Archives pour la catégorie Outre-Rhin

Mobilisierung gegen TTIP/CETA in Deutschland

Demonstrationen in 7 großen Städten am Samstag, den 17. September

Am Samstag, den 17. September werden in Stuttgart und 6 weiteren deutschen Städten (Berlin, Frankfurt/Main, Hamburg, Köln, Leipzig und München) große Demonstrationen gegen die von der EU geplanten Handelsabkommen TTIP und CETA stattfinden. CETA, das Handelsabkommen zwischen der EU und Kanada ist schon fertig verhandelt und soll nach dem Willen der EU-Kommission im Oktober 2016 offiziell unterzeichnet werden.

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Loi Travail : son retrait est toujours d’actualité !

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Une onzième journée de manifestations dans toute la France et déjà une douzième s’annonce pour mardi 5 juillet. Pourtant la « grande » presse ne ménage pas ses efforts pour rappeler à chaque manif que tout cela se « dégonfle ». Et annonce que « de toute façon », Manuel Valls et François Hollande ne reculeront pas, que le texte sera voté à l’Assemblée nationale début juillet. L’exécutif serait « droit dans ses bottes » comme l’avait affirmé, menton en avant, un certain premier ministre aujourd’hui candidat à la candidature à la présidence de la république. On en connaît l’issue en 1995…

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Voeux 2016….

Présentation de vœux pour l’année 2016 tellement différents des deux côtés du Rhin!

Vœux d’une Chancelière et d’un Président tellement révélateurs de personnalités, de projets politiques gros de contradictions!

Outre – Rhin la réaffirmation d’une vision sociétale, d’une volonté politique, de valeurs morales et  l’appel à une mobilisation citoyenne: « Wir schaffen das » – nous pouvons le faire, nous allons y arriver – dit Angela Merkel. Continuer la lecture de Voeux 2016….

Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Erklärung des Deutschen Gewerkschaftsbundeszum Antikriegstag, 1. September 2015

Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Der Antikriegstag ist ein Tag des Erinnerns und des Mahnens: Am 1. September 1939 begann der 2. Weltkrieg mit dem Überfall Nazi-Deutschlands auf Polen. Wir gedenken der europaweit 60 Millionen Toten des Vernichtungs-krieges. Der DGB und seine Mitgliedsgewerkschaften machen zum Antikriegstag deutlich: Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Doch bis heute ist die Welt für viele weiterhin kein sicherer Ort. Nie gab es seit dem Ende des Zweiten Welt-krieges weltweit mehr Flüchtlinge. Politische, ethnische und religiöse Konflikte, Krieg und Bürgerkrieg, Armut     und Ausbeutung zwingen die Menschen zur Flucht. Die internationale Staatengemeinschaft muss sich entschiedener dafür einsetzen, dass Auseinandersetzungen nicht mit Waffengewalt ausgetragen und in der Folge humanitäre Katastrophen verursacht werden. Freiheit, Demokratie und soziale Gerechtigkeit können dauerhaft Frieden schaffen. Nur so wird sich auch der Westen vor internationalem Terrorismus schützen können.

Unsere Geschichte verpflichtet uns zu entschiedenem Widerstand gegen Rassismus, Antisemitismus und Fremden-feindlichkeit. Wir sind bestürzt und beschämt darüber, wie sehr Flüchtlingen in Deutschland mit Rassismus und Fremdenfeindlichkeit begegnet wird. Wir verurteilen zutiefst die abstoßenden Angriffe auf Menschen, die vor Verfolgung und Terror Zuflucht bei uns suchen. Rechtsextremisten sind dabei vielfach Drahtzieher. Auch um ein klares Zeichen gegen diese menschenverachtenden Umtriebe zu setzen, brauchen wir endlich ein Verbot der NPD und aller neofaschistischen und rechtsextremen Gruppen.

