Un débat sur le revenu universel : une fausse bonne idée ?

L’Alterpresse s’est engagée dans le débat autour de l’idée du Revenu universel de base inconditionnel depuis de longs mois. Elle s’est intégrée dans les collectifs qui réfléchissent autour de cette question  et en font la promotion.

Le fait que le spectre politique de ceux qui préconisent le Revenu universel aille des ultra-libéraux (Milton Friedmann) à une partie de la gauche, suscite des interrogations. Tout le monde parle-t-il de la même chose ? Evidemment non. L’approche d’un Daniel Häini, l’initiateur suisse de la consultation en Helvétie, Roger Winterhalter, Jacques Muller, Laurent Schneider, qui sont tous intervenus dans nos colonnes, ont une approche qu’ils qualifient de progressistes.

La perspective de l’élection présidentielle française relance le débat puisque plusieurs candidats(tes) le préconisent comme une solution à la transformation du travail et à l’augmentation de la pauvreté.

Nous nous sommes fixés comme objectifs d’être le média du Revenu universel en ouvrant le débat largement et en donnant la parole à l’ensemble des personnes qui travaillent sur cette hypothèse.

C’est pourquoi nous organisons,

mardi 31 janvier,

à l’Auberge de la Jeunesse de Mulhouse,

de 19 h à 21 h 30,

un débat dont le principal intervenant sera Denis Durand, économiste, de la revue Economie-Politique

« Le « revenu de base », ou quel que soit son nom, fait partie de ces fausses bonnes idées pour résoudre les vraies questions du chômage et de la précarité. L’idée est simple en apparence: fournir un revenu mensuel à chaque individu, indépendamment de son activité productive et de ses autres revenus, juste parce qu’il existe. Si ses sources idéologiques et théoriques sont multiples, elles reposent toutes sur un socle commun: elles postulent implicitement que l’on peut distribuer un revenu sans se soucier de sa production préalable. Or un revenu ne se distribue que s’il existe! C’est un principe de réalité, avec des conséquences. »

http://www.economie-politique.org/sites/default/files/eco_po_744_745_dossier.pdf

Cet extrait d’un dossier de 24 pages publié par la revue Economie-politique donne le ton : le RU n’est pas une solution pour ces chercheurs en économie et nous estimons que nous devons établir un dialogue entre les tenants et les opposants du Revenu Universel. Un dialogue contradictoire car ce sont les seuls qui font progresser les idées.

Rendez-vous donc, mardi soir, à l’Auberge de la Jeunesse de Mulhouse. 19 h.

MM

Des baffes qui se perdent…

La fameuse gifle que Manuel Valls a encaissé en Bretagne a fait couler beaucoup d’encre. Entendons nous bien, la gifle n’est évidemment pas une méthode, ni pour l’éducation des enfants, ni pour un premier ministre. Malheureusement ce sont plus souvent les enfants qui en sont destinataires plutôt qu’un ancien premier ministre.

Mais d’autres faits, bien plus importants, qui dénote une autre violence grave, se sont passés récemment et n’ont pas conduit à tant de titres ou de commentaires.

Par exemple, la démission de 11 médecins urgentistes sur les 15 de l’hôpital de Dreux. Comme les 13 sur 26 à l’hôpital d’Avignon en octobre dernier.

Cela fait des mois que les praticiens de Dreux avaient alerté leur tutelle sur les mauvaises conditions de travail, sur le manque de moyens, le manque de personnel, le manque de considération, bref, un manque de tout.

Et ils avaient même fait grève durant l’été 2015, pour les mêmes raisons. Ce n’est pas rien, une grève aux urgences d’une ville importante : pourtant, il ne s’est rien passé. Les autorités, la direction de l’hôpital, le ministère lui-même, se sont sûrement dits que les médecins sont sensibles aux souffrances des malades et reviendront dans le rang après avoir étalé leurs états d’âme.

20 h sur un brancard !

Et c’est vrai qu’ils ont repris leur boulot dans des conditions de plus en plus dures : dans le journal régional, L’Echo Républicain, ils s’expliquent : « La semaine dernière nous avons des patients qui ont attendu jusqu’à dix heures, une femme de 97 ans a passé 20 heures sur un brancard, on ne trouve plus de lits en aval, parce qu’ils ont été fermés. »

La directrice de l’hôpital s’étonne, elle ne comprend pas ! Et c’est vrai qu’elle ne comprend rien apparemment à la lecture de sa réaction dans le même quotidien : «  Je ne vois pas ce qui expliquerait ces éventuelles démissions alors que des choses ont été faites aux urgences depuis un an. Je devais d’ailleurs avoir une réunion de négociation sur le temps de travail avec les urgentistes dans quinze jours ».

