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Des élus vassalisés par le Crédit Mutuel ?

Le mois dernier, Radio MNE a diffusé, trois heures durant, une émission consacrée à la volonté du Crédit Mutuel de fermer l’imprimerie du journal L’Alsace à Mulhouse. Débutant par un reportage d’une heure sur place, lors d’une nuit d’impression,  les salariés ont fait part de leur incompréhension, leur désarroi et leur volonté de ne pas se laisser faire, l’émission s’est poursuivie par un débat dans les studios avec les syndicats, des élus politiques, des associations, des lecteurs… Et c’est là que nous avons été surpris par les interventions de Mme la maire de Mulhouse, Mme Lutz, et de M. Olivier Becht, député, qui avaient, il y a encore quelques jours exprimé leur total soutien au maintien de l’imprimerie à Mulhouse. Dans la soirée du 14 décembre, tout a semblé changer…

Depuis le début, les salariés pouvaient compter sur un soutien plus ou moins affiché de nombreux élus politiques. M. Becht fut même le premier à envoyer un courrier à M. Théry, PDG du Crédit Mutuel, pour lui faire part de sa désapprobation  devant son choix de liquider 70 emplois et tous les autres induits. Il est vrai que M. Becht avait de l’expérience : c’est sur sa commune de Rixheim que le Crédit Mutuel possédait une imprimerie, Roto Offset, d’où sortait le journal gratuit PAM (Petites annonces mulhousiennes). Au printemps 2012, la banque a décidé de fermer cette usine et licenciait 116 salariés… tout en promettant à M. le maire Becht des compensations devant cette grosse tuile industrielle et sociale. Il attend toujours… Fort de cette expérience, il a bien compris que les promesses n’engageaient que ceux qui y croient et exige donc, à nouveau, des contreparties à la fermeture de l’imprimerie mulhousienne cette fois-ci.

M. Becht croit avoir fait son job… et advienne que pourra !

M. Carli, l’exécuteur des basses œuvres du Crédit Mutuel, a bien compris le message. Il promet donc aux élus mulhousiens (municipalité et parlementaire) la création de « quelque chose dans le domaine du numérique » dans le cadre de l’initiative KM0 de Mulhouse. Les salariés voudraient en savoir plus, le « quelque chose » étant quand même un peu vague… La question fut donc posée à M. Carli lors de l’émission de radio MNE qui dit sans hésiter : « Il ne s’agira pas d’un outil industriel, mais plutôt d’une structure qui reste encore à définir tant dans son rôle que sa composition. » Cela pour répondre au Comité d’entreprise de L’Alsace qui propose que soit installée une imprimerie numérique, nouvelle technologie dans le domaine des industries graphiques et qui auraient toute leur place dans le projet de la ville. Mais le Crédit Mutuel n’en veut pas.

Et que dit M. Becht lors de la même émission : « J’ai eu des garanties de M. Carli que le Crédit Mutuel va installer un outil industriel dans le cadre de KM0 ». Et donc je n’ai plus rien à redire à la fermeture de l’imprimerie du journal ! Naïf, M. Becht ? On à peine à le croire vu son parcours et son pédigrée. Alors, quelque peu manipulateur, le député ? Ce serait plutôt dans ce registre qu’il faudrait chercher. M. Becht a sûrement eu des assurances, comme en 2012 en tant que maire de Rixheim. Son soutien aux salariés du journal était donc une simple manipulation d’un député voulant apparaître soutenant son électorat…mais flanchant à la première promesse de Gascon d’une banque qui a d’évidence des arguments pour tranquilliser le député.

Mme Lutz : « Les élus ne peuvent intervenir dans la gestion des entreprises »…

Mme la maire de Mulhouse nous a également surpris lors de cette émission. Elle qui, a plusieurs reprises, a manifesté son soutien aux salariés du journal, semble bien plus timide à présent. Elle aussi, a-t-elle reçue des « garanties » quant à la liquidation de 70 postes de travail et autant d’emplois indus ? Si ce sont les mêmes que M. Becht, elle devrait être bien plus méfiante que le député quelque peu éloignés des contingences de son électorat préoccupé qu’il est par son ambition pour sa carrière qui est, paraît-il, incommensurable. L’ambition, pas la carrière…

Mais Mme Lutz ne peut affirmer que les élus ne sauraient intervenir dans la gestion des entreprises ! Non seulement ils peuvent mais ils doivent ! Ou bien cela signifierait que les politiques ont totalement capitulés devant le moloch économique… et ils alimenteront dès lors, encore plus la méfiance des citoyens à l’égard de la politique.

Tout n’est pas perdu, cependant, pour Mme la maire ! La FILPAC-CGT, syndicat majoritaire dans l’entreprise, a commandité des experts pour bâtir un projet d’imprimerie numérique dans le cadre de KM0. Cela ne créerait sûrement pas de très nombreux emplois, mais serait un complément de ressources pour l’imprimerie du journal.

