Archives pour la catégorie Outre-Rhin

« 1964 » : de quoi remuer nos méninges…

13 octobre, 20 h, dans ce lieu extraordinaire qu’est le Séchoir à Mulhouse : il n’est pas habituel de pouvoir assister à une lecture-performance menée par l’auteur Kai Pohl, en allemand, et par son traducteur français, Bernard Umbrecht. Cette lecture à deux voix nous a permis de découvrir un livre intitulé « 1964 » qui, dans sa construction et son propos, ne peut laisser indifférent.

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« Le SPD se défile. Nous pas ! »

« Le SPD aurait pu stopper CETA, mais il n’a pas osé faire le pas. Et cela malgré des critiques fondées venant de ses propres rangs. Nous sommes déçus mais pas abattus, prêts pour mener de nouveaux combats. » Nous publions  ici, traduit par nos propres soins, l’analyse faite par les organisateurs de la grande manifestation anti-CETA en Allemagne samedi 17 septembre à propos de la résolution du SPD ainsi que leurs perspectives pour empêcher l’approbation de cet accord.

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CETA: Die SPD kneift. Wir nicht.

Die SPD hätte CETA stoppen können – hat es aber nicht gewagt. Und das trotz der eigenen berechtigten Kritik an CETA. Wir sind enttäuscht – aber gut gerüstet für die weitere Auseinandersetzung. Lesen Sie unsere Analyse zum SPD-Beschluss – und wie wir jetzt CETA stoppen können und wollen.

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Allemagne : 320.000 manifestants contre le CETA !

A l’appel d’une vaste alliance d’organisations (politiques, syndicales, environnementales, religieuses) 320 000 manifestants ont défilé dans sept grandes villes allemandes le samedi 17 septembre contre les projets de traités transatlantiques visant à développer les échanges sur une base libérale. Une délégation de militants CGT d’Alsace  a participé à la manifestation à Francfort répondant à l’invitation du DGB Südhessen.

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Mobilisation contre les TAFTA-CETA en Allemagne

Grande manifestation à Stuttgart

Lieu : Place Arnulf-Klett (devant la gare centrale) 12 h.

Samedi 17 septembre, de grandes manifestations contre les accords commerciaux TAFTA et CETA, que l’Union Européenne veut mettre en œuvre, se dérouleront à Stuttgart et dans six autres villes allemandes (Berlin, Franfort-sur-le-Main, Hambourg, Cologne, Leipzig et Munich). Les négociations CETA, accord commercial entre l’UE et le Canada, sont terminées et l’UE veut le signer officiellement en octobre 2016.

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Mobilisierung gegen TTIP/CETA in Deutschland

Demonstrationen in 7 großen Städten am Samstag, den 17. September

Am Samstag, den 17. September werden in Stuttgart und 6 weiteren deutschen Städten (Berlin, Frankfurt/Main, Hamburg, Köln, Leipzig und München) große Demonstrationen gegen die von der EU geplanten Handelsabkommen TTIP und CETA stattfinden. CETA, das Handelsabkommen zwischen der EU und Kanada ist schon fertig verhandelt und soll nach dem Willen der EU-Kommission im Oktober 2016 offiziell unterzeichnet werden.

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Loi Travail : son retrait est toujours d’actualité !

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Une onzième journée de manifestations dans toute la France et déjà une douzième s’annonce pour mardi 5 juillet. Pourtant la « grande » presse ne ménage pas ses efforts pour rappeler à chaque manif que tout cela se « dégonfle ». Et annonce que « de toute façon », Manuel Valls et François Hollande ne reculeront pas, que le texte sera voté à l’Assemblée nationale début juillet. L’exécutif serait « droit dans ses bottes » comme l’avait affirmé, menton en avant, un certain premier ministre aujourd’hui candidat à la candidature à la présidence de la république. On en connaît l’issue en 1995…

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Voeux 2016….

Présentation de vœux pour l’année 2016 tellement différents des deux côtés du Rhin!

Vœux d’une Chancelière et d’un Président tellement révélateurs de personnalités, de projets politiques gros de contradictions!

Outre – Rhin la réaffirmation d’une vision sociétale, d’une volonté politique, de valeurs morales et  l’appel à une mobilisation citoyenne: « Wir schaffen das » – nous pouvons le faire, nous allons y arriver – dit Angela Merkel. Continuer la lecture de Voeux 2016….

Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Erklärung des Deutschen Gewerkschaftsbundeszum Antikriegstag, 1. September 2015

Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Der Antikriegstag ist ein Tag des Erinnerns und des Mahnens: Am 1. September 1939 begann der 2. Weltkrieg mit dem Überfall Nazi-Deutschlands auf Polen. Wir gedenken der europaweit 60 Millionen Toten des Vernichtungs-krieges. Der DGB und seine Mitgliedsgewerkschaften machen zum Antikriegstag deutlich: Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus!

