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Le DGB, en mode « lutte »…

Stuttgart était marquée « DGB » en ce samedi 27 janvier 2018. S’y déroulait en effet, la « Bezirkskonferenz du DGB du Bade-Württemberg », en somme le congrès, au niveau du Land, de la puissante centrale syndicale allemande. Fort de 812.000 membres dans le Bade-Württemberg (en progression constante depuis 2011 où il comptait 809.000 adhérents, le DGB compte en 2017, près de 6 millions d’adhérents (5.995.437 exactement) dont les deux plus grosses fédérations sont IG Metall (2.262.661) et Verdi (1.987.336). On estime que toutes les organisations françaises réunies comptent moins de 2 millions d’adhérents.

Une vraie force s’est donc exprimée dans la capitale du Bade-Württemberg avec des débats dominés par la situation dans la métallurgie dont les négociations tarifaires avaient lieu dans la nuit précédent le congrès.

Pendant que les congressistes attendaient le compte rendu des négociations nocturnes entre Gesamtmetall et IG Metall, ils eurent droit à l’intervention de la vice-présidente Elke Hannack dans lequel elle ne développa qu’un seul thème : le soutien aux négociations entre CDU-CSU et SPD pour former une nouvelle grande coalition. Qualifiant le « Sondierungspapier », première mouture d’un accord de gouvernement entre les partis, de « verre à moitié plein », elle prit résolument le contrepied d’une grande partie des membres du SPD opposés à la reconduction d’une coalition.

Membre de la CDU, la syndicaliste du DGB n’a pas vraiment convaincu la salle : applaudissements tièdes et remarques d’un délégué : « Nous ne t’avons pas invité de Berlin pour nous parler de ce sujet ». Incident clos… et Mme Elke Hannack reprit son avion pour rentrer sans attendre la fin du congrès.

Martin Kurzmann : « Nous voulons un verre plein » !

Le président du DGB dans le Land Bade-Württemberg (qui fut réélu triomphalement lors de ce congrès) Martin Kurzmann, a ouvert les débats avec une intervention très offensive. Soutenant les revendications d’IG Metall de 6% d’augmentation des salaires (« Normal, les caisses sont pleines… »), il répondit indirectement à sa vice-présidente nationale en considérant qu’il ne pouvait se contenter d’un verre à moitié plein, « Nous voulons un verre plein ! … Car nous défendons les acquits comme nous voulons de nouvelles conquêtes sociales ». Il se félicita de la progression de 2,5% du PIB dans le BW, « grâce au travailleurs et fonctionnaires ».

Mais il ne manqua pas de dénoncer la situation des salariés qui se dégradent aussi en Allemagne : « La croissance ne bénéficie qu’aux managers…  Pour 40% des salariés, la situation s’est même fortement dégradée. Leur salaire brut réel est plus bas qu’il y a 20 ans… Uniquement un peu plus de la moitié des salariés sont couverts par une convention collective. (Ndlr : en Allemagne, contrairement à la France, les salariés ne sont pas automatiquement couverts par la convention collective. Pour cela, il faut que l’employeur adhère à l’organisation patronale du secteur)…  Le travail à temps partiel s’est développé, surtout pour les femmes qui le subissent plutôt que de le choisir… Beaucoup d’entre elles ont deux ou trois emplois pour vivre… Le travail précaire augmente également dans le si prospère Bade-Württemberg… A présent, près de deux millions de salariés du Land sont soumis à des contrats atypiques : temps partiel, travail intérimaire ou occasionnel…

Martin Kurzmann, comme de nombreux orateurs, ont fait des contrats de travail à durée déterminée successifs sans qu’ils soient subordonnés à l’existence d’une raison objective (sachgrundlosen Befristung von Arbeitsverträgen) le thème principal de la conférence. Exigeant l’abandon de cette mesure (que M. Macron veut généraliser en France par ses ordonnances), le DGB du BW retient quatre axes revendicatifs pour les quatre années à venir : « Un travail meilleur »,  « une meilleure formation », « une vie meilleure » et un « DGB fort ». Les préoccupations principales pour l’avenir sont des emplois stables, une couverture conventionnelle plus importante, plus de cogestion, une formation professionnelle continue pour tous les salariés, une égalité des chances au sein du système de formation, des investissements avec un Etat à la manœuvre ainsi qu’une politique fiscale et sociale plus équitable.

Conclusion de Martin Kurzmann, ovationné par les deux cents participants dans la salle : « Les salariés ne doivent pas s’attendre à des cadeaux. Nous devons ensemble lutter pour obtenir des avancées sociales ».