Soutenir un tel projet, Mme Lutz, n’est pas une dangereuse immixtion dans la gestion d’une entreprise : c’est rappeler au Crédit Mutuel qu’il a des droits et des devoirs. Si les entreprises bénéficient de soutien public et exonérations diverses des collectivités locales, ces dernières doivent leur imposer leurs devoirs : celui de développer un espace économique et non pas l’appauvrir en liquidant, sans véritable justification, un outil industriel.

Les deux mensonges du Crédit Mutuel

Pour convaincre ces deux élus, le Crédit Mutuel a développé une stratégie de communication qui convainc ceux qui veulent être convaincus. Même dans une partie de la rédaction, ce qui est bien dommage.

Premier mensonge : la fermeture de l’imprimerie n’aura pas d’incidence sur le titre L’Alsace. Cela n’est tout simplement pas possible techniquement. Même les imprimeurs des Dernières Nouvelles d’Alsace qui imprimeraient le journal mulhousien selon le crédit Mutuel, en conviennent : il est impossible d’imprimer dans les délais les deux quotidiens sans une réduction du nombre d’édition, sans une heure de bouclage précoce pour L’Alsace, sans une accélération du nombre d’articles et de pages commun.e.s aux deux journaux. Et, tôt ou tard, le Crédit Mutuel imposera le journal unique devant les contraintes de l’impression à Strasbourg.

Second mensonge : les compensations. Dans le  plan de M. Carli, il n’y a qu’une seule certitude : la fermeture du centre d’impression mulhousien. Tout le reste : développement, investissements, créations éditoriales, sont de vagues promesses, non datées, non chiffrées. Ce ne sont que des arguments pour tenter de dévoyer le refus des imprimeurs de perdre leur emploi « puisque c’est le passage obligé pour préserver les autres salariés ». Arguments archi-rebattus à tout occasion par le patronat pour casser la solidarité entre les salariés et faire accepter les « sacrifices »… Cela est évidemment favorisé par la division syndicale qui fait preuve, une nouvelle fois, du poison qu’elle représente pour les travailleurs quand les syndicats ne veulent pas s’entendre.

Des élus qui restent fermes…

Pour les salariés du journal qui ne perdent pas espoir de préserver leur entreprise, tous les élus ne semblent pas sensibles aux mensonges du Crédit Mutuel et ne semble pas se laisser vassaliser comme d’autres.

Dans un courrier ferme, le Conseil départemental du Haut-Rhin rappelle à M. Théry qu’il ne compte pas se laisser abuser et qu’il a bien compris les enjeux qui se profilent au-delà de la fermeture de l’imprimerie.

On le voit, MM. Théry et Carli veulent présenter la fermeture de l’imprimerie comme acquise et irrévocable, ils devront encore compter sur une résistance dans le Centre- et Sud-Alsace. 2018, année erratique pour le Crédit Mutuel ?

Michel Muller

Avec ou sans le Crédit Mutuel, le journal vivra !

C’est par ces mots forts que la secrétaire du comité d’entreprise de L’Alsace, Sandrine Debenath, également déléguée syndicale de la FILPAC-CGT, a conclu la réunion lors de laquelle M. Carli, l’émissaire du Crédit Mutuel, a annoncé la décision du banquier mutualiste ( ?) de jeter 70 familles dans les affres du chômage en fermant l’imprimerie du journal à Mulhouse. Cela montre la détermination du moins des salariés du Centre d’impression de se battre jusqu’au bout pour arriver à empêcher cette hérésie économique et sociale.

Que peuvent encore attendre les salariés de L’Alsace de leur actionnaire unique : celui qui sauva le journal de la disparition en 1972, (certes avec une autre direction et une autre vision d’une banque des valeurs mutualistes) peut devenir le fossoyeur du pluralisme de la presse en Alsace. Et cela au détriment des intérêts du Centre- et du Sud-Alsace, Colmar et Mulhouse compris. Car la pluralité de la presse alsacienne répond à des différences, à des situations propres aux territoires alsaciens : les impératifs économiques, sociaux, politiques, culturels, ne sont pas les mêmes ici qu’à Strasbourg devenue une tentaculaire « Eurométropole ».

Mensonges et cynisme

Le Crédit Mutuel a trouvé son factotum : M. Philippe Carli, ancien PDG de Siemens France qui a fait ses premières armes dans la presse en restructurant à la hache le journal Le Parisien et L’Equipe. Entre autres, en vendant les imprimeries à un imprimeur délinquant fiscal. Il s’est retrouvé disponible quand la direction du groupe Amaury (patron de L’Equipe) a compris que l’individu était juste bon à sabrer dans les effectifs… et que, pour reconstruire, il fallait des gens d’une autre dimension.