Die Würde jedes Menschen ist und bleibt unantastbar. Die Grundrechte, so wie sie in der EU-Grundrechtscharta verbürgt sind, gelten für alle Menschen innerhalb Europas. Diejenigen, die vor Terrorismus und Krieg nach Europa fliehen, haben ein Recht auf Asyl. Die Europäische Union muss denjenigen helfen, die auf der Flucht über das Mittelmeer in Lebensgefahr geraten. Die Flüchtlinge brauchen eine menschenwürdige Aufnahme und Perspektiven auf soziale und wirtschaftliche Integration in Europa. Es ist beschämend, wie Europa darüber feilscht, welcher Mitgliedsstaat wie viele Flüchtlinge aufnimmt. Nationalismen und Ressentiments haben in Europa keinen Platz. Europa darf nicht seine eigenen Werte verraten!

Ohne Rückbesinnung auf diese Werte und die Stärken eines solidarischen Europas droht der soziale Frieden in Europa zu zerbröckeln. Wie groß diese Gefahr ist, erleben wir längst nicht mehr nur in Griechenland. Um einen Flächenbrand zu verhindern, muss Europa das europäische Sozialmodell stärken – überall. Dazu gehören dringend der entschlossene Kampf gegen die Armut, die Schaffung sozialer Sicherheit, von Teilhabegerechtigkeit und Chancengleichheit. Deshalb fordern wir ein klares Bekenntnis zum europäischen Friedensprojekt, zur europäischen Einheit und zur Sicherung der sozialen Demokratie.

Déclaration du Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB) à l’occasion de la Journée anti-guerre, le 1er  septembre 2015

Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

La journée Anti-guerre est une journée du souvenir et de mémoire : le 1er septembre 1939 la 2e guerre mondiale a débuté avec l’agression de la Pologne par l’Allemagne nazie. Nous commémorons les 60 millions de morts tombés en Europe dans cette guerre d’extermination. Le DGB et ses organisations adhérentes se positionnent clairement à l’occasion de la Journée anti-guerre : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Pourtant à l’heure actuelle, le monde n’est pour beaucoup toujours pas un endroit sécurisé. Jamais il n’y eut depuis la fin de la 2e guerre mondiale autant de réfugiés à l’échelle de la planète. Des conflits politiques, ethniques et religieux, des guerres et des guerres civiles, la pauvreté et l’exploitation, contraignent Continuer la lecture de Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Rien à voir avec la germanophobie !

Il y a quelques semaines, L’Alterpresse publiait un article signé Michel Muller, sous le titre «Pour en finir avec la germanophobie ». Il faisait suite à une polémique m’ayant opposé à un membre de l’équipe rédactionnelle à propos d’un de mes textes portant sur la dernière évolution de la crise grecque au moment où je le rédigeais, à savoir l’accord du 12 juillet par lequel Tsipras acceptait les clauses contenues dans le troisième mémorandum. Cet accord était en fait une capitulation en rase campagne après les cinq mois de tribulations que l’on sait.

Je passe sur la polémique. Elle ne regarde que moi, et n’a pas à faire l’objet d’un étalage sur le net. J’en reviens à l’article de Michel Muller, qui n’a pas caché la peine et le labeur qu’il lui a coûté. Pour rien, selon moi, car il n’avait pas lieu d’être.

Il ne s’agit pas de germanophobie, en effet, c’est-à-dire d’un esprit de système conduisant à l’adoption de cette attitude par principe. Il s’agit au contraire de voir clair dans le comportement des dirigeants de ce pays pour la conduite de tous les problèmes que rencontre l’Europe actuellement, et la zone euro en particulier. Ces dirigeants sont des conservateurs, et pour certains, des réactionnaires, ce qui ne veut pas dire que l’ensemble des Allemands partagent leurs positions. Constater ce fait ne relève en rien d’une quelconque germanophobie, mais de l’observation des faits, et c’est la raison qui me conduit à considérer ce laborieux article comme parfaitement inutile.

