’elle est plus qu’improbable. Or, un allègement faciliterait la tâche du nouveau pouvoir, c’est-à dire de Tsipras, avec le risque de le voir caracoler plus encore dans sa croisade anti-austérité et pro-keynesienne et offrirait un formidable élan à la contestation du dogme dans les pays de l’Union touchés par la crise, et notamment dans l’Espagne où apparaît Podemos. Il faut donc savonner la planche, serrer davantage le nœud, « battre de verges ces gauchistes et agiter leur cuir tanné de coups au nez de Podemos ». C’est bien ce qui fut fait. Dire cela n’a rien à voir avec une quelconque germanophobie.

Seule alternative : soumission ou exclusion…

Cet épisode et tout ce qui a suivi d’antidémocratique, de violation de souveraineté, d’humiliation, montre à l’évidence que l’on se trouve face à une tentative, réussie pour le moment, de transformation de la zone euro en sphère d’influence par son composant le mieux armé. L’objectif ressemble bien à une entreprise d’élimination de tous les partenaires pour l’économie desquels la monnaie commune telle qu’elle existe et fonctionne, est surdimensionnée; l’idéal étant d’aboutir, soit à leur soumission, soit à leur exclusion, afin de former avec les pays les plus proches sur les plans économiques, sociaux, culturels, une zone restreinte fonctionnant au mieux des intérêts du meneur. Il y a là l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg, et quelques vassaux tels la Slovaquie et la Lettonie, mais également l’Irlande, paradis fiscal oblige, et la Belgique pour les mêmes raisons.

Reste à revenir sur le cas grec par plusieurs observations.

La première est que seul Syriza était en mesure au début de l’année 2015 de mettre en route les réformes structurelles indispensables pour revêtir l’état grec des prérogatives et du respect qui font d’une structure politique un état de droit. Personne ne conteste les immenses lacunes de ce qui était et reste un semblant d’état.

Malheureusement Tsipras a commis une erreur et a manqué d’envergure. Son erreur a été de sous-estimer la puissance des forces qu’il voulait combattre. Le manque d’envergure tient au fait que, selon moi, il aurait dû mener sa campagne électorale sur deux axes. Le premier, qui l’a conduit au succès, était de promettre la fin de l’austérité et des mémorandums. Le second aurait été de lier cette promesse à une autre, celle de mettre en œuvre les réformes dont je parle plus haut, et de présenter un plan mobilisateur capable d’entraîner une adhésion forte du peuple, dont de nombreux éléments ressentaient la nécessité de leur mise en route. Au lieu de cela, qui aurait eu le mérite de la clarté avant l’acte électoral et l’aurait posé en chef d’Etat, il s’est enlisé dans le piège des négociations que lui tendaient les éléments durs de la zone euro, leur offrant de surcroît l’occasion de le décrédibiliser pour absence de projet. On connait la suite.

Des conditions impossibles à mettre en oeuvre

Reste à envisager la situation actuelle, laquelle n’incite pas à l’optimisme. Je serai dans le pays le lendemain des élections du 20 septembre. Il y a fort à parier qu’aucune majorité stable n’en sortira. Pire, on peut craindre qu’aucune coalition stable, viable et crédible, ne puisse se faire. Et en prime, tous les sondages actuels montrent le risque d’une remontée forte des néo-nazis d’Aube dorée, dont les relais dans la police et l’appareil militaire sont avérés.

D’autre part, les conditions imposées par l’accord du 12 juillet, déjà presque impossibles à mettre en œuvre par un pouvoir stable et respecté, n’ont aucune chance de l’être dans les conditions qui sortiront des élections. Octobre verra une pluie d’impôts et de charges tomber sur les citoyens, ceux qui payent déjà, pas ceux qui ont leurs avoirs à l’abri. Dans un pays habitué à contourner la fiscalité, démuni de plus des outils techniques nécessaires, beaucoup se réfugierons dans l’économie grise et noire. Il sera facile alors pour Schäuble et les autres « vertueux » de dénoncer l’absence de résultats, de persuader les opinions que, non, décidément, il n’y a rien à attendre de ce pays, et la question du grexit se reposera, avec toutes ses conséquences prévisibles et connues.

Ce cynisme poursuivra ses ravages, sur fond de crise des migrants et de menaces terroristes. On est loin des débats inutiles sur l’anti-germanisme ou la germanophobie. Mais tout près, par contre, des conséquences de l’irresponsabilité contenue dans des attitudes dogmatiques et psycho-rigides qui ont trop tendance à ignorer, dans l’histoire, ce qui gêne et dérange.

Michel Servé

ELECTIONS EN ESPAGNE ET EN POLOGNE

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Deux scrutins se sont déroulés en Europe en cette fin de semaine. En Espagne comme en Pologne, les électeurs ont sanctionné les gouvernements sortants… mais avec des issues totalement divergentes. Si  chez nos voisins Ibériques, c’est la gauche de Podemos qui est le grand vainqueur du scrutin municipal et régional, en Pologne c’est un ultra-conservateur qui l’a emporté… Quelle serait le résultat de tels scrutins en France à l’heure actuelle ? La voie de l’Espagne ou celle de la Pologne ?

Un espoir pour une autre politique

Après quatre ans au pouvoir en Espagne, le Parti populaire (PP, droite, au pouvoir), affaibli par la politique d’austérité menée durant la crise et une succession de scandales de corruption, s’effondre. Avec 27 % des voix aux municipales, il perd 10 points par rapport aux élections de 2011. Cette chute permet au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, centre gauche) de remporter la victoire dans plusieurs régions et de nombreuses municipalités, malgré une nouvelle baisse de près de 3 points et à peine 25 % des voix. Le PSOE, également touché par plusieurs affaires, ne se remet pas des premières mesures de rigueur appliquée en 2010 par l’ancien chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.

Ces élections  ont profondément rebattu les cartes du paysage électoral espagnol puisque le PP et le PSOE ne disposent presque plus jamais d’une majorité dans les Assemblées et devront gouverner différemment, avant des élections législatives en fin d’année dont l’issue semble très incertaine. Les résultats sont les plus frappants à Madrid et Barcelone, où Podemos arrive très largement en tête. Dans la capitale, sur des résultats partiels, Podemos dépasse 34% contre 26% au PSOE et 23% au PPPodemos obtient 27% des suffrages à Barcelone, contre 20% au parti régionalisteDans les communautés, Podemos obtient entre 8 et 21%, contre 8% aux élections européennes de l’an dernier.

D’où vient Podemos

Inspirés par le livre de Stéphane Hessel « Indignez-vous », des centaines de milliers de manifestants Continuer la lecture de ELECTIONS EN ESPAGNE ET EN POLOGNE