Indépendances?

catalogne
« S’il déclare l’indépendance, le président catalan pourrait « finir » comme un de ses prédécesseurs ayant proclamé un Etat catalan ». Ces odieux propos du porte-parole du Parti Popular au pouvoir à Madrid, M. Casado, fait référence à Luis Companys qui a proclamé un « Etat catalan » le 6 octobre 1934, fut immédiatement arrêté puis fusillé en 1940 par Franco..

L’Espagne ne s’est évidemment pas débarrassée de tous les nostalgiques du franquisme et certains d’entre eux gouvernent le pays en n’ayant rien oublié des méthodes de leur Caudillo comme l’ont prouvé la violence des interventions policières pour empêcher la tenue du référendum.

Mais n’est-il pas étonnant qu’un affolement, certes et heureusement moins brutal, s’est emparé de toute l’Europe y compris en France devant l’annonce d’une éventuelle indépendance de la Catalogne. Comme si ces sept millions et demi de Catalans allaient mettre l’Europe à feu et à sang.

Tout comme le gouvernement espagnol, les instances européennes ne veulent pas voir le mouvement qui commence à s’étendre dans toute l’Europe.

Depuis deux siècles environ, les Etats-Nations ont été la matrice dans laquelle les citoyens s’organisaient. Mais ces Etats-Nations se sont construits au fil des années, bien souvent à la suite de conflits voire de guerres, et les frontières ont bougé sans arrêts.

Si aujourd’hui, au sein même de l’Europe, des mouvements indépendantistes se développent, est-ce uniquement l’émergence d’égoïsme régionaux ou l’expression d’un nationalisme de mauvais aloi ?

Nous sommes dans une crise de la démocratie. De moins en moins de citoyens votent, une grande majorité n’attend plus grand-chose des partis politiques et la population doute fortement de la capacité de leur gouvernement d’améliorer les choses.

En Espagne, il n’y a pas de majorité pour le Partido Popular, M. Rajoy gouverne en étant minoritaire ! Les Pays-Bas ont mis deux ans pour former un gouvernement car les électeurs n’ont donné une majorité à un parti. En France, M. Macron a recueilli moins de 20% de voix des inscrits au 1er tour de l’élection présidentielle et pourtant sa majorité n’hésite pas à considérer que « les Français » lui ont donné un mandat pour sa politique ! Y croient-ils eux-mêmes…

La démocratie représentative est dans une impasse et suscite de plus en plus de rejet.

Et l’Etat-Nation qui sert de cadre à cette démocratie représentative en crise, s’affaiblit. On peut se poser légitimement la question : les Etats nations qui ont pris le relais des régimes monarchiques, sont-ils immuables et éternels ? Une population ou une partie d’entre elles a-t-elle le droit de considérer que le cadre démocratique dans lequel elle vit ne lui plaît plus et en désire un autre ?

Faut-il blâmer ces peuples flamands, écossais, lombards, catalans, qui pensent ainsi ? Faut-il dialoguer avec eux ou bien faut-il les mettre à genoux, les contraindre, les menacer. « Si vous n’êtes pas gentils, on vous vire de l’Europe » ? tonne M. Juncker…

Il faut donc utiliser l’autoritarisme, voire la violence, pour maintenir les choses dans l’ordre. On peut raisonnablement penser que, désormais, la survie de l’Etat-nation est peut-être en question.

Peut-il survivre à une mondialisation effrénée qui bouleverse tout ce que les Etats Nations ont pu construire comme protection de leurs peuples ? Peut-il survivre pris entre la tenaille des décisions supranationales européennes et la volonté de plus en plus fortes des populations de vouloir être acteur de leur avenir et non seulement subir les décisions prises loin, très loin, de là où ils vivent, travaillent, s’amusent, se cultivent, s’aiment…

A ne pas vouloir ou pouvoir prendre en compte ces aspirations, les Etats-Nations auront de moins en moins d’attrait pour les citoyens.
La réponse est-elle dans la création de nouveaux Etats-Nations en démantelant ceux qui existent ? Ce n’est pas la voie qui est choisie partout.

Par exemple en Alsace : la constitution d’une région Machin-Truc qu’on appelle Grand Est a courroucé la majorité de nos concitoyens. Car c’est l’exemple même d’une décision de l’Etat-Nation sans la prise en compte une seule seconde des aspirations des populations. « On le fait car c’est notre bon vouloir » dit le président. Et quand une majorité d’Alsaciens demandent le retour à leur région,( pas à leur indépendance !), le gouvernement central répond qu’il n’est pas question de revenir sur la loi qui a créé le Machin-Truc.

Et voilà comment la démocratie de notre pays est ressentie : comme le fait du prince ! Croit-on vraiment que cela peut continuer indéfiniment ? Je crois qu’il n’y a qu’un moyen de se faire entendre au Palais de l’Elysée : que le peuple alsacien proclame son indépendance et les yeux du monde entier seront rivés sur l’Alsace…

Une pub pareille, cela ne se refuse pas !

Michel Muller

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Démission de Philippe Richert : aveu d’impuissance… ou pire ?

M. Richert démissionne de son poste de président de la Région Grand Est… Ils ne sont pas nombreux ceux qui vont le regretter en Alsace ! Archétype de l’élu alsacien d’après-guerre qui disent en Alsace ce que les Alsaciens veulent entendre et qui votent, à Paris, comme la République le leur demande, M. Richert est la victime de sa duplicité. Apparemment farouche opposant à la liquidation de l’Alsace dans le Grand Est, il a trahi ses premiers engagements… contre la promesse du poste de président… suivi par tous ses affidés, M. Rottner en tête… Des places étaient à prendre, alors fi des espoirs des Alsaciens.

Mais cette démission ne règle pourtant rien au fond du problème : comment l’Alsace peut-elle recouvrer la maîtrise de son destin en sortant de cette hyper-région sans queue ni tête…

Platzlajager…

C’est ainsi que les Alsaciens nomment ces femmes et hommes politiques dont la seule ambition est d’occuper des fonctions assouvissant leur plus ou moins grande ambition. « Chasseurs de postes » : est-ce cela l’avenir indépassable de l’engagement politique ?

Ici, on veut croire que non ! Et un bon exemple est la lutte pour redonner à l’Alsace une instance représentative et décisionnaire pour entrevoir son avenir. Il ne s’agit évidemment pas d’une revendication  « régionalo-autonomiste » comme le jacobinisme aime (mal)traiter tous ceux qui ne pensent pas « centralisation » ! Il s’agit bien d’une question démocratique : nous sommes à l’ère d’exigence citoyenne non seulement de pouvoir dire son mot mais d’être entendu !

L’éloignement des centres de décisions, la prééminence de la technocratie sur les politiques, malmène la démocratie. Les pertes de pouvoir de décision des communes, des intercommunalités, de toutes les collectivités locales font naître dans la population le sentiment de ne plus peser sur les décisions prises en son nom. Le vrai visage d’Emmanuel Macron apparaît, entre autres à travers le budget : toutes les structures décentralisées perdent des moyens alors que s’élargissent leurs domaines d’intervention. Voilà pour le fond. Le président de la République ne discute pas, il ordonne ! Voilà pour la forme.

La fin de la Conférence des Territoires

Devant le mécontentement engendré dans la population française par une réforme territoriale non discutée, imposée par le fait du prince élyséen, Emmanuel Macron a cru bon de créer, il y a deux mois,  une « Conférence des Territoires » rassemblant les collectivités locales et leurs associations. Lors de son lancement, le président de la République assura : « il n’y aura pas de baisse des dotations aux collectivités locales en 2018. Le chef de l’État a évoqué un contrat de confiance passé avec les élus locaux. Il s’engage à ne pas diminuer les dotations aux collectivités en échange d’efforts pour faire des « économies intelligentes » (…) » C’était le 17 juillet 2017.

Lors de la dernière conférence nationale des Territoires, le 28 septembre, toutes les Régions quittent cette instance pour protester contre la suppression de 450 millions de dotations… Les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire…

Apparaît ainsi clairement que la réforme territoriale n’a pas accouché d’une décentralisation mais au contraire d’un renforcement de la mainmise de l’Etat central sur les collectivités locales. C’est pourquoi la revendication d’une nouvelle organisation territoriale doit être imposée. Car la faiblesse de la position des Régions c’est qu’elles quittent la Conférence sans pour autant proposer une alternative.

Une majorité pour modifier la réforme territoriale ?

Le  septembre dernier, pas moins de 15 élus alsaciens de tous bords se sont succédé toute la journée à Sélestat, où l’Initiative citoyenne alsacienne (ICA) organisait un débat sur « l’avenir institutionnel de l’Alsace ». Avec quelques nuances, tous se sont exprimés pour que l’Alsace recouvre une certaine « souveraineté » pour s’administrer. Voici quelques échantillons dans laquelle on a parfois du mal à discerner la sincérité de la duplicité…

Patricia Schillinger, sénatrice (LREM) du Haut-Rhin: « Revenir en arrière, découdre ce qui a été fait va être très difficile ». Comme la salle gronde devant cet aveu (à mon sens sincère car il reflète ce qu’assène E. Macron, d’autres Républicains marcheurs veulent redorer leur blason devant une assistance visiblement acquise à la sortie du Grand Est.

Vincent Thiébaut, député LREM, explique qu’il parle au nom des députés LREM et MoDem du Bas-Rhin. « Nous, les députés En marche, souhaitons clairement un retour à une Alsace institutionnelle ».

