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Etats généraux des migrations…Vite!

Quelques 500 tracts distribués rapidement devant la gare de Mulhouse ce 18 décembre, journée mondiale des migrants. 

 Symbolique, oui…mais pas que….

 Les milliers d’enfants, de femmes et d’hommes accablés.e.s par les violences, les dangers de mort sur les routes de l’exil, ne laissent plus indifférents une opinion publique recrue  de mensonges, de phantasmes, de calculs électoraux de politiciens minables, de désinformation.

 Le mépris des droits humains, la criminalisation des bénévoles, les financements de camps de tri en Libye, l’abandon de milliers de mineurs totalement isolés aux hasards et dangers de la rue, interrogent de plus en plus une opinion publique qui évolue rapidement sur ces sujets, qui comprend la réalité des drames et l’indigence des politiques publiques proposées – en France notamment.

 500 associations et collectifs nationaux voulaient d’abord affirmer ce 18 décembre que ces politiques de chasse au migrant, de violation des droits humains élémentaires ne sont pas conduites en notre nom.

 La France de l’accueil s’est mise en mouvement par ses mobilisations de citoyens solidaires et responsables, eux…

Les dispositifs les plus répressifs

 Mais ce gouvernement, celui de Monsieur Macron, prépare un projet de loi qui durcit encore les conditions d’accueil des migrants; il invente des dispositifs qu’aucun gouvernement n’avait encore osé imaginer (éloignement vers des pays de transit, refoulement pur et simple à la frontière franco – italienne, dispositif de renvoi massif de sans – papiers mais aussi de demandeurs d’asile, contrôles policiers jusque dans les centres d’hébergement sociaux ou d’abri d’urgence, redéfinition de la notion de pays sûrs, réinvention des centres d’assignation à résidence à proximité des aéroports, mobilisation de dispositions  issues du dispositif anti – terroriste pour se dispenser du contrôle judiciaire tels les contrôles au faciès, les zones de contrôles frontaliers élargies…).

 Outre que nombre de ces dispositions sont en contradiction avec des dispositions légales nationales et européennes, avec nombre de conventions internationales signées par la France, elles sont présentées par le locataire de l’Elysée comme un dispositif rationnel, équilibré humain… »efficace » en somme.

 En fait il s’agit désormais de sous – traiter la demande d’asile, ses garanties légales nationales et européennes,  ses principes fondateurs même, à des pays tiers (Turquie comme référence et Tunisie, Maroc, Algérie, Niger, Mali sans doute demain).

Le distinguo entre « demandeurs d’asile » et « migrants économiques » cher à Emmanuel Macron ne cache même plus la réalité de politique de renvoi systématique des uns comme des autres.

Le mur législatif : une terrible régression

Carine Fouteau, dans un article repris par « Mediapart » évoque à juste titre le « mur législatif » construit par le Ministre de l’Intérieur.

Le Défenseur des droits observe par ailleurs que le dispositif de renvoi touche particulièrement les étrangers malades et cite l’éloignement de personnes dont les pathologies ne peuvent pas être traitées dans leur pays d’origine; il souligne « la régression particulièrement terrible et une atteinte au droit fondamental le plus essentiel, le droit à la vie ».

Plus d’un an après la destruction de la jungle de Calais, des experts de l’O.N.U viennent de rappeler à la France la nécessité d’octroyer de l’eau potable aux migrants, de cesser la maltraitance organisée à leur encontre.

La question est désormais de savoir jusqu’où ira ce Président pour, « en même temps » expulser, interdire, oublier nombre d’engagements internationaux de la France, imposer aux pays d’origine récalcitrants, notamment africains, des réadmissions de leurs nationaux, par ce qu’il faut bien nommer un chantage aux aides financières publiques au développement et « en même temps » cacher la réalité de sa politique qui semble désormais ébranler quelques certitudes dans les rangs même de sa majorité.

En Alsace comme ailleurs le  processus national de rencontres, débats, mobilisations est désormais  lancé, avec l’ensemble des personnes impliquées aux côtés des migrant.e.s pour élaborer des propositions, une politique alternative au niveau national comme au niveau européen, les Etats généraux des migrations.

 Il faut le rejoindre…

 C.R

 

La pauvreté sous contrôle ?