Roman Zitzelsberger (IG Metall) : 300 entreprises en grève d’avertissement dans le BW !

Milieu de matinée, Roman Zitzelsberger, président de l’IG Metall dans le BW, les traits tirés, vint rendre compte du déroulement des négociations de la nuit. Au petit matin, les patrons ont quitté la table de négociation. Roman refuse de voir cela comme une fin des discussions tarifaires mais comme une suspension : pour ramener les entreprises à de meilleurs sentiments, il annonce que le syndicat va appeler à des centaines de grèves d’avertissement.

On ne sait pas toujours, en France,  comment se déroulent ces négociations chez nos voisins. Les accords conventionnels sont rediscutés régulièrement, en général tous les deux ou quatre ans. Mais les négociations ne se mènent pas dans tous les Länder en même temps : cette année, c’est le land du Bade-Württemberg qui est le premier à entrer en discussion. Cela tombe bien pour le syndicat, c’est un des « Land » où se concentrent les plus grands groupes métallurgiques, comme les industries automobiles. Sans que cela soit automatique dans les textes, dans les faits il s’avère que le résultat des négociations dans le BW vont s’imposer peu ou prou à l’échelle fédérale. D’où l’importance de ces grèves d’avertissement soutenus par le DGB à l’échelle nationale.

Roman Zitzelsberger le dit sans ambage : « Ces grèves d’avertissements ont pour but de ramener les employeurs à la table de négociation. Si la prochaine rencontre se solde par un échec, nous entrerons dans une lutte totale ». Après avoir tenté de poursuivre le syndicat pour « grèves illégales », le patronat a mesuré que cette attitude allait le mener dans une impasse. D’où l’accord intervenu quelques jours après, on peut estimer que le succès éclatant des grèves d’avertissement y est pour quelque chose.

Un DGB du BW ouvert vers les autres

Deux exemples que j’ai découverts durant ce congrès : le DGB du Land est très impliqué dans la politique d’intégration des réfugiés en participant à la LAG Flüchtlingsarbeit ( Landesarbeitsgemeinschaft soit une Commission de travail du Land pour le soutien aux réfugiés). En compagnie d’associations et de divers mouvements, cette commission aide les réfugiés à l’intégration par la formation générale et professionnelle.

Une autre activité internationale d’envergure : « Les quatre moteurs pour l’Europe ». Avec la région Rhône-Alpes françaises, la Lombardie, la Catalunya (Catalogne), le DGB du BW a créé une alliance entre des régions qui n’ont pas de frontière commune, mais elles sont des centres économiques importants parmi les plus aisés d’Europe. L’objectif : faire entrer le social dans la politique européenne par des actions concrètes et des réflexions communes sur la finalité de l’Union européenne.

Très actif dans la coopération transfrontalière, entre autres dans les Comités syndicaux interrégionaux. A noter que, pour la Sud Alsace, le DBG de Fribourg est très actif dans le Comité syndical interrégional avec les syndicats suisses et français, surtout sur la situation des travailleurs frontaliers.

Ce congrès a été une occasion de vérifier que le syndicalisme allemand est très actif et représente une force considérable : la réflexion qui traverse actuellement le DGB à propos du « syndicalisme 4.0 », en clair comment adapter le syndicalisme peut-il relever le défi des conditions sociales précaires que veut imposer l’économie du numérique. Une question fondamentale qui ne se pose pas qu’en Allemagne : mais le reste de l’Europe syndicale se met-elle au diapason du DGB ?

Michel Muller

 

Le vote allemand…

Les élections allemandes ont somme tout donné un résultat relativement conforme à tout ce qui se passe en Europe : recul de la droite conservatrice, affaiblissement inexorable de la social démocratie, stabilisation de la gauche transformatrice et progression importante de l’extrême-droite…Evidemment quant cela se passe en Allemagne, tout le monde voit renaître des démons anciens. Et pourtant, nous ne revivons pas une renaissance du nazisme (même si quelques nostalgiques sont toujours tapis dans l’ombre… comme en France, Italie, USA…) mais un phénomène politique liée à une crise de la démocratie représentative et d’une économie qui laisse des millions de citoyens sur le carreau.