Des faits…

Un épisode récent de la façon dont Schäuble a abordé le problème grec est révélateur. La presse grecque s’en est faite l’écho, dans une révélation exclusive du journal « Το βημα της κυριακης » du dimanche 30 août.

Reportons-nous un an en arrière, précisément le 22 septembre 2014. Le conservateur Samaras est au pouvoir à Athènes, et les élections sont prévues pour janvier de l’année suivante. Samaras met en œuvre les dures dispositions du second mémorandum, et le pays est en pleine récession. Les premiers sondages ne sont pas bons pour lui. Syriza et son jeune chef Tsipras, ont le vent en poupe. Ce 22 septembre, Samaras rencontre, à sa demande, Angela Merkel à Berlin. Il plaide un allègement de l’austérité, afin de pouvoir se prévaloir, durant sa campagne, de quelques résultats et de préserver ses chances de victoire. Merkel fait de vagues promesses mais ne s’engage pas.

Peu après, Schäuble rencontre très discrètement Pol Thomsen, chef de la branche Europe du FMI, connu pour son intransigeance. Entretemps Schäuble a fait connaitre à Merkel son opposition catégorique à tout allègement envers la Grèce. Avec Thomsen, il met au point sa stratégie : accéder à la demande de Samaras n’offre aucune garantie de victoire à ce dernier. Bien renseigné, Schäuble sait qu’elle est plus qu’improbable. Or, un allègement faciliterait la tâche du nouveau pouvoir, c’est-à dire de Tsipras, avec le risque de le voir caracoler plus encore dans sa croisade anti-austérité et pro-keynesienne et offrirait un formidable élan à la contestation du dogme dans les pays de l’Union touchés par la crise, et notamment dans l’Espagne où apparaît Podemos. Il faut donc savonner la planche, serrer davantage le nœud, « battre de verges ces gauchistes et agiter leur cuir tanné de coups au nez de Podemos ». C’est bien ce qui fut fait. Dire cela n’a rien à voir avec une quelconque germanophobie.

Seule alternative : soumission ou exclusion…

Cet épisode et tout ce qui a suivi d’antidémocratique, de violation de souveraineté, d’humiliation, montre à l’évidence que l’on se trouve face à une tentative, réussie pour le moment, de transformation de la zone euro en sphère d’influence par son composant le mieux armé. L’objectif ressemble bien à une entreprise d’élimination de tous les partenaires pour l’économie desquels la monnaie commune telle qu’elle existe et fonctionne, est surdimensionnée; l’idéal étant d’aboutir, soit à leur soumission, soit à leur exclusion, afin de former avec les pays les plus proches sur les plans économiques, sociaux, culturels, une zone restreinte fonctionnant au mieux des intérêts du meneur. Il y a là l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg, et quelques vassaux tels la Slovaquie et la Lettonie, mais également l’Irlande, paradis fiscal oblige, et la Belgique pour les mêmes raisons.

Reste à revenir sur le cas grec par plusieurs observations.

La première est que seul Syriza était en mesure au début de l’année 2015 de mettre en route les réformes structurelles indispensables pour revêtir l’état grec des prérogatives et du respect qui font d’une structure politique un état de droit. Personne ne conteste les immenses lacunes de ce qui était et reste un semblant d’état.

Malheureusement Tsipras a commis une erreur et a manqué d’envergure. Son erreur a été de sous-estimer la puissance des forces qu’il voulait combattre. Le manque d’envergure tient au fait que, selon moi, il aurait dû mener sa campagne électorale sur deux axes. Le premier, qui l’a conduit au succès, était de promettre la fin de l’austérité et des mémorandums. Le second aurait été de lier cette promesse à une autre, celle de mettre en œuvre les réformes dont je parle plus haut, et de présenter un plan mobilisateur capable d’entraîner une adhésion forte du peuple, dont de nombreux éléments ressentaient la nécessité de leur mise en route. Au lieu de cela, qui aurait eu le mérite de la clarté avant l’acte électoral et l’aurait posé en chef d’Etat, il s’est enlisé dans le piège des négociations que lui tendaient les éléments durs de la zone euro, leur offrant de surcroît l’occasion de le décrédibiliser pour absence de projet. On connait la suite.