M. Carli est donc un de ses mercenaires payés pour tailler dans les effectifs… et après ce funeste travail, il s’en va, ailleurs, au service de nouveaux patrons. Dans de nombreuses entreprises, les salariés ont connus ce type d’individus : pour eux, la fin justifie tous les moyens. Y compris le mensonge et le cynisme.

Ainsi, dans son plan présenté aux élus du personnel de L’Alsace mercredi dernier, il y a beaucoup de promesses : mais sans aucun chiffrage, sans aucun budget annoncé. Même la date de la mise en œuvre de ces prétendues « mesures de relance » sont floues, projetées dans plusieurs mois, voire plusieurs années.

La seule mesure concrète et chiffrée : la fermeture du Centre d’impression de Mulhouse. Et nous apprenons par une lettre d’information consacrée à la presse, La Lettre A, que M. Carli a embauché… M. Riccobono, celui qui a pratiqué l’optimisation fiscale au Luxembourg… et qui imprime dorénavant L’Equipe… M. Carli est apparemment fidèle en « amitiés »… A moins que d’autres facteurs rentrent en ligne de compte dans ce pas de deux Carli-Riccobono…

70 silhouettes rue de Thann, devant l’imprimerie de L’Alsace – Photo Brahim Bouchareb

L’impossibilité technique du plan du Crédit Mutuel

Sans entrer ici dans des détails techniques fastidieux, l’enquête menée par L’Alterpresse68 auprès d’experts en imprimerie et connaisseurs de la particularité de la presse régionale qui édite de multiples éditions (contrairement à la presse nationale, la seule que M. Carli connaisse un peu) démontre qu’il n’est pas possible d’imprimer les deux journaux alsaciens sur un seul site à Strasbourg.

Les deux journaux, DNA et L’Alsace, éditent 25 éditions chaque nuit, plus un journal bilingue. Chaque changement d’édition nécessite l’arrêt des rotatives ce qui peut coûter 1 h 30 à 2 h d’arrêt chaque nuit.

D’autre part, nos journaux alsaciens ont une particularité peu ou pas connue dans la vieille France : plus de 80% de ses lecteurs sont des abonnés qui reçoivent leur journal au plus tard à 7 h chaque matin grâce à un réseau de plusieurs milliers de porteurs. L’éloignement d’un centre d’impression fait peser des risques sur l’acheminement des journaux. Or, les abonnés ont horreur de ne pas recevoir leur journal à l’heure et les retards de distribution sont (avec la hausse des prix) la cause majeure des désabonnements.

M. Carli ose affirmer qu’il garantit la livraison en temps et en heure même dans les territoires les plus excentrés du Haut-Rhin ! Comment peut-il affirmer sérieusement une telle ineptie ! C’est totalement ignorer les aléas de transport dans une région où les conditions climatiques peuvent bouleverser la circulation d’autant plus que le Conseil départemental veut réduire, pour des raisons budgétaires, le déneigement de certaines routes… Il est vrai qu’il dit également que le Crédit Mutuel est prêt à perdre… 2.000 abonnés!

La réponse apportée par le Crédit Mutuel : avancer l’heure de bouclage de L’Alsace à 22 h 30 ! Comment des journalistes aussi expérimentés que ceux du journal  peuvent accepter cet oukase ! Car cela veut dire en clair que le journal mulhousien ne pourra plus rendre compte d’informations qui surviendraient après cette heure. Nous vous laissons imaginer combien d’événements ne pourront plus être couverts par L’Alsace… mais le seront par contre par les Dernières Nouvelles d’Alsace qui garderont leur heure de bouclage bien au-delà de 23 h !

Encore un exemple de l’impossibilité d’imprimer les deux journaux sur un seul lieu ? Les Dernières Nouvelles d’Alsace sont imprimés en 4 cahiers ; L’Alsace en 2 cahiers. M. Carli affirme que cela restera ainsi. Mais ce n’est tout simplement pas compatible avec les temps d’impression nécessaire. Là aussi, nos experts nous confirment que pour passer de 2 cahiers à 4, il faut arrêter les rotatives, modifier les passages du papier… Au minimum de 30 minutes à 1 h d’arrêt de la production pour cela. Et il faudra prier pour qu’il n’y ait aucune casse du papier, car il faudrait refaire tout le processus. Et les casses du papier ne sont pas rares sur ce type de machine…

La solution pour le Crédit Mutuel : le journal unique

Nous ne faisons pas l’injure au Crédit Mutuel de méconnaître tout cela ! Mais il ne peut le reconnaître car pour pouvoir imprimer les deux journaux sur un seul centre d’impression, la seule solution est de faire des deux quotidiens un seul, au même contenu et dans un premier temps, maintenir les titres à la Une… ce qui sera la seule différence entre les deux quotidiens.

Seconde mesure : il faut imprimer l’édition bilingue pendant la journée. Ce qui équivaut à condamner ce journal, car il ne collera plus à l’information quotidienne et se privera totalement des événements relatés par le journal francophone.

