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28 septembre : au tour des retraités !

Qui dit que les syndicats français ne peuvent s’entendre ? Le tract (voir illustration) distribué à Mulhouse porte les sigles de (par ordre d’apparition sur la feuille…) la CGT, de la CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de FO et des Retraités de la Fonction publique… Seule manque la CFDT. On se demande bien pourquoi ! Ils donnent rendez-vous à tout(es) les retraités le 28 septembre à 11, place de la Bourse à Mulhouse pour un grand rassemblement de protestation.

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Le pouvoir d’achat en berne !

E. Macron l’a dit : avec 1.200 euros bruts de pensions, on est favorisé ! Et il faut donc  faire payer les heureux bénéficiaires ! Première étape: 1,7% d’augmentation de la CSG que les 0,8% d’augmentation des retraites en septembre ne comblera que très partiellement. Alors, des nantis, les retraités ?

 Depuis les réformes Balladur en 1993, les retraites ont perdu 30% de leur pouvoir d’achat. Depuis avril 2013, elles n’ont plus été revalorisées alors que les prix continuaient de grimper. Résultat : une perte de pouvoir d’achat de 6% en quatre ans !

Le Secours Populaire Français publie annuellement, avec l’institut IPSOS, un baromètre sur la pauvreté. Dans l’édition 2017, il apparaît que 49% des retraités ont connu la précarité ou la redoutent. 31% peinent à payer une mutuelle, 39% renoncent à des actes médicaux mal remboursés.

Le pays des « nantis » n’est visiblement pas là !

Le baromètre révèle également que de plus en plus de retraités sont contraints de reprendre une activité pour compléter leurs revenus souvent dans des emplois  style « petits boulots  pénibles ».

Une autre inquiétude apparaît dans cette enquête SPF-IPSOS porte sur les retraités qui touchent entre 1.200 et 2.000 euros de pension. 68% aident leurs proches, 67% soutiennent des associations et 27% s’occupent d’une personne dépendante ! Devant la dégradation de leur conditions de vie avec les diverses hausses (CSG) mais aussi la baisse des APL, seront-ils en mesure de continuer à assurer ces aides ?

La réforme Macron des pensions

Décidément notre président va laisser son nom coller à des lois de reculs sociaux de grande ampleur ! Si les retraités seront dans la rue le 28 septembre, ce n’est pas uniquement pour protester contre l’augmentation de la CSG.

Un danger bien plus grave pèse sur eux et sur les futures retraités que nous sommes tous ! Le président de la République veut instaurer un nouveau système de retraite. Pour le justifier, M. Macron affirme que « pour un euro cotisé, chaque personne devrait toucher le même montant de pension », et pour y arriver il veut créer le système de comptes « notionnels », c’est-à-dire virtuel.

Le principe du système de comptes notionnels

Ce compte virtuel est alimenté par les cotisations retraites sur les salaires. Au moment du départ en retraite, ce compte détermine un capital, divisé par le nombre d’années d’espérance de vie pour calculer la pension annuelle.

Ce calcul crée une première injustice : pour toucher plus pendant l’ensemble de son temps de retraite, il vaut mieux avoir bénéficié de meilleures conditions de travail et vivre plus longtemps, être cadre plutôt qu’ouvrier (dont l’espérance de vie reste inférieure de 5,5 ans).

Ce système met fin aux solidarités puisque celui ou celle qui ne cotise pas n’alimente pas sa retraite. Il fait disparaître la majoration de durée de cotisations pour le temps de maternité, l’éducation des enfants, le chômage même indemnisé, la précarité et le temps partiel… et la pension de réversion.

Les inégalités accrues

Le calcul de la pension n’est plus effectué sur le dernier salaire ou les meilleures années, en éliminant les plus mauvaises, mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise les précaires, les personnes ayant connu de mauvaises années, du temps partiel imposé… Ce système prolonge et amplifie les inégalités de la vie active.

Le calcul sur toutes les années de la carrière prend en compte les premières années de travail, très souvent inférieures aux suivantes, ce qui tire vers le bas la pension, ce changement de règles de calcul aboutit mathématiquement à une diminution du montant des retraites.

