acal

Régionales : première série de questions

L’Alterpresse68 dévoile aujourd’hui le premier questionnaire envoyé aux partis politiques. Nous attendons leurs réponses que nous publierons intégralement. Ainsi, les lecteurs pourront se faire une idée de la position de chacune des listes sur des thèmes qui intéressent et préoccupent nos concitoyens.

Deux autres questionnaires seront envoyés et nous procéderons à chaque fois de la même manière. Au soir du 5 décembre, nous espérons que tous les électrices et électeurs auront en main toutes les informations permettant de s’exprimer en toute connaissance de cause.

Des débats mouvants seront organisés sur chacun des thèmes, débats préparés avec Radio MNE et l’association TerrESStre les ont programmés les 15 octobre, 19 novembre et 3 décembre dans le hall de la Fonderie  de 18 h à 19 h 30.

Thème 1  

Pertinence de la création de la nouvelle région – la participation citoyenne dans les prises de décisions – la démocratie locale – une consultation populaire sur la création de l’ALCA

Exposé :

Les contours de la nouvelle région « ALCA » ont été dessinés sans aucune consultation. Cette décision « d’en haut » indispose non seulement en Alsace mais aussi dans de nombreuses autres Régions. Un malaise certain s’exprime. La recherche des vraies raisons qui ont conduit le gouvernement à imposer cette « réforme » territoriale reste à faire.

La position de certains partis est difficilement lisible : d’abord opposé, puis partisan, pour les uns, une opposition affirmée pour d’autres, mais sans aucune initiative pour modifier la décision, un rejet net enfin, qui peut passer pour un repli régionaliste pas toujours de bon aloi.

Des démarches sont en cours sur le plan juridique pour contester la décision. Comment chaque liste candidate peut-elle expliquer sa position et les évolutions qu’elle a connue ?

La dimension des régions définies conduit, de fait, à une nouvelle centralisation administrative dans laquelle les différentes instances décisionnelles ont été attribuées à des villes plus sous la forme de « compensation » qu’en fonction de choix cohérents. Il est à noter que le Haut-Rhin, et singulièrement Mulhouse, sont les plus mal lotis dans cette « distribution ».

Du fait de sa position géographique, le Haut-Rhin est le département le plus enclavé et n’a que peu d’ouvertures vers les grandes agglomérations de l’ALCA.

Des formules abstraites sur la liberté, le débat, le dialogue ou la participation citoyenne ne suffisent pas pour définir complètement la notion de « démocratie locale ». Il faut aussi préciser les limites du champ auquel s’applique cette démocratie et les pouvoirs qui lui sont accordés.

Cette centralisation des décisions va encore affaiblir la démocratie locale et le sentiment des citoyens de ne pas pouvoir se faire entendre va encore s’amplifier.

La première décision de la nouvelle assemblée élue, ne devrait-elle pas être une consultation populaire pour demander à la population son avis sur la création de cette nouvelle région ?

Questions :

  1. Quelle est, aujourd’hui, votre position sur la décision de la création de cette nouvelle Région et, si vous êtes contre quelles initiatives prendre pour la mettre en cause ?
  2. Seriez-vous prêt à vous associer à un recours juridique pour contester le contour de la Région ?
  3. Seriez-vous prêts à organiser une consultation pour demander l’avis de la population sur la pertinence de la nouvelle région mise en place sans que les citoyens n’aient pu se faire entendre ?
  4. Que faut-il changer dans notre système démocratique pour que la création de l’ALCA ne soit pas une nouvelle centralisation de la prise de décision élargissant encore le fossé qui s’est constitué ces dernières années entre les décisionnaires politiques et la population ?
  5. Dans votre conception de la « démocratie locale », acceptez-vous, par exemple, la contrainte d’une péréquation entre les régions plus riches et celles qui le sont moins ? Accepteriez-vous, l’obligation d’accueillir un quota de réfugiés ?
  6. Acceptez-vous, par exemple, que les règles fiscales, sociales et environnementales restent fixées nationalement ? En bref, souhaitez-vous l’autonomie des régions dans tous les domaines ?
  7. S’agissant des aides publiques régionales à l’activité économique – dont les Fonds européens gérés directement par la future région- quelles modalités de contrôle de leur utilisation prévoyez vous, outre les modalités déjà existantes de contrôle des Fonds européens?
  8. Une fois élu-e-s, revendiquerez-vous le droit de siéger au nom du conseil régional dans les conseils d’administration des structures bénéficiaires d’aides importantes avec un pouvoir de contrôle du respect des objectifs et engagements pris?

Les réponses seront publiées intégralement dans L’Alterpresse68 sous une nouvelle rubrique qui permettra aux lecteurs de comparer les différentes positions à partir des mêmes questions.