UN LIVRE PASSIONNANT… Jean-Marie Stoerkel : L’Enfer de Schongauer

 

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jean marie

Le dernier « polar » de Jean-Marie Stoerkel est plus qu’un polar. Dans un passionnant roman dont le dénouement final est un de plus pur style baroque, il raconte sa région, son histoire, son avenir incertain, son espace marqué par les deux rives du fleuve qui la longe… Et nous fait découvrir un des artistes les plus célèbres et mystérieux, peintre d’un des plus beaux tableaux de la renaissance rhénane, Martin Schongauer… L’histoire nous plonge dans le double parcours d’une part d’un assassin bien étrange signant ses meurtres par une référence au peintre… et d’autre part d’un professeur de l’université de Fribourg qui rédige un ouvrage sur Martin Schongauer, assisté d’une très séduisante collaboratrice alsacienne, tellement amoureuse de son mentor qu’elle est prête à satisfaire tout ses fantasmes sexuels.

Le récit nous fait voyager du nord au sud de l’Alsace, en pays de Bade, et nous fait découvrir les hauts lieux culturels de la région mais nous fait également rencontrer des personnalités contemporaines dont l’auteur nous donne souvent de nombreux indices pour les reconnaître. Un certain ancien maire de Mulhouse apparaît une fois encore sous son vrai visage…

Le dénouement est inattendu et correspond à la volonté de même fiction et réalité… L’érudition de l’auteur, sa capacité à construire parfaitement une intrigue et son expérience de journaliste qui l’aide à détricoter les énigmes les plus complexes, vous font passer un excellent moment de lecture et une belle découverte des lieux alsaciens qui inspirent de toute évidence Jean-Marie Stoerkel.

Jean-Marie Stoerkel – L’Enfer de Schongauer – Les Polars – Editions du Bastberg – 14€

 

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L’indécence en politique

Démocratie-Vote

C’est fait, le Haut-Rhin est dirigé par un conseil entièrement à droite. Certes, une élue socialiste, Marie-France Vallat dans le canton de Wittenheim, siègera. Mais son partenaire de binôme, François Vogt, s’est empressé de rejoindre… la majorité de droite (L’Alsace du 3 avril)! Faudra m’expliquer comment un tandem pourra rouler simultanément à droite et à gauche sur le chemin… Encore un événement qui va redorer le blason de la politique…

L’abstention se confirme au second tour, victoire relative de la droite

56,2% d’abstentions au second tour, plus qu’au premier tour. Mais comme nous l’avions pressenti lors d’un article précédent (« Tout le monde il est content ») les vainqueurs du second tour évacuent cela d’un revers de la main. Et se contentent d’être élu avec une minorité de voix tout en se félicitant des « excellents résultats » qu’ils ont obtenus.

Si la droite peut pavoiser en Alsace, elle ne peut pourtant pas se glorifier du résultat dans un climat de défiance à l’égard du gouvernement : au premier tour, la gauche engrange 36,7% des suffrages, la droite « classique » obtient 37,5% et le Front National passe de 4,8% en 2008 et 15.1% en 2011 à 26% en 2015. Sarkozy ne peut décemment pas parler de « victoire », Continuer la lecture de L’indécence en politique

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« Bienvenue au club» Entretien avec Pierre Freyburger

Dans sa volonté d’animer un débat pluraliste, L’Alterpresse68 ouvre et ouvrira ses colonnes à toutes celles et ceux qui veulent que la politique change. Cela fait évidemment débat au sein de notre comité de rédaction et, pour tout vous dire, les réponses que P. Freyburger ont suscitées des réactions diverses. Par exemple : « Il faudra qu’il nous donne des noms, des chiffres, qu’il soit précis et qu’il détaille ce et ceux qu’il met en cause, à commencer par lui-même, puisqu’il y était ! Ou alors on va donner à ses propos le même crédit que celui qu’on accorde encore à toutes ces promesses électorales qui n’ont jamais été tenues et à tous ces beaux projets qui restent toujours sans suite ». D’autres ont pu acter une sincère volonté de s’éloigner des « jeux politiciens » et des « alliances opportunistes » pour s’engager dans un renouveau politique. L’avenir nous dira ce qu’il en est et nous suivrons avec attention cette évolution. Comme nous publierons d’autres opinions pour alimenter le débat après le désastre de ces élections départementales qui installe dans le Haut-Rhin, un conseil monocolore à 100% (ou 99,99%) à droite…