Des conditions impossibles à mettre en oeuvre

Reste à envisager la situation actuelle, laquelle n’incite pas à l’optimisme. Je serai dans le pays le lendemain des élections du 20 septembre. Il y a fort à parier qu’aucune majorité stable n’en sortira. Pire, on peut craindre qu’aucune coalition stable, viable et crédible, ne puisse se faire. Et en prime, tous les sondages actuels montrent le risque d’une remontée forte des néo-nazis d’Aube dorée, dont les relais dans la police et l’appareil militaire sont avérés.

D’autre part, les conditions imposées par l’accord du 12 juillet, déjà presque impossibles à mettre en œuvre par un pouvoir stable et respecté, n’ont aucune chance de l’être dans les conditions qui sortiront des élections. Octobre verra une pluie d’impôts et de charges tomber sur les citoyens, ceux qui payent déjà, pas ceux qui ont leurs avoirs à l’abri. Dans un pays habitué à contourner la fiscalité, démuni de plus des outils techniques nécessaires, beaucoup se réfugierons dans l’économie grise et noire. Il sera facile alors pour Schäuble et les autres « vertueux » de dénoncer l’absence de résultats, de persuader les opinions que, non, décidément, il n’y a rien à attendre de ce pays, et la question du grexit se reposera, avec toutes ses conséquences prévisibles et connues.

Ce cynisme poursuivra ses ravages, sur fond de crise des migrants et de menaces terroristes. On est loin des débats inutiles sur l’anti-germanisme ou la germanophobie. Mais tout près, par contre, des conséquences de l’irresponsabilité contenue dans des attitudes dogmatiques et psycho-rigides qui ont trop tendance à ignorer, dans l’histoire, ce qui gêne et dérange.

Michel Servé

Germanophobie ou capitalophobie ? Il faut choisir…

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«(…)  On est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous la direction allemande.» Qu’un éminent intellectuel comme Emmanuel Todd conclut ainsi son article sur les négociations entre l’Eurogroupe et la Grèce montre combien la « germanophobie » est encore vivace et reste une explication aisée et récurrente à des problèmes dont on veut esquiver les responsabilités.

Robin Verner, journaliste au journal en ligne Slate, rappelle que la germanophobie fête, si on peut dire, ses 900 ans d’existence en France puisque les premières manifestations de cette hostilité envers les Germains datent de la 2e croisade !

Récemment également, Jean-Luc Mélenchon sort un pamphlet dans lequel il flingue à tout va l’Allemagne, visant même les retraités allemands qui auraient «  une retraite par capitalisation, ça exige une monnaie forte et des dividendes élevés ». Ce qui est faux puisque c’est toujours le régime de la retraite par répartition qui est appliqué. S’il y a effectivement une petite part de capitalisation, elle est exactement de même niveau qu’en France, par ex. avec Préfonds.

UNE ARGUMENTATION BIEN COMMODE EN CAS DE PROBLEME

Il serait pourtant injuste de considérer que les Français mangeraient un Allemand chaque matin qu’il se lève. Non, une crise aiguë de germanophobie éclate quand il y a de (gros) problèmes et quand il faut désigner à la population des responsables bien commodes. Mme de Sévigné avait, avec Bossuet, désigné l’Angleterre comme la « perfide Albion », quand celle-ci battait la flotte française à plate couture sur tous les océans. On ne pouvait décemment incriminer ses propres faiblesses dans la perte des batailles !