Mais, chère Madame, les urgentistes ne vous parlent pas de temps de travail, ils vous parlent du temps que passe une dame de 97 ans sur un brancard, ils vous parlent de fermeture de lits en aval, ils vous parlent de la précarité galopante qui pousse les malades à aller plutôt aux urgences que de voir leur généraliste, parce que les urgences, c’est gratuit…

Voyez-vous Madame, du haut de votre fonction et du sale boulot qu’on vous fait faire en exigeant des économies à tour de bras, vous méprisez des femmes et des hommes qui gèrent les souffrances physiques et bien souvent morales.

Vous gérez, Madame, sans que cela semble vous troubler, avec les belles méthodes dignes de l’ultralibéralisme à laquelle votre tutelle s’est convertie.

Et les urgences de Thann ?

Cela me rappelle un autre dossier, ici, dans le département, celui des urgences de Thann. Rappelez-vous, cela date de quelques mois : les urgences de l’hôpital de Thann, dont des médecins avaient démissionné eux-aussi, devaient être fermées durant 6 mois à partir du 7 novembre. Cela avait fait du bruit car élus, syndicats, populations s’étaient fortement opposés à cette fermeture, ils avaient même manifesté pour cela.

On a beaucoup moins parlé de la décision de l’Agence régionale de santé du Grand Est du 19 décembre qui a décidé que la fermeture ne durait pas que 6 mois mais qu’elle était définitive. Toute une vallée n’avait plus droit à un service d’urgence 24 h sur 24. A la place, « un centre de soins non programmés, permettant de prendre en charge en journée les urgences non vitales, devrait voir le jour. » « Devrait », on note le conditionnel.

Comment peut-on dès lors s’étonner que le discours politique n’ait plus aucune crédibilité. Les fausses promesses, le passage en force pour imposer des mesures impopulaires à un pays qui n’en veut pas, la répression contre ceux qui exercent leur droit de grève et de manifestation comme cela fut le cas hier au tribunal correctionnel de Strasbourg qui veut condamner six syndicaliste à de fortes amendes pour avoir manifester.

Alors, il est vrai que la gifle à l’ancien premier ministre n’était pas la bonne manière, mais souffrez que, dans notre France actuelle, il y a quand même des coups de pieds au c… qui se perdent…

MM

 

 

GCO : DES ROUTES QUI NE MÈNENT NULLE PART!

Le projet du « grand contournement ouest de Strasbourg » (GCO), qui remonte dans sa formulation aux années 70, a fait l’objet d’une procédure qui dure depuis quinze ans, a été deux fois enterré et à nouveau exhumé : le voilà qui refait surface avec force depuis fin 2013, à la faveur d’un brusque revirement des élus socialistes de la CUS (Communauté urbaine de Strasbourg) en sa faveur.

L’objectif affiché est de délester l’A35 à hauteur de Strasbourg, embouteillée matin et soir en construisant une autoroute de 24 km dans la grande périphérie de l’agglomération.

Pourtant, en 2005, une expertise indépendante, le « rapport TTK », avait démontré l’inutilité du projet. Malgré cela, l’enquête publique de 2006 formule un avis favorable qui aboutira en janvier 2008 par la signature du décret de la déclaration d’utilité publique.

Les opposants au projet sont nombreux (associations, élus, communes, Alsace Nature, agriculteurs, particuliers, etc.) et sont organisés de longue date au sein d’un collectif « GCO, non merci » http://gcononmerci.org

Un GCO qui n’apporte pas de solutions aux problèmes…

Une opposition qui ne se fonde pas uniquement sur les nombreux dégâts environnementaux induits par le projet, mais qui repose également sur des doutes sérieux quant à la capacité de cet aménagement de remplir la fonction qui lui est assigné. En effet, les mesures d’impact fournies par les études ne donnent que des chiffres plutôt modestes en termes de réduction du trafic obtenu : de 9 à 12 % aux heures de pointe et de 6 à 10% en moyenne journalière. Pas de quoi soulager réellement l’engorgement structurel du tronçon urbain concerné, d’autant que cette relative embellie, comme que le souligne le rapport de la mission ministérielle, pourrait encourager des usagers qui avaient renoncé à la voiture à reprendre le volant, rendant ainsi quasi nul le bilan de l’investissement.

Didier Dieudonné, directeur des Transports et des Déplacements à la région Alsace ne dit tien d’autre (DNA, 17 septembre 2007) :« Il est vrai que du point de vue des liaisons pendulaires vers Strasbourg, le GCO n’apportera pas beaucoup de solutions. Le risque est en fait que la capacité dégagée par cette nouvelle voie ne soit réinvestie par des gens qui se détourneraient des transports collectifs pour retourner vers la voiture. Au bout du compte, l’A35 resterait victime de ses thromboses à répétition et rien ne serait résolu…».