Doch bis heute ist die Welt für viele weiterhin kein sicherer Ort. Nie gab es seit dem Ende des Zweiten Welt-krieges weltweit mehr Flüchtlinge. Politische, ethnische und religiöse Konflikte, Krieg und Bürgerkrieg, Armut     und Ausbeutung zwingen die Menschen zur Flucht. Die internationale Staatengemeinschaft muss sich entschiedener dafür einsetzen, dass Auseinandersetzungen nicht mit Waffengewalt ausgetragen und in der Folge humanitäre Katastrophen verursacht werden. Freiheit, Demokratie und soziale Gerechtigkeit können dauerhaft Frieden schaffen. Nur so wird sich auch der Westen vor internationalem Terrorismus schützen können.

Unsere Geschichte verpflichtet uns zu entschiedenem Widerstand gegen Rassismus, Antisemitismus und Fremden-feindlichkeit. Wir sind bestürzt und beschämt darüber, wie sehr Flüchtlingen in Deutschland mit Rassismus und Fremdenfeindlichkeit begegnet wird. Wir verurteilen zutiefst die abstoßenden Angriffe auf Menschen, die vor Verfolgung und Terror Zuflucht bei uns suchen. Rechtsextremisten sind dabei vielfach Drahtzieher. Auch um ein klares Zeichen gegen diese menschenverachtenden Umtriebe zu setzen, brauchen wir endlich ein Verbot der NPD und aller neofaschistischen und rechtsextremen Gruppen.

Die Würde jedes Menschen ist und bleibt unantastbar. Die Grundrechte, so wie sie in der EU-Grundrechtscharta verbürgt sind, gelten für alle Menschen innerhalb Europas. Diejenigen, die vor Terrorismus und Krieg nach Europa fliehen, haben ein Recht auf Asyl. Die Europäische Union muss denjenigen helfen, die auf der Flucht über das Mittelmeer in Lebensgefahr geraten. Die Flüchtlinge brauchen eine menschenwürdige Aufnahme und Perspektiven auf soziale und wirtschaftliche Integration in Europa. Es ist beschämend, wie Europa darüber feilscht, welcher Mitgliedsstaat wie viele Flüchtlinge aufnimmt. Nationalismen und Ressentiments haben in Europa keinen Platz. Europa darf nicht seine eigenen Werte verraten!

Ohne Rückbesinnung auf diese Werte und die Stärken eines solidarischen Europas droht der soziale Frieden in Europa zu zerbröckeln. Wie groß diese Gefahr ist, erleben wir längst nicht mehr nur in Griechenland. Um einen Flächenbrand zu verhindern, muss Europa das europäische Sozialmodell stärken – überall. Dazu gehören dringend der entschlossene Kampf gegen die Armut, die Schaffung sozialer Sicherheit, von Teilhabegerechtigkeit und Chancengleichheit. Deshalb fordern wir ein klares Bekenntnis zum europäischen Friedensprojekt, zur europäischen Einheit und zur Sicherung der sozialen Demokratie.

Déclaration du Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB) à l’occasion de la Journée anti-guerre, le 1er  septembre 2015

Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

La journée Anti-guerre est une journée du souvenir et de mémoire : le 1er septembre 1939 la 2e guerre mondiale a débuté avec l’agression de la Pologne par l’Allemagne nazie. Nous commémorons les 60 millions de morts tombés en Europe dans cette guerre d’extermination. Le DGB et ses organisations adhérentes se positionnent clairement à l’occasion de la Journée anti-guerre : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Pourtant à l’heure actuelle, le monde n’est pour beaucoup toujours pas un endroit sécurisé. Jamais il n’y eut depuis la fin de la 2e guerre mondiale autant de réfugiés à l’échelle de la planète. Des conflits politiques, ethniques et religieux, des guerres et des guerres civiles, la pauvreté et l’exploitation, contraignent Continuer la lecture de Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus! Plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme !

Rien à voir avec la germanophobie !

Il y a quelques semaines, L’Alterpresse publiait un article signé Michel Muller, sous le titre «Pour en finir avec la germanophobie ». Il faisait suite à une polémique m’ayant opposé à un membre de l’équipe rédactionnelle à propos d’un de mes textes portant sur la dernière évolution de la crise grecque au moment où je le rédigeais, à savoir l’accord du 12 juillet par lequel Tsipras acceptait les clauses contenues dans le troisième mémorandum. Cet accord était en fait une capitulation en rase campagne après les cinq mois de tribulations que l’on sait.

