Archives pour la catégorie Solidaire

Revenu de base : inconditionnel sans état d’âme !

Dans le cadre de nos émission Un autre son de cloche sur Radio MNE 107.5 ou radiomne.com, nous avons pu interroger Daniel Häni qui est l’initiateur principal de la votation qui a eu lieu en juillet 2016 en Suisse sur la mise en place d’un revenu de base. Dans le cadre du débat actuel en France sur la question, la vision de Daniel Häni est intéressante et ses arguments sont pertinents. Ils sont évidemment sujet à débat et nous publions ses propos ici pour contribuer au lancement de cette idée nouvelle d’un revenu payé inconditionnellement à chaque citoyen.

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LETTRE D’ATHÈNES, NOS ALTERLECTEURS INFORMENT (1)

LETTRE D’ATHÈNES

Notre amie Lætitia, que beaucoup d’entre nous connaissent comme bénévole au Planning familial est partie en Grèce effectuer son service volontaire européen au sein de l’ONG SCI Hellas. Elle partage ici avec nous l’expérience qu’elle y vit depuis un mois, l’immersion dans ce pays qui, ainsi qu’elle le souligne, « en résistance contre l’austérité, se mobilise pour l’accueil des réfugiés« . 

Noëlle CASANOVA – Ligue des Droits de l’Homme. Continuer la lecture de LETTRE D’ATHÈNES, NOS ALTERLECTEURS INFORMENT (1)

À Haguenau (et Mulhouse), des manifestants contre la « loi Travail » menacés

En Alsace comme ailleurs, le pouvoir, déstabilisé, utilise l’intimidation pour remettre de l’ « ordre ». Les appareils policiers et judiciaires sont sollicités, voire instrumentalisés. Les sous-fifres locaux et municipaux peuvent aussi être appelés à rendre des services dans cette bataille que mène le pouvoir contre les rebelles à la loi Travail. Continuer la lecture de À Haguenau (et Mulhouse), des manifestants contre la « loi Travail » menacés

Parler pour dénoncer, parler pour aider…

« Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin. Tu ne cours vers la frontière que lorsque toute la ville court également, avec tes voisins qui courent plus vite que toi. » (Warsan Shire, poétesse somalienne).

Une quarantaine de militants associatifs du collectif Urgence Welcome, des citoyens,  ainsi que quelques étudiants réfugiés de Syrie, rassemblés ce vendredi 30 juin devant les marches du Temple Saint Jean, place de la Réunion à Mulhouse, pour renouer avec la tradition des « Cercles de silence[1] » mensuels. Continuer la lecture de Parler pour dénoncer, parler pour aider…

Conseils départementaux alsaciens, la haine en majesté contre les pauvres

Le conseil départemental du Haut-Rhin se pique désormais de vérifier les comptes bancaires des allocataires du RSA. Il est vrai qu’un travail obligatoire, mais néanmoins bénévole, attend déjà nos profiteurs d’aumône. Au Golgotha des miséreux s’ajoutera donc le calvaire des comptabilités sous surveillance. L’aumônier se veut intraitable, et redouble de mépris souverain, alors même que l’indigent est à poil face à lui.

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Défense des Goodyear à Mulhouse

Le meeting organisé par le comité de soutien aux « Goodyear » (CGT 68, NPA, PCF 68, SYKP, LDH, MNCP, ATTAC, ATIK) en présence de Michaël Wamen, âme de la lutte des Goodyear, a rempli la salle du Lerchenberg, ce 21 avril à Mulhouse.

Un «meeting»de plus?

La présence en tribune d’une coordination de lycéens, étudiants, jeunes travailleurs, aux côtés du mouvement des chômeurs et précaires, du syndicat CGT d’une très grande entreprise locale (Peugeot) et d’un parti politique (PCF) laissait prévoir des discours et une approche différente de meetings trop souvent «grand messe».

L’intervention de Michaël Wamen a très vite confirmé qu’«il se passe quelque chose dans les profondeurs de ce pays»:

Il a rappelé les peines de plusieurs mois de prison ferme prononcées le 12 janvier contre des ouvriers «coupables» d’avoir défendu l’existence de leur entreprise, grande première depuis des dizaines d’année en France, mais aussi l’annulation des sept plans sociaux précédents de l’entreprise suite aux mobilisations des «Goodyear», à des interventions politiques et administratives, aux contentieux juridiques gagnés.

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Il a répété que la suppression d’un site industriel important dans une région où les licenciés ne retrouveraient pas d’emplois était un sinistre social et humain, comme tant de régions et tellement de secteurs d’activités le vivent et l’ont vécu.