La France, comme beaucoup d’autres pays européens, connaît ce phénomène qui s’aggrave d’année en année. Selon le Secours Catholique,  près de 9 millions de personnes, dont 3 millions d’enfants, vivent dans la pauvreté en France.  « Nous constatons, ajoute-t-il, une précarisation croissante des familles, des femmes et des enfants, ainsi que des personnes d’origine étrangère, avec davantage de personnes sans ressources, en logement très précaire ».

La Fondation de l’Abbé Pierre quant à elle, rappelle que  « la France compte 2,3 millions de personnes vivant avec moins de 672 euros par mois et 1,9 million de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France. »

Le Secours populaire indique qu’en 2017, plus d’un tiers des Français (37 %) a déjà vécu une situation de pauvreté. Plus d’un Français sur cinq ne parvient pas à équilibrer son budget à la fin du mois. 23 % des Français rencontrent des difficultés à faire trois repas par jour. »

Parmi les sept pôles de plus de 100 000 habitants de la région, la ville de Mulhouse se détache nettement avec trois habitants sur dix vivants sous le seuil de pauvreté selon les chiffres de l’INSEE.

L’action admirable des associations

Elles sont près des milliers en France. A Mulhouse, plusieurs dizaines d’associations, avec des centaines de bénévoles, viennent au secours des plus démunis, dans de multiples domaines. Car la pauvreté se décline sous tous les angles de la vie sociale : emploi évidemment (et la précarité engendre à présent des travailleurs pauvres), logement, accès à la santé, à la culture… Et bien évidemment alimentaire.

Un grand nombre d’entre elles développent une activité d’éducation populaire pour socialiser des femmes, des hommes, des enfants, qui se sentent exclues de notre société. Dans de nombreux cas, ces personnes ne demandent même plus les aides auxquelles elles ont droit, elles ne vont plus voter, elles ne peuvent participer à des activités culturelles, associatives, sportives. La marginalisation est en route.

Par leur incessante activité, les bénévoles de ces associations viennent en appui aux services sociaux et bien souvent assument leurs tâches. L’extension des besoins et le manque de moyens humains des services sociaux rejaillissent sur leurs activités et font douter bien de personnes démunies de l’efficacité de l’Etat pour combattre la pauvreté.

L’exemple de l’aide alimentaire

Nous l’avons dit : les associations s’investissent dans toute la chaîne de la pauvreté. Mais nous souhaiterions relever ici le cas particulier de l’aide alimentaire. Celle-ci est très organisée en Europe et en France. Comme le montre le tableau ci-dessous, l’aide alimentaire est sous contrôle. A priori, il n’est pas scandaleux qu’une distribution d’aliments à cette échelle nécessite un suivi et des contrôles.

Le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) participe à la réduction de la pauvreté et vise, à terme, à l’éradication des formes les plus graves de pauvreté dans l’Union. En France, tout le système d’aide est placé sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture et des Préfets de Région.

La France bénéficie, pour la période 2014-2020 de 500 millions d’euros de crédits européens auxquels s’ajoutent 88 millions de crédits nationaux et a choisi que ces crédits soient uniquement consacrés à l’achat de denrées alimentaires.

Les denrées alimentaires acquises par les divers circuits (voir schéma) sont mises à disposition des plus démunis à titre gracieux par l’intermédiaire d’associations caritatives désignées par le Gouvernement. Actuellement quatre associations participent au PEAD : la Fédération française des banques alimentaires, les Restaurants du Cœur, le Secours populaire français et la Croix-Rouge française.

Ainsi, les 79 Banques alimentaires et leurs 23 antennes ont distribué 106 000 tonnes de denrées à 5400 associations et organismes sociaux. Environ 2 millions de personnes ont pu bénéficier de cet accompagnement alimentaire représentant l’équivalent de 210 millions de repas. Les ressources globales de la Fédération des banques alimentaires est de 31.821.000 € en 2016. Donc tout l’alimentaire distribué par des associations doit transiter par la Banque alimentaire. En outre, des « Epiceries solidaires » proposent aux plus démunis des aliments variés comme dans une vraie boutique. Les personnes viennent y faire leurs courses elles-mêmes, moyennant une participation financière à hauteur de 10 à 20% du prix habituel,

La colère des associations 

Ce système apparemment rodé est pourtant gangrené par une organisation très (trop ?) encadrée, des contrôles tatillons et de certaines règlementations proprement scandaleuses.