De plus, dans une période où les papy boomers sont encore vivants, le nombre de pensions augmente et l’équilibre financier n’est possible qu’en baissant chaque pension.

Cette baisse incite à reculer l’âge de départ : lorsque le futur retraité encore en emploi verra la faible pension attribuée en cas de départ dans l’année, il repoussera spontanément son départ en retraite.

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et…

Pour mettre en évidence l’indécence qui consiste à présenter les retraités, voire une partie d’entre eux, de « privilégiés », il faut parler des vrais privilèges. Et les calculs de l’OFCD publiés par l’ONG Oxfam sont explicites.

Grâce à la réforme fiscale du gouvernement de M. Macron, les 10% les plus riches vont gagner en moyenne 1.193 euros par an… Et les 10% les plus pauvres vont, eux, perdre 337 euros ! A l’échelle des 1% les plus riches les inégalités apparaissent encore plus importantes : la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) fait gagner 15.000 euros par million possédés. Prenons M. Arnault qui a une fortune de 46,1 milliards d’euros, il pourrait empocher 553,2 millions de cadeaux fiscaux !

Les recettes des impôts sur les sociétés ont baissé de 9 milliards en dix ans… Comme quoi, M. Macron pourrait dire « c’est pas moi qui ai commencé ! ».

Alors, nantis les retraités ? Qu’ils se nantissent d’une bonne paire de grolles pour battre le pavé jeudi 28 septembre… juste pour ne pas s’appauvrir un peu plus.

Michel Muller

 

LES ORDONNANCES LOI TRAVAIL : CE N’EST QU’UN DEBUT…

Une fidèle lectrice de L’Alterpresse68 nous a fait part de la lettre qu’elle a envoyée au président Macron pour attirer son attention sur la situation des retraités… La réponse est édifiante : les ordonnances liquidant en grande partie ce qui reste de favorable aux salariés dans le Code du travail ne sont qu’un début. Les « transformations » vont s’enchaîner tant que la population les acceptera sans trop rechigner. Les manifestations à l’appel des syndicats le 12 septembre et de la France Insoumise le 23 seront décisives à ce propos : un échec serait un encouragement à continuer le démantèlement social, un succès conduirait forcément le gouvernement à devoir réfléchir sur la suite des événements. A chacun de se déterminer !

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FUNESTES CONSEQUENCES POUR LA PROTECTION DES SALARIES

Depuis quelques jours, nous connaissons donc le contenu des ordonnances réformant le code du travail : cinq textes, trente-six mesures, près de deux cents pages… Que l’on peut résumer assez aisément : deux cents pages reprenant point par point les demandes du MEDEF et de la CGPME qui prétendent que la « rigidité » du Code du Travail français les empêcheraient d’embaucher.

Le simulacre de « concertation » durant le mois de juillet a pu permettre à certaines organisations syndicales de se féliciter d’avoir « éviter le pire » ( !) mais n’a en rien changé ni la philosophie, ni les trames fondamentales du texte gouvernemental. Après que la démocratie parlementaire ait acceptée de se dessaisir de son rôle en votant le recours aux ordonnances, la démocratie sociale a subi son camouflet en la reléguant au simple rôle de faire-valoir et d’alibi.

Les salariés risquent donc de perdre une grande part de leur protection : les syndicats seront affaiblis puisque dans les entreprises de moins de 20 salariés le patron pourra négocier avec un employé non élu, ni mandaté et dans celles de 20 à 50, cela pourra se faire avec un élu du personnel non mandaté par un syndicat. En outre, dans les entreprises de plus de 50 salariés, les instances représentatives du personnel (Délégués du personnel, Comité d’Entreprise, Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) seront fusionnées en un seul organisme : le Conseil social et économique (CSE). Cette mesure affaiblira considérablement les syndicats qui n’avaient vraiment pas besoin de cela dans l’état où ils sont. Ils auront beaucoup moins d’élus, moins de moyens légaux, moins de temps, pour militer dans l’entreprise, là où pourtant l’essentiel des mesures sociales vont se décider.