Troisième mesure : réduire drastiquement le nombre d’éditions. Passer de 17 éditions (ceux des DNA) à 3 ou 4 est tout à fait envisageable. Mais cela signifie moins de place pour les informations locales et donc appauvrissement de la partie du quotidien qui fait son originalité.

Nous sommes là dans la méthode historique de la presse française : aujourd’hui nous ne comptons plus que 66 quotidiens dans l’Hexagone. Ils sont plus de 320 en Allemagne. Car en France, la concentration s’est faite par des rachats qui se sont soldés par la disparition des titres. En Allemagne, le même phénomène de concentration a conduit les éditeurs à maintenir au sein de leur groupe les différents titres en prenant en compte leur ancrage local.

Ainsi, dans le tout voisin Pays de Bade, les citoyens ont encore 11 quotidiens à leur disposition, avec des imprimeries performantes qui impriment à tout va… Mais le Crédit Mutuel ne regarde plus depuis longtemps vers le pays qui a vu naître Raiffeisen, celui qui a inventé le mutualisme bancaire… Et voilà comment la région Alsace va connaître à brève échéance, l’uniformité éditoriale avec 1 seul journal : ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de notre région. Même sous l’annexion nazie, trois journaux avaient été conservés…

Le Centre- et le Sud-Alsace perdront leur quotidien

Dans la série « mensonges et cynisme », M. Carli affirme, sans ciller, que l’indépendance des deux journaux sera maintenue, voire développée. Pourquoi doit-il affirmer cela actuellement contre toute logique et contre la réalité qui est déjà en marche : par exemple, il est manifeste que la rédaction régionale est à présent celle des DNA et non pas celle de L’Alsace.

Il doit délivrer ce mensonge car la disparition de L’Alsace jette un trouble auprès des élus et de la population du Centre- et Sud-Alsace. Nous l’avons vérifié lors de réunion publiques tenues à Mulhouse, Colmar et Thann pour informer sur les véritables intentions du Crédit Mutuel.

Lors de ces réunions, de nombreuses interventions d’élus locaux, font part de leur insatisfaction qui n’est pas récente : ils constatent, en effet, depuis des mois, qu’il y a de plus en plus d’articles communs aux deux journaux tant dans les pages régionales que locales.

En effet, les élus locaux sont bien plus sensibles à l’information locale et régionale qui rend compte de leur action et leur permet de mesurer son impact. La plupart du temps abonnés aux deux quotidiens, ils sont les mieux placés pour mesurer la dégradation du contenu du quotidien haut-rhinois au profit de celui des DNA.

La plupart des maires restent attachés à l’information locale et à sa diversité. On pourrait croire qu’à l’heure d’Internet, les sites des municipalités ou les blogs des élus pourraient suffire pour rendre compte de leurs actions. Mais eux-mêmes insistent sur le rôle du journaliste ou du correspondant, décryptant l’information par exemple d’un conseil municipal, rôle particulièrement apprécié pour mesurer l’impact d’une politique dans une ville ou un village.

Des élus ont fait part du constat que la disparition d’un correspondant local de L’Alsace, a eu un effet négatif sur l’information. La concurrence entre les deux journaux quotidiens enrichissait les contenus et la rapidité de la parution des informations. Aujourd’hui où il n’y a plus que le correspondant des DNA sur place, les informations paraissent au compte-gouttes et avec des délais de plus en plus longs.

Ces élus estiment que le pluralisme est aussi un atout dans l’information locale. Non pour faire la publicité à une « Dorfpolitik » mais pour faire vivre la démocratie au plus près des citoyens par des informations qui touchent à leur vécu immédiat.

La Centre- et Haute-Alsace ont besoin d’un quotidien

Les élus de toutes tendances sont formels : il n’y a aucune « guerre » entre Haut-Rhin et Bas-Rhin ou de contestation sur la place et le rôle de Strasbourg dans la région. Mais ils sont tout aussi formels en faisant part des différences parfois profondes existant au sein même des territoires alsaciens. La proximité économique, sociale, culturelle, de la Centre- et Haute-Alsace avec le sud du Pays de Bade (Fribourg) et la Suisse (Bâle et le Jura avec Porrentruy et Delémont), mais aussi avec la Franche-Comté, pèse sur les choix et orientations politiques.

C’est ce qu’ont affirmé clairement, MM. Rottner, président de la Région Grand Est, Mme Lutz, maire de Mulhouse, M. Fabian Jordan, président de M2A, dans un courrier adressé à M. Théry, le président du Crédit mutuel. Nous citons :

« Vous nous avez assurés que que le pluralisme et l’identité des titres seraient préservés. Il s’agit pour nous  de deux éléments indispensables notamment pour L’Alsace, titre qui s’écrit et se lit essentiellement dans le sud du Haut-Rhin. Nous nous permettons d’insister sur ce point. »

La réaction de M. Carli à cette lettre lors de la funeste réunion démontre son mépris pour la parole des élus car il laissa entendre que ce courrier était destiné à faire plaisir aux salariés. De l’opportunisme politique donc ! Ce n’est pourtant pas ce que ces élus ont confiés aux membres du comité d’entreprise qui les avaient sollicités.