Que l’Allemagne présentée riche et prospère soit à son tour concernée par la montée de l’extrême-droite n’est que le reflet des profondes inégalités sociales fruits d’une action gouvernementale initiée par le SPD et ses lois Hartz IV et poursuivie par Mme Merkel avec ses différentes coalitions au pouvoir. En rejetant catégoriquement l’affirmation péremptoire et stupide que  les 13% d’électeurs de l’AfD seraient des nazis (alors que nos 30% d’électeurs lepénistes auraient des représentants autrement plus nombreux à l’Assemblée nationale qu’au Bundestag si on avait la proportionnelle en France), L’Alterpresse préfère examiner de près le vote allemand.

Le vote en Baden-Württemberg

Globalement, à l’échelle fédérale (tableau en tête), les deux partis de la coalition au pouvoir perdent respectivement 8,6% pour la CDU-CSU et 5,2% pour le SPD. Les grands gagnants sont avant tout l’AFD, avec une progression de 7,9% pour atteindre 12,6% du corps électoral. La FDP est l’autre vainqueur, avec une hausse de 5,9%  pour un résultat global de 10,7%. Die Linke et les Verts stagnent avec une légère progression.

vote bw

Situation à tendance identique dans le Baden-Württemberg  où la CDU avait recueilli 45,7% en 2013, elle s’effondre de plus de 11 points pour terminer à 34,8% tout en restant (et de loin) le premier parti chez nos voisins badois. Suit le SPD avec un recul de 4,2 points à 16,4%. Les autres progressent soit légèrement comme Die Linke (de 1,3% à 6,4 contre 9,2 à l’échelle fédérale), les Verts (+2,5 pour 13,5% au final bien plus haut qu’au niveau fédéral et ses 8,9), la FDP avec 6,2% de progression arrivant avec 12,4% au total au niveau de l’AFD qui progresse de 7% pour atteindre les 12,2%.

Il est intéressant de noter que le vote dans la ville de Freiburg-in-Breisgau diffère sensiblement des résultats du Land et du pays : la CDU ne recueille que 28% (-6,9%), les Verts 25,4% (+4,8), le SPD 22,7 (-7,4%), Die Linke en 4e position avec 7,3% (+2,5%), l’AFD n’a « que » 7,2% (+4,7%), la FDP 5,3% (+3,4%). Il semble donc bien qu’il y ait un vote des villes et des champs. Il est vrai que Freiburg, ville écologique, avec un tissu associatif extrêmement dynamique et actif, est dirigée par un maire issue des Verts, Dieter Salomon.

Elle a indubitablement pris une option progressiste essentiellement en matière environnementale. Les habitants ont confirmé ce choix puisque le parti Vert progresse beaucoup plus dans la ville qu’à l’échelle du pays (+4,8% contre 0,5%).

Le vote des salariés… et des syndicalistes

La CDU a obtenu 25% du vote ouvrier mais 41% de la part des retraités, 36% des « indépendants » et 20% des chômeurs. Elle perd de nombreuses voix par rapport à 2013 tout comme le SPD qui récolte 23% chez les ouvriers, 24% chez les retraités, 11% chez les indépendants et 23% de la part des chômeurs.

Il est intéressant de voir la part du vote des salariés pour l’AFD et Die Linke. Nous pouvons voir sur les deux tableaux ci-dessous que Die Linke n’arrive pas à capitaliser le mécontentement dans le salariat et que c’est l’AFD qui en récolte les fruits et ce dans toutes les catégories du salariat. Remarquons le transfert spectaculaire du vote « chômeurs » de Die Linke vers l’AFD.

Die Linke

linke

L’AFD

afd

Lexique : Arbeiter : ouvrier ; Angestellte : employés ; Selbstständige : indépendants ; Rentner : retraités ; Arbeitslose : chômeurs.

Le DGB publie ses statistiques

La principale centrale syndicale d’Allemagne, le Deutscher Gewerkschaftsbund, publie une intéressante étude sur le vote des syndicalistes.

Sur le plan général, les syndicalistes ont mis le SPD en tête avec 29% des suffrages, la CDU suit avec 24% et l’AFD est avec ses 15% devant Die Linke et ses 12% Les Verts suivent avec 8% de confiance de la part des syndicalistes.

Il est intéressant de voir où se situent les différences entre les votes à l’Ouest et à l’Est. La CDU avec 24% est le premier parti chez les syndicalistes de l’Est (avec le même pourcentage qu’à l’Ouest où c’est le SPD qui arrive en tête avec 31%). Celui-ci ne recueille que 18% chez les syndicalistes de l’Est qui ont voté à 22% pour Die Linke et 22% pour l’AFD. Il y là un vrai schisme entre les deux parties de l’Allemagne puisque Die Linke n’obtient que 11% et l’AFD 14% à l’Ouest. Remarquons également que la même différence existe pour Verts : 9% chez les syndicaliste à l’ouest et seulement 3% à l’est.