Sans parler, bien évidemment, du plafonnement des indemnités prudhommales. Rappelons que ces indemnités intervenaient quand le patron se mettait en-dehors de la loi pour licencier un travailleur : cette mesure dans les ordonnances sera donc en quelque sorte une « amnistie préventive » d’un employeur qui saura le prix qu’il aura à payer pour licencier illégalement ! Et donc s’organiser financièrement pour le faire.

SOUS COUVERT DE MODERNISATION, UN RETOUR EN ARRIERE SOCIAL

Que pèse la vague allusion sur « le télétravail sécurisé » dans les ordonnances devant la réalité que vivent aujourd’hui des milliers de salariés du monde numérique ? Ce retour au paiement du travail « à la tâche » pourtant interdit par le vrai code du travail est un bond en arrière considérable.

Comme le prouve la lutte menée par les «auto-entrepreneurs » travaillant pour Deliveroo contre le paiement du salaire « à la course » : cette transformation de leur contrat avait comme conséquence la réduction de leur paiement de près de 30%. Cette vision des rapports sociaux à la sauce des grandes entreprises tout comme les start-up du numérique est en réalité celle des maîtres des forges du XIXe siècle… et retrouve une nouvelle jeunesse dans la philosophie des ordonnances de M. Macron.

INEFFICACES POUR L’OBJECTIF AFFICHE

Cet affaiblissement des droits des salariés devraient conduire les employeurs, « libérés » de toute contrainte sociale, à embaucher. Or, personne n’a pu prouver la moindre corrélation entre « rigidité sociale » et chômage. Des exemples prouveraient même le contraire : ainsi, comme le révèle l’excellent mensuel Alternatives Economiques dans son numéro de septembre, l’Allemagne a des mesures bien plus rigides en matière de licenciement et a pourtant moins de chômeurs !

Le Job-Act que Matéo Renzi a infligé en 2014 à l’Italie et dont le cœur du dispositif est l’instauration d’un CDI unique à « protection croissante » permettant aux employeurs de licencier un salarié, même sans cause réelle, en échange d’une indemnité d’une valeur maximale de 24 mensualités, a apparemment fortement inspirée M. Macron.

Or, après un effet d’aubaine essentiellement lié aux aides fiscales qui a fait reculer le chômage d’un point (de 12,5% à 11,5%) en 2015, les choses se sont stabilisées, les créations d’emplois se sont taries… Reste une immense précarisation des salariés frappant essentiellement les plus jeunes.

L’objectif affiché de dynamiser l’emploi est donc loin d’être avéré. On peut donc considérer que ces ordonnances sont avant tout faites pour modifier profondément notre modèle social basé sur la solidarité nationale en réduisant les droits des plus faibles pour renforcer les pouvoirs des plus nantis.

SUPPRIMER DES EMPLOIS AIDES… ET LE CICE ?

Une autre mesure est en train de révolter de nombreuses collectivités locales et associations : la suppression des emplois aidés entre autres les CUI-CAE. Rappelons que le CICE et ses aides fiscales aux entreprises en échange de création d’emplois, a coûté 24 milliards par an à l’Etat. Sans générer de l’emploi. Et pourtant, le gouvernement ne le remet pas en cause.

Les emplois aidés type CUI-CAE sont supprimés car « trop coûteux » et « pas efficaces ». Or, ils ont coûté 3 milliards par an à l’Etat et ont généré des emplois, des expériences pour des jeunes qui ont pu les valoriser ensuite en d’autres lieux. Ils ont également permis de consolider les actions d’associations qui pallient aux défaillances de l’Etat. Encore un exemple des choix faits par le « libéral » Macron…

D’autres mesures sont en gestation : la réforme des retraites, celle de l’allocation chômage, la réforme de l’allocation chômage.

Les arguments utilisés par le président de la République dans son interview à l’hebdomadaire Le Point sont sidérants : les retraités sont considérés comme des « nantis » (à partir de 1.200 euros par mois !) et devraient donc être mis à contribution. Oser dire cela quand parallèlement, on veut supprimer tout un pan de l’impôt sur la fortune (ISF) est plus qu’un abus de langage !

Il est à craindre que toutes les « transformations » à venir aillent dans le même sens pour préserver les grandes richesses supposées être les investisseurs futurs.