Faut-il plus pour démontrer que les affirmations et les promesses de M. Carli sont uniquement de la gestion de sa communication. Il faut rassurer les journalistes, les autres salariés de l’entreprise et les élus… pour avoir les mains libres pour liquider l’outil de travail et marginaliser ceux qui se battent pour le maintenir.

Autre exemple du cynisme du personnage : à la sortie de la salle de réunion, il eut cette sublime phrase adressée à des salariés qui l’interpellaient : à l’un d’entre eux, le visage remplis de larmes qui lui expliquait sa détresse et celle de sa famille s’il perdait son emploi, il rétorqua, un peu la mine basse quand même : « Je dois rester froid »… Effectivement, pour faire ce sale boulot, il faut être insensible à ce qui est humain, à oublier le malheur qui couve derrière chaque détresse sociale, il faut être un peu inhumain…

Sauver le journal à tout prix…

Ceux qui ne veulent pas être les dupes du discours dont l’ambivalence est facilement démontable pour qui ne veut pas avoir des œillères, ont le sentiment qu’il n’y a plus rien à attendre du Crédit Mutuel. Pourquoi faut-il conserver un actionnaire qui va tuer votre entreprise alors que des solutions de développement sont possibles comme nous le prouverons dans un article reprenant le plan alternatif proposé par la FILPAC-CGT et ses experts.

Si le Crédit Mutuel considère que le journal L’Alsace ne rentre plus dans ses plans et qu’il faut le faire disparaître (mort lente certes, mais mort tout de même !), pourquoi ne pas le céder à un éventuel repreneur? Selon nos informations, des propositions ont été faites dans ce sens à M. Théry qui les a rejetées car elles n’étaient pas financièrement suffisamment élevées.

Les salariés du Centre d’impression ne baissent pas les bras malgré la volonté de la direction et ses affidés, de faire apparaître la décision comme irrévocable. Rien n’est jamais irrévocable pour les gens qui se battent, disent les travailleurs. Et avertissent gentiment les autres salariés : après notre disparition, c’est vous qui serez sur la sellette.

Et de conclure : « Avec ou sans le Crédit Mutuel, L’Alsace vivra… ».

Michel Muller

Le « social » vu par le Crédit Mutuel…

Dans sa farouche volonté de liquider l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse et ses 70 emplois (non inclus les emplois indus), le Crédit Mutuel ne lésine pas sur les moyens. Il distille les perfides informations sur la « générosité » du plan social et laisse croire à des naïfs que le montant d’un chèque pour le départ volontaire serait particulièrement incitatif.

Sauf que, quelque soit le montant d’un chèque, jamais il ne remplacera la perte d’un emploi dans un secteur où les reclassements sont difficiles, pour un salarié de moins de 60 ans.

L’exemple du Républicain Lorrain

On n’en parle peu mais le Crédit Mutuel ne veut pas uniquement fermer l’imprimerie mulhousienne, il envisage de faire la même chose avec celle du Républicain Lorrain à Metz. Toute la production du journal mosellan se ferait à Nancy sur les presses de l’Est Républicain…

Le Crédit Mutuel dévoile ses cartes pour imposer la fermeture qui bien évidemment est un traumatisme pour les salariés. Il faut savoir que les emplois d’une imprimerie sont très spécifiques : un imprimeur-rotativiste comme tout le personnel autour de la rotative, sont souvent des ouvriers très qualifiés et très spécifiques. Perdre son emploi équivaut donc à subir une vraie galère pour retrouver de l’emploi… et le « généreux » chèque du Crédit Mutuel s’évapore très rapidement.

Des luttes emblématiques pour l’emploi dans le passé ont fixé des cadres pour l’établissement d’un plan dit « social » pour virer le personnel. Entre autres mesures, il faut que la direction propose des reclassements.

C’est ce que le Crédit Mutuel vient de faire à Metz et les ouvriers sont tombés de haut.

Voilà ce qu’en pense le Comité d’entreprise du journal mosellan : «  Dans le cadre de la négociation ouverte sur le projet de « plan de sauvegarde de l’emploi » provoqué par la décision de supprimer l’imprimerie, la Direction avait transmis, la veille, une liste de postes à pourvoir dans le Pôle Presse du Crédit Mutuel… soit six postes d’assistantes commerciales (sic) ou d’assistantes de rédaction ! Deux autres listes, transmises précipitamment mardi matin, ne se sont pas révélées plus pertinentes que la première. »

Et on apprend que des propositions aussi fantaisistes que « directeur d’une agence du CIC dans le Sud-Ouest » auraient été rajoutées… En outre, les salaires sont en général divisés par deux dans les offres proposées.