D’épouvantables conséquences écologiques

Les conséquences écologiques seront, elles par contre, bien plus tangibles et … incontournables ! Vingt-deux à vingt-quatre communes concernées par le trajet envisagé de l’autoroute, seront impactées en termes de nuisances sonores et de pollution, verront leurs paysages défigurés, particulièrement Vendenheim, où 10 hectares de la forêt du Grittwald disparaîtraient, au détriment de la biodiversité et d’un lieu de promenade favori pour les habitants de l’agglomération strasbourgeoise.

Plus de 300 hectares de terres agricoles du Kochersberg, parmi les plus fertiles d’Europe, (à l’heure où l’on s’interroge sérieusement sur les conséquences de la diminution des surfaces cultivables avec l’extension des zones bâties) seront requises pour la construction envisagée.

hamster

Les travaux de contournement font peser une menace mortelle sur le grand hamster d’Alsace : le rongeur trouve dans les champs en question son dernier habitat en France déjà bien fragilisé, à la limite occidentale de la zone d’extension de l’espèce en Europe. Une telle préoccupation peut sembler secondaire et prêter certains à sourire, mais l’Europe, elle, ne rigole pas : la France encourt une lourde pénalité pour le non-respect de ses engagements en matière de préservation du mammifère parmi les plus menacés du continent (parfois, l’UE a du bon !)

Au passage, le tracé du contournement abîmera également la perspective du parc du château de Kolbsheim, haut lieu patrimonial et culturel de la région qui sera coupé par un ouvrage autoroutier à plusieurs mètres de haut.

Et si on parlait des alternatives… Car elles existent!

Pourtant, les alternatives à ce projet coûteux existent et le collectif des opposants les énumère à souhait :

– une part non négligeable du trafic en question est constitué de poids lourds en transit qui empruntent l’A 35 suite à la mise en place la « LKW Maut » (péage poids lourds) sur l’autoroute allemande : une éco-taxe similaire ferait rebasculer en bonne part ce lourd contingent automobile – particulièrement polluant – sur l’A5 d’outre-Rhin. Les portiques ad hoc ne sont-ils pas déjà en place ?

–  il y a lieu et moyen d’améliorer les transports en commun et le co-voiturage.

–  il convient également de faciliter les liens entre modes de transport, dont la « mobilité active » (marche, vélo).

Les résurgences et abandons épisodiques du projet ne sont pas sans rappeler, dans notre région, ceux du canal à grand gabarit Rhin-Rhône qui renaissait de ses cendres à intervalles réguliers il y a quelques décennies.

En tous cas, celui du GCO a toute sa place dans la liste des « GPII », les « Grands Projets Inutiles et Imposés » – on a envie d’ajouter « Nuisibles » -, qui, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens, bétonnent et dévastent les paysages sans bénéfice réel pour le public et faisant fi, en outre, du refus des populations concernées.

Les portiques en place: à quand l’éco-taxe pour les poids lourds?

Les bouchons de l’A35 sont dus pour l’essentiel à des déplacements pendulaires, les trajets domicile-travail entre Strasbourg et sa périphérie : un simple coup d’œil sur la carte du projet suffit pour se rendre compte que le contournement ne changera rien, ou bien peu, à cet état de fait. La circulation de transit, éventuellement susceptible d’emprunter le contournement, représente 20% du trafic et le contournement ne soulagerait que faiblement le tronçon urbain  (des estimations officielles parlent de moins de 8%) ; car on peut incidemment s’interroger sur la pertinence de l’instauration d’un péage – l’A35 étant, elle, gratuite – au tarif modulable en fonction de l’horaire : l’itinéraire de contournement coûtera plus cher au moment où l’on en aurait le plus besoin … et sera d’autant dissuasive ! Curieuse logique, et parfaite illustration de la loi du marché, aux antipodes de l’intérêt public.

Les aspects lucratifs du projet qui affleurent ici nous sont confirmés, bien sûr involontairement, par le président de l’ancienne autant que de la nouvelle Région, Philippe Richert, quand il affirme  que « ce chantier promet 1500 emplois pendant trois ans » : argument qui pèse évidemment de tout son poids par les temps de chômage qui courent. Cependant, on pourrait souhaiter plus de pérennité aux emplois qu’il convient urgemment de créer, d’une part, et d’autre part les voir créer dans des domaines bien plus utiles, surtout en regard du coût prévu de l’opération (près de 500 millions d’euros) et ce, sans parler des retombées négatives sur l’environnement et la qualité de vie évoquées précédemment.