Mais c’est quand même l’Allemagne qui reste l’adversaire le plus apprécié. Citons par exemple le philosophe Henri Bergson, esprit pourtant pondéré et pacifiste, s’écrie le 8 août 1914 devant l’Académie des sciences: « La lutte engagée contre l’Allemagne est la lutte même de la civilisation contre la barbarie ».

L’allergie est aussi liée aux humiliations militaires. Entre la défaite totale de 1870-1871 qui amène la France à perdre l’Alsace et la Moselle, le «frisé», le «Boche», le «Fritz», le «Schleuh», le «Fridolin»  est le repoussoir d’une bonne partie de l’opinion publique. Cette hostilité connaît d’autres épisodes, notamment au début du XXe siècle avec la situation au Maroc, convoité conjointement par les colonialistes français et allemands.

LE « PATRIOTISME » BIEN UTILE POUR LES «CONQUERANTS »

Mais cela ne fonctionne pas que dans un sens, la gallophobie a aussi été utilisée en Allemagne pour justifier les conflits et les guerres. Ainsi, les exactions de Turenne en 1674 qui visent à affamer les troupes impériales des Habsbourg sont du pain béni pour les nationalistes allemands. Constatant leurs problèmes d’intendance, Turenne décide de ravager le Palatinat. Le commandement français ordonne de piller ou détruire les récoltes et les subsistances de la région, de brûler les cultures et, au besoin, de détruire les villes et les villages. En 1689, les Français réitéreront l’opération et au même endroit par-dessus le marché.

En 1914, Thomas Mann n’est pas en reste : « Comment l’artiste, comment le soldat qui est dans l’artiste, n’aurait-il pas rendu grâce à Dieu d’avoir fait s’écrouler ce monde de la paix dont il avait assez, plus qu’assez ! La Guerre ! Ce fut un sentiment de purification, de libération que nous éprouvâmes, et une immense espérance » Thomas Mann Pensées de guerre. (à lire dans un excellent article du Saute-Rhin http://www.lesauterhin.eu/il-y-a-cent-ans1913-une-annee-en-couleur/ )

Mais revenons à la germanophobie si active actuellement puisque même les agriculteurs de la FNSEA n’hésitent pas à accuser l’Allemagne d’être un des principaux responsables de la distorsion des prix des produits agricoles.

Même si le nazisme ne couvre que douze ans d’histoire (1933-1945), l’évocation de cette époque permet de justifier le passé et le présent. Oubliant que  le pétainisme était bien du national-socialisme et que le credo de la bourgeoisie française était bien « plutôt Hitler que le Front populaire », cette période serait bien la preuve que le barbarisme teuton est génétique… N’est-il pas symptomatique que dans un article d’une revue de la qualité des « Saisons d’Alsace » (novembre 2014), un rédacteur a parlé « d’espions nazis… en 1915 » !

QUE CACHE LA GERMANOPHOBIE ?

Pour en revenir à la Grèce, il ne viendrait à l’esprit de personne de dédouaner le gouvernement allemand qui essuie des critiques de toute part, y compris dans son propre pays. Les députés de l’opposition au Bundestag n’ont pas hésité à critiquer leurs dirigeants (et non pas leur « pays » comme cela a été abusivement affirmé dans certains milieux) et l’opinion publique allemande, chauffée à blanc par des médias comme Bild contre les Grecs, commence à émettre des doutes.

Il est tout à fait surprenant de faire porter à tout un pays, et à un seul pays, abusivement confondu avec son gouvernement, le poids de tous les malheurs de la Grèce et même du continent européen. Autant qu’on sache, les 28 Etats membres de l’Union européenne partagent une même position sur le fond. Mais ce serait les seuls « technocrates » bruxellois qui imposeraient leurs lois brutales à 28 peuples par essence bons et vertueux ! Ce ne sont pourtant ni Bruxelles ni Berlin qui ont imposé à la France, à partir des années 70, le démantèlement d’une bonne partie de son tissu industriel, à l’origine de la crise profonde que connait notre pays aujourd’hui.