Le climat s’est (provisoirement) apaisé dans notre équipe par la prise en compte de deux nouveautés :

  1. Freyburger annonce qu’il change de statut ; en s’éloignant de son parti et d’une logique de pouvoir et de représentation, il pourrait gagner en liberté.
  2. Un journal totalement libre existe depuis quelques mois : L’Alterpresse 68. Dans lequel il pourra, à l’instar d’autres, contribuer à faire émerger de nouvelles idées pour restaurer la confiance de nos concitoyens dans la politique.

L’Alterpresse 68

M1.-Pierre-Freyburger

On ne présente pas Pierre Freyburger, figure de la vie politique mulhousienne et haut-rhinoise depuis 32 ans, qui a choisi tout récemment de se retirer de la vie politique.

De son parcours riche et engagé (adjoint au maire de Mulhouse durant 18 ans, conseiller général…), de ses engagements et réalisations d’élu dans de nombreux domaines (insertion, habitat, politique de la ville, éducation, démocratie locale, militant du dialogue interreligieux, acteur de la reconnaissance de la communauté musulmane…) il paraissait intéressant de retenir ses analyses sur deux dossiers significatifs pour le contexte mulhousien, qui l’ont particulièrement motivé et qui restent d’une totale actualité.

Nous convenons donc de conduire cet échange  à partir de ses réactions à quelques mots clés :

Communauté d’agglomération (M2A):

Sur le fonctionnement et sur le rôle de cette institution qui regroupe 34 communes, soit près de 260.000 habitants – le tiers de la population du Haut – Rhin –  son opinion  est tranchée : « Elle ne sert à rien », «il y a déficit démocratique », «aucune décision n’est prise là où elle devrait l’être », «les commissions et délégations sont toutes formelles », «  arrangements entre quelques uns et absence totale de vision politique, de projet territorial pour l’agglomération », « opacité sur les chiffres » et Pierre Freyburger résume : « L’agglo c’est le lieu où tout le monde s’entend avec tout le monde ». Continuer la lecture de « Bienvenue au club» Entretien avec Pierre Freyburger

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Conseils départementaux: s’abstenir de voter?

abstention

Dans un de ses sketchs Coluche disait que les élections cantonales étaient faites pour élire les cantonniers.

Certes non, mais pourquoi donc exactement sont faites ces élections, désormais dites départementales ?

Pour ouvrir l’éventail des mesures de discrimination positive existantes dans notre pays en introduisant l’obligation de binômes hommes/femmes pour l’élection des conseillers départementaux?

Pour permettre à de nouvelles têtes, généralement parfaitement inconnues des électeurs du fait notamment du redécoupage des cantons, d’apparaître sur les panneaux électoraux ?

Pour organiser un vrai grand sondage national sur l’échantillon d’environ 50% du corps électoral qui se déplace pour cette élection et roder et valider les stratégies nationales de partis politiques et de candidats à la seule échéance qui vaille pour eux, la présidentielle de 2017?

Pour offrir dans quelques régions, en Alsace particulièrement, une expression, peut-être légitime, à des mouvements régionalistes, autonomistes, voire indépendantistes ?

LE CONSEIL DEPARTEMENTAL, C’EST QUOI ?

Est-ce,  après le dernier référendum national dont notre parlement décida de mépriser superbement le résultat, pour tester Continuer la lecture de Conseils départementaux: s’abstenir de voter?

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L’Alsace et sa culture vues par : François Brumbt

françois brumbt

C’est à lui qu’on doit l’expression S’Dreyeckland, le coin des trois frontières, dans notre région du Rhin Supérieur. L’auteur-compositeur-interprète François Brumbt, originaire du val de Villé, l’a inventé comme titre d’une chanson de son deuxième album publié en 1978 et qui portait le joli nom de E Hampfel Hofnung (Une poignée d’espoir). Puis ce néologisme Dreyeckland était aussi devenu le titre d’un double 33 tours alsacien-badois-suisse en même temps qu’il était devenu le nouveau nom de la première radio libre alsacienne qui s’appelait jusque-là Radio Verte Fessenheim.

