1er mai : une unité syndicale bien mal en point…

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A Mulhouse, le 1er mai a permis à la CGT, Solidaire et la FSU d’appeler ensemble à la manifestation à 10 h 30, place de la Bourse. En France, plus de 200 manifestations sont attendues à l’appel de la CGT, Solidaires, FSU et UNSA, la plupart du temps. Par contre FO fera cavalier seul, selon les départements ou régions. La CFDT quant à elle n’appelle pas à manifester, mais organise son Working Time Festival (WTF) (en anglais dans le texte) qui veut réunir 5 000 jeunes de moins de 35 ans, dont 3 000 qui ne soient pas (encore) adhérents de la CFDT pour « montre une autre image du syndicalisme et faire découvrir l’action de la CFDT aux jeunes ». Une opération marketing en somme. Continuer la lecture de 1er mai : une unité syndicale bien mal en point…

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Riga : poussez la Grèce vers la sortie ?

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25 avril 2015, énième réunion de l’EUROGROUP, à Riga, Lettonie, cette fois. En première de leurs éditions WEB, TA NEA et TO VIMA ont placé la photo de famille de tous ces ministres des finances groupés autour de leur président, le néerlandais Dijsselbloem. Il a l’air satisfait, dans son costume bleu pétrole un peu étriqué de bon élève de la classe. Du moins peut-on le supposer, car il n’est pas très attentif à l’objectif. Tourné vers ceux du second rang, il semble échanger avec trois d’entre eux un bon mot, car ils sont tout sourire. A ses côtés, Mario Draghi, gouverneur de la BCI, lèvres serrées et visage figé, n’apprécie pas, Continuer la lecture de Riga : poussez la Grèce vers la sortie ?

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OSCHTERPUTZ UM A SUNSCHT (Nettoyage de printemps à l’oeil)

Servitude volontaire

Il fait beau, c’est le printemps, et un irrépressible désir de nettoyage, de restauration et d’embellissement s’empare de nombreuses communes sises dans la périphérie de Mulhouse.

A cette fin, les équipes municipales s’adressent à la population, distribuant des tracts dans les boîtes aux lettres appelant les habitants à participer à des journées baptisées « citoyennes », non sans subliminal sous-entendu culpabilisant : les Travaux d’Intérêt Général ne sont pas loin.

Les tracts en question énumèrent les différentes tâches parmi lesquelles l’on est invité à choisir celle à sa convenance.

Il s’agit, en général et entre autres, des types de travaux suivants : remise en état de bancs publics, réfection de chapelle, travaux de peinture, dont poteaux incendie ou façade d’école, désherbage, aménagement paysager et plantation de massifs floraux.

Ce service, cette « servitude volontaire », sur laquelle avait discouru en son temps La Boétie, serait consenti ici au nom du sens de la collectivité, d’où l’emploi du terme « citoyen », terme éminemment flou, dont l’utilisation à tout bout de champ a le don d’agacer, tant il finit par sonner creux, et qui, au-delà de son sens concret d’appartenance étatique (all. « Staatsangehörigheit »), ne veut plus dire grand-chose, ou alors tout et son contraire. Un mot tellement éculé que contribuer sans broncher, en se serrant la ceinture, à rembourser aux banques l’argent qu’on leur a prêté, deviendrait également sans peine, à ce compte-là, un acte « citoyen ».

Car on devine bien sûr l’aubaine : sous prétexte et sous couvert d’encourager l’esprit civique des populations (y compris de la jeunesse, puisque également conviée à se joindre aux chantiers), il s’agit, avant tout, d’un moyen commode de pallier les conséquences des baisses de dotation de fonctionnement en cours et à venir que le gouvernement a imposées.

La générosité (sans doute sincère pour certains) des habitants qui répondent à de telles mobilisations n’est elle-même pas exempte d’arrière-pensées moins altruistes : en effet, les travaux concernés étaient jusqu’à présent assumés, ou par des agents communaux, ou par des entreprises ou artisans. Se fendre de quelques heures de travail gratuit peut, dans certains esprits, avoir comme motivation, première ou concomitante, en consentant à ces corvées, d’empêcher les taxes d’habitation de grimper et de ménager ainsi son porte-monnaie. Ce qui me conforte dans l’idée que la prétendue solidarité n’est souvent qu’une forme supérieure d’égoïsme.

Corvées ? Tiens, celles, médiévales, étaient de nature assez voisine, et l’on s’en affranchissait alors en … payant (ceux qui pouvaient).

Notre avenir, le travail bénévole

La sollicitation des jeunes dans ces opérations n’est pas anodine : il s’agit ni plus ni moins d’une préparation idéologique à l’acceptation que le travail, à l’avenir, pourra être largement non rémunéré. Les « journées de solidarité » remplaçant le lundi de Pentecôte férié ont préparé le terrain et, qui sait ? Peut-être que la polémique sur le taux compensatoire de salaires des dimanches désormais ouvrables pourrait être tranchée en décrétant que le travail dominical sera dorénavant obligatoire et gratuit, au nom de la contribution citoyenne à rétablir la compétitivité économique du pays, par exemple (improbable, peut-être, impossible, pas sûr).