Les associations distribuant de l’aide alimentaire sont soumises à des impératifs qui pèsent de plus en plus lourds. Elles doivent d’abord obtenir un agrément préfectoral et justifier d’une activité d’au moins trois ans. Elles doivent établir chaque jour une liste des personnes aidées, leur adresse, leur état-civil. Cette liste est adressée au Ministère et au Préfet de Région : dans ces lieux, seront vérifiés si ces personnes ne se sont pas servies ailleurs, auprès d’une autre association.  A combien peut-on estimer le coût de ces contrôles quotidiens ?

Chaque personne aidée ne peut l’être que durant trois mois. Au-delà de cette date, il est interdit à l’association de redonner de l’aide alimentaire.

Mais pour en bénéficier, la personne concernée doit posséder une justification dressée par une Assistance sociale dûment mandatée.

Si on peut comprendre qu’un contrôle soit établi pour éviter des abus, les bénévoles se sentent de plus en plus démunis : comment expliquer à telle famille en détresse alimentaire, qu’on ne peut rien lui donner car elle n’est pas administrativement en règle ? Ces bénévoles mus essentiellement par leur volonté d’aider, de soutenir, ne se sentent pas à l’aise dans ces tâches administratives dont toutes ne sont pas compréhensibles.

Interdiction de distribuer aux migrants déboutés !

Ainsi, dans la politique des migrants du gouvernement, ceux qui sont déboutés de leur droit d’asile, ne peuvent recevoir une aide alimentaire ! Car pour le Ministère de l’Intérieur, ces personnes, expulsables, ne devraient plus être sur le territoire français… et n’auraient donc aucun droit.

Or, selon la Cour des comptes, 97% des migrants déboutés restent en France… ce qui conduit M. Collomb a trépigné en exigeant plus d’expulsions… peut importe ce qui va advenir de ces personnes.

Pour les bénévoles des associations, c’est un crève-cœur de refuser à une famille qui vient demander une aide alimentaire, de la lui accorder sous prétexte qu’elle ne devrait pas être là… Etre débouté du droit d’asile, supprime-t-il la faim ? Là, nous quittons le domaine du contrôle de l’aide pour passer dans celui de l’inhumanité et la répression la plus ignoble.

Car si une association contrevient à ces règlements, elle doit rembourser la valeur de l’aide alimentaire accordée… et cela revient à condamner le bénévole qui, devant la détresse, a estimé qu’on ne pouvait pas priver ne famille d’un besoin de base : celui de s’alimenter.

L’Etat ou l’Europe n’ont pas à s’octroyer le droit de séparer le bon grain de l’ivraie.

Le libre arbitre de la distribution alimentaire doit être laissé aux associations. C’est un devoir humanitaire et d’humanité des associations, qu’aucune administration ne peut déranger.

Un militant d’ATD Quart Monde le dit avec ses mots : « La liberté des associations, c’est comme la liberté de la presse. On n’a pas à être sous la coupe d’un gouvernement politique ou d’intérêts privés. Sans cela, nous perdons tout sens, tout intérêt et toute crédibilité. L’association se doit d’être un lieu un espace neutre. »

Quelles sont les motivations ?

Cette situation envenime les relations entre les acteurs de la lutte contre la pauvreté… alors qu’ils sont tous au service de la même cause.

Des associations comme Bouge ta Galère et de nombreuses autres, ne se limitent d’ailleurs pas à l’aide alimentaire. Leur activité est souvent plus centrée sur l’éducation populaire.

Devant une règlementation de plus en plus régressive, les bénévoles ont souvent l’impression de faire partie d’un réseau de contrôle des individus. Comme s’il fallait mettre la pauvreté sous contrôle et dissuader une grande partie des personnes de faire appel à l’aide. Ou des les orienter plutôt vers les Epiceries solidaires qui se consacrent exclusivement à l’aide alimentaire… ce qui est certes essentiel mais pas suffisant dans la lutte contre la pauvreté. Les associations, par l’aide alimentaire, peuvent commencer à travailler avec les personnes pour arriver à une réinsertion sociale indispensable pour sortir définitivement de leur état.

A écouter attentivement les bénévoles, on sent pointer un découragement, une lassitude, une incompréhension du rôle qu’on veut leur faire jouer.

Alors de nouvelles idées commencent à pointer. A Mulhouse, Astrid Noel, par exemple, est en train de lancer un « groupement d’achats » auquel peuvent adhérer les personnes démunies ou non-démunies : aucune distinction ou stigmatisation de la pauvreté. Aucun contrôle de la situation des adhérents, pas besoin de passer par un service d’action sociale pour être adhérent. Ce groupement pourra, par la masse de produits qu’il peut acheter, négocier des prix pouvant être extrêmement compétitifs sur des denrées de première nécessité (pas de produits de luxe ou d’épicerie fine). Ce serait une manière d’assurer la solidarité sans passer par un circuit qui devient de plus en plus contrôlé bien au-delà de ce qu’il faudrait pour assurer l’équité de la distribution des aides alimentaires.

En guise de conclusion, la ferme position d’ATD Quart Monde : «  On n’adosse pas aide alimentaire et politique migratoire. Il n’y a pas de bon pauvre et de mauvais pauvre (origine, couleur de peau …). Il n’y a que de bonnes politiques et de mauvaises politiques. ». Fermer le ban !

Michel Muller

La grande pauvreté en France
Nombre
Personnes vivant sous le seuil de pauvreté à 40 % du revenu médian (Insee – 2014) 2 269 000
Personnes sans domicile personnel (Fondation Abbé Pierre – 2017) 896 000
– dont personnes hébergées chez des tiers dans des conditions de logement très difficiles 643 000
– dont personnes sans domicile* 143 000
– dont habitats de fortune (cabane, camping, etc.) 85 000
Personnes en habitat dégradé ou exigu 2 819 000
– dont logements inconfortables 2 090 000
– dont logements surpeuplés 934 000
Personnes bénéficiaires des Banques Alimentaires (Banques Alimentaires – 2015) 1 900 000
Allocataires de minima sociaux (Drees – 2015) 4 149 100
– dont RSA socle 1 945 900

Source Fondation Abbé Pierre

 

Fêtez les fêtes avec la planète !

Le marché de Noël s’est bien installé sur les places des villes et villages d’Alsace. Vin chaud, tartes flambées et mannalas sont au programme, la neige tombe parfois mais de moins en moins à cause du réchauffement climatique… Bref, nous sommes en décembre, le mois de toutes les folies !
Entre le calendrier de l’avent à usage unique, le suremballage, l’orgie de chocolat, les mille et une destinations pour le Nouvel An et l’arbre de Noël, difficile de se sentir ouvert à l’écologie.
Pourtant, c’est la période idéale pour faire les choses différemment !

Privilégiez le 0 déchet

Tout le monde le sait, les emballages, c’est naze.  Mais s’en passer demande quand même un peu d’organisation. Alors avant d’aller faire vos courses, prenez des sachets en tissu ou en papier réutilisables et des petites boîtes en fer ou en carton pour stocker vos achats. Dans les boulangeries et chocolateries du centre-ville, votre démarche sera bien acceptée et parfois même félicitée !

Soutenez les petits commerces locaux

Les grandes enseignes et les magasins standardisés ont pignon sur rue dans le centre-ville. Pourtant, il existe plein de petites boutiques sympas qui non contentes de faire vivre le centre-ville, ont aussi pour qualité de payer leurs impôts en France (#StopEvasionFiscale). En vous garant dans les parkings relais-tram ou en utilisant le train et le vélo, vous pourrez faire du lèche-vitrine sans pester après une place de parking et profiter sans stresser de la magie de Noël.

Pensez avant de dé-pensez !

Les néons et lumières de Noël ont tôt fait de nous aveugler, nous rendant sans doute plus sensibles à la publicité. Réductions, offres exclusives, promos, tout est bon pour nous faire acheter n’importe quoi dans une sorte d’euphorie qui n’est bonne ni pour notre porte-monnaie, ni pour la planète. Profitons-en donc pour éviter les publicités, vous vous rendrez peut-être compte à quel point c’est difficile. Les études le prouvent, les publicités fatiguent le cerveau et encore plus quand elles sont sur des écrans. Pour leur résister, essayez le boycott inversé : toutes les marques vues sont absolument à éviter ! Après tout, le prix de leur produit comprend un budget pub souvent astronomique et comme chacun sait, toute publicité est mensongère.

Conjuguez faste et sobriété

Deux termes qu’on pense antinomiques mais si on y pense, en utilisant des produits sains, locaux et peu carnés, on évite de participer au gaspillage ambiant sans pour autant sacrifier les grandes tablées chaleureuses qui font le plaisir de Noël. Vous n’aurez peut-être pas de dinde à mettre sur la table ou d’avocats dans votre salade mais en découvrant à plusieurs plein de recettes différentes et respectueuses de l’environnement, vous pourrez offrir à vos invité.e.s tout le faste et la richesse d’un grand festin, la bonne conscience en plus !

Idées pratiques :

            *Calendrier de l’Avent : si vous tenez à en acheter un, prenez-le en tissu pour le remplir chaque année de friandises préparées par vos soins ou achetées en 0 déchet.

            *Saint-Nicolas : Faites vos Mannalas maison avec des ami.e.s accompagnés d’une soirée vin chaud sympa ou avec des enfants qui créeront toutes sortes de petites figures fantastiques. Si vous n’avez pas la fibre pâtissière, il vous reste les boulangeries.

            *Cadeaux : Là aussi, on privilégie la simplicité. Ce qui n’empêche pas l’originalité ! En chinant au « Magasin pour Rien » (103, rue Vauban) ou à Emmaüs Cernay, vous pourriez tomber sur des petites merveilles avec une empreinte plus douce pour la planète que les objets décos, chers et de mauvaise qualité des magasins « tendance ». Si vous êtes plus dans l’expérience, le concret, vous pouvez offrir un week-end dans le programme « Accueil paysan » pour un moment authentique à la campagne, des cours à l’UP (ça tombe bien, elle a d’ailleurs sorti son nouveau programme), une carte de bibliothèque, un abonnement légumes à l’AMAP ou encore une carte Presto pour prendre le train moins cher et (re-)découvrir la région toute en douceur.

Pour des cadeaux plus passe-partout et moins onéreux, il reste les bocaux de gâteaux à faire soi-même. Pas la peine de les acheter tout fait : on reste dans le 0 déchet en recyclant et en customisant un vieux bocal et en le remplissant d’ingrédients en vrac de la biocoop. Miam, la bonne recette de bredala ou de cookies avec tous les ingrédients prêts (sauf les œufs et le beurre bien sûr).

*Le réveillon : c’est sans doute dans la cuisine que la démarche écologiste trouvera le plus facilement sa place. Des plats préparés avec amour qui sentent bon Noël, ce sont d’abord des plats avec des produits locaux et bios de préférence. Et pour aller un peu plus loin dans la découverte, on réduit considérablement l’apport en viande car l’élevage industriel, trop souvent présent dans nos assiettes, participe activement au réchauffement climatique. Poêlée de champignons des bois, fondue de poireaux, röstis, salade de mâche aux noix, pommes au beurre, mandarines au four… ce ne sont pas les recettes savoureuses qui manquent, il suffit de se lancer ! Chacun fait son choix mais le foie gras, c’est quand même triste quand il existe tant d’alternatives délicieuses qui ne requièrent pas de rendre un animal malade (stéatose) !

*Le Nouvel An : La SNCF veut vous vendre un tour d’Europe des capitales pour un Nouvel An inoubliable mais entre nous, où qu’on soit, les meilleures fêtes sont celles qu’on fait avec ses ami.e.s. Un chalet dans les Vosges, un appart sur Mulhouse ou le réveillon proposé par l’association du coin dans la salle polyvalente, pas besoin d’aller bien loin pour que ces fêtes de fin d’année se terminent sur une note heureuse ! Et si vous trouvez ça trop morne, à vous de l’épicer avec des costumes, du karaoké, une murder-party, des jeux de sociétés ou des défis à lancer. Le plus, c’est quand même d’utiliser de la vaisselle réutilisable et pas trop de « conneries » qui sitôt utilisées viendront alourdir la poubelle… et votre bilan carbone !

Voilà déjà quelques idées pour se mettre en jambe pour la période des fêtes, n’hésitez pas à partager vous aussi vos idées pour une fin d’année écolo ! Perso, étant allergique aux aiguilles de sapin, je décore mon ficus et ça lui va très bien !

Cécile Germain

Winterreesla… au Secours populaire

L’Alterpresse invite celles et ceux de la région ou de passage à aller  au concert de Géranium, Wìnterreesla Chants de Noël, de Nouvel an et d’Epiphanie d’Alsace, d’Europe  et du monde.

Faut-il encore présenter le groupe Géranium? Oui, car nous n’avons pas trop de formations musicales aussi multiculturelles que celui-ci. Grands spécialistes de la culture de cet espace rhénan, Daniel Muringer et ses amis n’hésite pourtant pas à s’ouvrir à toutes les musiques du monde.

Ce concert de chansons liées à Noël est une bonne occasion de faire un voyage à travers le monde et cela sur plusieurs siècles. Vous les retrouverez:

– samedi 25 novembre à 20 h 30, Husseren-Wesserling, (chapiteau de la compagnie EQUINOTE, derrière chaufferie du Parc), entrée libre, chapeau.

– dimanche 26 novembre à 17 h, Mulhouse (Centre de réadaptation, 57, rue Albert Camus), au profit du Secours populaire français qui s’investit pour soulager la misère de milliers de personnes dans notre ville et département.

Un programme éclectique

Chansons d’Alsace à part égale avec des chansons du 13è siècle florentin, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre, du pays basque, de Provence, de la communauté allemande de la Volga, d’Italie, de Tchéquie,

de Russie, d’Argentine, de Bolivie, des USA,  chansons de création de Victor Schmidt, Emile Storck,  Allain Leprest.

Noëls alsaciens extraits des collectages de Jean-Baptiste Weckerlin, François Wilhelm, Louis. Pinck, Richard Schneider, Scheubel/Ehret et de Géranium.

Le groupe Géranium

Marc DIETERICH : chant, guitare

Gaëlle HORNECKER : chant, hautbois

Daniel MURINGER : violon, duet concertina, mandole, mandoline, dulcimer, chant

Catherine NACHBAUER : chant

Patrick OSOWIECKI : contrebasse, mandoline, mandole, mandoloncelle, chant

Andrzej RYTWINSKI : accordéon, chant

Marie SOBCZYK : chant

10ème AG Les Sheds : riche et prometteuse

L’association Les Sheds à Kingersheim a tenu sa 10ème assemblée générale le vendredi 16 juin 2017 à 18h sur le site de l’ancienne usine textile qu’elle occupe depuis trois ans, en y faisant fonctionner un restaurant et une épicerie avec un marché paysan hebdomadaire. Elle y propose tout plein d’activités. L’Alterpresse68 était présent à cette AG. Continuer la lecture de 10ème AG Les Sheds : riche et prometteuse

Appel aux citoyens pour soutenir le peuple palestinien

Dans le cadre de ses actions « Pas de produits de la colonisation dans nos magasins » L’Association France Palestine Solidarité Alsace (AFPS) organise une nouvelle journée d’action le samedi 25 mars  contre l’importation des produits des colonies israéliennes. Elle lance un appel aux  consommateurs citoyens pour qu’ils signalent dans les magasins les produits étiquetés  faussement « Israël « sans que l’on sache s’ils sont produits en Israël ou dans les Territoires palestiniens illégalement occupés.

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21 mars: la tragédie syrienne en débat

La tragédie syrienne est devenue avec sa prolongation interminable (six ans déjà) un symbole qui reflète l’état de notre monde en transition vers un nouveau qui a du mal à naître.
Dans sa durée insensée, elle a laissé, une quête pour la liberté, s’enchevêtrer avec une répression à outrance et une violence inouïe.

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Osez la solidarité !

AU 68 est l’expression haut-rhinoise du collectif national des Associations  Unies fondé en 2008 à la suite de l’occupation du canal Saint – Martin par les « Enfants de Don Quichotte » réunit 17 fédérations, fondations, collectifs et associations qui militent pour une politique de solidarité et pour l’effectivité du  droit au logement et à l’hébergement.

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Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

L’Alterpresse68 a apporté dès le départ sa contribution à l’organisation, dans le Haut-Rhin, de débats autour du « revenu universel ». D’abord en annonçant un forum sur le sujet (voir : Revenu universel… 22 otobre à Kingersheim ) ; puis en participant un peu à son déroulement et surtout en le prolongeant par la diffusion d’une émission « Un autre son de cloche » (Le revenu universel avec D. Häni et J. Muller sur Radio MNE le 27 octobre 2016). Nous publions aujourd’hui une prise de position de Lazare Chatzithomas qui fait suite à celui de Michel Husson publié initialement sur le site suisse de A l’Encontre et repris il y a quelques jours sur le site de L’Alterpresse68 : Le monde merveilleux du revenu universel.

Vos réactions sont les bienvenues et seront publiées! Continuer la lecture de Le monde merveilleux du revenu universel (suite)

Délit de solidarité : un délit fantôme?

En 2012 Manuel Valls déclarait devant la commission des lois du Sénat: « Notre loi ne saurait punir ceux qui, en toute bonne foi, veulent tendre une main secourable »  et proposait de « mettre fin au délit de solidarité qui permet de poursuivre l’aide désintéressée apportés [par des citoyens ou des associations] à des étrangers en situation irrégulière, sur la même base juridique utilisée pour les filières criminelles d’immigration ».

C’est pourtant ce qui est reproché au militant associatif de la vallée de la Roya, près de Nice, accusé d’avoir aidé des migrants, comme à cet autre poursuivi pour « aide au séjour et à la circulation »  de 3 jeunes Erythréennes blessées et malades et qu’il transportait à l’hôpital à Marseille.

Si  ce dernier, Pierre-Alain MANNONI, vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Nice malgré les 6 mois de prison avec sursis  requis par le Ministère public  (qui vient de faire appel de la relaxe), le premier, Cédric HERROU, attendra le 10 février pour connaître son sort: 8 mois de la même peine demandés par le procureur de la République.

Une centaine de militants associatifs de Mulhouse se souviennent de l’audience du Tribunal correctionnel de Mulhouse il y a quelques années où une personne était poursuivie devant le tribunal correctionnel pour avoir hébergé un membre de sa famille. Le procureur ayant à l’audience reconnu l’absence de base légale des poursuites en ce cas précis le tribunal avait prononcé la relaxe au motif  juridique de l’immunité légale existante compte tenu des liens familiaux entre l’aidant et l’aidé.

Un délit créé par le sarkozyste Eric Besson

Bref,  l’aide aux sans-papiers défraie la chronique judiciaire depuis  Eric Besson, ex-ministre sarkozien  amateur de poursuites pénales pour les auteurs de  ce « délit de solidarité » , passibles de 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, pour  » toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étrangers en France ».

Le quinquennat de François Hollande n’a pas vu la suppression de ce délit de solidarité mais une réécriture par la loi du 31 décembre 2012  et sa dépénalisation dès lors que l’acte reproché « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui – ci » (mais rien sur le transport, même gratuitement donc).

Ceci n’a pas empêché la poursuite  des gardes à vue et des inculpations parfois sur des bases connexes – outrage à agents notamment –   depuis 2014 en particulier,  notamment dans le Calaisis et les Alpes-Maritimes, mais également pour des motifs qui prêteraient à rire si le sujet n’était pas si grave (photographe ayant fait son métier à la frontière italienne, observation/participation à une manifestation de soutien, violence avec arme (son vélo en l’occurrence!),  aide à la recharge d’un  téléphone portable , etc …

Et même si on n’atteint pas – pas encore? –  le niveau des cas italiens de ces pêcheurs ou capitaines de navires  inculpés et condamnés pour avoir repêché des migrants qui se noyaient,  le « délit de solidarité » est  donc utilisé  pour intimider ceux  qui tentent d’aider tous les « sans papiers »  parvenus  dans notre pays, décourager ceux qui auraient l’idée de les aider, éviter tout soutien de la population, organisé ou spontané.

La série des procès ne devrait donc pas diminuer à l’heure où une part importante de la société civile s’engage désormais dans ces actions, où les initiatives  les plus diverses d’aide aux « sans papiers  » se multiplient, où nombre d’élus locaux  s’engagent officiellement ou de fait dans ces voies de la solidarité.

Les défaillances de l’Etat français

Car l’Etat français – même si d’autres Etats européens ont des politiques bien pires –  est largement défaillant  quant au respect de ses propres obligations légales et des conventions, directives et accords européens et internationaux applicables à l’accueil des étrangers non communautaires  (hébergement, assistance médicale, aide alimentaire, assistance administrative…). En plus, il n’entend pas pour autant que la société civile pallie ses défaillances, surtout dans des zones où des moments politiquement « sensibles « .

Or ces hommes et ces femmes de tous âges, de tous bords, et sur tout le territoire, partagent une conviction puissante, basée sur une loi fondamentale de l’humanité, condition de sa survie: la solidarité.

« Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple. « 

Extrait de la déclaration de Pierre-Alain MANNONI https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

Face à eux  un Etat qui fondamentalement refuse cette solidarité pour des raisons électoralistes et entretient ambiguïtés et incohérences juridiques, oubliant au passage toute décence humanitaire pour maintenir un fantasmatique délit de solidarité qui existe sans exister tout en existant…mais est susceptible d’être pénalement sanctionné!

Christian RUBECHI

Noëlle CASANOVA, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Collectif Urgence Welcome