La CCI Bas-Rhin, pour sa part, insiste elle aussi sur l’intérêt « économique » du projet … et on s’éloigne ainsi tout doucement de sa finalité initiale, celle de trouver une solution à un grave problème de circulation routière, pour retrouver une constante immanente aux motivations réelles de bien des grands chantiers publics : car qui dit « emplois » dit aussi implicitement « profit » pour les entreprises retenues pour leurs maîtrises d’œuvre.

Pourquoi, dès lors, cette obstination des pouvoirs publics à imposer ce chantier aussi peu convaincant ?

Balayons encore l’argument avancé de la pollution de l’air, car aussi  spécieux que les autres, les pics de celle-ci étant relevés sur toute la région et non uniquement sur la ville : le contournement n’y changerait rien.

Lors d’une réunion publique, le président de l’Eurométropole a concédé que le GCO ne règlera pas le problème de l’engorgement de Strasbourg, mais qu’il était indispensable pour la survie de Strasbourg … Le déclassement de la A35 d’autoroute en boulevard urbain permettra, en vertu du changement de statut, de rapprocher les constructions de la voie. Et l’on sait que la ville est à l’étroit dans ses murs !

Au bout du compte, il semblerait bien que la seule utilité, absolument pas publique celle-là, mais prosaïquement privée, soit dans cette affaire celle qu’y trouvent les actionnaires de Vinci, dont l’honoré légionnaire Bolloré qui, d’un bout à l’autre de la planète, détruit les éco-systèmes et bouleverse les agricultures vivrières. Actionnaires pour qui le sommeil des habitants de Pfulgriesheim ou le sort du hamster d’Alsace, comme celui du campagnol amphibie de Notre-Dame-des-Landes, sont le cadet des soucis.

Daniel MURINGER

Merci à Andrée BUCHMANN pour ses remarques et contributions.

 

Vers la pétition : GCO non merci !

[PETITION] Signez contre le GCO

– Article connexe :

Richert : du culot à revendre, des dettes à fourguer (novembre 2015) où l’on rappelle que la convention de financement du GCO la décision a été approuvée en catimini lors de l’ultime réunion de la commission permanente du conseil régional d’Alsace (voir le dernier paragraphe intitulé :  » Le bouquet final. Chiche Masseret ! Chiche Bachy ! » )

Podcasts des émissions enregistrées à l’occasion des élections régionales  (GCO évoqué par les candidat-e-s interrrogé-e-s par L’Alterpresse68 :

Elections régionales : Interview de Cléo Schweitzer (PS) (Radio MNE, décembre 2015)

Elections régionales : Interview d’Antoine Waechter et Djamila Sonzogni (Radio MNE, nov. 2015)

Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

L’Alterpresse68 a apporté dès le départ sa contribution à l’organisation, dans le Haut-Rhin, de débats autour du « revenu universel ». D’abord en annonçant un forum sur le sujet (voir : Revenu universel… 22 otobre à Kingersheim ) ; puis en participant un peu à son déroulement et surtout en le prolongeant par la diffusion d’une émission « Un autre son de cloche » (Le revenu universel avec D. Häni et J. Muller sur Radio MNE le 27 octobre 2016). Nous publions aujourd’hui une prise de position de Lazare Chatzithomas qui fait suite à celui de Michel Husson publié initialement sur le site suisse de A l’Encontre et repris il y a quelques jours sur le site de L’Alterpresse68 : Le monde merveilleux du revenu universel.

Vos réactions sont les bienvenues et seront publiées! Continuer la lecture de Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

Délit de solidarité : un délit fantôme?

En 2012 Manuel Valls déclarait devant la commission des lois du Sénat: « Notre loi ne saurait punir ceux qui, en toute bonne foi, veulent tendre une main secourable »  et proposait de « mettre fin au délit de solidarité qui permet de poursuivre l’aide désintéressée apportés [par des citoyens ou des associations] à des étrangers en situation irrégulière, sur la même base juridique utilisée pour les filières criminelles d’immigration ».

C’est pourtant ce qui est reproché au militant associatif de la vallée de la Roya, près de Nice, accusé d’avoir aidé des migrants, comme à cet autre poursuivi pour « aide au séjour et à la circulation »  de 3 jeunes Erythréennes blessées et malades et qu’il transportait à l’hôpital à Marseille.

Si  ce dernier, Pierre-Alain MANNONI, vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Nice malgré les 6 mois de prison avec sursis  requis par le Ministère public  (qui vient de faire appel de la relaxe), le premier, Cédric HERROU, attendra le 10 février pour connaître son sort: 8 mois de la même peine demandés par le procureur de la République.