Bruno Fuchs, lui aussi député LREM mais du Haut-Rhin, plaide pour un « détachement en 2021 de la région Grand Est », mais cela ne sera possible, dit-il, « que si nous avons convaincu que cela créera de la valeur pour la région, pour la communauté nationale, pour l’Europe ».

Le ton devient moins nébuleux avec Daniel Hoeffel,  ancien ministre et président du conseil général du Bas qui invite à « revenir à une région Alsace » qui puisse coopérer avec les régions françaises et étrangères qui l’entourent.

La toute nouvelle présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert dit sa « colère de voir disparaître l’Alsace des livres scolaires, des cartes de Frances, et de découvrir des tartes flambées estampillées Grand Est »! Elle dénonce « l’ensemble désincarné et désenchanté [du Grand Est] qui est un véritable obstacle à l’ancrage rhénan de l’Alsace ».

Les déclarations d’autres élus tentaient le mariage du carpe et du lapin en étant tout à fait contre le Grand Est et inversement… Sauf Jean-Georges Trouillet, Unser Land, qui rappelait que selon un sondage Sofres, 84% des Alsaciens étaient pour la sortie de l’Alsace du Grand-Est.

Avec le recul, cette conférence, utile, fait surtout craindre que les Alsaciens ne pourront pas compter sur leurs élus pour modifier profondément la réforme territoriale.

D’ailleurs Philippe Richert a immédiatement sifflé la fin de la partie : lors de son discours annonçant sa démission le 30 septembre, il a écarté de la main toute possibilité de séparation de l’Alsace de la nouvelle région. Voilà le bilan de celui qui a soutenu une manifestation à Strasbourg, le 11 octobre 2014, se félicitant de voir 10.000 personnes s’opposer à la disparition de l’Alsace.

Et celui qui aujourd’hui voudrait bien briguer la succession de M. Richert, le maire de Mulhouse Jean Rottner avant, quant à lui, lancé une pétition recueillant 55.000 signatures contre la création de la méga-région… qu’il voudrait bien présider aujourd’hui…

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La société civile et le referendum

Visiblement échaudés par les discours à géométrie variable des élus, 100 personnalités alsaciennes ont signé un appel que vous pouvez lire en suivant ce lien :

https://perspectivesalsaciennes.com/2017/09/29/appel-des-100/

Le texte appelle les responsables politiques « à s’engager pour la création d’une Région Alsace pourvue des compétences départementales et régionales ». Cette « collectivité à statut particulier » devrait aussi, écrivent-ils, être dotée de compétences complémentaires transférées par l’État.

Souvent l’exemple de la Corse ou des Antilles a été avancé pour démontrer que cette création était tout à fait possible dans le cadre de la constitution française. Mais pour l’heure, cet appel a malheureusement peu de chance d’être entendu s’il n’est pas soutenu par les citoyens alsaciens.

M. Eric Straumann, député LR, a lancé une idée loin d’être saugrenue… si elle est sincère et si son auteur est prêt à s’engager à la faire aboutir. Lors d’un débat sur l’avenir institutionnel de l’Alsace, sur France 3 Alsace, Eric Straumann a considéré que si aucune solution politique n’intervient d’ici la fin de l’année sur le sujet, « il faudra en appeler au peuple alsacien« . Et d’inviter les départements du Bas Rhin et du Haut Rhin, «  à organiser un référendum pour demander à la population s’il faut sortir ou non du Grand Est« .

Il serait intéressant de voir la réaction du gouvernement à une initiative de ce type. Traitera-t-il cette demande à l’image de ce que fait le gouvernement espagnol à l’égard des Catalans ?

En tout  cas, sans une initiative mobilisant l’opinion publique alsacienne, en organisant un débat large sur la nature et les prérogatives d’une « nouvelle Région Alsace », les élus alsaciens se réfugieront derrière leur impuissance pour que rien ne bouge. Et les Alsaciens se seront fait avoir une nouvelle fois…

Michel Muller

Nous publions ici une réaction fort intéressante de Daniel Muringer sur cette question.

Les aspects culturels et identitaires ne sont pas l’objet du propos (…) qui s’en tient à la seule question de la démocratie. Pour ce qui me concerne, ils pèsent évidemment et fortement dans la nécessité de maintenir une entité territoriale Alsace.

Cette prise en compte a d’ailleurs été celle du communisme alsacien, qui s’est positionné avant-guerre sur l’auto-détermination de la région (avec y compris le soutien en ce sens dirigeants nationaux Duclos et Thorez).

 Font partie de cette question de démocratie ET de l’histoire régionale les départements : il se trouve que les deux nôtres sont peut-être les seuls en France qui ont une justification historique, et ce, depuis l’époque romaine en passant par les comtés carolingiens, les Habsburg ainsi que le fameux et quelque peu mythifié – Reichsland  avec ses trois zones administratives.

 Il m’est impossible de participer à un mouvement où l’on revient à la charge avec le gadget « Conseil unique », que, comble de paradoxe, a appelé de ses vœux le gouvernement auquel s’oppose le mouvement de contestation de l’ALLOC (Alsace-Lorr-Champ) et qui constitue en soi un recul de démocratie locale : au nom de cette même démocratie locale, il est antinomique de s’opposer à la Grande Région et dans le même temps vouloir la suppression des départements.

 Pour mémoire, la Corse est bien plus avancée que nous sur les terrains qui nous préoccupent et le fait d’avoir deux départements n’y suscite pas d’états d’âme ! 

 Ensuite, je suis très inquiet au sujet de l’absence de préoccupations formulées par le mouvement concernant l’avenir du régime Alsace-Moselle de sécurité sociale qui pourrait bien passer à la trappe avec la réforme en cours et la suppression des départements, dont les trois concernés ; cela fait aussi partie du patrimoine historique autant que du progrès social. Ce silence serait-il du à la présence de plusieurs porte-paroles du MEDEF dans les colloques ad hoc qui ont eu lieu récemment ? Comble de paradoxe, il n’est pas exclu que ce soit une région dotée de plus de pouvoirs, mais si peu en lien avec les préoccupations sociales, qui jette le « Bubbala » par-dessus bord.

Heureusement que la CGT régionale a l’œil ouvert et défend le morceau.

Daniel MURINGER

 

 

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Le vote allemand…

Les élections allemandes ont somme tout donné un résultat relativement conforme à tout ce qui se passe en Europe : recul de la droite conservatrice, affaiblissement inexorable de la social démocratie, stabilisation de la gauche transformatrice et progression importante de l’extrême-droite…Evidemment quant cela se passe en Allemagne, tout le monde voit renaître des démons anciens. Et pourtant, nous ne revivons pas une renaissance du nazisme (même si quelques nostalgiques sont toujours tapis dans l’ombre… comme en France, Italie, USA…) mais un phénomène politique liée à une crise de la démocratie représentative et d’une économie qui laisse des millions de citoyens sur le carreau.

Que l’Allemagne présentée riche et prospère soit à son tour concernée par la montée de l’extrême-droite n’est que le reflet des profondes inégalités sociales fruits d’une action gouvernementale initiée par le SPD et ses lois Hartz IV et poursuivie par Mme Merkel avec ses différentes coalitions au pouvoir. En rejetant catégoriquement l’affirmation péremptoire et stupide que  les 13% d’électeurs de l’AfD seraient des nazis (alors que nos 30% d’électeurs lepénistes auraient des représentants autrement plus nombreux à l’Assemblée nationale qu’au Bundestag si on avait la proportionnelle en France), L’Alterpresse préfère examiner de près le vote allemand.

Le vote en Baden-Württemberg

Globalement, à l’échelle fédérale (tableau en tête), les deux partis de la coalition au pouvoir perdent respectivement 8,6% pour la CDU-CSU et 5,2% pour le SPD. Les grands gagnants sont avant tout l’AFD, avec une progression de 7,9% pour atteindre 12,6% du corps électoral. La FDP est l’autre vainqueur, avec une hausse de 5,9%  pour un résultat global de 10,7%. Die Linke et les Verts stagnent avec une légère progression.

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Situation à tendance identique dans le Baden-Württemberg  où la CDU avait recueilli 45,7% en 2013, elle s’effondre de plus de 11 points pour terminer à 34,8% tout en restant (et de loin) le premier parti chez nos voisins badois. Suit le SPD avec un recul de 4,2 points à 16,4%. Les autres progressent soit légèrement comme Die Linke (de 1,3% à 6,4 contre 9,2 à l’échelle fédérale), les Verts (+2,5 pour 13,5% au final bien plus haut qu’au niveau fédéral et ses 8,9), la FDP avec 6,2% de progression arrivant avec 12,4% au total au niveau de l’AFD qui progresse de 7% pour atteindre les 12,2%.

Il est intéressant de noter que le vote dans la ville de Freiburg-in-Breisgau diffère sensiblement des résultats du Land et du pays : la CDU ne recueille que 28% (-6,9%), les Verts 25,4% (+4,8), le SPD 22,7 (-7,4%), Die Linke en 4e position avec 7,3% (+2,5%), l’AFD n’a « que » 7,2% (+4,7%), la FDP 5,3% (+3,4%). Il semble donc bien qu’il y ait un vote des villes et des champs. Il est vrai que Freiburg, ville écologique, avec un tissu associatif extrêmement dynamique et actif, est dirigée par un maire issue des Verts, Dieter Salomon.

Elle a indubitablement pris une option progressiste essentiellement en matière environnementale. Les habitants ont confirmé ce choix puisque le parti Vert progresse beaucoup plus dans la ville qu’à l’échelle du pays (+4,8% contre 0,5%).

Le vote des salariés… et des syndicalistes

La CDU a obtenu 25% du vote ouvrier mais 41% de la part des retraités, 36% des « indépendants » et 20% des chômeurs. Elle perd de nombreuses voix par rapport à 2013 tout comme le SPD qui récolte 23% chez les ouvriers, 24% chez les retraités, 11% chez les indépendants et 23% de la part des chômeurs.

Il est intéressant de voir la part du vote des salariés pour l’AFD et Die Linke. Nous pouvons voir sur les deux tableaux ci-dessous que Die Linke n’arrive pas à capitaliser le mécontentement dans le salariat et que c’est l’AFD qui en récolte les fruits et ce dans toutes les catégories du salariat. Remarquons le transfert spectaculaire du vote « chômeurs » de Die Linke vers l’AFD.

Die Linke

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L’AFD

afd

Lexique : Arbeiter : ouvrier ; Angestellte : employés ; Selbstständige : indépendants ; Rentner : retraités ; Arbeitslose : chômeurs.

Le DGB publie ses statistiques

La principale centrale syndicale d’Allemagne, le Deutscher Gewerkschaftsbund, publie une intéressante étude sur le vote des syndicalistes.

Sur le plan général, les syndicalistes ont mis le SPD en tête avec 29% des suffrages, la CDU suit avec 24% et l’AFD est avec ses 15% devant Die Linke et ses 12% Les Verts suivent avec 8% de confiance de la part des syndicalistes.

Il est intéressant de voir où se situent les différences entre les votes à l’Ouest et à l’Est. La CDU avec 24% est le premier parti chez les syndicalistes de l’Est (avec le même pourcentage qu’à l’Ouest où c’est le SPD qui arrive en tête avec 31%). Celui-ci ne recueille que 18% chez les syndicalistes de l’Est qui ont voté à 22% pour Die Linke et 22% pour l’AFD. Il y là un vrai schisme entre les deux parties de l’Allemagne puisque Die Linke n’obtient que 11% et l’AFD 14% à l’Ouest. Remarquons également que la même différence existe pour Verts : 9% chez les syndicaliste à l’ouest et seulement 3% à l’est.

Les syndicalistes « femmes » se distinguent des « hommes » en votant moins pour le SPD (25% contre 30% chez les hommes) et plus pour Die Linke (14% contre 11%). Cela est encore plus net pour le vote pour les Verts : 13% chez les syndicalistes femmes, 5% chez les hommes. Quant à l’AFD, nos sœurs femmes se distinguent positivement : elles ne sont que 10% à avoir fait ce choix contre 18% chez les hommes. Plus clairvoyantes les syndicalistes femmes du DGB ?

http://www.magazin-auswege.de/2017/09/so-haben-gewerkschafterinnen-gewaehlt/

On voit bien que les mêmes causes engendrent les mêmes effets : la crise sociale en Allemagne est bien plus profonde qu’on le laisse entendre ici en France. Les manipulations et tripatouillages autour du modèle allemand que les médias aux ordres aiment tellement vanter, ne peuvent cacher la réalité qui s’exprime par les urnes. Alors, évidemment reconnaître que les inégalités sociales en Allemagne font aussi le lit de l’extrême-droite est difficile pour ces médias : il est donc plus simple d’invoquer le retour des vieux démons nazis. Plus simple peut être mais totalement faux.

Cela me rappelle la réflexion d’un syndicaliste allemand : « Nous vous soutenons dans vos manifestations contre la loi Travail car si chez vous aussi le modèle Hartz IV s’impose, nous n’aurons plus beaucoup d’espoirs de nous débarrasser de nos lois antisociales ».

Michel Muller

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Tout numérique ? Tous foutus !

Les gadgets ont toujours existé : la pince à sucre, le découpe-oeuf et tous leurs amis qui ajoutent pendant un temps de la magie avant de finir immanquablement au fond d’un placard à prendre la poussière une fois leur inutilité mise à jour. On refourgue, on offre, on abandonne, bref, le gadget n’a rien d’essentiel à la vie mais il peut fasciné un temps et il y a toujours des personnes pour s’enthousiasmer pour ces « musts » du moment. Parmi ces fans de la nouveauté, on retrouve les membres du conseil départemental.

Et oui ! Les mêmes qui se plaignent que les caisses sont vides, ont pourtant réussi à débloquer assez de fonds pour doter tous les élèves d’établissement pilote en tablette numérique, sans aucun doute le gadget le plus onéreux et le moins utiles de la boîte à outils de l’enseignant. L’ambition était de faire un test mais il n’y a aucun retour à mi-parcours sur les progrès ou les régressions liés à l’utilisation de ces tablettes dans les classes. Plus de 600 tablettes achetées et aucune réflexion sur leur sens ? Bravo pour la gestion du budget. Et après, on vient dire aux personnes en situation de précarité que c’est le RSA qui coûte trop cher…

La nocivité des tablettes dans le milieu scolaire

Mais non seulement les tablettes sont un gadget coûteux et dont l’efficacité n’est pas prouvée mais elle a en plus un impact négatif sur la santé. Les enfants passent en moyenne 15 heures par semaine devant les écrans et cela varie beaucoup qu’on soit dans un milieu aisé ou dans un milieu plus modeste. Les problèmes qui découlent de cette surexposition aux écrans sont nombreux et touchent beaucoup les enfants : baisse de concentration, sédentarisation, addiction et, le plus évident, l’impact sur la vue.

… et dans l’impact écologique!

Du point de vue écologique, c’est aussi une catastrophe ! Les métaux rares utilisés, cobalt, lithium et bien d’autres, voient leur nombre, leur coût et leur production exploser. L’impact environnemental des mines est énorme, entraînant la pollution de régions entières. De plus, on va chercher ces composants dans des pays où les conditions de travail sont souvent digne d’un roman de Zola, exploitation des enfants inclus. Encore une fois, tout cela pour que nos chères têtes blondes puissent « apprendre en s’amusant » et « maîtriser l’outil informatique ». A quoi peut bien servir un cours d’éducation morale et civique si à l’école déjà, on justifie l’exploitation de l’Autre pour satisfaire une lubie dépourvue de sens ?

A grand renfort de « journées de formation » où des professeur-e-s essaient d’enthousiasmer leurs collègues avec des applications « trop cools », qui permettent aux enfants de « vraiment s’amuser », le projet avance sans que le corps enseignant, très engourdi par l’augmentation de son travail, ne réagisse avec une quelconque vigueur. « A cheval donné, on ne regarde pas les dents », dit le proverbe. Et pourtant, il serait bon de réfléchir au projet pédagogique qui se trouve derrière cette distribution de tablettes. Les enfants apprennent-ils mieux ? Aucune étude ne le prouve.

Où est l’efficacité pédagogique?

Certains parents font part de leur scepticisme mais sont vite relégués à la marge. « Le numérique, c’est l’avenir ! » nous dit-on. Mais alors, pourquoi les tablettes et pas les ordinateurs des salles informatiques qui permettent tout de même plus de manipulation ? Si le but, c’est d’instruire les programmeur-se-s dont l’industrie a besoin, quel est le sens de faire un quiz sur sa tablette en cours d’anglais ? A-t-on besoin d’une tablette par élève pour faire un cours ou deux dans l’année sur l’utilisation de l’internet ? Il existe des établissements où tous les cours sont pris sur la tablette, bien que les neurosciences démontrent l’inefficacité d’un tel processus par rapport à la prise de note au crayon.

Avec des locaux en décrépitude, des connexions souvent défaillantes et le manque de personnel, la tablette numérique ressemble avant tout à un gâchis d’argent public et à une faillite de l’institution scolaire qui ne sait plus que faire pour remonter le niveaux des élèves. Quant à la formation des enseignant-e-s, le plan de formation n’a jamais été aussi pauvre que cet année…

Une dernière question se pose sur l’entrée des entreprises privées dans les écoles quand on sait que ces tablettes ont été achetée à de grandes compagnies telles que Apple et que l’ancienne ministre de l’éducation, Mme Vallaud-Belkacem, a signé pour plusieurs millions d’euros l’achat de licences Microsoft (Windows) pour les écoles, laissant l’usage de Linux(libre) aux seuls enseignant-e-s militant-e-s.

La voix des enseignant(e)s

Heureusement, des enseignant-e-s s’insurgent. Certain-e-s agissent officieusement, pour ne pas s’attirer les foudres de la hiérarchie, désireuse de plaire ou non-informée des enjeux liés à l’utilisation des tablettes numériques. D’autres, moins nombreux-ses, s’opposent officiellement au discours hors-sol de l’éducation nationale. En 2015, des personnels de l’éducation signent « l’appel de Beauchastel » pour dénoncer la part grandissante du numérique dans les politiques menées par le ministère mais aussi le manque de réflexion des élu-e-s locaux. Si un mouvement de refus du tout-numérique doit s’organiser en France, ce n’est pas par le gouvernement, trop heureux de compter l’école comme une plateforme d’achat, que cela passera. Non, il faut s’informer et informer autour de soi pour que les parents d’élèves et les enseignant-e-s soucieux-ses refusent de participer à cette mascarade.

Cécile Germain

Deux infos qui n’ont rien à voir avec cet article… quoique…?

  • Mercredi soir, à 19h devant le Tilvist (23 rue de la Moselle) aura lieu la vélorution mensuelle avec comme dress-code la couleur rouge. Nous avons invité la presse car nous avons des revendications concernant les aménagements vélos rue des Bonnes Gens et nous organiserons une action en rapport.
  • Samedi: grande manif contre le GCO à Strasbourg car la ZAD a réussi à stopper les travaux qui devaient commencer mercredi dernier et les militant-e-s attendent la suite des événements. Beaucoup soulèvent que MM. Ries, Hermann et Richert auraient beaucoup à perdre avec l’abandon du projet et c’est pourquoi ils pèsent pour l’avancée des travaux bien que les recours juridiques ne soient pas arrivés à terme.
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CONSIDERATIONS DIVERSES SUR LA NOTION DE PATRIMOINE

Dimanche 17 septembre dernier a été une nouvelle « Journée du Patrimoine », manifestation créée en 1984 et promue européenne depuis 1991.Consacrée d’abord aux monuments historiques, selon l’appellation initiale de son instigateur Jack Lang (« Journée portes ouvertes dans les monuments historiques »), elle en reste marquée par une forte propension à mettre en valeur avant tout les témoignages architecturaux construits par l’aristocratie et l’Eglise catholique, auxquels s’ajoutent les ouvrages militaires.

Châteaux, forts ou de plaisance, manoirs, cathédrales, églises, monastères et cloîtres, ainsi que fortifications édifices religieux sont autant de traces de la suprématie des castes dominantes, selon le dogmeétabli par Adalbéron de Laon au début du XIè siècle, qui scella à jamais, du moins l’espérait-il, la division du corps social en trois ordres, les bellatores, ceux qui combattent, les oratores, ceux qui prient et les laboratores, l’immense majorité, ceux qui triment pour les deux autres et auxquels ils doivent obéissance, division voulue par Dieu : notre Président de la République n’habite pas un palais pour rien (palais toutefois visitable – gratuitement- un jour par an…)

Pour autant toutes ces demeures somptueuses ne sont pas accessibles le jour en question, loin s’en faut : nombre d’entre elles restent la propriété, ou des descendants de l’aristocratie ayant réussi leur reconversion dans le monde nouveau issu de la perte des privilèges féodaux, ou encore, et plus souvent, de la classe qui a supplanté la précédente, à savoir la bourgeoisie : ne pas confondre le patrimoine « public » avec le patrimoine « pas touche », genre celui de feue Liliane de Bettencourt.

Certes, on s’ennuierait ferme dans la France touristique, si nos anciens maîtres féodaux, seigneurs qui guerroyaient et prenaient du bon temps, ou prêtres et moines qui priaient pour le salut de nos âmes dans leurs cathédrales et monastères – tout en y accaparant le grain et le vin, quand ils n’en faisaient pas denrées de spéculation-n’avaient jonché l’hexagone des bâtisses à contempler pour occuper les jours où la pluie et le mauvais temps rendent les plages ou la campagne moins engageant.

Admirer, de temps d’une visite, le fruit du labeur de nos ancêtres

Alors, non sans un droit de passage souvent conséquent, nous pouvons, le temps d’une visite, admirer ce que nos ancêtres roturiers ont construit, forcés et contraints par les corvées, ou financé avec force gabelle, taille, dîme, octroi, sou additionnel. Et nous payons avec humilité et sans broncher à notre tour pour contempler le fruit de leur labeur extorqué sous la menace du sabre et du goupillon, histoire de bien savoir d’où on vient et de nous remettre à notre place : en bas. Qui donc parlait de servitude volontaire ?

Des demeures de nos ancêtres plébéiens, par contre, il ne reste rien, ou si peu. Pas la peine, d’ailleurs elles n’ont pas été bâties pour résister au tempset pour proclamer en toute éternité la gloire et puissance des rois solaires, mais juste pour se mettre à l’abri l’espace d’une brève et chiche vie.

A quoi a pu ressembler l’humble atelier du savetier médiéval et la chaumière du laboureur du temps des jacqueries ? On n’en saura jamais rien.

Au printemps dernier, me trouvant dans la longue file d’attente à l’entrée du Palais des papes à Avignon, dont le flux était en outre péniblement ralenti par les contrôles de sécurité, j’entends devant moi une adolescente se tourner vers sa mère et lui faire cette réflexion : « C’est quand même incroyable ! Nos ancêtres ont payé pour construire cet endroit, et on nous demande en plus de payer pour le visiter ». Il y a de l’espoir, me dis-je, le sens de la critique sociale n’est pas encore entièrement en ruines…

Car c’était très exactement la réflexion ce qui m’était venu à l’esprit quelques années auparavant, en visitant un château (privé) de la Loire (celui de Cheverny, en l’occurrence, domaine privé, qui servit de modèle à Hergé pour son fameux Moulinsart) : la famille laisse visiter le rez-de-chaussée, ce qui lui permet de continuer à habiter le premier étage.

Bien sûr, des bâtiments publics et davantage républicains ont rejoint la liste des lieux ouverts au public lors de la Journée du Patrimoine (universités, grandes écoles, musées), mais il n’en reste pas moins que le gros des manifestations relève du legs de nos seigneurs roturiers et ecclésiastiques.

L’héritage qu’a laissé le peuple dont la sueur et le sang ont cimenté les pierres des monuments historiques est ailleurs : ce sont notamment la foultitude des savoir-faire et des métiers, les outils qu’il laissé pour alléger sa peine.

Les langues du peuple sont aussi en péril!

C’est aussi les langues du peuple, car si le patois francilien, devenu la langue des monarques, a été imposé à tout le royaume ainsi qu’aux provinces conquises et annexées, les idiomes régionaux ont longtemps tenu bon, comme autant de refuges et de résistance à l’oppression.

Aujourd’hui, c’est peu dire qu’il s’agit d’un monument en péril : rien n’a été fait pour les conserver, tout au contraire. Nul Prosper Mérimée * ne fut chargé de voler à leur secours, ni de Stéphane Bern !Le principe de langue unique l’a emporté, instrument du pouvoir, au lieu de se contenter d’être la langue commune au milieu d’une foison de diversités linguistiques aussi enrichissante que la variété des chants d’oiseaux.

C’est pourquoi on ne peut qu’applaudir l’initiative de la Communauté de communes Sud Alsace Largue qui a consacré à ce thème le dimanche 17 septembre dernier, sa version de la Journée du Patrimoine. Bien placée, en outre, puisque le territoire de la « Comcom » englobe non seulement un espace alsacophone mais aussi roman.

La belle initiative des communes Sud Alsace Largue

Se sont succédé ainsi, tout au long de l’après-midi, dans l’agréable  Maison de la Nature d’Altenach, Fabrice CHEVROTON et Daniel BARNABE lisant des poèmes de Georges ZINK et d’Adrien FINCK (deux poètes et universitaires tous deux natifs de Hagenbach), de Ulrich RICHERT, Marcel SCHWOB, HINDER, en alsacien pour ces derniers, et de René PIERRE, en patois roman, « A TàgesÜssflugmìt ‘m Autobus », pièce de Christian HEIDENREICH adaptée par  Vincent  REY et la troupe théâtrale de Hindlingen, le groupe BABUSK, le rédacteur de ces lignes, avec des chansons traditionnelles et des mises en musique de poètes régionanux. On projeta le film d’un journaliste de Stuttgart, « Schmierwurscht et Baguette », qui dresse un tableau attristant de l’état de notre langue régionale, avec toutefois quelques notes d’espoir du côté des initiatives de parents de création d’écoles immersives et bilingues. Un débat animé par Julien STEINHAUSER et Andreas  OTTMAYER, le réalisateur,  a conclu la copieuse journée.

Les élus de Sud Alsace Largue concernés ont eu ce jour-là le grand mérite et l’intelligence d’avoir mis l’accent sur un aspect un peu du patrimoine populaire, en l’occurrence, sa dimension immatérielle, à défaut d’accumulation immobilière.

Daniel MURINGER

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28 septembre : au tour des retraités !

Qui dit que les syndicats français ne peuvent s’entendre ? Le tract (voir illustration) distribué à Mulhouse porte les sigles de (par ordre d’apparition sur la feuille…) la CGT, de la CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de FO et des Retraités de la Fonction publique… Seule manque la CFDT. On se demande bien pourquoi ! Ils donnent rendez-vous à tout(es) les retraités le 28 septembre à 11, place de la Bourse à Mulhouse pour un grand rassemblement de protestation.

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Le pouvoir d’achat en berne !

E. Macron l’a dit : avec 1.200 euros bruts de pensions, on est favorisé ! Et il faut donc  faire payer les heureux bénéficiaires ! Première étape: 1,7% d’augmentation de la CSG que les 0,8% d’augmentation des retraites en septembre ne comblera que très partiellement. Alors, des nantis, les retraités ?

 Depuis les réformes Balladur en 1993, les retraites ont perdu 30% de leur pouvoir d’achat. Depuis avril 2013, elles n’ont plus été revalorisées alors que les prix continuaient de grimper. Résultat : une perte de pouvoir d’achat de 6% en quatre ans !

Le Secours Populaire Français publie annuellement, avec l’institut IPSOS, un baromètre sur la pauvreté. Dans l’édition 2017, il apparaît que 49% des retraités ont connu la précarité ou la redoutent. 31% peinent à payer une mutuelle, 39% renoncent à des actes médicaux mal remboursés.

Le pays des « nantis » n’est visiblement pas là !

Le baromètre révèle également que de plus en plus de retraités sont contraints de reprendre une activité pour compléter leurs revenus souvent dans des emplois  style « petits boulots  pénibles ».

Une autre inquiétude apparaît dans cette enquête SPF-IPSOS porte sur les retraités qui touchent entre 1.200 et 2.000 euros de pension. 68% aident leurs proches, 67% soutiennent des associations et 27% s’occupent d’une personne dépendante ! Devant la dégradation de leur conditions de vie avec les diverses hausses (CSG) mais aussi la baisse des APL, seront-ils en mesure de continuer à assurer ces aides ?

La réforme Macron des pensions

Décidément notre président va laisser son nom coller à des lois de reculs sociaux de grande ampleur ! Si les retraités seront dans la rue le 28 septembre, ce n’est pas uniquement pour protester contre l’augmentation de la CSG.

Un danger bien plus grave pèse sur eux et sur les futures retraités que nous sommes tous ! Le président de la République veut instaurer un nouveau système de retraite. Pour le justifier, M. Macron affirme que « pour un euro cotisé, chaque personne devrait toucher le même montant de pension », et pour y arriver il veut créer le système de comptes « notionnels », c’est-à-dire virtuel.

Le principe du système de comptes notionnels

Ce compte virtuel est alimenté par les cotisations retraites sur les salaires. Au moment du départ en retraite, ce compte détermine un capital, divisé par le nombre d’années d’espérance de vie pour calculer la pension annuelle.

Ce calcul crée une première injustice : pour toucher plus pendant l’ensemble de son temps de retraite, il vaut mieux avoir bénéficié de meilleures conditions de travail et vivre plus longtemps, être cadre plutôt qu’ouvrier (dont l’espérance de vie reste inférieure de 5,5 ans).

Ce système met fin aux solidarités puisque celui ou celle qui ne cotise pas n’alimente pas sa retraite. Il fait disparaître la majoration de durée de cotisations pour le temps de maternité, l’éducation des enfants, le chômage même indemnisé, la précarité et le temps partiel… et la pension de réversion.

Les inégalités accrues

Le calcul de la pension n’est plus effectué sur le dernier salaire ou les meilleures années, en éliminant les plus mauvaises, mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise les précaires, les personnes ayant connu de mauvaises années, du temps partiel imposé… Ce système prolonge et amplifie les inégalités de la vie active.

Le calcul sur toutes les années de la carrière prend en compte les premières années de travail, très souvent inférieures aux suivantes, ce qui tire vers le bas la pension, ce changement de règles de calcul aboutit mathématiquement à une diminution du montant des retraites.

De plus, dans une période où les papy boomers sont encore vivants, le nombre de pensions augmente et l’équilibre financier n’est possible qu’en baissant chaque pension.

Cette baisse incite à reculer l’âge de départ : lorsque le futur retraité encore en emploi verra la faible pension attribuée en cas de départ dans l’année, il repoussera spontanément son départ en retraite.

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et…

Pour mettre en évidence l’indécence qui consiste à présenter les retraités, voire une partie d’entre eux, de « privilégiés », il faut parler des vrais privilèges. Et les calculs de l’OFCD publiés par l’ONG Oxfam sont explicites.

Grâce à la réforme fiscale du gouvernement de M. Macron, les 10% les plus riches vont gagner en moyenne 1.193 euros par an… Et les 10% les plus pauvres vont, eux, perdre 337 euros ! A l’échelle des 1% les plus riches les inégalités apparaissent encore plus importantes : la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) fait gagner 15.000 euros par million possédés. Prenons M. Arnault qui a une fortune de 46,1 milliards d’euros, il pourrait empocher 553,2 millions de cadeaux fiscaux !

Les recettes des impôts sur les sociétés ont baissé de 9 milliards en dix ans… Comme quoi, M. Macron pourrait dire « c’est pas moi qui ai commencé ! ».

Alors, nantis les retraités ? Qu’ils se nantissent d’une bonne paire de grolles pour battre le pavé jeudi 28 septembre… juste pour ne pas s’appauvrir un peu plus.

Michel Muller

 

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MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

Face à la brutalité de l’annonce de la suppression (totale à terme) des emplois aidés et l’émoi que cela a suscité auprès des salariés intéressés ainsi que des associations faisant appel à ce type d’emploi, L’Alterpresse, Old School, les Sheds et l’association Ludo se sont associés pour lancer le manifeste publié ci-dessous, ouvert à la signature de toutes les associations et collectivités locales haut-rhinoises qui souhaitent le soutenir. Il a été envoyé à tous les parlementaires alsaciens assorti d’une demande d’intervention dans le cadre du débat sur le budget pour annuler cette mesure tout aussi inique que la suppression des APL. Tout cela n’aura qu’une seule conséquence: affaiblir le mouvement associatif qui par l’activité inlassable de ses bénévoles avant tout, supplée au carences de l’Etat dans bien des domaines sociaux.

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MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

 

Le gouvernement de M. Macron vient de décider brutalement et unilatéralement la suppression des emplois aidés.

Nous, associations, collectivités locales, assumant des tâches économiques, sociales, culturelles, sportives… que le secteur privé ne prend pas en compte, œuvrons ce faisant pour contribuer au maintien d’une cohésion sociale dans notre pays.

Les manques de moyens récurrents, le gel, puis le recul des subventions, ont déjà affecté négativement nos actions au détriment de la population et singulièrement de sa part la plus fragile.

La suppression des emplois aidés nous prive de moyens au risque de nous obliger à réduire drastiquement, voire à interrompre, nos initiatives et actions, qui relèvent de l’intérêt général et ne sont pas à but lucratif.

Des centaines de milliers d’emplois sont en jeu : des emplois utiles, valorisant les personnes qui les occupent, des emplois qui sont souvent le seul moyen de sortir de la précarité, de la marginalité, de l’exclusion sociale. Sans emplois aidés, la quasi-totalité de ces personnes vont se retrouver au chômage.

Cette décision gouvernementale ne peut se justifier par le besoin de réduire les dépenses publiques. Car, consacrer 24 milliards d’euros d’argent public à un CICE qui ne crée quasiment pas d’emplois, refondre l’Impôt sur la fortune privant l’Etat de 4 milliards de revenus, pèse bien plus lourd que les 3 milliards consacrés aux emplois aidés, utiles socialement tant pour les personnels concernés que pour nos concitoyens.

Les emplois aidés sont une réponse au désengagement de l’Etat dans de nombreux domaines sociaux, culturels, sportifs… Non seulement il ne faut pas les supprimer mais il faudrait au contraire les valoriser, les intégrer dans l’action publique de lutte contre le chômage, afin qu’ils débouchent sur des emplois stables et pérennes.

Le secteur privé n’a créé que 143 000 emplois entre juin 2015 et juin 2016, absorbant tout juste le flux de nouveaux entrants sur le marché du travail, il est donc indispensable de miser sur ces emplois aidés pour sortir deux millions de personnes actuellement totalement exclues de l’emploi et pour empêcher d’autres centaines de milliers d’y tomber.

Nous appelons le gouvernement à revenir sur sa décision et à répondre favorablement à ces centaines de milliers d’associations et de collectivités locales assumant des responsabilités qui relèvent fondamentalement de l’Etat et ses institutions.

Mulhouse, le 21 septembre 2017

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De la misère (des contrats aidés) en milieu non-marchand

Ce texte n’épuise pas la problématique des dérives dont ces contrats de travail sont l’objet. C’est un simple témoignage, lancé à l’adresse de leurs défenseurs, et une invitation à penser hors les réflexes pavloviens de la gauche radicale, à partir d’éléments documentés (alsaciens pour partie), et des sources crédibles. Il s’agit surtout de rappeler, y compris de manière polémique, que le dispositif des contrats aidés constitue une solution douteuse parmi les normes sociales et juridiques de rigueur en matière salariale, singulièrement dans le contexte associatif et institutionnel, où ces contrats pullulent dans un climat d’impunité sans pareil. Et que, partant, il n’y a rien de moins normal que de les favoriser, ou les maintenir pour ce qu’ils sont (on pense notamment au dispositif « CUI-CAE »). Quand bien même s’agirait-il d’invoquer de fallacieux prétextes…

A la récente annonce d’une réduction sensible du budget alloué aux contrats aidés lors du second semestre 2017, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, provoqua l’incompréhension, voire la colère, de nombreuses structures tributaires de cette forme dérogatoire de contrat de travail. Pourtant, ce feu roulant protestataire dissimule quelques omissions qu’il convient de rappeler obligeamment aux oreilles de ces pétitionnaires démunis. En commençant par souligner combien, de longue date, le secteur para-public et associatif use, et abuse, de toute la panoplie offerte par ces dispositions salariales déséquilibrées, et à temps souvent incomplet.

Fort heureusement, nos plaignants disposent d’un kit de plaidoirie prêt à servir, dont voici à peu près la trame: « Ces contrats aidés agissent comme un tremplin vers l’emploi, par les effets conjugués de l’activité professionnelle, de l’accompagnement et de la formation. De fait, ces contrats aidés sont destinés aux plus fragilisé-e-s par le chômage de masse : personnes privées d’emploi sans qualification, jeunes des quartiers, personnes âgées et handicapées».

Face à un ramage un peu trop beau pour ne pas plumer spontanément les bonnes âmes progressistes, il est temps d’examiner ce dont on parle, par-delà les cris d’orfraie misérabilistes.

Aide-toi toi même !

Élément central de la politique de l’emploi, et du traitement social du chômage de masse, l’État, au travers de Pôle-emploi (prescripteur dans 80 % des cas), régale depuis belle lurette les employeurs du secteur non-marchand de ce genre de dispositifs. Plus de 30 ans déjà que les acronymes TUC, CES, CEC, CAE, CUI-CUI et autres noms floraux surgissent au firmament du précariat low-cost ambulant. Et ce n’est pas prêt de changer, tant le recours à ces contrats indirectement subventionnés par l’État constituerait, selon les économistes, une sorte d’amortisseur social de circonstance (effet «contracyclique » dans leur langage), en cas de hausse significative du niveau de chômage. Le sous-emploi aurait donc ses raisons que la déraison admettrait.

Pour preuve, une partie de la presse de « gauche » emboîte alors le pas de nos « sous-employeurs » privés et publics, et s’émeut du coup de canif envisagé par le gouvernement Macron à leur sujet. Et d’évoquer tour à tour le rôle « socialement utile » desdits contrats, le « coup dur pour les associations », l’« effet de lutte à court terme contre le chômage » ou, plus hardi encore : « l’effet sur la liste d’attente des chômeurs ». Le soldat-chômeur, avançant péniblement dans la file d’attente de l’armée de réserve des sans-turbin saura donc se consoler. Car le contrat-aidé viendra à lui aussi sûrement que le nuage de sauterelle viendra ensemencer son avenir.

Pleureuses enfarinées

Le niveau local n’échappe pas plus au concert de protestation de nos employeurs-aidés. Tonnant comme un choeur de l’Armée rouge sous tranquillisant, il aura toutefois titillé les portugaises du journal «L’Alsace », dont le numéro du 29 août 2017 leur ouvre largement le prétoire.

– Du social, du social, et encore du social, voilà notre grand oeuvre ! s’époumonent-ils, avant d’enchaîner avec le lamento des tartuffes. Une vocalise alsacienne pour travailleurs sociaux contrariés.

Mais alors, que sont les estomacs de nos étudiants devenus ? s’enquiert le peuple subalterne. Des contrats-aidés servent en effet le potage au resto-U du « foyer de l’étudiant catholique » de Strasbourg. Son directeur, Étienne Troestler, reconnaît la nécessité de « faire évoluer le dispositif », mais pas « dans la précipitation et sans concertation » s’étrangle-t-il, avant d’avaler son calice de travers. Une association d’étudiants en médecine strasbourgeoise, quant à elle, ne pourra plus « faire tourner sa cafétéria », prévient-on. Elle employait sept contrats-aidés, sans doute en guise de prophylaxie. Qui donc pour aller servir le redbull à ces messieurs-dames les futurs notables ?

A Mulhouse aussi, des soldats du contrat-aidé pointent le bout du mousqueton. Toujours relayé par « L’Alsace », Jean-Luc Wertenschlag, directeur de « Old School »-« Radio MNE », annonce salarier 13 personnes… dont 9 en contrats aidés. « C’est une vocation sociale qui risque de disparaître », prévient-il. Le patron sera-t-il encore audible sans sa cohorte d’aspirants sociaux ? Mystère et bande FM. Quant à l’APA, une association d’aide à la personne, qui fait figure d’institution en Alsace, elle indique employer 43 contrats-aidés. Un record d’emplois aidés… chargés d’aider ! Tandis que l’EPHAD de l’Arc à Mulhouse emploie un animateur… et 19 contrats aidés… chargés de compléter l’animation! Un ratio optimisé de travailleurs très animés.

Traiter le mal par le mal

Par delà les persiflages inspirés par les situations apparemment ubuesques engendrées par l’inflation de ces contrats (même si, tendanciellement, il y a un peu moins de contrats signés que lors des
années 2000), voire les petits arrangements avec la vérité quant aux activités ou missions réellement effectuées par les bénéficiaires, la rigueur et le sérieux des employeurs devraient prévaloir en la circonstance. Chacun sait que derrière ces chiffres, pourcentages ou acronymes, il y a la vie de personnes en désarroi et en graves difficultés économiques. Celles-là même qui, souvent, se persuadent volontiers du bien-fondé de tels dispositifs dont elles disent profiter. « Un contrat aidé, c’est sans doute mieux que rien, cela permet de se sentir utile, de reprendre confiance, c’est une opportunité pour espérer rebondir professionnellement », se promettent-elles.

Pourtant, cette occasion de rebond ne cesse de s’écraser contre le mur du réel, car les faits sont obstinément têtus. Et l’argumentaire de nos employeurs prétendant « faire dans le social », c’est-à-dire agir dans l’intérêt exclusif des personnes en recherche durable d’emploi, ce à quoi est voué en principe le contrat aidé, ne résiste pas longtemps à l’examen.

Des chiffres qui grincent

Les chiffres fournis par la DARES (la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail) dans l’un de ses derniers rapports sur ces contrats sont, à ce titre, extrêmement éclairants.

Il est ici important de distinguer entre les « contrats d’avenir », les contrats de chantiers d’insertion (ACI), des contrats CUI-CAE («contrats d’accompagnement dans l’emploi », les plus massivement
utilisés dans les administrations et les associations). De multiples études (dont celles de la DARES) montrent en effet que l’accompagnement social et l’accès à la formation sont, en règle générale, qualitatifs s’agissant des deux premiers, a contrario de celui que nous examinons particulièrement ici, le CUI-CAE.

Le tableau figurant ci-dessus (source DARES) formalise un aperçu de la situation des personnes en contrat aidé (CUI-CAE) six mois après la cessation de leur activité :

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Ces données documentent essentiellement 2 choses. La première est que 51 % des personnes ayant contracté un CUI-CAE du secteur non-marchand (autrement dit un contrat aidé dans une association, une collectivité locale ou une administration) sont au chômage 6 mois après avoir cessé leur activité sous cette forme. Par ailleurs, il indique que 41 % parmi elles ont renouvelé un contrat de ce type, ou au mieux un CDD. En ne prenant en compte que les CDI et les CDD de plus de six mois, ce taux était respectivement de 26,7% dans le secteur non-marchand et 54,8% dans le secteur marchand, en 2009.

L’analyse de ces premiers éléments permet de conclure assez sûrement que le contrat aidé est un dispositif qui génère à la fois de la précarité (de par sa nature de CDD), mais qu’il constitue, symétriquement, une forme achevée de précarité salariale circulaire, d’où il est extrêmement difficile de s’extirper. Constituant donc une sorte d’enfermement ou de cloisonnement social, presque à l’égal d’un RSA.

Un second tableau nous permet d’étayer ce sentiment:

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Il illustre la situation des personnes à 30 mois de la sortie du dispositif. On y apprend que 23 % des personnes issues de l’un de ces contrats y sont revenues, mais cette fois dans le cadre d’un contrat aidé du secteur marchand (sur lequel il faudrait se pencher dans un tout autre article, mais qui semblerait donner des résultats légèrement supérieurs, cela pour diverses raisons). D’autre part, 31 % des personnes issues d’un contrat aidé travaillent désormais dans le cadre d’un CDI non aidé. Moins d’un tiers des bénéficiaires qui renouent enfin avec un véritable emploi, ce n’est certes pas insignifiant, mais cela demeure modeste.

D’autant que la seconde colonne transcrit 2 chiffres bien plus stupéfiants. Le premier, « -5 », indique que le bénéficiaire d’un contrat aidé à 5 points de chance en moins d’être en « emploi non aidé » que s’il s’était dispensé d’y souscrire, et 8 points de chance en moins d’être en « CDI non aidé » que s’il n’avait jamais accepté de contrat aidé !

Autrement dit, le bénéficiaire d’un emploi aidé subit, outre la précarité et la circularité de sa condition, des situations de discrimination de fait à l’embauche !

Des employeurs désolidarisés !

Mais l’étude la DARES documente également le caractère opportuniste du dispositif aux yeux des employeurs. Dans le secteur-non marchand, celui qui nous intéresse, près de 70 % des bénéficiaires d’un contrat aidé quittent l’institution, ou l’association, aux termes de l’aide financière que percevait l’employeur pour financer le poste de travail. Avec un record, encore un, dans l’Éducation Nationale, avec près de 80 % d’exclus aux termes de l’aide financière !

A contrario, plus de 80 % des bénéficiaires d’un contrat aidé demeurent dans des entreprises du secteur marchand. Ce qui semble illustrer que la fin des incitations financières est compensée par la productivité nouvelle et le développement du chiffre d’affaires dégagé par la présence de ces salariés.

(dé)formation d’État

Au coeur du dispositif des contrats aidés, sont censément actives les « actions de formation », préalable indispensable à toute réinsertion durable dans l’emploi, et dont la mise en pratique est une obligation légale. Pourtant, près de 60 % des contrats ne respectaient pas ce volet de la convention signée entre l’employeur et Pôle-emploi en 2011.

Si tous les employeurs sont responsables de cet état de fait, l’Éducation Nationale, matrice institutionnelle de formation de la jeunesse française, n’est pas même fichue de former ses propres contrats aidés ! Cela tombe à point nommé, car l’État, qui a toujours fermé les yeux sur ces négligences particulièrement coupables, a décidé de concentrer les principaux moyens dévolus au financement des contrats aidés en 2017… vers l’Éducation Nationale !

Qu’en conclure, sinon que l’État, via le gouvernement Macron aujourd’hui, continue de s’asseoir sur ses propres obligations, et de creuser inlassablement le sillon de misère et de précarité salariale
circulaire que nous évoquions plus haut.

Un détournement cynique

Outre le déni de droit à la formation, le second élément à considérer est, de fait, le cynisme bien ordinaire d’une fraction non négligeable des employeurs associatifs ou institutionnels.

En 2011, via l’un de ses communiqués intitulé « Les salariés en contrats aidés : des salariés à part entière », la CGT dénonçait déjà le juteux bénéfice que tirent les structures d’accueil, de ce qu’elles ne sont pas tenues de comptabiliser leurs contrats aidés dans les effectifs de l’entreprise. Moralité : pas d’accession aux oeuvres sociales et aux institutions représentatives du personnel en leur sein, notamment.

A l’occasion d’un différend avec des employeurs privés et publics, le tribunal d’instance de Marseille rappelait alors que : « les travailleurs en contrats aidés doivent être des salariés à part entière ». Cela, alors que les accusations de la CGT se faisaient très précises: « Ils [les contrats aidés] sont censés permettre à des travailleurs en grande difficulté d’insertion sociale de retrouver un emploi pérenne. Or, les études de la Dares montrent un détournement de la finalité de ces contrats : les salariés qui en bénéficient sont de plus en plus qualifiés et de moins en moins chômeurs de longue durée ou bénéficiaires de minima sociaux ».

En effet, selon les derniers chiffres de l’institut, plus de 25 % des bénéficiaires d’un contrat aidé employés par des associations sont diplômés de l’enseignement supérieur. Plus de 58 %, si l’on y ajoute les titulaires du baccalauréat !

Le détournement du dispositif est manifeste, et le mot n’est pas trop fort. Les exemples sont légions, et internet regorge de témoignages à ce sujet. Notamment sur l’excellent site : « Le travail concrètement, on vaut mieux que ça ».

Mais le site internet de Pôle-emploi ne démérite pas moins en la matière. La CGT rappelait d’ailleurs récemment à son sujet que près de 50 % des annonces publiées sur celui-ci étaient illégales, ou bidons ! Aucune vérification n’étant réalisée par l’institution quant à la nature et aux spécifications des postes proposés par les employeurs, on y trouvera aisément toutes sortes d’annonces illustrant l’illégalité patente des employeurs publics ou associatifs à l’égard du dispositif CUI-CAE. Des postes d’enseignants dans des écoles privées du premier degré, ou d’éducateurs de jeunes enfants. Des postes équivalent à ceux de travailleurs sociaux, voire de fonctionnaires…

Tous ces exemples (non exhaustifs !) de professions qualifiées et réglementées, supposent l’obtention de diplômes d’État ou la réussite à des concours de la fonction publique. Ils sont néanmoins proposés impunément… sous la forme de contrats aidés !

Des temps très modernes

Comment peut-on profiter cyniquement de tant de salariés en situation de désarroi économique, a fortiori de l’énergie et de la créativité de la jeunesse universitaire, en leur assurant misère économique et désillusions, au prétexte de l’impératif de continuité d’un projet associatif, quel qu’il soit, ou afin d’assurer l’ordinaire d’une administration en sous-effectif ?

Je fus moi-même l’un de ces rouages que l’on tord à satiété. L’Éducation Nationale, encore elle, m’engagea en tant qu’« assistant de formation » en contrat aidé, chargé de recenser les besoins de formation d’hommes incarcérés. En réalité, dans cette maison d’arrêt, je fis office d’enseignant. J’apprenais le français aux étrangers en attente de jugement, et servais de professeur de langue auprès des détenus. Trop compliqué et trop cher de créer un poste de fonctionnaire, on appuiera donc sur le bouton « contrat aidé ». Facile, et très bon marché. Je n’effectue pas la prestation de travail qui figure dans mon contrat, et on ne me forme évidemment à rien. Et si je souhaite bénéficier des vacances scolaires, ce sera 26 heures de présence par semaine au lieu des 20 heures prévues au contrat. Rémunération : 578 euros nets. Prud’hommes et Cour d’Appel ont heureusement sifflé la fin de la récrée pour le mammouth grimé en baudruche administrative.

Alors que plus de la moitié des candidats tenus de s’engager par défaut dans ces contrats sont bachelier ou issus du supérieur, que la seconde moitié aurait besoin de se voir proposer un parcours de formation structurant et diplômant, que dit le rapport de la DARES sur la qualité du travail opérée par ces salariés ? Si 9 candidats sur 10 déclarent avoir « appris des choses » au cours de leur passage en CUI-CAE, ils sont 77 % a avoir effectué des tâches répétitives tout au long de la journée, 81 % pour l’Éducation Nationale, et 91 % dès lors que l’employeur est issu du secteur sanitaire et social…

Antonomase ta mère !

En vérité, l’essentiel à considérer est que dans notre pays, l’étiquette socio-professionnelle peut-être tout simplement infamante. Nous ne semblons être que ce qu’un statut nous confère, ou ce dont il
nous prive.

Diplômé ou sans formation, de quoi alors le « contrat-aidé », ce nom commun mué depuis en nom propre, est-il le prête-nom ? Du salarié qui n’est porté que par le type juridique avec lequel il se confond ? Et dont la compétence, le savoir-faire ou le métier sont indistincts, malléables ? Du handicapé social, dont on profite au gré des circonstances économiques ? Un polymorphe interchangeable, qui servirait à rafistoler les morceaux de société qui sombrent aussi prestement que le Titanic, et dont il devrait, lui, jouer le marin sauvé des eaux ?

Par-delà l’inertie aveugle de l’administration, qui ne reflète que la lâcheté des gouvernants, ce qui transparaît surtout dans ce débat est le court-termisme dont se rendent coupables certaines structures associatives. Réclamer des fonds, des subventions, créer de l’emploi qualifié et décemment rémunéré, est devenu chose aléatoire, harassante, et presque chimérique, tant cela suppose d’énergie et de temps consacré, dans un contexte de restrictions budgétaires croissantes.

Devant ce labeur inepte, les structures qui emploient ces travailleurs précaires pratiquent de fait l’exploitation par omission, au prétexte que des besoins non pourvus existent. Elles en oublient cependant que se compromettre socialement pour survivre, alors que l’on incarne une forme d’engagement désintéressé, et un modèle de développement alternatif, constitue une négation du projet qu’elles animent. La condition sociale de leur développement ne peut dépendre de l’emploi de sous-employés jetables, mais de la force de leur noyau bénévole, et avant tout de leur rayonnement militant.

L’humilité de cette approche supposerait à tout le moins d’admettre qu’il n’existe aucune organisation qui soit indispensable en soi, dès lors qu’elle délaisse l’idéal et la promesse dont elle est porteuse. Et la nécessité de survivre pour survivre ne justifie rien, sinon que la forme associative est moribonde, et le projet exsangue. La fin ne justifiera jamais l’utilisation d’un volant continu de précaires, a fortiori diplômés et formés !

Capital et jambe de bois

Avec la fin progressive du modèle social « à la française », et le démembrement des solidarités de classe, les dernières décennies ont fait le lit du repli sur soi, des intolérances ethniques et religieuses. Tout cela a été largement documenté et établi par les meilleurs analystes.

Au plus fort de « la crise » dont nous ne sortons jamais que pour y choir, au gré des cycles du capitalisme zombie, ni vraiment mort, ni tout à fait vivant, le modèle marchand de surconsommation continue pourtant à cannibaliser nos imaginaires. Une reptation qui ne connaît plus d’entraves, et menace désormais d’engloutir nos écosystèmes matriciels, après avoir déjà siphonné une part considérable de leurs ressources.

La logique économique capitaliste, fondée sur la rapacité criminelle et la délinquance sociale, doit céder le pas, de gré ou de force, devant la gravité des enjeux qui surviennent. Et parmi les plus impératifs de ces enjeux, figure rien moins que celui de pouvoir survivre à ce siècle. Cela semble être le défi collectif le plus improbable que l’humanité ait eu à affronter depuis son apparition.

Mais outre les fondamentaux de la vie qu’il faudra préserver, ce sont les nouvelles modalités sociales de ce renouveau éventuel qui doivent émerger au plus tôt. Avec la fin possible, par épuisement idéologique et anthropologique, du modèle capitaliste, il s’agira de repenser nos priorités essentielles.

Repenser la place du travail « productif », ainsi que sa finalité. Et surtout valoriser celle de l’activité d’utilité sociale. Où la seule valeur d’usage, que l’on voit poindre aujourd’hui par le truchement de l’économie collaborative, primerait sur toute autre considération marchande ou économique. C’est dans cette optique que le monde associatif trouverait naturellement de quoi irriguer et contribuer positivement à l’émergence d’une société fondée sur la justice et l’utilité commune, et non servir de supplétif hypocrite au capitalisme mercenaire.

Se battre pour faire reconnaître la valeur sociale et économique du bénévolat. Se battre encore pour garantir l’émancipation du citoyen, par le plein épanouissement de ses compétences. Se battre enfin pour que le temps libre devienne une occasion matériellement reconnue de délibérer indéfiniment sur les manières dont il conviendrait d’agir pour rendre la vie plus… vivable !

Au lieu de cela, nous voyons des structures qui gèrent l’ordinaire, comme elles servent la soupe au cadavre auprès de qui elles servent de jambe de bois, et dont elles voudraient réclamer la pitance, afin de prolonger l’enfer social et économique qu’elles appellent monde. Les salariés jetés aux rebuts du fait des décisions gouvernementales quant aux à leurs contrats méritent que l’on se batte pour eux. Ils doivent être réellement « aidés », et valent plus que les larmes de crocodile qu’on leur prodigue ces temps derniers.

Sans évoquer le sort des employeurs publics et institutionnels auprès desquels il n’y a rien à attendre, sinon une (r)évolution de fond en comble, les associations qui gèrent le présent de ces salariés précaires devront décider si elles renoncent ou non à se servir, à travers eux. A défaut de quoi leurs atermoiements ressembleraient plutôt à ceux de geôliers qui verraient s’écrouler avec effroi le mur du monde qu’ils tentent vainement de maintenir à tout prix.

Le mot du Ruffin

Avec une gouaille inimitable et délicieusement provocatrice, François Ruffin, député apparenté « France insoumise », a résumé au mieux le psychodrame des hérauts versatiles du contrat aidé après, il est vrai, avoir préalablement traité le gouvernement de « minable »: « Le gouvernement a, sur ce dossier, commis une nouvelle maladresse. Il va reculer. Il va se rendre compte que, au fond, ces contrats aidés répondent plutôt à son idéologie : ils sont payés à un prix plancher, font baisser les chiffres du chômage, rendent les travailleurs dociles, et tout ça, pour un coût dérisoire. »

Merci à toi, patron !

Fernando TEIVES

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LES ANTI LINKY 68 CHEZ LE PREFET

Malgré un ciel peu engageant, plus de deux cents personnes (trois cents, selon la presse) se sont rassemblés devant la préfecture à Colmar samedi 9 septembre dernier. Beaucoup de têtes grises, ce qui ne nous change pas des manifestations à caractère social.
Objet du rassemblement : obtenir la suspension de l’installation des compteurs Linky, ou, pour le moins, la possibilité de choisir d’en être équipé ou pas.

Ont contribué à la mobilisation une vingtaine de collectifs opposés aux compteurs communicants qui se sont constitués dans le département, en lien ou non avec les décisions des municipalités concernées de faire valoir leur droit en la matière, puisqu’elles sont propriétaires des compteurs, même si elles ont délégué leur compétence au syndicat départemental d’électricité du Haut-Rhin. Plusieurs maires arborant leurs écharpes participaient d’ailleurs au rassemblement. Le Préfet ne daigne pas pour autant recevoir une délégation et c’est son secrétaire général qui prendra note des doléances exprimées par les manifestants.

Les griefs sont de trois natures : la préoccupation principale concerne les ondes potentiellement nuisibles pour la santé, mais le captage à fin de communication commerciale à Big Data de données personnelles inquiète également. Enfin, les exemples de plus en plus nombreux de pressions exercées tant sur les communes que sur les particuliers pour imposer l’installation du compteur « intelligent » exaspèrent et inquiètent, tout en posant de sérieuses questions sur l’état de notre démocratie, puisque l’Etat est de fait partie prenante de l’opération.

Parmi les manifestants, quelques agents EDF qui, tout en confirmant les risques sanitaires et la marchandisation des données collectées, contestaient en outre la priorité donnée par l’entreprise à ces installations, alors qu’il leur apparaît bien plus urgent de pourvoir au remplacement de nombreux transformateurs et de lignes enterrées en état d’obsolescence.

compteur

Si le rayonnement des compteurs Linky suscite des inquiétudes, celui des centralisateurs collecteurs et émetteurs des données recueillies et regroupées (autant que de transformateurs dans la commune) est bien plus impressionnant : les habitants vivant à leur proximité auraient du souci à se faire.

A l’heure où 50% des compteurs en question sont déjà installés, comment poursuivre et amplifier la bataille ? Ira-t-ellejusqu’à l’exigence de leur démantèlement postérieur, comme cela a été le cas notamment au Canada ?

Dans l’immédiat, selon Claude Litschky, initiateur du collectif anti-Linky d’Hochstatt, il importe de fédérer les collectifs existants, d’en susciter la création dans les communes qui en sont dépourvus, et de mettre en place une plateforme d’alerte pour permettre le signalement des problèmes consécutifs à la mise en marche des compteurs ainsi qu’aux méthodes utilisées par les installateurs sous-traitants pour les installer de force.

Le rédacteur de ces lignes est, à cet égard, confronté à une situation insolite : alors qu’il a fait part de son refus du compteur « espion » en bonne et due forme, on lui a annoncé le prochain relevé annuel de son compteur par une société externe à Enedis (Solutions 30) dont l’activité consiste plutôt dans l’installation des Linky : qu’a réellement l’intention de faire son agent à la date fixée ? L’avenir nous le dira et nous saurons être sur nos gardes…

DM

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Les délires de M. Meyer

L’Alsace n’est pas la Catalogne, cela se saurait. Mais ces deux régions ont quelque chose en commun même si cela diffère sur la forme: si les Catalans veulent leur indépendance, une bonne majorité des Alsaciens souhaiterait retrouver des pouvoirs de décision en sortant de ce machin sans queue ni tête qu’est la région Grand Est.
Ce n’est pas pour assurer la promotion du Kougelhopf ou du grand Hamster du Ried, non, c’est tout simplement pour une raison démocratique : plus on éloigne les centres de décisions des citoyens, plus ces derniers ont l’impression de compter pour du beurre.
Il faut se rappeler que lors de l’annonce de cette réforme territoriale, la quasi-totalité des femmes et hommes politiques étaient contre l’intégration de l’Alsace dans le Machin. Ils ont même organisé des manifestations impressionnantes à Strasbourg : près 20.000 manifestants il y a trois ans, presque jour pour jour le 11 octobre 2014.
Philippe Richert y a prononcé un discours vibrant répondant aux attentes des Alsaciens, jurant qu’il s’opposera à la fusion des régions. Puis l’instinct grégaire repris vite le dessus : il vira casaque contre la promesse du poste de président du Machin ; Jean Rottner, oui notre Jean Rottner, pavanait lui aussi, sur l’estrade, écharpe tricolore au vent, fiers des 55.000 signataires de la pétition s’opposant à la nouvelle région qu’il avait lancée le 24 juillet 2014 : « Une Région allant de la région parisienne au Rhin, c’est inconséquent, incohérent et inefficace », qu’il disait le Jean. Oui, le même qui aujourd’hui, veut de toutes ses forces remplacer le Philippe démissionnaire… car se sentant mal-aimé dans sa région d’origine. Changer aussi vite d’opinion, de position et le clamer sans honte, n’est-ce pas cela qu’on appelle l’inconséquence ?
Mais il y a mieux et l’actuel maire de Colmar les surpasse tous. Gilbert Meyer, 76 ans – c’est une explication pas une excuse – s’exprime dans les DNA avant-hier. Plaçons d’abord le bonhomme : 48 ans de vie politique derrière lui, élu conseiller régional il y a 35 ans et maire de Colmar il y a 22 ans. C’est ce qu’on appelle un homme d’expérience ! Ce qui est, selon moi, la pire des choses pour une personnalité politique : l’expérience ne fait pas l’excellence, elle serait plutôt sclérosante quand elle est invoquée à tout bout de champ…
La carrière de Gilbert Meyer, à part signer une pétition de maire anti-PACS et couper les vivres à une association d’étudiants qui a eu le culot de manifester, sa carrière de parlementaire fut bien terne. Mais il eut un coup d’éclat, ici, dans son département : lors du referendum pour fusionner le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, c’était le 7 avril 2013, Gilbert Meyer fit défection à son camp, l’UMP qui était favorable, en menant une campagne pour le rejet de cette fusion. Et il gagna puisque le Haut-Rhin rejeta le projet à plus de 55% des votants…
En trois années, les Alsaciens dans leur majorité, n’ont pas viré casaque, eux. Ils voudraient toujours un retour à une structure régionale qu’ils pensent plus efficaces pour assurer leur avenir économique, social, culturel… La fusion au forceps n’a pas marché, c’est un constat.
Alors, plutôt que d’écouter ce que disent ses concitoyens, Gilbert Meyer, leur file une magistrale claque. Revenir à une région Alsace ? Vous n’y pensez pas : « le président de la République et le 1er ministre viennent de rappeler que le débat est clos. Alors, pourquoi diviser les Alsaciens en faisant miroiter une perspectives qui est inaccessible », voilà ce que le maire de Colmar déclare. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin : « Les chantres de cette théorie créent un climat qui est celui de la Catalogne » ose-t-il.
Et il poursuit : « C’est réveiller l’autonomisme, destructeur de notre identité alsacienne ». Là on se demande ce qu’il a fumé car ce qui a réduit l’identité alsacienne c’est plutôt un stupide centralisme français d’après-guerre qui a interdit l’usage de notre langue aux Alsaciens… qu’on supplie aujourd’hui de réapprendre l’allemand pour aller travailler en Allemagne et en Suisse.
Et comme il semble qu’il ait fumé du lourd, Gilbert Meyer va jusqu’au bout : « Le Grand Est est notre chance. Mais pour être fort dans le Grand Est, fusionnons les départements pour créer un département Alsace ».
Au-delà du reniement total de ses précédents engagements, le maire de Colmar considère que l’Alsace doit être rabaissée à un simple « département ». Et de commettre l’impair historique vraiment de trop : « Pour la première fois dans son histoire, l’Alsace obtiendrait le statut juridique de « collectivités territoriales » ! Il me semblait que la région Alsace d’avant la fusion avait déjà un tel statut. Et surtout, dans l’histoire moderne, le premier statut juridique de l’Alsace fut obtenu en 1911 avec un Landtag et ses deux chambres élues, avec des pouvoirs d’administration fort étendue, au sein de l’empire allemand.
Eh oui, falsifier l’histoire pour tenter de justifier un revirement politique spectaculaire est bien plus qu’inconséquent : c’est indécent, monsieur le Maire de Colmar.
Michel Muller

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