Cette radio émettait clandestinement depuis le Sundgau et la Forêt Noire. François Brumbt y chantait en direct. Ses animateurs, Serge Bischoff, Élisabeth Schulthess et des écologistes comme Solange Fernex qui s’opposaient à la centrale nucléaire de Fessenheim et contre l’implantation d’un autre à Wyhl, à côté de Fribourg-en-Brisgau, étaient pourchassés par les forces de l’ordre en hélicoptère.

Mais déjà en 1974 le chant de François Brumbt avait scellé la réconciliation franco-allemande dans l’occupation qui avait empêché la construction d’une usine de plomb à Marckolsheim. L’année d’après, au premier festival de la chanson alsacienne à Elbach dans le Sundgau, il avait chanté devant 4000 personnes sa célèbre chanson 1525, en hommage aux milliers de rustauds alsaciens révoltés et massacrés cette année-là durant la guerre des paysans. Dans une autre de ses chansons qui symbolisaient la vaste protestation transfrontalière anti-nucléaire unissant des paysans, des viticulteurs, des ouvriers et des étudiants gauchistes, François Brumbt avait écrit : Mér kejje mol d’Grànze éver e Hüffe und danze drum erum (nous jetterons la frontière sur le tas et danserons autour).

Un espace rhénan au cœur de l’Europe

Après avoir longtemps participé aux Soirées médiévales au château du Haut-Koenigsbourg, revenant parfois sur scène avec un nouveau spectacle, D’r bescht Uf-trett,  de chansons nouvelles et anciennes qu’il a inauguré au festival Summerlied à Ohlungen, il continue à donner des cours de guitare et d’interprétation de chanson.

Quand on lui demande comment il voit aujourd’hui l’Alsace et sa culture, il répond que ça ressemble à une utopie: « Une Alsace ouverte sur le monde et sur les autres, un espace rhénan au cœur de l’Europe, une fraternité comme bagage quand d’aucuns voudraient nous cloisonner dans de nouvelles frontières, avec une langue alsacienne qui m’est chère et à laquelle s’ajoutent toutes les autres. Je vois l’Alsace avec son histoire, son peuple, sa culture, qui aurait son assemblée unique, son droit local, son concordat et tous ses acquis sociaux, et qui réinventerait la démocratie directe. On peut dire aussi : humanisme, tolérance, refus des nationalismes mais sans renoncer à notre héritage de longue date. J’ai adapté en alsacien  la chanson de Woody Guthrie This land is your land (Ce pays est ton pays). Ça reprend cette idée. »

Mais le résultat du premier tour des élections départementales dimanche dernier ne va pas vraiment dans ce sens : « Dur, dur ! Droite contre extrême droite, surtout en Alsace, excepté un petit îlot où on respire autour de moi à Strasbourg. » Les scores notables du parti Unser Land s’expliquent pour l’artiste François Brumbt parce qu’ « ils se disent de centre-gauche-écolo et régionalistes-autonomistes mais pas indépendantistes. Leur électorat correspond dans doute à ces sensibilités. Les régions historiques n’ont sûrement pas dit leur dernier mot»

À la question de savoir ce qu’il faudrait alors faire pour faire vivre l’Alsace et sa culture, François Brumbt répond : « En n’acceptant pas la réforme territoriale qui balaie quinze siècles d’histoire quand Manuel Valls décrète qu’il n’y a pas de peuple alsacien. Il faut aussi combattre les révisionnismes qui prétendent qu’il n’y a pas eu de Malgré-nous. Mais surtout, il faut convaincre qu’on peut être solidaires en étant différents, en parlant, en écrivant, en chantant. »

Jean-Marie Stoerkel

Contact : www.francois-brumbt.fr

 

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Et si on parlait grève ?