Si l’on voulait sauver le soldat « Citoyen » et lui donner une figure acceptable, il faudrait objecter à ces manifestations qu’elles sont en fait tout bonnement anticiviques, car elles font totalement fi de l’emploi en bonne et due forme que ces travaux généraient et pourraient à nouveau générer, tout en dévalorisant, au passage, les compétences professionnelles qu’ils requièrent quand ils sont correctement accomplis: on le voit, nous ne sommes pas loin de la question du recours aux amateurs dans le spectacle vivant déjà évoqué dans ces colonnes(1), ou des papi-mami bénévoles dans les médiathèques.

Et, comble d’ironie, il n’est pas exclu que se trouvent, parmi les volontaires de ces journées « pseudo-citoyennes », de vrais chômeurs, qui y participent en espérant renouer avec un lien social que la perte d’emploi leur a retiré : en vain, car ce qui confère au travail sa dignité première est la capacité d’en tirer des moyens suffisants d’existence.

Si cette dimension de la citoyenneté n’était pas atteinte, alors, finalement, ne vaut-il pas, et tout compte fait, encore mieux être esclave que vivre dans la précarité : après tout, au moins, un esclave est bien nourri : le sort du capital constant est, de nos jours, plus enviable que le variable.

Daniel MURINGER

  1. Voir sur ce site : Pratiques artistiques en amateur : rétrospectives (mars 2015)

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Un rude coup porté à l’allemand au collège

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Le 12 mars 2015, la Ministre de l’Education Nationale a présenté son projet de réforme du collège au Conseil Supérieur de l’Education. Ce projet acte la suppression des classes bilingues en 6e.

Tous les élèves commenceront une deuxième langue en 5e, et n’auront plus la possibilité de l’apprendre dès la 6e dans ces classes bilangues. En 5e, cette deuxième langue vivante sera enseignée pendant… deux heures par semaine. Continuer la lecture de Un rude coup porté à l’allemand au collège

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Israël expulse deux militantes haut-rhinoises AFPS: silence, on colonise…

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Lundi 27 avril deux militantes de l’Association France Palestine Solidarité (A.F.P.S) sont arrivées à l’aéroport de Bâle Mulhouse, refoulées par les autorités israéliennes.

Tout comme le président de l’A.F.P.S 68, participant à la même mission de coopération économique avec des villages palestiniens,  elles ont été placées dès leur leur arrivée à Tel Aviv en centre de rétention durant trois jours, puis sont passées devant le tribunal pour contester leur garde à vue et surtout prévenir une interdiction du territoire israélien pouvant atteindre 10 ans, interdiction déjà subie en 2014 et dont elles avaient alors obtenu la levée.

Le président a lui été autorisé à poursuivre cette mission avec plusieurs militants associatifs.

Les services du Ministère français des affaires étrangères, en particulier le Directeur de Cabinet du Ministre, alertés par l’AFPS, avaient précisé par écrit être intervenus pour faire lever l’interdiction d’entrée par l’entremise de l’Ambassade de France et les services consulaires assistaient à l’audience de contestation de la mesure de refoulement.

Le Directeur  de Cabinet, par courrier adressé au Président national de l’AFPS, avait jugé bon Continuer la lecture de Israël expulse deux militantes haut-rhinoises AFPS: silence, on colonise…

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CIGEO : des incertitudes majeures à deux ans du feu vert

Ce texte reprend l’essentiel de deux communiqués émanant de la coordination BURESTOP. Le premier souligne que même la Commission Nationale d’Evaluation (CNE) s’inquiète de la faisabilité industrielle du projet CIGEO (centre industriel de stockage géologique).

Le deuxième, également signé par le Réseau Sortir du Nucléaire, France Nature Environnement et Les Amis de la Terre, décrit le passage en force tenté au Sénat et le tour de passe-passe pour dissimuler le démarrage de CIGEO. Continuer la lecture de CIGEO : des incertitudes majeures à deux ans du feu vert

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Entretien sur le terrain : « Vivement que la gauche vienne au pouvoir… »

nadia et christophe

Les élections régionales se préparent déjà. L’Alterpresse68 en  fait un thème majeur dans ses publications d’ici décembre 2015. Et de commencer par essayer de mieux comprendre ce qui s’est passé aux élections départementales avec les résultats qu’on connaît dans notre région et que nous avons déjà maintes fois évoqués.

Nous nous sommes intéressés cette fois-ci au canton de Wittenheim : c’est le canton dans lequel le risque de voir un binôme Front National élu était le plus important puisqu’il arrivait en tête avec près de 40% des suffrages. Loin devant un binôme incertain Pierre Vogt (« Indépendant »)-Marie-Pierre Vallat (PS), avec une abstention de près de 55%.

Les candidats et responsables Front de Gauche du canton et de la ville, crédité de 5,33% des voix (7% à Wittenheim ville) ont refusé d’appeler à soutenir ce binôme malgré les appels de leurs instances et il nous a paru intéressant de leur demander pour quelles raisons.

Au second tour, Pierre Vogt et Marie-Pierre Vallat récoltent le nombre de voix suffisantes pour battre le FN… et Pierre Vogt, dès le lendemain, déclare qu’il siègera avec la droite dans le conseil départemental. Le pire opportunisme Continuer la lecture de Entretien sur le terrain : « Vivement que la gauche vienne au pouvoir… »

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MA POUBELLE VAUT DE L’OR (POUR D’AUTRES : A MOI, ELLE COÛTE CHER

VIEUX PAPIERS

« Lumpaaa, Àltisaaa, Schokolàpàpiiier ! » C’était le cri du chiffonnier qui retentissait dans la rue à intervalles réguliers, pendant que la camionnette à plateau débâché avançait au pas dans la rue.

Quelques années auparavant, s’ajoutait encore à cette liste « Kìngalapelz », mais les clapiers se faisant rares, le cri tomba en désuétude.

Au passage, on notera que le papier aluminium était récupéré, alors qu’aujourd’hui il termine sa carrière dans les déchets ultimes, bien que la pénurie de minerai menace.

Le chiffonnier, plus exactement ferrailleur, était généralement un « jänischer », sorte de manouche, étiquette au contenu vague, mais signalétique d’un déclassement social, au moins autant, sinon davantage, qu’ethnique.

Car le « jänischer », victime des préjugés populaires,  était réputé plus intouchable encore que son cousin gitan, dont il serait une sorte de bâtard métissé d’autochtone, un Tzigane mâtiné d’Alsacien tombé en disgrâce. Bref, quelqu’un de louche et dont il fallait se méfier, sans trop savoir pourquoi, au juste.

Les gitans, ceux qui à Kingersheim habitaient près de la gravière devenue dépotoir, vivaient d’activités plus nobles, l’achat-vente de violons, ou d’autres, plus mystérieuses, Continuer la lecture de MA POUBELLE VAUT DE L’OR (POUR D’AUTRES : A MOI, ELLE COÛTE CHER

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L’immersion, pour apprendre l’alsacien aux enfants

thierry kranzer

Il y avait monde ce jeudi 16 avril au Stammdisch de Rouffach pour une soirée consacrée à l’apprentissage de la langue alsacienne. Thierry Kranzer, président de  l’Union Alsacienne de New York, attaché de presse aux Nations Unies, mène un combat permanent pour la défense de la langue alsacienne et est venu pour présenter le Fonds international pour la langue alsacienne (FIAL).

REDEVENIR UNE LANGUE D’USAGE

La réflexion du conférencier est bien structurée : si aujourd’hui il y a encore 30% de locuteurs alsaciens dans la région, chez les jeunes ils ne seraient plus que 3%, ce qui signifie que l’alsacien est voué à la disparition si rien n’est fait.

Il rappelle qu’une langue se meurt au bout de trois générations si elle n’est plus utilisée couramment. Or, les jeunes bambins sont la 4e génération après la seconde guerre mondiale et devrait être la génération renversant la tendance. Il fait le pari qu’en prenant les mesures nécessaires, la langue pourra à nouveau être parlée fréquemment au bout des prochaines trois générations.

Mais la difficulté réside dans le fait que l’alsacien n’est plus parlé à la maison, ni dans les médias, ni dans la vie économique, ni dans la sphère administrative et, évidemment, ni à l’école.

C’est pourquoi il prône l’ « immersion », c’est-à-dire de créer des  lieux d’accueil pour les plus petits (crèche, jardins d’enfants, maternelles) dans lesquelles ne serait parlé que l’alsacien.

Arrivés en primaire, les enfants devraient poursuivre leurs études en classes bilingues français-allemand, sachant Continuer la lecture de L’immersion, pour apprendre l’alsacien aux enfants

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Le FMI gagne 2,5 milliards € sur le dos du peuple grec !

schauble lagarde

Ils s’y mettent tous ! Il faut à tout prix empêcher Alexis Tsipras de réussir à mettre en œuvre  le mandat que lui a donné le peuple grec. De la droite à la social-démocratie, les discours sont exactement les mêmes. Il n’y a pas d’autre politique possible que celle que nous appliquons, dites-le vous une fois pour toutes. Florilège des copains et des coquins dont la vertu est à géométrie variable.

Il est difficile de savoir par lequel ou laquelle commencer. Manuel Valls, par exemple, qui dans une interview accordée au Diario Economico exhorte Syriza d’adopter une liste de réformes plus profondes. Il veut  imposer au gouvernement en place depuis les élections du 25 janvier des « réformes » du marché du travail et de nouvelles réductions des montants des retraites, en clair aller encore plus loin que l’ancien gouvernement grec recalé par le peuple grec.

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances d’Allemagne (et donc de la zone euro) veut la sortie de la Grèce de cette zone, la plupart des observateurs allemands en sont convaincus. Et voilà qu’il préconise même qu’une Troïka vienne superviser la politique française pour que les réformes aillent plus vite et plus loin !  Ainsi, à l’occasion d’une conférence prononcée à Washington, Continuer la lecture de Le FMI gagne 2,5 milliards € sur le dos du peuple grec !

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Un autre son de cloche sur l'info !