Une centaine de militants associatifs de Mulhouse se souviennent de l’audience du Tribunal correctionnel de Mulhouse il y a quelques années où une personne était poursuivie devant le tribunal correctionnel pour avoir hébergé un membre de sa famille. Le procureur ayant à l’audience reconnu l’absence de base légale des poursuites en ce cas précis le tribunal avait prononcé la relaxe au motif  juridique de l’immunité légale existante compte tenu des liens familiaux entre l’aidant et l’aidé.

Un délit créé par le sarkozyste Eric Besson

Bref,  l’aide aux sans-papiers défraie la chronique judiciaire depuis  Eric Besson, ex-ministre sarkozien  amateur de poursuites pénales pour les auteurs de  ce « délit de solidarité » , passibles de 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, pour  » toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étrangers en France ».

Le quinquennat de François Hollande n’a pas vu la suppression de ce délit de solidarité mais une réécriture par la loi du 31 décembre 2012  et sa dépénalisation dès lors que l’acte reproché « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui – ci » (mais rien sur le transport, même gratuitement donc).

Ceci n’a pas empêché la poursuite  des gardes à vue et des inculpations parfois sur des bases connexes – outrage à agents notamment –   depuis 2014 en particulier,  notamment dans le Calaisis et les Alpes-Maritimes, mais également pour des motifs qui prêteraient à rire si le sujet n’était pas si grave (photographe ayant fait son métier à la frontière italienne, observation/participation à une manifestation de soutien, violence avec arme (son vélo en l’occurrence!),  aide à la recharge d’un  téléphone portable , etc …

Et même si on n’atteint pas – pas encore? –  le niveau des cas italiens de ces pêcheurs ou capitaines de navires  inculpés et condamnés pour avoir repêché des migrants qui se noyaient,  le « délit de solidarité » est  donc utilisé  pour intimider ceux  qui tentent d’aider tous les « sans papiers »  parvenus  dans notre pays, décourager ceux qui auraient l’idée de les aider, éviter tout soutien de la population, organisé ou spontané.

La série des procès ne devrait donc pas diminuer à l’heure où une part importante de la société civile s’engage désormais dans ces actions, où les initiatives  les plus diverses d’aide aux « sans papiers  » se multiplient, où nombre d’élus locaux  s’engagent officiellement ou de fait dans ces voies de la solidarité.

Les défaillances de l’Etat français

Car l’Etat français – même si d’autres Etats européens ont des politiques bien pires –  est largement défaillant  quant au respect de ses propres obligations légales et des conventions, directives et accords européens et internationaux applicables à l’accueil des étrangers non communautaires  (hébergement, assistance médicale, aide alimentaire, assistance administrative…). En plus, il n’entend pas pour autant que la société civile pallie ses défaillances, surtout dans des zones où des moments politiquement « sensibles « .

Or ces hommes et ces femmes de tous âges, de tous bords, et sur tout le territoire, partagent une conviction puissante, basée sur une loi fondamentale de l’humanité, condition de sa survie: la solidarité.

« Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple. « 

Extrait de la déclaration de Pierre-Alain MANNONI https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

Face à eux  un Etat qui fondamentalement refuse cette solidarité pour des raisons électoralistes et entretient ambiguïtés et incohérences juridiques, oubliant au passage toute décence humanitaire pour maintenir un fantasmatique délit de solidarité qui existe sans exister tout en existant…mais est susceptible d’être pénalement sanctionné!

Christian RUBECHI

Noëlle CASANOVA, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Collectif Urgence Welcome

 

 

 

Il y a cinq siècles, Luther…

Cette année qui débute sera, entre autres, celle de la commémoration des 500 ans de la naissance de la Réforme par Martin Lutter en 1517, événement qui a eu une résonance forte dans notre région qui a massivement adhéré à cette nouvelle religion, le protestantisme. Avant de traiter ce séisme qui a touché toute l’Europe, L’Alterpresse s’interroge, par ce billet, sur les réformes de nos jours…

On sait que la Réforme de Luther a engendré des conflits sanglants durant tout le 16e et le début du 17e siècle, qu’on a appelé les « guerres de religion ». Mais était-ce bien des guerres de « religion », terminologie qu’on aime tellement utiliser de ne jours car elle est tellement commode pour ne pas rechercher ou divulguer, d’autres causes de conflits contemporains.