 

La grève serait-elle devenue tabou dans notre belle démocratie ? L’absence de toute information objective, voir la manipulation de l’opinion publique sur les raisons des grèves, sont l’une des caractéristiques majeures de la sphère médiatique. Un phénomène qui avait été analysé avec pertinence lors d’un débat organisé par notre association avec le sociologue Jean-Marie Pernot.

maison radio 2

Il en est ainsi pour les conflits en cours à France Télévision et Radio France, services publics de l’audio-visuel. En guise d’information, de laconiques messages tournent en boucle : « En raison d’un mouvement de grève à l’appel d’une majorité de syndicats, nous ne sommes pas en mesure de présenter nos programmes habituels ». Nous ne saurons rien de plus sur les motivations d’une grève, reconduite chaque jour Continuer la lecture de Et si on parlait grève ?

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TOUT LE MONDE IL EST CONTENT !

 

Il y a de quoi être désorienté après ce premier tour des élections départementales ! Par les résultats, évidemment. Mais surtout par les analyses et commentaires de la majorité des responsables politiques, développés ensuite par les éditorialistes… et évidemment l’inénarrable « Courin » de L’Alsace n’a pas failli à sa ligne de conduite : répéter ce qu’il a entendu par ailleurs pour être bien dans la bonne pensée unique. Les « éléments de langage » distillés par les « conseillers en communication » ont ainsi fleuri et continuent de fleurir pour préparer le second tour.

timbre france 1967 - 1537 - Nobles votant pour l'election de Hugues Capet comme roi des Francs - Serie grands noms e l'Histoire

TOUT LE MONDE GAGNE ?

La tonalité est la même dans la quasi-totalité de la presse quotidienne : l’UMP est le premier parti de France, le FN a subi un revers, le Parti socialiste sauve les meubles, la stratégie de Valls était gagnante (si, si, cela a été dit…), Europe Ecologie Les Verts, avec 2%, payent leur rupture avec le Parti socialiste, le Front de gauche tient mieux que prévu… Et l’abstention est bien moindre que ce qui était craint…

Vivons-nous dans le même monde que tout ces gens-là ? Mais à y regarder de plus près, nous sommes bien devant des « demi-vérités » qui sont en fait des vrais mensonges.

UNE CINGLANTE DEFAITE POUR LE GOUVERNEMENT

Tous les commentaires se font en fonction des sondages. C’est ainsi qu’on arrive aux analyse ci-dessus. Ce sont donc bien des « demi-vérités ». Mais pour être sérieux, Continuer la lecture de TOUT LE MONDE IL EST CONTENT !

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(1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination

Déjà moderne, la « gauche »

A l’époque, c’était Jean-Marie Bockel (PS) qui décidait de tout : c’est par une déclaration au journal L’Alsace que le maire a informé ses conseillers municipaux et ses concitoyens en juin 2004 : «Je vous annonce un scoop. J’ai pris la décision de généraliser le système (du vote électronique) dans tous les bureaux mulhousiens pour 2007»(1). Ça tombait bien : Continuer la lecture de (1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination

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(2) Le vote électronique : politiquement correct exigé !

Un vote pas si « nul » que ça !

Sans entrer ici dans le détail du débat sur les mérites respectifs du vote blanc et du vote nul(1) nous vous proposons un exemple de bulletin de vote utilisé dimanche 22 mars 2015 à Mulhouse à l’occasion du premier tour des élections départementales. Il soulève des questions portant sur l’état de notre démocratie et possède le mérite appréciable de poser un problème que presque tous les candidats ont soigneusement évité : celui de la dette publique du département. Continuer la lecture de (2) Le vote électronique : politiquement correct exigé !

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(3) Le vote électronique : au poste de police !

Inhabituel : nous publions ce dimanche 29 mars 2015 à 20h la description du déroulement d’un processus de vote qui n’a pas encore été enregistrée au commissariat de Mulhouse où s’est déroulé la dernière étape de ce « devoir civique » que l’on voudrait « emblématique » de notre « démocratie ». L’électeur du canton de « Mulhouse 3 » dont il est question ci-dessous est aussi l’auteur des deux textes parus ces derniers jours dans L’Alterpresse 68 : (1) Le vote électronique : une sotte et coûteuse obstination et (2) Le vote électronique : politiquement correct exigé ! Continuer la lecture de (3) Le vote électronique : au poste de police !

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Un autre son de cloche sur l'info !