Et pointé que le montant des fortunes personnelles de 13 des participants au dernier forum de Davos excède la somme des P.I.B (produit intérieur brut) de plus de cent pays réunis, que cette inégalité inimaginable ne peut qu’être insupportable pour des milliards d’humains à qui est dénié le droit à vivre décemment….

Que les sociétés de reconversion industrielle, de conseil économique, d’expertise financière et de reclassement, mobilisées par les directions d’entreprise dans ces cas de suppressions massives d’emplois n’obtiennent souvent que des résultats dérisoires dans le reclassement de ceux qui perdent leur emploi…

Que le rôle dévolu aux responsables de sites industriels est désormais confiné à la gestion disciplinaire des salariés, sous autorité directe et exigeante d’un pouvoir financier mal localisé et arbitraire.

Il a dénoncé les pressions psychologiques systématiques sur les salariés pour qu’ils acceptent la suppression de leur outil de travail, les conséquences pour leur équilibre personnel, celui de leur famille, voire les risques psychologiques majeurs encourus et les vagues de suicides enregistrés dans ces contextes.

Mais au-delà de l’indignation l’orateur a livré ses analyses des enjeux:

Pour lui ce n’est pas l’impact économique de la fermeture de ce site sur les résultats d’un groupe mondial qui explique l’acharnement patronal.

Il fallait d’abord et avant tout que Goodyear fasse cesser l’humiliation, la ridiculisation de cette multinationale et donc demain d’autres.

Il fallait faire un exemple et démontrer l’inutilité d’une résistance des salariés trop efficace, incompatible avec les règles du jeu mondialisé d’un libéralisme total.

Mickaël Wamen, 37 fois mis à pied, 5 fois mis en examen – dont une fois pour «vol d’une enveloppe»-, mis en garde à vue, condamné par un tribunal correctionnel, qui a vu la section de recherche criminelle d’Amiens débarquer à son domicile en présence de sa famille, a fait le lien avec des éléments factuels du dossier Goodyear pour démontrer l’organisation de provocations, avec la complicité d’instances gouvernementales et de médias, au plus haut niveau.

Il fallait bien une violence ouvrière pour justifier la violence patronale, quitte à inventer la première et à la mettre en scène.

Par ailleurs son analyse du projet de loi El Khomry a eu le mérite d’identifier les objectifs prioritaires recherchés par ce gouvernement et un certain patronat: faciliter les licenciements économiques, ne permettre ni retards ni incertitudes, dans un contexte de mécano financier où désormais chaque seconde (milliseconde) peut permettre un mouvement financier, un gain espéré.

Il s’agit bien désormais d’un enjeu majeur pour des sociétés mondiales qui arbitrent leurs intérêts à ce niveau.

Le reste est là comme «bonus», si ça passe, voire comme appât pour des négociations patronat – syndicats.

Au-delà de la casse économique et sociale, de l’oubli de droits de l’homme fondamentaux, en particulier le droit syndical, de la destruction programmée d’un ensemble de lois protectrices du monde du travail, il faut aussi relever l’importance de son message politique:

Michaël Wamen a énuméré nombre de conflits sociaux en cours, sur tout le territoire, dans le secteur public comme dans le privé, les situations vécues de catégories sociales qui représentent des millions de personnes, des chômeurs et précaires aux étudiants, pour dire l’état d’un pays dont les bornes et repères, la structure, même s’affaissent, l’état d’un pays «qui va crever tout entier».

Il a parlé de« guerre totale» entre «ceux qui broient et ceux qui ne veulent pas être broyés».

Mais il a insisté sur l’importance de «remporter des victoires», de «gagner» et d’abord «pour marquer les esprits».

Il a appelé à l’unité la plus large, sans considération aucune de chapelles ou d’organisations, à la convergence et à la synergie des luttes sans esprit de boutique.

Un mode d’emploi a été proposé: un calendrier et quelques journées de mobilisations totales «tous ensemble», à l’initiative des syndicats principalement – pas ceux qui signent des «accords de merde» a – t – il précisé à de multiples reprises – dans la rue, par la grève en particulier, pour créer un impact médiatique fort, pour expliquer, convaincre, entraîner.

Et de citer évidemment le mouvement «Nuits debout» qui commence de s’organiser aussi à Mulhouse et dans la région, parmi d’autres modes de convergence des luttes et d’expressions démocratique à inventer.

Et les «tous ensemble» ont été repris avec enthousiasme par la salle, debout.