1517 se situe dans une époque d’expansion économique et d’inventions technologiques bouleversant le monde. L’Eglise catholique et la haute noblesse s’accaparent les richesses ainsi créées d’une manière éhontée au détriment essentiellement des villes dans lesquelles s’épanouit la bourgeoisie naissante. La religion est utilisée par les puissants pour expliquer aux pauvres qu’ils n’ont pas de bol, pauvres ils sont, pauvres ils resteront… Dieu l’a voulu ainsi…

La révolte commence à gronder et, au sein même de la religion chrétienne, apparaît une exigence de réforme, un moine catholique, Luther donc,  rédige 95 thèses parmi lesquelles ont peu lire celle-ci, la 28: « Ce qui est certain, c’est qu’aussitôt que l’argent résonne, l’avarice et la rapacité grandissent. »

Car le Pape et les congrégations religieuses avaient l’habitude de vendre des indulgences, en clair, on pouvait effacer ses péchés en payant une somme conséquente au Saint-Siège…

Parallèlement, dans notre espace rhénan, naît l’imprimerie. Sans cette invention, la Réforme de Luther n’aurait sûrement pas eu le succès qu’elle a connu. Car une de ses actions, est la traduction de la bible dans les langues populaires et non plus seulement en latin, langue que 90% de la population ne pratiquaient pas. Grâce à l’imprimerie, les idées de Luther se répandent comme une traînée de poudre en Allemagne et bientôt dans toute l’Europe. Le clergé et la haute noblesse tremblent car  la bourgeoisie naissante et la basse noblesse font de la nouvelle religion une arme pour instaurer d’autres règles dans la société grâce auxquelles les richesses devront être distribuées différemment.

Les pauvres : les oubliés du festin !

Cet affrontement entre deux classes, l’une possédante mais en phase d’affaiblissement, l’autre créatrice de ces richesses et en phase d’expansion, sera à l’origine des affrontements sanglants appelés la plupart du temps, guerre des religions. On voit bien que ce sont plutôt les intérêts économiques et les antagonismes au sein d’une société qui en étaient l’origine.

Et les pauvres là-dedans ? Ils ont aussi voulu se servir, bien évidemment ! De nouveaux courants protestants plus radicaux jugent que le protestantisme établi ne va pas assez loin en oubliant  d’inviter les paysans à la table. Luther, le réformiste, condamne sévèrement leurs recours à la violence et les paysans seront écrasés par les forces coalisées des villes et de la noblesse.

De troublantes analogies…

Cinq siècles après, ne trouvez-vous pas qu’on nous parle beaucoup, ces  derniers, temps de « réformes » ? Si on remplace « papauté » par mondialisation, ou bien religion chrétienne par musulmane, ou bien encore, trafic d’indulgences par optimisation fiscale, ou alors imprimerie par internet, on se retrouve en terrain connu.

Tenez, la répartition des richesses à l’échelle planétaire n’est-elle pas source de tensions ? Les puissances dominatrices qui sont en voie d’affaiblissement et celles qui aspirent à les remplacer, est-ce une simple vue de l’esprit ?

Et la volonté d’instrumentaliser les populations pour justifier les interventions belliqueuses sont-elles de vulgaires élucubrations complotistes ?

Certes, l’histoire ne se répète pas mais le philosophe nous rappelle aussi que celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre

Luther sera célébré cette année et c’est tant mieux ! Mais jetez-vous sur les bouquins parlant de la guerre des paysans entre autres dans notre région : cette réforme là aurait, elle,  certainement changé la face du monde !

Michel Muller

Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Incohérence et panique.

Maintenant qu’il est candidat, M. Valls est contre le 49.3 qu’il a pourtant dégainé deux fois pour imposer la « loi Travail ». S’il était cohérent, l’ex Premier ministre ajouterait à son programme électoral le retrait immédiat de cette loi et se mobiliserait sans tarder pour défendre les syndicalistes et citoyens poursuivis devant des tribunaux pour avoir tenté de s’opposer aux méthodes autoritaires d’un gouvernement organisant une régression sociale majeure. Continuer la lecture de Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Le monde merveilleux du revenu universel

L’Alterpresse68 a apporté dès le départ sa contribution à l’organisation, dans le Haut-Rhin, de débats autour du « revenu universel ». D’abord en annonçant un forum sur le sujet (voir : Revenu universel… 22 otobre à Kingersheim ) ; puis en participant un peu à son déroulement et surtout en le prolongeant par la diffusion d’une émission « Un autre son de cloche » (Le revenu universel avec D. Häni et J. Muller sur Radio MNE le 27 octobre 2016). Continuer la lecture de Le monde merveilleux du revenu universel

La grande réussite des bus Macron!