Les syndicalistes « femmes » se distinguent des « hommes » en votant moins pour le SPD (25% contre 30% chez les hommes) et plus pour Die Linke (14% contre 11%). Cela est encore plus net pour le vote pour les Verts : 13% chez les syndicalistes femmes, 5% chez les hommes. Quant à l’AFD, nos sœurs femmes se distinguent positivement : elles ne sont que 10% à avoir fait ce choix contre 18% chez les hommes. Plus clairvoyantes les syndicalistes femmes du DGB ?

http://www.magazin-auswege.de/2017/09/so-haben-gewerkschafterinnen-gewaehlt/

On voit bien que les mêmes causes engendrent les mêmes effets : la crise sociale en Allemagne est bien plus profonde qu’on le laisse entendre ici en France. Les manipulations et tripatouillages autour du modèle allemand que les médias aux ordres aiment tellement vanter, ne peuvent cacher la réalité qui s’exprime par les urnes. Alors, évidemment reconnaître que les inégalités sociales en Allemagne font aussi le lit de l’extrême-droite est difficile pour ces médias : il est donc plus simple d’invoquer le retour des vieux démons nazis. Plus simple peut être mais totalement faux.

Cela me rappelle la réflexion d’un syndicaliste allemand : « Nous vous soutenons dans vos manifestations contre la loi Travail car si chez vous aussi le modèle Hartz IV s’impose, nous n’aurons plus beaucoup d’espoirs de nous débarrasser de nos lois antisociales ».

Michel Muller

70 ans de syndicalisme en Bade…

Le 13 juillet dernier, une très sympathique manifestation fêtait, au siège du syndicat DGB à Freiburg (Fribourg), la création, en 1947, du premier syndicat confédéré de l’après-guerre en Allemagne. Ce « BGB », Badische Gewerkschaftsbund s’est constitué deux ans avant la confédération DGB, « Deutscher Gewerkschaftsbund » en 1949. De nombreux syndicalistes (dont la CGT et la CSS helvète), des représentants des institutions sociales, du monde politique, des organisations patronales étaient présentes. L’ambiance était moins commémorative que constructive : le DGB lance une campagne « Syndicat 4.0 : un défi pour le futur »…

 

Victimes des nazis et reconstructeurs de la nouvelle Allemagne…

Cela se passait donc en mars 1947… Deux ans après la période nazie sous la férule d’une administration française puisque la France était, aux côtés de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de l’Union soviétique, une des forces contrôlant  une partie de l’Allemagne.

On ne dit pas assez que les victimes des nazis étaient d’abord des Allemands : dès  début 1933, après les communistes en février, les syndicalistes et les membres du Parti socialiste seront internés dans les premiers camps de concentration construits pour éliminer physiquement l’opposition de gauche (puis tous les autres) au NSDAP.

En 1947, les syndicalistes rescapés des camps et de la guerre, considèrent qu’il faut créer un contrepouvoir au capitalisme qui veut reconstruire l’Allemagne et veulent que les syndicats soient associés aux décisions économiques et politiques pour relever le pays de ses ruines. De là naquit la fameuse « Mitbestimmung » qui caractérise le syndicalisme allemand.

Dès février 1946, un « Freier Deutscher Gewerkschafsbund » est crée en zone Soviétique. Quelques mois après, un syndicat est crée en Hesse en zone US et, dans la zone britannique, un « DGB » se constitue dès avril 1947 à Bielefeld. Puis, peu à peu sept organisations syndicales se crééent dans les Länder et fusionnent en octobre 1949 à Munich pour former le DGB que nous connaissons encore aujourd’hui.

Sous occupation française… le soutien des syndicats français

La zone française intégrait Rheinland-Pflaz  (Rhénanie-Palatinat), le Saarland (Sarre), Baden-Württemberg, une partie de Bayern (Bavière) et quelques districts de Berlin.

Les forces d’occupation françaises avaient autorisé l’activité syndicale dès le 10 septembre 1945. En Baden-Württemberg, de nombreuses sections locales et de branche se créèrent dans la foulée et les effectifs syndicaux grandissaient rapidement. Aussitôt apparut le besoin de s’unir au sein d’une « confédération » en créant  un  « Badischer Gewerkschaftsbund ».