Il a évoqué «un tournant politique, quelque chose de nouveau», le besoin d’une «expression politique a construire sur ces mobilisations» dans le contexte d’un état d’urgence qui n’en finit pas de durer et d’être reconduit sous couvert de lutte «antiterroriste»; il a dénoncé l’illusion d’un Front national «qui n’a jamais eu l’intention de défendre le monde du travail » et «l’enfumage» des primaires.

Il a dit son implication totale dans ce combat, ses rencontres avec les lycéens, les étudiants, les salariés, les retraités, ses déplacements en Espagne – où 8 salariés ont été condamnés à 67 ans de prison cumulés pour leurs actes de résistance (empêcher un avion de décoller).

Il a répété sa détermination totale et sa volonté «d’aller jusqu’au bout».

Nombreux ont été les participants à vouloir le remercier lorsqu’il a quitté la tribune.

Ce n’était pas un meeting de plus!

Christian Rubechi

 

 

 

 

 

Régime local: pétition à signer et site à découvrir

Le régime local d’assurance maladie est en danger.

Un site internet est consacré au sujet et vous permettra d’en connaitre les enjeux, spécificités et toute l’actualité.

Par ailleurs, une pétition en ligne est disponible ici.

La brochure-argumentaire au format PDF est également disponible ci-dessous:

SAUVEGARDER LE REGIME LOCAL D’ASSURANCE MALADIE

Straumann a choisi la finance contre l’humain. Pas (encore) l’inverse…

Comme la plupart des élus, Le Président du Conseil Départemental du Haut-Rhin a choisi de gaver la finance, quitte à s’en prendre aux plus démunis. Il l’a fait d’une manière indigne en exigeant une activité bénévole des allocataires du RSA.

En lui adressant une lettre ouverte, le CP68 montre qu’Eric Straumann pourrait faire immédiatement un autre choix, en mettant en œuvre, au moins partiellement, une autre répartition des richesses (c’est déjà tenté à Cadix, en Espagne). De quoi libérer les imaginations et mobiliser les énergies pour s’engager sur une autre voie où les plus pauvres cesseraient d’être ponctionnés au profit des plus riches. Continuer la lecture de Straumann a choisi la finance contre l’humain. Pas (encore) l’inverse…

Une pétition contre le RSA version Straumann

Une pétition contre la décision d’Eric Straumann, président du Conseil départemental du Haut-Rhin, de conditionner des heures de bénévolat au bénéfice du RSA vient d’être mise en ligne, à l’initiative notamment du Mouvement des chômeurs et précaires (MNCP) de Mulhouse.

Elle reprend pour l’essentiel les arguments exposés en opposition à la mesure, par nombre de responsables associatifs et citoyens du département, ainsi que ceux recensés dans les articles que nous avons publié à ce sujet ici ou , sans compter le billet d’humeur « De la culture cinéphilique en milieu départemental », publié dans la colonne de droite de la page d’accueil de l’Alterpresse.

La pétition est ici.

L’autogestion, une bien meilleure solution que le « bénévolat obligatoire » !

M. Straumann, le président du Conseil Départemental du Haut-Rhin, veut obliger les bénéficiaires du RSA à donner 7 heures de bénévolat par semaine à des associations. Non pas pour les stigmatiser, assure-t-il, mais « pour leur remettre le pied à l’étrier». Derrière la provocation et le « coup de pub » démagogique (que l’on s’abstiendra de commenter plus longuement), une vraie question : comment une personne au chômage peut-elle créer son activité, en étant correctement rémunérée ? La réponse : grâce à l’autogestion.

Le principe de l’autogestion est d’éviter de vendre sa force de travail à un tiers, souvent une entreprise capitaliste qui exploite les salariés pour le bénéfice de ses actionnaires. Il s’agit plutôt de créer, avec d’autres, une activité économique dont chacun puisse tirer un revenu décent.

Chacun et chacune peut devenir créateur de richesses ou fournir des services utiles aux autres. Pour ce faire, il faut sortir de l’isolement et s’organiser. Faire le point sur ses points forts et ses compétences, sur ses envies aussi, s’associer à d’autres personnes pour offrir des biens et services fiables.

L’autogestion repose sur un principe de responsabilité individuelle, si souvent revendiqué par la droite, mais aussi sur la liberté et la solidarité. C’est dans la discussion entre les individus, les « producteurs librement associés », que se détermine la marche de l’entreprise commune. Ce système Continuer la lecture de L’autogestion, une bien meilleure solution que le « bénévolat obligatoire » !