Rappelez-vous, en juillet 2015, l’alors Ministre de l’Economie de M. Valls imposa, à coup de 49-3, une loi libéralisant le transport national par autocar. Cette loi devait mener à la complémentarité des modes de transports, entre le rail, l’aérien et la route.
Rappelez-vous : ces dernières avaient arrêté le travail le lundi 24 octobre à 16 h 38 pour protester contre les inégalités salariales entre les hommes et les femmes.
Cela devait aussi désenclaver les territoires et, surtout, permettre aux moins fortunés de voyager puisque un trajet Strasbourg – Paris par Flixbus vous coûtera entre 15 ou 30 euros en fonction de la date choisie contre 107 euros en TGV. Evidemment, vous aurez le temps de voir le paysage puisqu’il vous faudra 6 h 20 pour atteindre la capitale là où le train en met un peu moins de 2 h… Mais bon, admettons, si Paris ne vaut plus une messe, elle vaut bien quelques miches endolories…
On nous promettait la création de 22.000 emplois, des entreprises allaient fleurir quasiment dans chaque ville… oubliant juste que la plupart d’entre elles n’ont pas de gare routière…
Il y eut bien quelques voix qui s’élevaient pour s’interroger si c’était vraiment une bonne idée de multiplier les autocars sur des autoroutes déjà pas mal encombrées par les poids-lourds, rien que l’A36 et l’A35, c’est déjà quelque chose, mais si vous prenez l’A1 de Paris vers Lille… l’enfer !
D’autres s’interrogeaient si cela était vraiment opportun en pleine période d’application de la COP 21 dans laquelle la France voulait être l’élément le plus vertueux.
Car pour le bilan carbone, le bus devra repasser ! Quand un TGV émet 13 grammes de CO2 par km, l’autocar en émet 10 fois plus, 130 grammes !
Mais tout cela fut balayé. M. Macron rappelant même que les TER étaient la plupart du temps vides ou peu occupés. Il ne devait pas prendre souvent le Mulhouse – Colmar ou Strasbourg… Mais peu de monde mis cette contradiction entre la politique sur l’environ et celle sur le transport du gouvernement en évidence.
Alors, où en sommes-nous aujourd’hui. Eh bien, il y a bien eu près de 4 millions de passagers, des lignes interurbaines ont été ouvertes, 200 environ…Par contre, nous sommes loin, très loin, des 22.000 emplois puisqu’on en compte tout juste… 1.450 ! Et encore, une des six sociétés d’autocars, Mégabus, est en train de fermer en licenciant 175 salariés.
Evidemment, les prix bas et la concurrence féroce entre les opérateurs conduisent à des problèmes économiques. Pour un des acteurs, Transdev, filiale multinationale de la Caisse de dépôt et de Véolia, aucune ligne n’est véritablement rentable et ses pertes se comptent à une dizaine de millions d’euros par an. Le géant allemand Flixbus, 47% du trafic en France, lui, commencent à supprimer des destinations et dégage des bénéfices grâce à ses 90% du trafic allemand.
Dans ces conditions, pas sûr que les 22.000 emplois se concrétisent un jour. D’autant plus que le taux de remplissage des autocars n’est que de 40%, pas beaucoup mieux que les TER…
Mais c’est la SNCF qui tient le pompon : elle a créé une filiale de bus, Ouibus, pour se faire la concurrence elle-même en quelque sorte. Cela lui a coûté 250 millions d’euros sur la seule année 2015, en renflouant en plus des pertes à hauteur de 50 millions d’euros.
Sa consoeur allemande, la Deutsche Bahn avait imaginé un parcours identique dès 2013 date de libéralisation du marché allemand, mais en mesurant le poids des pertes accumulés, elle a vite jeté le manche.
En un an, la loi Macron a réussi l’exploit de déstructurer massivement tout le secteur du transport. Elle a justifié des fermetures de lignes ferroviaires dans des régions et a ainsi « réenclavé » des territoires. Le transport est devenu une compétence régionale en France et en privant les TER de passagers, le maintien indispensable de certaines lignes deviendra plus onéreux et devra être assumé par les contribuables.

Ainsi, une poignée d’entreprises d’autocar aura le monopole sur les lignes rentables pour lesquels elle pourra, tôt ou tard, imposer des prix de billet comme bon lui semble. Pour les passagers, ne resteront plus alors que les miches endolories…
Michel Muller

Coupable mais pas condamnable…

Et certains continuent de nier que nous connaissons, en France, une justice de classe. Pourtant, quelle meilleure preuve que cette décision de la Cour de Justice de juger Mme Christiane Lagarde, ancienne ministre de l’Economie et des Finances « coupable » et en même temps, la dispenser de peine… Tous ceux qui ont pris des jours de prison pour avoir séjourné dans les halls d’immeubles apprécieront… Y aurait-il une délinquance à cols bleus et une autre à cols blancs ?

