Archives pour l'étiquette dette

Dette et fiscalité à Mulhouse : c’est Maitreau, bonneteau, gogos !

La dette mulhousienne explose. Pour que ça ne se voit pas trop, l’Adjoint chargé des finances, Philippe Maitreau, s’est livré à une partie de bonneteau devant un conseil municipal qui n’y a vu que du feu. Les contribuables mulhousiens sont aussi à compter au nombre des gogos : ils ont déjà eu droit à des augmentations des impôts locaux, et il y en aura d’autres, peut-être dès 2017. Alors qu’il serait possible de procéder autrement. Continuer la lecture de Dette et fiscalité à Mulhouse : c’est Maitreau, bonneteau, gogos !

Richert, Bierry, Straumann: un trio de masos austéritaires, parmi d’autres

P. Richert, F. Bierry et E. Straumann n’osent pas regarder la réalité en face. A l’insu de leur plein gré, ils participent au siphonnage des caisses publiques, vidées pour remplir les coffres de la finance. Ci-dessous, un petit aperçu de leurs exploits récents, du même acabit que ceux de leurs homologues, partout en France, qui contribuent plus ou moins consciemment à imposer une logique austéritaire et une répartition des richesses de plus en plus inégalitaire. La campagne électorale qui s’ouvre, et à laquelle ils ont déjà commencé à participer, n’augure rien de bon, à moins d’y introduire un détournement subversif dont l’issue serait incertaine. Mais on en connait qui essaieront quand même. Continuer la lecture de Richert, Bierry, Straumann: un trio de masos austéritaires, parmi d’autres

A Mulhouse, des élus au service de « Starbucks », de « Barclays » et d’eux-mêmes

« Nos » élus ont été élus pour servir l’intérêt général. C’est du moins ce qu’ils ont prétendu quand ils étaient candidats, et c’est ce qu’ils continuent de prétendre maintenant qu’ils sont élus. Et c’est aussi ce qu’ont cru, et continuent de croire, la plupart de ceux qui sont allés voter. Mais quand on examine les choses d’un peu plus près, on découvre une toute autre réalité…

Regardez !… Rien qu’à Mulhouse : Continuer la lecture de A Mulhouse, des élus au service de « Starbucks », de « Barclays » et d’eux-mêmes

Conseil municipal de Mulhouse : responsable et coupable ?

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Les deux journaux régionaux ont largement couvert un conseil municipal de Mulhouse lors duquel 62 délibérations ont été traitées… Des importantes et des moins importantes. Il fallait faire un choix dans le compte rendu, normal.

Mais étrangement, une des principales, voire LA principale délibération n’a pas été évoquée dans la presse. L’Alterpresse68 veut bien la révéler.

Les lecteurs de notre site sont déjà au courant (1): le maire soumet au conseil municipal du 29 juin 2015 un projet de « protocole transactionnel » pour autoriser la ville de Mulhouse à se débarrasser d’un emprunt toxique Dexia et de ses 10 millions de capital restant dû.

L’escroquerie légale

Mais Dexia exige d’emblée une indemnité de remboursement anticipé d’au moins 14 millions d’euros plus quelques millions camouflés dans les intérêts d’un emprunt  de 54 millions d’euros sur 20 ans que la Banque impose à la ville de Mulhouse. Le surcoût réel du rachat (la pénalité) de 10 millions devait tourner autour de 20 M d’€. Continuer la lecture de Conseil municipal de Mulhouse : responsable et coupable ?

Grèce, collectivités locales : même Troïka, même combat !

Nous publions ci-après un texte de Patrick Saurin paru sur Médiapart également disponible sur le lien http://cadtm.org/Grece-collectivites-locales-meme

 L’auteur met en exergue les similitudes tant dans les causes de la dette et les solutions imposées par les banques et les élus politiques qui leur sont inféodés, entre la Grèce et les collectivités locales.

Il cite entre autres le cas de Mulhouse. Son article très complet et très référencié, est une contribution essentielle à la compréhension des enjeux et à la recherche d’autres solutions que celles trouvées, par exemple, par la municipalité de Mulhouse ou des collectivités comme le SIVOM et bien d’autres organismes.

Patrick Saurin est membre du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde (en 2013). Il est l’auteur du livre « Les prêts toxiques : Une affaire d’état ».
Il est également membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce, créée le 4 avril 2015

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Annulons les dettes illégitimes issues d’une escroquerie en bande organisée

Une Troïka « à la française »

Au moment où le peuple grec et son gouvernement se voient imposer un nouveau plan d’austérité par la Troïka et l’ensemble des autres gouvernements de la zone euro, en France, une autre troïka s’attaque aux collectivités locales. Depuis plusieurs mois, cette troïka made in France constituée par la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL), la Société de Financement Local (SFIL) et Dexia Crédit Local, propose aux collectivités locales victimes des emprunts toxiques un deal qui présente toutes les caractéristiques d’une escroquerie commise en bande organisée.

Au-delà du caractère anecdotique d’avoir en commun un adversaire sans foi ni loi à trois visages, la Grèce et les collectivités publiques françaises partagent le fait d’être les victimes d’une machination qui opère de part et d’autre selon un scénario identique mettant aux prises des acteurs fort semblables.