Le très gaulliste gouverneur militaire Marie-Pierre Koenig voit plutôt d’un mauvais œil la constitution d’une confédération syndicale sur le territoire. Il fallut une forte expression de solidarité des syndicats français CGT en tête avec la CFTC, pour que les syndicalistes allemands puissent constituer leur organisation confédérale. Ce fut chose faite en mars 1947 avec pourtant des restrictions de libertés syndicales qui montraient bien le visage social du gaullisme : le rôle du syndicat était limité exclusivement à gérer les relations salariés-patronat, les syndicalistes ne pouvaient être actifs en politique, les grèves étaient interdites… ainsi que de défiler avec le drapeau rouge !

Un article de la Badische-Zeitung narre en détail cette période. A lire sous http://www.badische-zeitung.de/wirtschaft-3/hunger-wiederaufbau-und-betriebspolitik–139267779.html

Regarder vers le futur…

En accueillant ses invités dans le très bel immeuble moderne du DGB à Freiburg, Jürgen Höfflin, le président du DGB de la Région Bade du Sud ne manqua pas de rappeler la solidarité des syndicats français dans la constitution du BGB.

La convivialité du moment n’empêcha pas d’engager le débat sur le futur du syndicalisme en Allemagne. Martin Kunzmann, le président du DGB du Baden-Württemberg exposa la volonté de son organisation d’être présente dans le salariat actuel dans l’économie 4.0. Le maintien de la politique sociale acquise et surtout la campagne lancée par le DBG pour la préservation de la retraite, étaient les deux points forts de son intervention. Le fait que seuls 50% des salariés soient actuellement couverts par une convention collective, et ce nombre régresse continuellement, est sûrement la raison de vouloir étendre la présence des syndicats auprès des salariés du monde numérique si souvent victimes de la précarité.

 La secrétaire de Verdi, Melanie Kühn rappelait que les syndicats ont la capacité de le faire comme le prouve l’instauration d’un salaire minimum légal. « Sans les syndicats, une telle avancée n’aurait jamais pu se faire », insista-t-elle.

Un représentant des jeunes syndicalistes, Benedikt Rube, encore étudiant, appela à l’unité des syndicats mais également à une volonté d’être plus combatif. Et de rappeler qu’une plus grande solidarité avec les syndicats français luttant contre la loi travail aurait été salutaire. Une bonne raison de rappeler ici que le contraire est également vrai : même en Alsace, les syndicats n’ont pas toujours le réflexe solidaire avec leurs collègues allemands qui, à quelques petits dizaines de kilomètres, se battent bien souvent qu’on ne le croit, pour défendre leurs acquits.

Un appel aux actions communes transfrontalières

La présidente du Conseil syndicat Interrégional des Trois Frontières, Katrin Distler, a tenu à inviter des syndicalistes français et suisse à cette manifestation. Occasion de rappeler qu’une instance syndicale internationale locale existe, elle est très active dans son domaine (suivi du statut des frontaliers, connaissance des situations sociales au-delà des frontières…) et est une émanation de la Confédération européenne des syndicats. Une meilleure prise en compte de cette instance par les syndicalistes des trois pays permettrait une coopération plus grande et de faire entendre un peu plus fort les attentes sociales du monde du travail. A méditer dans la période difficile qui s’ouvre pour l’ensemble du mouvement syndical, ici et ailleurs.

Michel Muller

 

Le syndicalisme franco-allemand existe, l’Alsace le prouve !

Sous l’égide du Comité Régional CGT Alsace, encore en activité pour quelque temps avant dissolution dans la méga-région, s’est tenue le 13 septembre dernier à Strasbourg une réunion sur le sujet des relations syndicales internationales avec la participation d’une dizaine de militants des deux départements. Elle a porté principalement sur les liens récemment établis avec les organisations allemandes, ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la proximité géographique, et de la capacité, du moins pour les plus anciens des Alsaciens, de pouvoir encore communiquer dans la langue « d’en face ».

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Loi Travail : son retrait est toujours d’actualité !