Consciemment ou inconsciemment, la politique du « bouc émissaire » fait écran à une analyse critique qui met en cause tout un système. Quand Jaurès affirme que « le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage », c’est pour expliquer à la classe ouvrière que son intérêt n’est pas d’entrer en guerre contre son homologue allemand. En utilisant les « phobies », les classes dirigeantes ont réussi à imposer « l’union sacrée » entre la bourgeoisie et la classe ouvrière trahie par des leaders syndicaux et politiques, pour déclarer la guerre la plus meurtrière que le monde ait connue.

Pourquoi Emmanuel Todd fait-il porter à l’Allemagne les autodestructions européennes alors que tout historien sait bien que ces guerres avaient comme but de développer des capitalismes nationaux avides d’espace à conquérir.

Pourquoi se trouve-t-il aujourd’hui des gens de gauche qui considèrent que la crise grecque relève avant tout de la responsabilité allemande, alors qu’il s’agit d’une crise systémique profonde du capitalisme qui veut la faire supporter aux peuples en leur imposant l’austérité ?

Pourquoi ne préconisent-ils pas plutôt le rassemblement des peuples pour bâtir une Europe qui serait une référence dans la prise en compte des besoins sociaux avant les intérêts de la finance ? Chose que, manifestement, nous n’arrivons pas à faire pays par pays, car une fois de plus, la mise en concurrence des peuples permet au capitalisme de  renforcer ses intérêts supranationaux et son pouvoir sur le monde.

En guise de conclusion, peut-on faire appel à Victor Hugo : « Ne soyons plus Anglais ni Français ni Allemands, soyons européens. Ne soyons plus Européens, soyons hommes. Soyons l’humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. » (Choses vues, 1846)

Peut-être en 2046 ? Victor aura eu raison deux siècles trop tôt… et quelques millions de morts les jalonnent…

Michel Muller

Quand la télévision publique ARD coince la chancelière…

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Dimanche 5 juillet. Il se passe quelque chose d’immensément important en Europe avec le référendum grec mais la télévision publique française ne juge pas essentiel de suivre les résultats en direct.

Il faut se rabattre sur LCI ou Itélé… Des reportages lénifiants, répétitifs, une information plate et sans saveurs… Pas d’éclairage particulier… Chiant, quoi !

Décidément, être région frontalière comporte bien des avantages, entre autres celui de pouvoir suivre la télévision d’outre-rhin.

Un doigt sur la télécommande et voilà l’ARD qui diffuse une émission spéciale… ZDF n’est pas en reste et les deux chaînes publiques allemandes font de la vraie information passionnante et pluraliste.

Je reste scotché sur l’ARD. Car les participants du débat sont particulièrement bien choisis : un député CDU et un ancien rédacteur en chef de Bild Zeitung pour un camp, je vous laisse deviner lequel… Un membre du Comité politique de Syriza parfaitement germanophone et une journaliste de la Tageszeitung (TAZ) de Berlin, un quotidien de gauche, réputée pour son information honnête sur la situation des grecs.

Bien sûr on n’évite ni les clichés allemands sur les Grecs, ni les applaudissements du public pour les deux camps (tiens, ceux pour la droite sont plus nourris, est-ce possible…)

Mais on entend également le représentant de Syriza remettre les pendules à l’heure sur les exigences pour son gouvernement de la part des Allemands… alors qu’ils n’avaient pas les mêmes pour Samaras…

Et puis vient un reportage avec une question centrale. Nous dit-on la vérité ? Richtig oder falsch ? Trois points concernant le projet d’accord refusé par Tsipras sont passés en revue. Le premier : apparaît Mme Merkel sur l’écran qui affirme « nous n’avons jamais été aussi généreux avec la Grèce »…  Puis M. Schulz, président SPD du Parlement européen : « il n’est plus question de réduire les retraites ». Et enfin Sigmar Gabriel, chef du SPD et vice-chancelier : « Nous avons offert 35 milliards d’investissements supplémentaires ».

Le reportage démonte totalement ces trois affirmations.

Un moment de vérité qui présente trois personnages éminents de la sphère politique allemande comme des manipulateurs de l’opinion, voire pire.

Il y a donc encore des télévisions publiques qui font de l’information… en Allemagne !

Michel Muller

UNE CONFERENCE TRINATIONALE EN SOLIDARITE AVEC LA GRECE

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La 2e conférence trinationale, regroupant des militants alternatifs, écologistes, des syndicalistes suisses, allemands et français s’est tenue à Bâle le 4 juillet 2015.

En inscrivant sur son frontispice la phrase de Georg Büchner extraite d’un article parue dans le Messager Hessois en 1834 « Paix dans les chaumières, guerre aux palais » (1), les organisateurs ont donné le ton au thème de la conférence : « Pour une Europe de la sécurité sociale et de solidarité avec la Grèce ».

Le premier thème traité par le professeur Paul B. Kleiser, de Munich, actif animateur du Forum social de cette ville, porte sur la situation en Grèce et la responsabilité écrasante de l’Allemagne dans la situation que connaît ce pays actuellement. Son analyse  permet de mieux comprendre les défis auxquels la Grèce est confrontée mais elle dégage aussi des solutions. Il apparaît que le problème grec est relativement simple à résoudre sur le plan économique et financier : son PIB n’est que de 2% de la zone Euro. En réalité, le problème est avant tout politique car aucun des gouvernements libéral ou social-Ungersheimdémocrate européens ne veulent contester Continuer la lecture de UNE CONFERENCE TRINATIONALE EN SOLIDARITE AVEC LA GRECE

ÜSSGAZULLTER HARÉNGSCHWÀNZ

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Sur le blog d’Alexis CORBIERE, secrétaire national du Parti de Gauche, un papier, en date du 7 mai dernier, nous recommande chaudement la lecture du dernier ouvrage de Jean-Luc MELENCHON, intitulé « le hareng de Bismarck, le poison allemand » dont il dresse un tableau dithyrambique et dont il est dit qu’il  convient de le « lire absolument ».

En attendant de m’atteler à cette lecture de cette œuvre soi-disante indispensable, je me contente pour l’heure d’examiner le contenu de l’article qui en fait l’éloge, en soi déjà amplement source d’étonnement autant que de consternation. A titre préventif, celui-ci tente de désamorcer à l’avance les critiques que le pamphlet (ainsi nommé) pourrait essuyer, en l’occurrence celui de germanophobie : avec un titre pareil sans doute soigneusement choisi, c’est mal parti.

VRAIMENT, QUE LA DROITE ALLEMANDE ?

Première surprise : les droites européennes, à l’exception de l’allemande, sont mises hors de cause dans la politique européenne actuelle : c’est à la CSU-CDU d’Angela Merkel qu’incombe la responsabilité de la politique de rigueur de Bruxelles et à elle seule (pourtant, Hollande vient de rappeler à Cameron qu’il n’est pas question de revenir sur les traités qui y président … et il n’est pas de droite, ou pas encore entièrement !) L’austérité, c’est l’Allemagne, et pas Manuel Valls, ni Barroso, ni Jüncker Continuer la lecture de ÜSSGAZULLTER HARÉNGSCHWÀNZ

Un rude coup porté à l’allemand au collège

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Le 12 mars 2015, la Ministre de l’Education Nationale a présenté son projet de réforme du collège au Conseil Supérieur de l’Education. Ce projet acte la suppression des classes bilingues en 6e.

Tous les élèves commenceront une deuxième langue en 5e, et n’auront plus la possibilité de l’apprendre dès la 6e dans ces classes bilangues. En 5e, cette deuxième langue vivante sera enseignée pendant… deux heures par semaine. Continuer la lecture de Un rude coup porté à l’allemand au collège