Se conduire ainsi pour une banque qui s’affirme mutualiste (et qui l’est dans la tête de la plupart des sociétaires et des animateurs locaux des caisses) c’est montré son vrai visage. La haute direction du Crédit Mutuel se comporte comme tout le patronat, pire pourrait-on dire, puisqu’elle avance masqué se drapant de la respectabilité mutualiste.

Pour Mulhouse, pas d’autres choix : se battre pour maintenir l’imprimerie

Les salariés mulhousiens sont donc avertis : n’attendez pas des reclassements qui vous permettent de voguer vers la retraite ! Ils en sont conscients et mesure la difficulté de lutter contre un des leaders bancaires européens aux moyens infinis et qui ne s’embarrasse pas de moralité quant à la manière d’arriver à ses fins.

La défense de l’imprimerie c’est en fait défendre l’existence d’un quotidien pour la moyenne et haute Alsace qui risque de disparaître à brève échéance : d’où l’importance d’alerter élus et populations sur ce qui les attend et dont ils sont, pour la plupart, bien conscients. Oseront-ils affronter le Crédit Mutuel ? Un député comme Olivier Becht ne s’est pas retenu pour envoyer une lettre bien sentie à M. Théry.

La fermeture de l’imprimerie n’est pas encore acquise pour le Crédit Mutuel. La moyenne et haute Alsace a besoin d’un quotidien demain… Et si le Crédit Mutuel en a décidé autrement, il n’est pas le seul à pouvoir éditer un journal.

Pour appuyer les salariés défendant leur emploi, leur outil de travail et notre journal, signez la pétition sur

http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2017N49830

Michel Muller

Les promesses n’engagent que ceux…

qui y croient !

L’adage se vérifie continuellement. En effet, une promesse répond en général à une attente, une demande. Or, quand celui qui a le pouvoir de la satisfaire n’en a pas envie, il « promet » que cela se fera… un jour ! C’est le jeu que mène aujourd’hui la direction du Crédit Mutuel devant la mobilisation de la population dans le Sud Alsace qui ne veut pas que disparaisse son journal, L’Alsace.

Nous avons été parmi les premiers à le révéler : la restructuration du pôle presse du Crédit Mutuel, propriétaire de neuf journaux dans l’est de la France, plus d’un million d’exemplaire chaque jour, prévoit la liquidation de l’imprimerie de L’Alsace à Mulhouse. Le quotidien du Sud Alsace serait donc imprimé chaque nuit à près de 200 kilomètres de certains de ses points de distribution ! Une première dans la longue histoire de ce journal créé et imprimé à Mulhouse depuis le début du XIXe siècle !

Qui peut croire que cet éloignement de l’impression n’aurait aucune incidence sur la distribution dès potron-minet (au plus tard 7 h) du journal à ses abonnés (80% des lecteurs) ? Surtout dans une région qui connaît des aléas climatiques que la région parisienne ne subit jamais. Rappelons aussi que le Conseil départemental du Haut-Rhin veut réduire les moyens de déneigement à partir de cet hiver…

Pour rester sur les incidences d’une aberration de ce type, notons également que l’allongement des trajets routiers à un impact carbone qu’aujourd’hui tout le monde reconnaît. De quoi même revenir sur des délocalisations industrielles…

Pourquoi la région Alsace a-t-elle deux quotidiens ?

Ce choix industriel est totalement minimisé par le Crédit Mutuel pour  l’imposer sans trop de réactions négatives. Un plan social serait prévu pour les 70 salariés… mais quid de l’impact sur les sous-traitants, sur la disparition d’un outil industriel privant le journal mulhousien de capacité de développement futur ?

Répondons d’abord à une question : pourquoi la Région Alsace possède encore deux quotidiens ? Elle en a connu beaucoup plus, jusqu’à 40 entre 1918 et 1940 et encore 7 en 1945.

A l’heure actuelle, seule deux régions connaissent encore la pluralité de la presse : la Bretagne et l’Alsace, et à degré moindre la Lorraine (mais le Républicain Lorrain est surtout mosellan). Dans TOUTES les autres, un monopole s’est imposé autour d’un titre qui a absorbé tous les autres réduisant à néant toute possibilité d’information pluraliste, contradictoire, diverse… quelques éléments pourtant indispensables au débat démocratique.

Notre région a failli connaître ce sort en 1972… mais le journal L’Alsace menacé fut sauvé par… le Crédit Mutuel, en réalité trois caisses mulhousiennes et une colmarienne du Crédit Mutuel. Cette acquisition n’était pas motivée par l’espoir de faire d’énormes bénéficies, en général la presse quotidienne n’autorise pas des rendements financiers mirifiques. L’intérêt  réside ailleurs : dans la possibilité d’avoir un moyen d’information marqué par son territoire et ses acteurs.