PEUT-ON CONTESTER UNE LEGITIMITE DANS LA RUE ?

C’est une des libertés fondamentales qui a coûté de nombreuses vies et de malheurs pour les militantes et militants des droits de l’Homme : le droit de grève, le droit de manifester, le droit d’exprimer son opposition… n’ont pas été accepté de bon gré par les possédants.

Une petite musique dangereuse commence à résonner : M. Macron a été élu, il a donc la légitimité pour appliquer son programme et la rue ne saurait contester cette légitimité (M. de Rugy, président de l’Assemblée nationale).

Mais M. Macron a obtenu moins de 20% des inscrits lors du 1er tour de la présidentielle : on peut donc estimer que c’est à ce niveau que se situe l’adhésion à son « programme ». Le fait que de nombreux électeurs aient voté contre Le Pen au 2e tour, ne légitime pas le projet économique et social du Président et de son gouvernement.

Prétendre que dans ces conditions, il n’est pas légitime de contester ses choix dans la rue est une drôle de manière de considérer la démocratie !

Des syndicats comme la CGT, Solidaires, l’UNEF et d’autres associations appellent à manifester le 12 septembre. C’est non seulement leur droit mais plutôt leur devoir s’ils estiment n’avoir que ce moyen pour s’opposer à des mesures iniques.

A QUOI JOUE FORCE OUVRIERE ?

D’autres font un choix différent. On peut d’ailleurs se demander à quoi joue Force Ouvrière. Vent debout contre la loi El Khomri, souvent plus radicale que la CGT, la centrale de Jean-Claude Mailly semble trouver des attraits aux ordonnances Macron pourtant bien plus dangereuses pour le monde du travail. Par quel mystère ? En tout cas, ce n’est pas bien clair… Même Laurent Berger, de la CFDT, pourtant fervent supporteur de la loi Travail précédente, est plus critique.

Il est clair que ces atermoiements, ces renoncements, ces circonvolutions cérébrales, désarçonnent les salariés. La division syndicale a toujours été un poison pour le monde du travail et pèse négativement sur sa capacité d’action.

Le syndicalisme est en recul. Certes, la CFDT se targue d’être devenu le 1er syndicat dépassant la CGT. Mais elle oublie de dire que cela se fait malgré un recul de son influence : elle se retrouve première uniquement parce que la CGT a reculé plus qu’elle ! Il n’y a donc pas de quoi se réjouir, surtout à un moment où les ordonnances Macron vont affaiblir le syndicalisme dans sa totalité en donnant au patronat la main pour les négociations d’entreprise. Une vraie évolution positive aurait été de renforcer les syndicats, de donner aux Comité d’entreprises plus de droits surtout en matière de licenciement.

Les échéances électorales sont bien trop éloignées pour arrêter la boulimie destructrice du gouvernement. C’est donc au tour de la démocratie sociale de reprendre la main et il est heureux que des syndicats prennent leur responsabilité. Le 12 septembre, ils méritent d’être soutenus. En espérant que l’unité syndicale se construira lors de futures échéances dangereuses pour notre modèle social.

Michel Muller

 

MANIFESTATION LE 12 SEPTEMBRE A MULHOUSE

14 h PLACE DE LA BOURSE

Strasbourg à l’heure du CETA

Il était arrivé la veille de Köln/Cologne en camping-car pour la manifestation à Strasbourg où le Parlement européen se prononçait ce 15 février sur ce qu’on nomme parfois le Tafta 2.

Dans le tram venant de l’Elsau, son badge « Ceta nein » indiquait clairement la raison de sa présence. Continuer la lecture de Strasbourg à l’heure du CETA

Mobilisation contre les TAFTA-CETA en Allemagne

Grande manifestation à Stuttgart

Lieu : Place Arnulf-Klett (devant la gare centrale) 12 h.

Samedi 17 septembre, de grandes manifestations contre les accords commerciaux TAFTA et CETA, que l’Union Européenne veut mettre en œuvre, se dérouleront à Stuttgart et dans six autres villes allemandes (Berlin, Franfort-sur-le-Main, Hambourg, Cologne, Leipzig et Munich). Les négociations CETA, accord commercial entre l’UE et le Canada, sont terminées et l’UE veut le signer officiellement en octobre 2016.

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A Reiningue, comme ailleurs, les maîtres d’école manquent à l’appel

Mise à jour: samedi 03-09-2016

En ce jour de rentrée, l’ambiance est à la fébrilité dans la cour de la nouvelle école « les Rives de la Doller », à Reiningue, près de Mulhouse. Les parents d’élèves ont préparé des écriteaux qu’ils ont placé sur les piliers du préau, tandis que les enfants patientent sagement en attendant l’appel de leur nom, assis en grappe sur des bancs en zigzag. Des banderoles sont dépliés par quelques adultes. On y réclame d’urgence la création d’une troisième classe de maternelle. Devant l’équipement scolaire flambant neuf, pour lequel la commune a investi 2 millions d’euros (et M2A près de 150 000 euros, afin d’assurer la construction du périscolaire), la délégué des parents d’élèves s’étrangle devant son micro. On recense en effet 65 élèves de maternelle, et seules deux classes sont ouvertes. La troisième a été fermée l’an dernier. Les petits s’entassent donc à 33 et 32 dans chacune des 2 salles, alors que le seuil maximal légal est de 64 élèves, et que la situation est connue de l’inspection académique depuis le mois de juin dernier. Il est dit par ailleurs qu’une réunion devrait se tenir vendredi matin auprès des services académiques pour faire le point sur ces problèmes. Continuer la lecture de A Reiningue, comme ailleurs, les maîtres d’école manquent à l’appel

Contre la loi travail, la mobilisation ne faiblit pas

Bataille de chiffres habituelle : les syndicats annoncent 1.300.000 manifestants, le gouvernement… 125.000 ! Évidemment, personne n’y croit. D’ailleurs, peu importe, un fait est avéré : la mobilisation ne faiblit pas, la loi Travail n’est pas acceptée par l’opinion, l’accord de la CFDT n’y change rien, il faudra bien trouver une solution… Le débat parlementaire sera-t-il le lieu où cela peut se débloquer ?

« 1.300.000 manifestants aujourd’hui dans tout le pays, plus de 4 heures avant que les derniers manifestants parisiens quittent la place d’Italie, des délégations de syndicats européens présentes en nombre, arrêt total de la production dans certaines entreprises, des sites d’ordures ménagères bloqués, Continuer la lecture de Contre la loi travail, la mobilisation ne faiblit pas

Chronique d’une action anti-loi travail, de Mulhouse à Colmar

Jeudi 26 mai 8ème journée d’action…

A l’appel de l’Union départementale CGT 68, une cinquantaine de voitures sont rassemblées à partir de 10h 30 sur le parking de Cora Dornach pour prendre part à l’action « escargot » ; objectif: rejoindre la manifestation intersyndicale à Colmar en empruntant l’autoroute à vitesse réduite; militants, médias, gendarmes et agents des renseignements se retrouvent dans une ambiance décontractée sous un grand soleil… Continuer la lecture de Chronique d’une action anti-loi travail, de Mulhouse à Colmar

MANIFESTATIONS MULHOUSE ET COLMAR

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le 28 avril prochain les organisations syndicales  CGT, FSU, CGT-FO, Solidaires, FAFPT, Unef, poursuivront  la mobilisation pour le retrait du projet de loi travail et pour de nouveaux droits pour les salariés.

Ces actions ont déjà permis aux organisations de jeunesse de pouvoir faire avancer des sujets et revendications que nous partageons. Ces mesures réclamées de longue date par les organisations de jeunesse sont aussi partagées par les organisations syndicales.

Ces annonces, qui restent à concrétiser, ne modifient néanmoins en rien la philosophie et le contenu de la loi travail qui demeurent inacceptables.

Gagner le retrait du projet de loi travail, gagner le code du travail du 21ème siècle, c’est aussi permettre à la jeunesse et aux salariés un avenir de progrès social.

C’est pourquoi les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FAFPT, ainsi que l’UNEF et les collectifs jeunes appellent à une nouvelle journée d’action et de mobilisation pour  le 28 avril :

A  Mulhouse : rassemblement à partir de 14 H 30 Place de la Bourse suivie d’une manifestation en centre ville. Un barbecue fraternel aura lieu Place de la Bourse à l’issue de la manifestation.

A Colmar : rassemblement à 11 H. devant la Préfecture puis manifestation en ville.

Mulhouse le 22  Avril 2016

Et maintenant, réussir le 31 mars ?

manif 24

Une fois encore la ficelle si grosse est utilisée ! Les « grands » médias bien-pensants (du Figaro à Libération en passant par Radio France, France Télévision, la Une…) n’ont vu que des « dégradations », des « violences » lors des manifestations du 24 mars. Le journal Libération voit même une « manifestation qui dégénère ». Certes, ils sont bien obligés de parler de la violence policière qui tabasse un étudiant puissamment armé d’une barquette d’œufs… Un terroriste en puissance ? Ou un lièvre de Pâques en goguette ? En tout cas, rien ne pouvait justifier le geste de ce policier.

Pourtant, ce 24 mars ne se résume pas à cela : il semble bien que la mobilisation dans la jeunesse se développe d’appels en appels et que les mécontentements ne portent pas uniquement sur la loi Travail. En Alsace cela s’est particulièrement vérifié à Strasbourg (voir la photo de L’Alsace ci-dessus), un peu moins à Mulhouse. Qu’en sera-t-il le 31 mars ?

Un mécontentement multiforme

Si le projet de loi a été un facteur fort de la mobilisation (plus d’1.200.000 signatures de la pétition demandant son retrait), il semble bien que les mécontentements s’accumulent et pourraient être engendré par un rejet de la politique économique et sociale du gouvernement et du Président de la République: le recul du pouvoir d’achat et la précarité du travail touchent aujourd’hui des couches de la population qui ne pensaient pas être menacée un jour. S’y ajoute l’état d’urgence et son lot d’assignation à résidence, les manœuvres autour de Notre Dame des Landes, le passage en force sur la réforme territoriale, les condamnations de syndicalistes à de la prison ferme… Liste non exhaustive…

En Alsace, deux autres « dossiers » préoccupent une partie non négligeable de la population : la proposition du président du Conseil départemental 68 d’imposer un Service bénévole obligatoire pour que les bénéficiaires du RSA puissent le toucher, la décision du Conseil départemental 67 de réduire drastiquement les subventions au mouvement associatif, le risque qui pèse sur le régime local de la complémentaire maladie Alsace-Moselle…

Des organisations divisées sur les objectifs

Comme souvent quand il s’agit de gérer un mécontentement populaire d’envergure, les organisations chargées de le « porter » sont divisés sur des objectifs.

Sur la loi Travail, une partie d’entre-elles (voir le communiqué ci-après) appellent au retrait pur et simple. D’autres, CFDT, CFTC, UNSA, CFE-CGC et les étudiants de la FAGE, trouvent que le texte est amendable. Elles ne sont donc pas démobilisés mais voudraient que les députés améliorent encore le texte : pour elles, il s’agit donc de faire pression sur les parlementaires mais elles n’ont pas dit comment pour l’instant. On n’a également vu, dans les cortèges du 24 mars, des représentants de la CFDT. Preuve que tout n’est pas aussi limpide qu’on ne le pense…

Pour la défense du régime complémentaire maladie Alsace-Moselle, une intersyndicale s’est formée avec tous les syndicats hormis Force Ouvrière. Et elle appelle dans l’unité à la signature d’une motion pour défendre le régime local. Pourtant, Force Ouvrière a le même objectif, mais pense que c’est le « statu-quo » qui est la meilleure défense… En clair, tous craignent la disparition du régime local mais la manière de l’éviter n’est pas identique…

Sur la proposition de M. Straumann imposant un service du travail obligatoire pour les bénéficiaires du RSA : unanimité des syndicats et des associations pour condamner la démarche. Mais là également, division sur la manière de réagir. Certains pensent que tout cela va faire « pschitt » alors que d’autres considèrent que ce ballon d’essai a un objectif qui reste tout à fait d’actualité.

Tactique quand tu nous tiens…

Certes, ces différences d’appréciation peuvent être interprétées comme des divergences de fond. Mais on ne peut négliger le sens tactique des organisations qui privilégient plutôt la défense de leurs orientations alors que le mécontentement citoyen est perceptible sur des choses tout à fait concrètes : pouvoir d’achat, emploi, précarité, liberté… Si Paris valait bien une messe, la prise en compte des attentes citoyennes vaudrait bien une unité dans le respect des différences.

Le 31 mars est une de ces journées clés : quelles que soient les objectifs des organisations syndicales ou associatives, la réussite sera utile à tous, même à ceux qui n’auraient éventuellement pas appelé à manifester.

Qui peut nier que les améliorations négociées par les « syndicats réformistes » dans la loi Travail ont été pour beaucoup la résultante du succès des manifestations à l’appel des autres organisations !

Tout le monde a donc intérêt que le 31 mars soit une réussite (voir ci-dessous le communiqué des organisateurs). Car un échec, même relatif, aura deux effets majeurs et graves : le projet de loi sera maintenue, les modifications seront minimes (n’oublions pas le lobby patronat qui est en action et qu’il est aussi écouté et entendu par la majorité parlementaire), les déceptions seront immenses.

Et les organisations, quelles que fussent leurs positions, perdront encore un peu plus de crédibilité auprès de ceux qu’ils prétendent vouloir défendre.

Michel Muller


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COMMUNIQUÉ UNITAIRE ACTION DU 31 MARS 

TOUS ENSEMBLE CONTRE LA DESTRUCTION DU CODE DU TRAVAIL

RETRAIT DU PROJET DE LOI EL KHOMRI

 

Le projet de loi visant à réformer le droit du travail constitue une régression sociale sans précédent que nous refusons unitairement.

Les principes qui fondent les garanties collectives sont remis en cause et les licenciements facilités entrainant une précarisation du statut de salariés sur l’ensemble du territoire.

Le chômage atteint un niveau record, la pauvreté explose et, pour la première fois depuis l’après-guerre, l’espérance de vie recule.

Le gouvernement et le medef, sous couvert d’aide publique et d’exonérations de cotisations sociales de plusieurs milliards d’euros, nous promettaient des millions d’emplois !!! Avec le résultat que l’on connaît :  l’argent est parti dans la poche des patrons et des actionnaires, sans aucune création d’emploi sur le territoire.

Les premières manifestations ont connu un franc succès. La pression ne doit pas retomber. Le mouvement social s’étend.

Encore aujourd’hui, une imposante majorité considère que le projet de réforme du code du travail est une menace pour les salarié-es et ne créera pas d’emplois. Nous le pensons aussi.

La preuve est faite que les annonces du Premier ministre pour aménager la loi travail n’ont visiblement pas convaincu et ce malgré l’offensive gouvernementale largement relayée.

Le débat sur la loi est loin d’être terminé. La réécriture du texte ne touche pas au cœur du projet qui contient toujours de multiples régressions.

Ce nouveau projet de texte ne répond donc pas aux aspirations fortes, exprimées par les jeunes, les salarié-es et les chômeurs pour l’accès à l’emploi et sa sécurisation. La création d’emplois de qualité ne peut pas être synonyme de la casse du code du travail mais nécessite en revanche un changement de politique économique et sociale.

Le gouvernement doit retirer son projet, entendre les propositions alternatives portées par les organisations de jeunesse et de salarié-es et en discuter avec elles

Les organisations signataires invitent l’ensemble des salarié-es, les jeunes, les retraité-es et les privé-es d’emploi à se mobiliser :

Le Jeudi 31 Mars

Place de la Bourse à Mulhouse

A 12h pour un barbecue revendicatif

A 15h pour une grande manifestation « Pour le retrait du projet de Loi du Travail »

Nous exigeons l’abandon de ce texte néfaste, et nous demandons l’obtention de nouveaux droits, synonymes de progrès social et développeur d’emploi

Ce sera une nouvelle étape pour obtenir le retrait de ce projet de loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Mulhouse le 23 Mars 2016