 Ces protagonistes se répartissent en deux camps : d’un côté, un pays et sa population, des collectivités et leurs habitants, de l’autre, des banques privées et des institutions publiques entièrement acquises à la cause des financiers. Le même scénario se répète invariablement : des banques privées consentent des prêts risqués à une entité publique (ici un État, là des collectivités), encaissent de substantiels profits, puis lorsque survient le risque dont elles sont à l’origine, au lieu de le prendre en charge conformément à leur vocation, elles le transfèrent sur la collectivité publique et les contribuables tout comme les pertes qu’elles auraient dû supporter.

Dans le cas grec, l’opération se réalise à travers un massif transfert de prêts à risque des banques privées vers les structures publiques. En 2009, les banques privées détenaient 80 % de la dette publique grecque que l’on savait déjà irrécouvrable, or en 2015, après les deux memoranda de 2010 et 2012, ce sont des institutions publiques et des États qui détiennent 80 % de cette même dette. Les banques privées se sont débarrassées de la « patate chaude ».[1]

 En ce qui concerne la dette locale française, ces dernières années, les banques privées ont fait souscrire aux collectivités locales des emprunts structurés beaucoup plus rémunérateurs pour les prêteurs, mais beaucoup plus risqués pour les emprunteurs. La commission d’enquête parlementaire a estimé l’encours de ces emprunts à 43,9 milliards d’euros au 3e  trimestre 2008 et a évalué à 18,8 milliards d’euros l’encours à risque de ces emprunts au 3e trimestre 2011.[2]

Le 31 janvier 2013, suite à la faillite de DEXIA qui avait commercialisé 70 % du stock des prêts structurés, l’État français a accepté de faire reprendre le véhicule de refinancement de Dexia Crédit Local, DEXIA Municipal Agency (DEXMA rebaptisée CAFFIL à cette occasion), par la SFIL, une structure 100 % publique [3] spécialement créée à cet effet. C’est donc la SFIL qui gère aujourd’hui le stock de 90 milliards d’encours de dette de DEXIA, dont 9,4 milliards d’euros d’emprunts toxiques représentant un risque estimé au moins au double de ce montant. [4]

Aussi bien en Grèce qu’en France, ces massifs transferts de risques et de pertes ont été réalisés à la suite à des décisions prises par les autorités publiques en dehors de tout processus et de tout contrôle démocratiques, Continuer la lecture de Grèce, collectivités locales : même Troïka, même combat !

Les Grecs soulèvent la chape de plomb de la dette… Imitons-les !

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En votant « Non » au référendum de dimanche, les Grecs ont simplement voulu desserrer le nœud d’une dette qui les asphyxie. Un exemple qui fera peut-être tâche d’huile en Espagne et au Portugal… mais aussi à Mulhouse où le remboursement des emprunts toxiques enfonce la population dans la crise.

La feuille de route du gouvernement Tsipras est claire : réformer le pays, rester dans l’Euro et tenter d’infléchir une politique européenne qui semble au seul service des banquiers et des rentiers. Après 5 ans d’une politique d’austérité extrêmement brutale qui a fait chuter le niveau de vie moyen de la population de 30 %, les Grecs disent « stop ». Comme tous les économistes un peu sérieux, ils réclament une restructuration, un allègement de leur dette publique pour repartir sur un bon pied et renouer avec la croissance.

Les gouvernements conservateurs européens, qui défendent les intérêts des plus fortunés, risquent de jouer l’inflexibilité pour ne pas créer de précédent : en Espagne, au Portugal, en Italie, ont aussi bien besoin d ‘oxygène et on suit de près cette affaire… Pourtant la réduction de moitié de la dette grecque  ne coûterait que 150 milliards d’euros, bien peu comparé aux 2 000 milliards d’euros qu’ont versés les Allemands pour leur réunification, avec des résultats d’ailleurs assez mitigés.

Les riches préfèrent prêter de l’argent aux États plutôt que payer des impôts. Pour eux, le bénéfice est double, et c’est ce qu’ils font depuis des dizaines d’années avec la complicité de la classe politique européenne. Tout cela au détriment de la grande majorité de la population qui subit de plein fouet les restrictions budgétaires dans les services publics et les collectivités territoriales.

Les Grecs nous donnent l’exemple : osons contester les dettes illégitimes, refusons de payer notre propre enterrement à crédit ! Alors que la ville de Mulhouse s’apprête à verser 15 ou 20 millions d’euros d’indemnités (voire plus) pour se dégager d’un emprunt toxique contracté en 2010, il est grand temps de reprendre la main sur ces dettes qui nous étranglent !

Le référendum grec a été organisé en dix jours sur une question précise et a suscité un taux de participation de 65 % des électeurs. Une belle leçon de démocratie dont nous pourrions nous inspirer.

Sources :

http://www.franceculture.fr/2015-06-30-tout-comprendre-sur-la-dette-grecque-en-six-etapes

http://www.lepoint.fr/monde/la-reunification-allemande-a-coute-2-000-milliards-d-euros-06-05-2014-1819454_24.php