Oui, le journal L’Alsace a survécu parce que les intérêts du Sud de l’Alsace étaient différents que ceux de l’Alsace du nord totalement sous la coupe d’une ville de Strasbourg pas partageuse pour un sou. Est-ce que cela a changé ? Evidemment que non, il suffit de voir la situation précaire d’une ville comme Mulhouse à côté d’une « Eurométropole » cherchant à accaparer tout son environnement, le département du Bas-Rhin en priorité.

Or, les territoires, sans être adversaires, peuvent avoir des intérêts économiques, sociaux, culturels, de services besoins, de réseaux de transports… différents. Toute l’histoire de notre région montre cette dichotomie entre le Nord et le Sud de l’Alsace et la nécessité de donner à chaque territoire les moyens de peser sur son avenir. Parfois en commun, parfois avec d’autres buts et moyens. Aujourd’hui par exemple, plus personne ne conteste que l’avenir économique de la Sud Alsace se construit plus en utilisant les atouts d’un espace allant de Franche-Comté vers Bâle et Fribourg, voire Zurich… A l’ère de la mondialisation, le Rhin serait une frontière intangible sur le plan économique ?

Or, qu’on le veuille ou non, un quotidien épouse les intérêts de sa zone de diffusion. Les Dernières Nouvelles d’Alsace le font bien et même très bien pour le Nord de la Région. L’Alsace a tenté de faire la même chose pour la Sud Alsace… mais est à présent contrôlé par un groupe financier qui en a manifestement cure de ses « subtilités folkloriques » ! Seuls la rentabilité financière doit compter : le journal unique coûtera moins cher à la fabrication. Petite remarque pour les grands économistes : il est prouvé que l’existence de deux titres sur une zone de diffusion améliore les ventes et la qualité de chacun d’entre eux. A contrario, TOUTES les concentrations de titres ont fait reculer la vente d’au moins 30% et ont eu un effet négatif sur la qualité de l’information dispensée.

Commençons par l’imprimerie… le reste suivra!

« Il faut économiser 60 millions d’euros » ! Le moyen : réduire la voilure des quotidiens et d’abord là où il y a pluralité des titres. Dans la zone de diffusion de la presse du Crédit mutuel, seule deux régions connaissent le pluralisme de la presse : l’Alsace et la Lorraine. Ailleurs, en Rhône-Alpes et Franche-Comté, cela fait belle lurette qu’un monopole s’est imposé.

Alors, pour arriver à ce but, il faire disparaître deux journaux : ils ont été choisis par le Crédit Mutuel : L’Alsace à Mulhouse et le Républicain Lorrain à Metz. Objectif bien évidemment inavouable : la pluralité de ces titres a une histoire forte dans ces deux entités territoriales. Alors il faut ruser : commencer par la suppression de leur outil industriel… Le reste suivra peu à peu. Et mentir sur le résultat final : « Nous ne créerons pas le journal unique, les « marques » resteront » ! Les marques ? Oui, le Crédit Mutuel ne parle plus de deux titres, donc deux journaux, mais de deux « marques ». Et vous pouvez bien évidemment vendre les mêmes contenus sous deux marques différentes, cela en fera quand même un journal unique. Mais cela donnera le change pendant un certain temps.

Aujourd’hui même, les contenus des DNA et de L’Alsace sont devenus identiques dans les pages d’information générale, du sport, de la Région… Avec parfois des parutions décalées pour donner le change. Mais le contenu unique est en route et avec clairement la ligne éditoriale des DNA : politiquement plus conservatrice, économiquement très libérale, régionalement totalement tournée vers l’avenir de l’Eurométropole, marquée par une culture centralisatrice jacobine de plus en plus avérée.

Rappelons-nous le résultat du référendum pour le Conseil unique qui a montré la fracture du territoire alsacien : le Bas-Rhin plutôt pour le conseil unique, le Haut-Rhin particulièrement contre. Pourtant, les deux journaux alsaciens ont mené la même campagne pour le Oui. Avec la ligne éditoriale assumée des DNA… Le journal haut-rhinois a suivi en publiant même sous les « vivas » de son éditorialiste Mme Baldeweck, un sondage à la veille du scrutin qui donnait le… « oui » vainqueur. Patatras, les Alsaciens n’ont pas voté comme la majorité de leurs élus et dit « non ». Certes, les DNA étaient assez proches de leur lectorat en préconisant le « oui ». Mais L’Alsace était totalement à contre-courant de ses lecteurs en menant campagne pour le Conseil unique.

Voici ce qui préfigure l’avenir de notre presse alsacienne si le funeste projet du Crédit Mutuel devait aller jusqu’au bout.