Car ce qui est reproché à Mme la ministre et ce pourquoi elle a été reconnu coupable, c’est pourtant autrement plus grave pour les finances de l’Etat et pour la respectabilité de la République. Rappelons les faits bien connus :

Dans l’affaire controversée de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais (qui l’avait repris à Bernard Tapie et dont les résultats financiers étaient catastrophiques),  la cour d’appel condamne, en 2005, le Consortium de réalisation (CDR l’opérateur de la transaction au profit du Crédit Lyonnais)) à payer 135 millions d’euros à Bernard Tapie pour le préjudice que le spécialiste en faillite aurait subi après la vente d’Adidas.

 Celui-ci refuse et Nicolas Sarkozy, arrivé au pouvoir en mai 2007, sera la bonne fée de Bernard Tapie. Rappelons-nous que, dès son arrivée à l’Elysée, le nouveau président veut « ouvrir » son gouvernement à des personnalités prétendument hors de son champ politique. Tapie, ancien ministre de Mitterrand, est, malgré son parcours chaotique tant sur le plan politique qu’économique, une bonne prise. Il devient un « soutien » de M. Sarkozy, car les casseroles qu’il traîne ne lui permettent pas de devenir ministre.

En contrepartie, le gouvernement et M. Tapie se mettent d’accord pour mettre en place un « arbitrage » dans l’affaire Adidas, en quelque sorte la recherche d’un gentlemen-agreement pour trouver une alternative à la décision de la cour d’appel. Grande surprise, même à droite, car le gouvernement n’avait aucun intérêt à utiliser cette procédure rarissime et il avait toutes les chances de gagner en poursuivant la procédure en cour.

Mme Lagarde offre… 300 millions de plus à M. Tapie

Le tribunal arbitral de 3 « juges » (dont un est un proche de Tapie), octroie non plus 135 millions mais 3,5 fois plus, soit 403 millions d’euros, dont 45 millions d’euros à titre de préjudice moral ! Mme Lagarde, étonnamment, accepte, sans broncher, cette décision et l’Etat verse les millions à M. Tapie… Alors qu’elle aurait pu faire un recours tant la différence entre les deux décisions juridiques est grande.

Ce n’est qu’en 2015 que la cour d’appel de Paris, saisie par le CDR, ordonne la rétractation de la décision arbitrale car, selon l’enquête opérée par la Brigade financière, » M. Tapie et son conseil ont produit des attestations qui s’avèrent inexactes, voire mensongères »…

Tapie est donc obligé de reverser les 400 millions qu’il avait touché indûment… La justice s’intéresse aux conditions dans lesquelles ces décisions avaient été prises, des fois que l’ancien président de la République aurait quelque peu piloté la décision que Mme Lagarde avait prise. Et la Cour de justice, tribunal d’exception pour les élus, vient de confirmer que Mme Lagarde est coupable et a été négligente avec les deniers de l’Etat dans cette affaire. Une « négligence » à 400 millions d’euros, c’est une négligence de luxe !

Et encore les juges de la Cour sont allés au-delà des réquisitoires du procureur qui a considéré que Mme Lagarde était blanche comme l’agneau qui vient de naître… Rappelons quand même que ce dit-procureur, M. Marin, était un proche de M. Sarkozy et que sa nomination avait crée un fort émoi dans le milieu judiciaire pourtant pas le plus remuant des services de l’Etat !

Une pétition pour une vraie justice

Ce qui est révoltant dans cette affaire, c’est que spolier (voler !) l’Etat de plus de 400 millions d’euros est considéré comme une vétille quand il s’agit d’une ministre…

Ainsi, pour un vol d’une paire de lunettes de soleil à 5€ sur un présentoir, un quidam a été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme… Certes, il était récidiviste. Et le fait qu’il s’appelle Farid n’a rien à voir évidemment avec cette lourde peine. http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/06/15/1450-six-mois-de-prison-pour-un-vol-de-cinq-euros

Allez dès lors expliquer aux citoyens qu’il faut faire confiance à la justice, que nous vivons dans un état de droit, que la justice est aveugle…

C’est pourquoi, des citoyens se mobilisent pour réclamer un vrai procès dans lequel Mme Lagarde sera jugée non pas en fonction de ce qu’elle est mais bien pour le délit qu’elle a couvert et assumé… Déjà près de 200.000 signatures d’une pétition sont la démonstration que cette justice qu’il faut bien appeler de classe, est insupportable surtout dans un pays qui vit une crise de confiance n’épargnant aucune des structures de l’Etat qu’elle soit politique ou de la grande administration.

Michel Muller

https://www.change.org/p/un-vrai-proc%C3%A8s-pour-christine-lagarde?source_location=discover_feed

 

Un autre son de cloche sur l'info !