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Une onzième journée de manifestations dans toute la France et déjà une douzième s’annonce pour mardi 5 juillet. Pourtant la « grande » presse ne ménage pas ses efforts pour rappeler à chaque manif que tout cela se « dégonfle ». Et annonce que « de toute façon », Manuel Valls et François Hollande ne reculeront pas, que le texte sera voté à l’Assemblée nationale début juillet. L’exécutif serait « droit dans ses bottes » comme l’avait affirmé, menton en avant, un certain premier ministre aujourd’hui candidat à la candidature à la présidence de la république. On en connaît l’issue en 1995…

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Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Erklärung des Deutschen Gewerkschaftsbundeszum Antikriegstag, 1. September 2015

Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Der Antikriegstag ist ein Tag des Erinnerns und des Mahnens: Am 1. September 1939 begann der 2. Weltkrieg mit dem Überfall Nazi-Deutschlands auf Polen. Wir gedenken der europaweit 60 Millionen Toten des Vernichtungs-krieges. Der DGB und seine Mitgliedsgewerkschaften machen zum Antikriegstag deutlich: Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Doch bis heute ist die Welt für viele weiterhin kein sicherer Ort. Nie gab es seit dem Ende des Zweiten Welt-krieges weltweit mehr Flüchtlinge. Politische, ethnische und religiöse Konflikte, Krieg und Bürgerkrieg, Armut     und Ausbeutung zwingen die Menschen zur Flucht. Die internationale Staatengemeinschaft muss sich entschiedener dafür einsetzen, dass Auseinandersetzungen nicht mit Waffengewalt ausgetragen und in der Folge humanitäre Katastrophen verursacht werden. Freiheit, Demokratie und soziale Gerechtigkeit können dauerhaft Frieden schaffen. Nur so wird sich auch der Westen vor internationalem Terrorismus schützen können.

Unsere Geschichte verpflichtet uns zu entschiedenem Widerstand gegen Rassismus, Antisemitismus und Fremden-feindlichkeit. Wir sind bestürzt und beschämt darüber, wie sehr Flüchtlingen in Deutschland mit Rassismus und Fremdenfeindlichkeit begegnet wird. Wir verurteilen zutiefst die abstoßenden Angriffe auf Menschen, die vor Verfolgung und Terror Zuflucht bei uns suchen. Rechtsextremisten sind dabei vielfach Drahtzieher. Auch um ein klares Zeichen gegen diese menschenverachtenden Umtriebe zu setzen, brauchen wir endlich ein Verbot der NPD und aller neofaschistischen und rechtsextremen Gruppen.

Die Würde jedes Menschen ist und bleibt unantastbar. Die Grundrechte, so wie sie in der EU-Grundrechtscharta verbürgt sind, gelten für alle Menschen innerhalb Europas. Diejenigen, die vor Terrorismus und Krieg nach Europa fliehen, haben ein Recht auf Asyl. Die Europäische Union muss denjenigen helfen, die auf der Flucht über das Mittelmeer in Lebensgefahr geraten. Die Flüchtlinge brauchen eine menschenwürdige Aufnahme und Perspektiven auf soziale und wirtschaftliche Integration in Europa. Es ist beschämend, wie Europa darüber feilscht, welcher Mitgliedsstaat wie viele Flüchtlinge aufnimmt. Nationalismen und Ressentiments haben in Europa keinen Platz. Europa darf nicht seine eigenen Werte verraten!

Ohne Rückbesinnung auf diese Werte und die Stärken eines solidarischen Europas droht der soziale Frieden in Europa zu zerbröckeln. Wie groß diese Gefahr ist, erleben wir längst nicht mehr nur in Griechenland. Um einen Flächenbrand zu verhindern, muss Europa das europäische Sozialmodell stärken – überall. Dazu gehören dringend der entschlossene Kampf gegen die Armut, die Schaffung sozialer Sicherheit, von Teilhabegerechtigkeit und Chancengleichheit. Deshalb fordern wir ein klares Bekenntnis zum europäischen Friedensprojekt, zur europäischen Einheit und zur Sicherung der sozialen Demokratie.

Déclaration du Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB) à l’occasion de la Journée anti-guerre, le 1er  septembre 2015

Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

La journée Anti-guerre est une journée du souvenir et de mémoire : le 1er septembre 1939 la 2e guerre mondiale a débuté avec l’agression de la Pologne par l’Allemagne nazie. Nous commémorons les 60 millions de morts tombés en Europe dans cette guerre d’extermination. Le DGB et ses organisations adhérentes se positionnent clairement à l’occasion de la Journée anti-guerre : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Pourtant à l’heure actuelle, le monde n’est pour beaucoup toujours pas un endroit sécurisé. Jamais il n’y eut depuis la fin de la 2e guerre mondiale autant de réfugiés à l’échelle de la planète. Des conflits politiques, ethniques et religieux, des guerres et des guerres civiles, la pauvreté et l’exploitation, contraignent Continuer la lecture de Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !