Archives pour la catégorie Politique

Dossier Sordi : le député laisse béton ?! Nous pas !

Le député-maire avait organisé il y a un an dans sa bonne ville de Cernay un fantastique meeting autour d’un certain Fillon François, de longue date candidat obstiné aux élections présidentielles, et donc aux primaires de la droite. En comparaison, le meeting de Juppé organisé en juin 2016 à Mulhouse sur le même thème, paraissait léger.

Les ambiances respectives de ces deux raouts préfiguraient sans doute – contrairement à ce qu’indiquaient les sondages de l’époque – le triomphe de François Fillon aux primaires. Son soutien de la première heure dans le Haut-Rhin, Michel Sordi, était aux anges : son propre triomphe devait suivre quelques mois plus tard… Et puis…. Et puis… Et puis… Continuer la lecture de Dossier Sordi : le député laisse béton ?! Nous pas !

Dossier Sordi : les 7 questions posées au député

Transparence

Après avoir sollicité vainement M. Sordi pour qu’il réagisse à nos questions, nous avons décidé de publier, ce mercredi 22 mars au soir, ces « 7 questions » que nous avons annoncées dans l’article : Dossier Sordi : on l’approfondit !.

Cet article est le début d’une enquête basée sur des données et des faits qu’il faut bien énumérer et préciser. Continuer la lecture de Dossier Sordi : les 7 questions posées au député

Dossier Sordi : on l’approfondit !

Le député-maire de Cernay, Michel Sordi, a répondu début février au journal « L’Alsace » qui l’a interrogé sur son activité professionnelle au sein de multinationales du béton. Les réponses de l’élu ont été vagues et incomplètes. Elles n’éclairent guère les déclarations qu’il a faites à la « Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique » (HATVP), en application d’une nouvelle procédure, mise en place après l’affaire Cahuzac. L’Alterpresse68 se mobilise pour que ses lectrices et lecteurs puissent en savoir plus sur ce dossier. Continuer la lecture de Dossier Sordi : on l’approfondit !

Strasbourg à l’heure du CETA

Il était arrivé la veille de Köln/Cologne en camping-car pour la manifestation à Strasbourg où le Parlement européen se prononçait ce 15 février sur ce qu’on nomme parfois le Tafta 2.

Dans le tram venant de l’Elsau, son badge « Ceta nein » indiquait clairement la raison de sa présence. Continuer la lecture de Strasbourg à l’heure du CETA

Revenu universel (R.U) : du mythe aux « communs » ?

Si le mythe est bien une « construction imaginaire à vocation explicative de pratiques sociales en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion » (Wikipedia), alors le revenu de base « d’existence » ou « universel » en est un.

L’exposé suivi d’un débat de Denis Durand économiste à la revue Economie et politique qui s’est déroulé à l’instigation de l’Alterpresse 68 à l’auberge de jeunesse de Mulhouse ce 31 janvier a  contribué à enrichir la réflexion sur un sujet devenu un « marqueur » important des projets des candidats en ces temps de campagnes politiques.

Revenu de base, Revenu universel garanti, de quoi s’agit – il ? Quelques rappels préalables

Revenu universel et donc versé à tous sans conditions, revenu individuel ou conditionné par des situations familiales comme le prévoient les minima sociaux actuels, revenu inconditionnel ou lié à des contreparties exigées par l’autorité publique, autant de visions du R.U.

Vieille utopie versions Thomas More au 16° siècle ou Thomas Paine, révolutionnaire franco – américain du 18ème, version Martin Luther King ou version Milton Friedman économiste ultra – libéral, version André Gorz, philosophe progressiste… autant d’approches parmi bien d’autres du R.U.

C’est évidemment la profondeur des bouleversements économiques et sociaux actuels, la remise en question rapide de notre modèle social, l’explosion des inégalités et les inquiétudes de ceux qui ne sont pas – plus – « inclus » dans notre société, les évolutions technologiques majeures, les craintes sur la nature et le volume global de l’emploi disponible dans nos sociétés, l’absence de visibilité à moyen, voire à court terme, qui expliquent l’ampleur des réflexions actuelles autour du R.U.

R.U : avantages, risques, questions

Le revenu universel serait un moyen pour notre société de s’adapter à une situation économique et sociale globale où seule une fraction de la population  en âge de travailler produirait des richesses au sein d’une économie monétarisée, dans le cadre d’un emploi  rémunéré.

Mais les gains de productivité, le numérique, la robotisation, sont loin d’être unanimement admis comme facteurs de suppressions massives d’emplois; nombre d’études et de prévisions sur le sujet s’avèrent contradictoires.

De même la vision de la « machine » Moloch détruisant des emplois renvoie-t-elle aux grandes peurs des périodes d’industrialisation et de bouleversements techniques; les « luddites » du 19e siècle, par exemple, étaient des « briseurs de machines » causes supposées de destructions d’emplois…

Autre idée force : le travail humain serait seul générateur de richesses « monétarisables » au-delà des intrans nécessaires pour produire biens et services; les heures de loisirs, le travail bénévole sous toutes ses formes ne seraient donc pas productives de « valeur » et un revenu servi pour favoriser leur développement fleure encore l’hérésie, comme et le « droit à la paresse » évoqué par le gendre de Kart Marx.

La création d’un R.U permettrait à l’Etat de simplifier, voire d’abolir, ses tâches de contrôles et d’assistances sociales, la stigmatisation des pauvres et des exclus du travail serait moindre, mais quid de l’impact d’un tel revenu garanti sur les valeurs d’une société du  » travail »  ?

Autres questions: un  R.U facteur de pression positive sur la qualité et la rémunération des emplois proposés par l’économie monétarisée à des individus moins enclins à accepter « n’importe quoi » ou facteur de baisse des salaires pour cause de R.U garanti?

Un positionnement moins « low cost » dans la division internationale du travail pour le/les pays concernés ou un risques de délocalisations d’emplois accrue dans une division du travail et des chaînes de valeur internationalisées ?

La lancinante question du financement:

Un revenu garanti à 500 euros mois – quasiment le RSA actuel pour un adulte isolé sans enfant –  ou de 1000 euros mois – chiffre souvent cité comme « convenable » –  généreraient des besoins de financement égaux à 18% du PIB ou à 36% alors que les minima sociaux en vigueur représentent environ 1,1% du PIB (selon des calculs à valeur plus que relative toutefois; s’agit – il de sommes versées imposables ?pour quelle durée de montée en puissance du dispositif ?avec quelles substitutions à tout ou partie des  aides/allocations existantes ? Et quid des allocation chômages, des retraites ?

Versement du R.U avec ou sans réduction drastique d’autres formes de dépenses publiques ? Quelles évolutions induites pour la protection sociale?

On aura compris que le coût du le revenu de base, et pour en rester à l’essentiel des 28 millions de Français  qui perçoivent très peu de prestions sociales  et qui occupent un emploi rémunéré, est une variable extrêmement capricieuse…

Entre la mise à disposition d’un montant individuel garanti à chaque individu et l’obligation pour chacun de gérer seul ses situations de vie, santé, éducation, transport, logement… et le filet social d’une société du « care » revisitée le fossé pourrait s’avérer  quasi infranchissable et le concept prendre des signification très différentes, voire totalement contradictoires.

denis

La réflexion et les propositions de Denis Durand

Denis Durand avait choisi en introduction du débat de présenter un point du vue critique sur une version du concept de RU, « vraie fausse bonne idée » et d’insister sur la nécessaire primauté du projet politique sous tendant  le R.U, de souligner la vision d’un RU situé dans une société où « s’indigner ne suffit pas et qui doit se structurer autour d’une vision de justice sociale ».

Son insistance sur la dimension de sécurisation globale tout au long de la vie professionnelle,  des parcours construits tout au long de la vie, comme sur une vision de « syndicalisme » global.

Et son insistance sur la question du nécessaire contrôle des entreprises, de leurs emplois et de leurs investissements, en particulier par leurs instances élues comme les comités d’entreprise renforce cette approche.

Poser la question du pouvoir  économique, de la capacité de décision – celui de bloquer des licenciements économiques, celui d’imposer des financements bancaires pour des entreprises en évolution – sont pour lui les vraies garanties d’une sécurisation des vies et des parcours personnels.

La question de la formation tout au long de la vie « au cas où », sans oublier le volet « réduction du temps de travail »  comme deuxième partie du dyptique de l’approche proposée sont complétées par des propositions sur la rémunération des chômeurs contre un travail socialement utile.

Quand au financement, les pistes de réponse exposées privilégieraient la lutte contre l’évasion fiscale, les paradis fiscaux, la récupération d’un part des dividendes du CAC 40, la résistance aux contraintes générées par l’Union européenne.

Les deux formes de revenu universel qu’il faut absolument éviter, selon le conférencier sont :

  • S’il est destiné à chaque citoyen, ce serait de le financer en supprimant toutes les prestations et couvertures sociales existantes, déshabillant donc Pierre pour habiller Paul…
  • S’il est adapté aux seules possibilités financières disponibles dans le budget de l’Etat, il serait distribué à des catégories bien particulière (jeunes, bas-salaires, privés d’emplois…) et perdrait donc son caractère « universel ».

Les questions posées par une salle largement acquise à ces analyses  ont encore élargi le champ des interrogations  et des craintes:

Risques de « détricotage » du Code du Travail par des entreprises dégagées grâce au R.U de leurs responsabilités sociales, risques de régression massive du salariat et des conditions de défense collective des salariés par l’action syndicale et menaces sur l’organisation même de la protection sociale basée sur l’entreprise, minoration de l’impératif politique et sociétal de lutte contre le chômage, risques liés à des organisations économiques privilégiant l’individuel sur le collectif, des auto-entrepreneurs « ubérisés » aux allocataires/bénéficiaires du R.U …

….mais aussi impact positif du R.U souligné par des intervenants : aide aux capacités inventives de bénéficiaires ainsi « sécurisés », aide aux micro-projets qui peuvent représenter des potentiels économiques réels, prise en compte de la dignité des personnes libérées de contrôles administratifs qui les stigmatisent, facilitation de projets associatifs, d’économie collaborative, d’économie distributive – souvent à dimension locale.

De quoi le Revenu universel garanti est il donc le nom ?

D’une démarche pour la prise de pouvoir dans l’entreprise d’autres groupes/classes sociales que celles que représenteraient les « actionnaires » dans  une version actualisée des réflexions autogestionnaires des années 70 ?

D’un outil ambitieux de répartition plus juste des richesses ?

D’un outil pour la prise en compte significative des pauvres, des exclus, des précaires ou d’exclusion à peu (ou beaucoup?) de frais ?

D’une réponse à l’évolution d’une organisation économique globale devenue désormais inéluctable avec trop de demandeurs d’emplois chassant après trop peu de postes de travail ?

D’une aide à la libération d’énergies, notamment entrepreneuriales ?

D’un facteur de collaborations locales, au plus près des bassins de vie?

D’un levier de transformation sociétale sociale majeure, d’une orientation politique adaptée au nom de valeurs redéfinies, loin du productivisme ou d’un alibi pour un productivisme libéral ?

Les réponses dépendront d’intérêts de groupes sociaux, de leurs valeurs plus ou moins partagées pour « faire société », de la capacité de notre modèle à gérer ses tensions, ses contradictions, de plus en plus marquées.

C’est en  ce sens que le Revenu universel répond très exactement à la définition du « mythe » précitée.

Mais peut-on espérer qu’il devienne aussi facteur clé d’un nouvel universalisme qui redéfinirait le concept de droits de l’Homme? Qu’il apporterait une nouvelle dimension philosophique intégrant toutes les dimensions de l’engagement politique dans notre société qui doute et où montent des colères ?

En somme le revenu universel participerait-il du concept de « communs »*, des services publics aux facteurs environnementaux, aux conditions du débat démocratique, à l’égalité des chances, aux réponses sociétales et politiques basées sur des valeurs communes dont les premières restent  la solidarité et le respect des biens communs ?

Christian Rubechi

*Voir la Revue Hommes & Libertés de la Ligue des Droits de l’Homme – Décembre 2016

Des baffes qui se perdent…

La fameuse gifle que Manuel Valls a encaissé en Bretagne a fait couler beaucoup d’encre. Entendons nous bien, la gifle n’est évidemment pas une méthode, ni pour l’éducation des enfants, ni pour un premier ministre. Malheureusement ce sont plus souvent les enfants qui en sont destinataires plutôt qu’un ancien premier ministre.

Mais d’autres faits, bien plus importants, qui dénote une autre violence grave, se sont passés récemment et n’ont pas conduit à tant de titres ou de commentaires.

Par exemple, la démission de 11 médecins urgentistes sur les 15 de l’hôpital de Dreux. Comme les 13 sur 26 à l’hôpital d’Avignon en octobre dernier.

Cela fait des mois que les praticiens de Dreux avaient alerté leur tutelle sur les mauvaises conditions de travail, sur le manque de moyens, le manque de personnel, le manque de considération, bref, un manque de tout.

Et ils avaient même fait grève durant l’été 2015, pour les mêmes raisons. Ce n’est pas rien, une grève aux urgences d’une ville importante : pourtant, il ne s’est rien passé. Les autorités, la direction de l’hôpital, le ministère lui-même, se sont sûrement dits que les médecins sont sensibles aux souffrances des malades et reviendront dans le rang après avoir étalé leurs états d’âme.

20 h sur un brancard !

Et c’est vrai qu’ils ont repris leur boulot dans des conditions de plus en plus dures : dans le journal régional, L’Echo Républicain, ils s’expliquent : « La semaine dernière nous avons des patients qui ont attendu jusqu’à dix heures, une femme de 97 ans a passé 20 heures sur un brancard, on ne trouve plus de lits en aval, parce qu’ils ont été fermés. »

La directrice de l’hôpital s’étonne, elle ne comprend pas ! Et c’est vrai qu’elle ne comprend rien apparemment à la lecture de sa réaction dans le même quotidien : «  Je ne vois pas ce qui expliquerait ces éventuelles démissions alors que des choses ont été faites aux urgences depuis un an. Je devais d’ailleurs avoir une réunion de négociation sur le temps de travail avec les urgentistes dans quinze jours ».

Mais, chère Madame, les urgentistes ne vous parlent pas de temps de travail, ils vous parlent du temps que passe une dame de 97 ans sur un brancard, ils vous parlent de fermeture de lits en aval, ils vous parlent de la précarité galopante qui pousse les malades à aller plutôt aux urgences que de voir leur généraliste, parce que les urgences, c’est gratuit…

Voyez-vous Madame, du haut de votre fonction et du sale boulot qu’on vous fait faire en exigeant des économies à tour de bras, vous méprisez des femmes et des hommes qui gèrent les souffrances physiques et bien souvent morales.

Vous gérez, Madame, sans que cela semble vous troubler, avec les belles méthodes dignes de l’ultralibéralisme à laquelle votre tutelle s’est convertie.

Et les urgences de Thann ?

Cela me rappelle un autre dossier, ici, dans le département, celui des urgences de Thann. Rappelez-vous, cela date de quelques mois : les urgences de l’hôpital de Thann, dont des médecins avaient démissionné eux-aussi, devaient être fermées durant 6 mois à partir du 7 novembre. Cela avait fait du bruit car élus, syndicats, populations s’étaient fortement opposés à cette fermeture, ils avaient même manifesté pour cela.

On a beaucoup moins parlé de la décision de l’Agence régionale de santé du Grand Est du 19 décembre qui a décidé que la fermeture ne durait pas que 6 mois mais qu’elle était définitive. Toute une vallée n’avait plus droit à un service d’urgence 24 h sur 24. A la place, « un centre de soins non programmés, permettant de prendre en charge en journée les urgences non vitales, devrait voir le jour. » « Devrait », on note le conditionnel.

Comment peut-on dès lors s’étonner que le discours politique n’ait plus aucune crédibilité. Les fausses promesses, le passage en force pour imposer des mesures impopulaires à un pays qui n’en veut pas, la répression contre ceux qui exercent leur droit de grève et de manifestation comme cela fut le cas hier au tribunal correctionnel de Strasbourg qui veut condamner six syndicaliste à de fortes amendes pour avoir manifester.

Alors, il est vrai que la gifle à l’ancien premier ministre n’était pas la bonne manière, mais souffrez que, dans notre France actuelle, il y a quand même des coups de pieds au c… qui se perdent…

MM

 

 

Délit de solidarité : un délit fantôme?

En 2012 Manuel Valls déclarait devant la commission des lois du Sénat: « Notre loi ne saurait punir ceux qui, en toute bonne foi, veulent tendre une main secourable »  et proposait de « mettre fin au délit de solidarité qui permet de poursuivre l’aide désintéressée apportés [par des citoyens ou des associations] à des étrangers en situation irrégulière, sur la même base juridique utilisée pour les filières criminelles d’immigration ».

C’est pourtant ce qui est reproché au militant associatif de la vallée de la Roya, près de Nice, accusé d’avoir aidé des migrants, comme à cet autre poursuivi pour « aide au séjour et à la circulation »  de 3 jeunes Erythréennes blessées et malades et qu’il transportait à l’hôpital à Marseille.

Si  ce dernier, Pierre-Alain MANNONI, vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Nice malgré les 6 mois de prison avec sursis  requis par le Ministère public  (qui vient de faire appel de la relaxe), le premier, Cédric HERROU, attendra le 10 février pour connaître son sort: 8 mois de la même peine demandés par le procureur de la République.

Une centaine de militants associatifs de Mulhouse se souviennent de l’audience du Tribunal correctionnel de Mulhouse il y a quelques années où une personne était poursuivie devant le tribunal correctionnel pour avoir hébergé un membre de sa famille. Le procureur ayant à l’audience reconnu l’absence de base légale des poursuites en ce cas précis le tribunal avait prononcé la relaxe au motif  juridique de l’immunité légale existante compte tenu des liens familiaux entre l’aidant et l’aidé.