L’inéluctable journal unique…

La suppression de l’impression du journal à Mulhouse et son tirage déporté à Strasbourg, aura aussi des effets sur le contenu du journal : le temps supplémentaire nécessaire pour le transport devra être trouvé quelque part. Les deux seules possibilités sont : avancer le « bouclage » de L’Alsace, c’est-à-dire demander aux journalistes de terminer leur rédaction plus tôt et donc se priver de relater de certains événements. Donc, au risque de dévaloriser le contenu. Ceci affectera essentiellement les éditions des endroits éloignées du centre d’impression strasbourgeois. Car pour Strasbourg, pas de problèmes, on pourra retarder le bouclage le plus tard possible puisque les temps de transports sont insignifiants. Donc, journal à deux vitesses : des informations proches de la maison-mère bas-rhinoise seront toujours traitées ; celles de la filiale mulhousienne devra reporter certaines informations au lendemain.

Croit-on vraiment que cela plaide pour l’existence de deux journaux distincts ? Tôt ou tard, la rationalité économique s’imposera et ce d’autant plus facilement que les contenus des deux journaux seront de plus en plus identiques.

Une partie des deux quotidiens diffèrent pourtant encore, ce sont les informations locales. Les cantons haut-rhinois sont mieux couverts par L’Alsace que par les DNA. D’ailleurs l’édition Sud Alsace du journal strasbourgeois regroupe les cantons alors que L’Alsace a des éditions différentes. Ce qui donne au journal mulhousien plus de place pour traiter de plus d’information locale. Il peut le faire car, techniquement, pour imprimer des éditions différentes, il faut arrêter la rotative, remplacer les « plaques » (en fait les pages) et repartir. Cela ralentit la production et a une incidence sur le temps de tirage. Si le journal est imprimé à Strasbourg, ces arrêts pour changement de plaque seront trop chronophages : la direction va donc regrouper des éditions pour faire de L’Alsace… le clone parfait des DNA

Les promesses du Crédit Mutuel…

Le Crédit Mutuel nie bien évidemment ces faits et jure, la main sur le cœur, qu’il ne veut pas aller vers le journal unique. Contre toute évidence, rappelons-le.

Mais on peut comprendre que des promesses de ce type peuvent être crues. D’autant plus facilement qu’on n’entend pas trop de protestations des journalistes, pourtant aux premières loges pour subir les effets d’une concentration des contenus. Mais il est vrai  qu’eux aussi ont droit aux promesses : « Nous allons développer des produits nouveaux, entre autres le journal numérique », cela suffit parfois à rassurer à bon compte. D’autant plus que ces promesses ne sont absolument pas étayées mais correspondent à des attentes des rédacteurs.

Les promesses faites à l’opinion et aux journalistes sur le maintien de deux titres n’engagent que ceux qui y croient ! Maintenir deux titres dans la presse alsacienne nécessite des mesures de reconquête du lectorat par une politique de développement. L’investissement dans le seul avenir « numérique » est aujourd’hui un leurre : dans aucun journal au monde, l’édition numérique n’a trouvé un modèle économique équilibré. Partout, c’est encore l’édition papier qui génère le chiffre d’affaires nécessaire pour exister. L’avenir de deux journaux alsacien nécessite, en plus d’un projet numérique, un développement dans la création éditoriale.

Moyen simple pour savoir si le Crédit Mutuel ment en annonçant l’existence de deux quotidiens différents: va-t-il cesser la politique des contenus identiques dans les deux quotidiens, va-t-on revenir à des rédactions distinctes pour les informations régionales, va-t-on rétablir des postes de rédacteur en chef pour chacun des quotidiens?

Les comités d’entreprises des deux quotidiens font des propositions dans ce sens pour l’instant non prises en compte, voire raillées, par les restructurateurs ! Peut-être que les élus du personnel auraient besoin de plus d’aide, d’appuis, de solidarité pour être entendus…

… et des questions méritant réponse!

Reste une question que le Crédit Mutuel devrait méditer : pourquoi, dans la toute proche région du pays de Bade, existent encore deux grands régionaux, la Badische Zeitung et la Badische Neueste Nachrichten, tirant chacune à environ 115.000 exemplaires, l’une tirant à Fribourg et l’autre à Karlsruhe, dans leur propre centre d’impression. Et pourquoi cette même région possède encore vingt autres quotidiens, dont un à Lörrach (50.000 habitants) « Die Oberbadische » imprimée chaque jour dans ses locaux…

Et pour terminer : peut-on nous expliquer pourquoi la Basler Zeitung (80.000 exemplaires), après avoir fermé son imprimerie en 2013 et être tirée à Zürich, contribue à la construction d’un outil industriel à nouveau à Bâle pour assurer son impression dès le printemps 2018 ?

Ces éléments n’entre absolument pas dans la réflexion actuelle du Crédit mutuel tout occupé qu’il est à prendre ses références dans… la presse parisienne. Dont on connaît le succès : elle a vendu toutes ses imprimeries et s’est vendue à quelques milliardaires avides de contrôler l’information et la communication dans la douce France. Tout en continuant à perdre des lecteurs et de l’argent.

Le modèle qui attend L’Alsace… et les Dernières Nouvelles d’Alsace ?

Michel Muller