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La police manifeste à Mulhouse, notre témoin raconte !

L’Alterpresse68 dévoile ici le témoignage exclusif d’un informateur anonyme, qui a assisté à la manifestation policière du 31 octobre 2016, devant l’hôtel de police de Mulhouse:

« J’ai cru que la berlue me dévorait les mirettes. Et pourtant, ils étaient bien là ! Des pistoleros tiennent le pavé mulhousien. C’est vraiment pas des craques. Alors que je passais à pince me ramener tranquillement la viande dans le torchon, du côté de la rue de la Mertzau, voilà t-y pas qu’ j’ai eu une vision d’enfer. Une tripotée de gars sans galurins, pas même fagotés d’un uniforme, mais la tronche encapuchée, le pif enfoulardé, et nippés en bomber ou en pantalon bidasse ! C’était des cognes ! Et avec leur pétard ! Ça fichait vraiment les foins. D’autant qu’il faisait plus noir que dans le cul d’une nonne. D’aucuns portaient même des brassards de la maison poulaga. J’avais du mal à les comprendre. Moi, j’ai beau avoir un béret et un débardeur en coton, j’éprouve pas le besoin de me la jouer Superdupont ! En passant devant eux, le regard oblique, j’ai cru qu’on allait me voler dans les pattes. Même pas. Z’étaient là : une ribambelle de bleus noircis de mauvaise bile devant l’hostellerie bleue où ils turbinent à l’ordinaire. A attendre quelqu’ chose. Godot peut-être ? Sauf que lui c’était LE shérif de l’absurde.
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Non, il paraît qu’ils revendiquent pour leurs conditions de travail. Faut dire que c’est un taf ingrat qu’ils font. Même si eux aussi ont le lard mal tourné, quand y demandent trois fois des papelards à un reubeu dans la même journée, pour dire. Mais en plus ils réclament le droit de pouvoir faire usage de leur pétoire même quand ils sont pas menacés ! Histoire de ventiler les problèmes ou disperser les attroupements ? Puis y voudraient que les curieux du tribunal soient plus raides qu’ils ne le sont déjà. Je crois pas que les flics fassent de bons juges, ou alors faudrait remplacer la balance de la justice par une kalache ! J’en étais à me remuer la carafe quand ils se sont mis à s’ébranler devant moi. C’était comme des processionnaires nocturnes qui faisaient des haltes. Un peu comme le pape au Colisée quand il festoie la passion du fils du Grand Barbu. Mais eux ont préféré stopper chez les pompiers et la police municipale ! Manquent un peu d’imagination quand même. Ça faisait plus bal des gyrophares karcherisés que marche revendicative. Y paraît qu’ils aiment pas les syndicalistes. C’est con, parce que si y crachent sur leurs représentants, y aura plus que les fachos pour les remplacer ! D’ailleurs, j’ai même rencontré un bleu mulhousien (même que c’est un officier de police judiciaire) qui est pas d’accord avec eux. Il raconte surtout qu’ils font peur avec leurs armes et leurs cagoules à se rassembler la nuit, voire qu’ils sont promenés par des mecs un peu fêlés. Je peux vraiment pas lui donner tort après ce que j’ai vu ».