Un délit créé par le sarkozyste Eric Besson

Bref,  l’aide aux sans-papiers défraie la chronique judiciaire depuis  Eric Besson, ex-ministre sarkozien  amateur de poursuites pénales pour les auteurs de  ce « délit de solidarité » , passibles de 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, pour  » toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étrangers en France ».

Le quinquennat de François Hollande n’a pas vu la suppression de ce délit de solidarité mais une réécriture par la loi du 31 décembre 2012  et sa dépénalisation dès lors que l’acte reproché « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui – ci » (mais rien sur le transport, même gratuitement donc).

Ceci n’a pas empêché la poursuite  des gardes à vue et des inculpations parfois sur des bases connexes – outrage à agents notamment –   depuis 2014 en particulier,  notamment dans le Calaisis et les Alpes-Maritimes, mais également pour des motifs qui prêteraient à rire si le sujet n’était pas si grave (photographe ayant fait son métier à la frontière italienne, observation/participation à une manifestation de soutien, violence avec arme (son vélo en l’occurrence!),  aide à la recharge d’un  téléphone portable , etc …

Et même si on n’atteint pas – pas encore? –  le niveau des cas italiens de ces pêcheurs ou capitaines de navires  inculpés et condamnés pour avoir repêché des migrants qui se noyaient,  le « délit de solidarité » est  donc utilisé  pour intimider ceux  qui tentent d’aider tous les « sans papiers »  parvenus  dans notre pays, décourager ceux qui auraient l’idée de les aider, éviter tout soutien de la population, organisé ou spontané.

La série des procès ne devrait donc pas diminuer à l’heure où une part importante de la société civile s’engage désormais dans ces actions, où les initiatives  les plus diverses d’aide aux « sans papiers  » se multiplient, où nombre d’élus locaux  s’engagent officiellement ou de fait dans ces voies de la solidarité.

Les défaillances de l’Etat français

Car l’Etat français – même si d’autres Etats européens ont des politiques bien pires –  est largement défaillant  quant au respect de ses propres obligations légales et des conventions, directives et accords européens et internationaux applicables à l’accueil des étrangers non communautaires  (hébergement, assistance médicale, aide alimentaire, assistance administrative…). En plus, il n’entend pas pour autant que la société civile pallie ses défaillances, surtout dans des zones où des moments politiquement « sensibles « .

Or ces hommes et ces femmes de tous âges, de tous bords, et sur tout le territoire, partagent une conviction puissante, basée sur une loi fondamentale de l’humanité, condition de sa survie: la solidarité.

« Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple. « 

Extrait de la déclaration de Pierre-Alain MANNONI https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

Face à eux  un Etat qui fondamentalement refuse cette solidarité pour des raisons électoralistes et entretient ambiguïtés et incohérences juridiques, oubliant au passage toute décence humanitaire pour maintenir un fantasmatique délit de solidarité qui existe sans exister tout en existant…mais est susceptible d’être pénalement sanctionné!

Christian RUBECHI

Noëlle CASANOVA, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Collectif Urgence Welcome

 

 

 

Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Incohérence et panique.

Maintenant qu’il est candidat, M. Valls est contre le 49.3 qu’il a pourtant dégainé deux fois pour imposer la « loi Travail ». S’il était cohérent, l’ex Premier ministre ajouterait à son programme électoral le retrait immédiat de cette loi et se mobiliserait sans tarder pour défendre les syndicalistes et citoyens poursuivis devant des tribunaux pour avoir tenté de s’opposer aux méthodes autoritaires d’un gouvernement organisant une régression sociale majeure. Continuer la lecture de Des militants « voyous » à nouveau face à leurs « juges »

Le monde merveilleux du revenu universel

L’Alterpresse68 a apporté dès le départ sa contribution à l’organisation, dans le Haut-Rhin, de débats autour du « revenu universel ». D’abord en annonçant un forum sur le sujet (voir : Revenu universel… 22 otobre à Kingersheim ) ; puis en participant un peu à son déroulement et surtout en le prolongeant par la diffusion d’une émission « Un autre son de cloche » (Le revenu universel avec D. Häni et J. Muller sur Radio MNE le 27 octobre 2016). Continuer la lecture de Le monde merveilleux du revenu universel

Manifeste pour la décolonisation de l’humanité femelle

Nicole Roelens a publié successivement depuis septembre 2013, 5 livres chez L’Harmattan, qui, avec le dernier actuellement en préparation, composent une œuvre à laquelle elle travaille depuis 10 ans. Cette œuvre s’intitule : Continuer la lecture de Manifeste pour la décolonisation de l’humanité femelle