Je passe sur la polémique. Elle ne regarde que moi, et n’a pas à faire l’objet d’un étalage sur le net. J’en reviens à l’article de Michel Muller, qui n’a pas caché la peine et le labeur qu’il lui a coûté. Pour rien, selon moi, car il n’avait pas lieu d’être.

Il ne s’agit pas de germanophobie, en effet, c’est-à-dire d’un esprit de système conduisant à l’adoption de cette attitude par principe. Il s’agit au contraire de voir clair dans le comportement des dirigeants de ce pays pour la conduite de tous les problèmes que rencontre l’Europe actuellement, et la zone euro en particulier. Ces dirigeants sont des conservateurs, et pour certains, des réactionnaires, ce qui ne veut pas dire que l’ensemble des Allemands partagent leurs positions. Constater ce fait ne relève en rien d’une quelconque germanophobie, mais de l’observation des faits, et c’est la raison qui me conduit à considérer ce laborieux article comme parfaitement inutile.

Des faits…

Un épisode récent de la façon dont Schäuble a abordé le problème grec est révélateur. La presse grecque s’en est faite l’écho, dans une révélation exclusive du journal « Το βημα της κυριακης » du dimanche 30 août.

Reportons-nous un an en arrière, précisément le 22 septembre 2014. Le conservateur Samaras est au pouvoir à Athènes, et les élections sont prévues pour janvier de l’année suivante. Samaras met en œuvre les dures dispositions du second mémorandum, et le pays est en pleine récession. Les premiers sondages ne sont pas bons pour lui. Syriza et son jeune chef Tsipras, ont le vent en poupe. Ce 22 septembre, Samaras rencontre, à sa demande, Angela Merkel à Berlin. Il plaide un allègement de l’austérité, afin de pouvoir se prévaloir, durant sa campagne, de quelques résultats et de préserver ses chances de victoire. Merkel fait de vagues promesses mais ne s’engage pas.

Peu après, Schäuble rencontre très discrètement Pol Thomsen, chef de la branche Europe du FMI, connu pour son intransigeance. Entretemps Schäuble a fait connaitre à Merkel son opposition catégorique à tout allègement envers la Grèce. Avec Thomsen, il met au point sa stratégie : accéder à la demande de Samaras n’offre aucune garantie de victoire à ce dernier. Bien renseigné, Schäuble sait qu’elle est plus qu’improbable. Or, un allègement faciliterait la tâche du nouveau pouvoir, c’est-à dire de Tsipras, avec le risque de le voir caracoler plus encore dans sa croisade anti-austérité et pro-keynesienne et offrirait un formidable élan à la contestation du dogme dans les pays de l’Union touchés par la crise, et notamment dans l’Espagne où apparaît Podemos. Il faut donc savonner la planche, serrer davantage le nœud, « battre de verges ces gauchistes et agiter leur cuir tanné de coups au nez de Podemos ». C’est bien ce qui fut fait. Dire cela n’a rien à voir avec une quelconque germanophobie.

Seule alternative : soumission ou exclusion…

Cet épisode et tout ce qui a suivi d’antidémocratique, de violation de souveraineté, d’humiliation, montre à l’évidence que l’on se trouve face à une tentative, réussie pour le moment, de transformation de la zone euro en sphère d’influence par son composant le mieux armé. L’objectif ressemble bien à une entreprise d’élimination de tous les partenaires pour l’économie desquels la monnaie commune telle qu’elle existe et fonctionne, est surdimensionnée; l’idéal étant d’aboutir, soit à leur soumission, soit à leur exclusion, afin de former avec les pays les plus proches sur les plans économiques, sociaux, culturels, une zone restreinte fonctionnant au mieux des intérêts du meneur. Il y a là l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg, et quelques vassaux tels la Slovaquie et la Lettonie, mais également l’Irlande, paradis fiscal oblige, et la Belgique pour les mêmes raisons.

Reste à revenir sur le cas grec par plusieurs observations.

La première est que seul Syriza était en mesure au début de l’année 2015 de mettre en route les réformes structurelles indispensables pour revêtir l’état grec des prérogatives et du respect qui font d’une structure politique un état de droit. Personne ne conteste les immenses lacunes de ce qui était et reste un semblant d’état.

Malheureusement Tsipras a commis une erreur et a manqué d’envergure. Son erreur a été de sous-estimer la puissance des forces qu’il voulait combattre. Le manque d’envergure tient au fait que, selon moi, il aurait dû mener sa campagne électorale sur deux axes. Le premier, qui l’a conduit au succès, était de promettre la fin de l’austérité et des mémorandums. Le second aurait été de lier cette promesse à une autre, celle de mettre en œuvre les réformes dont je parle plus haut, et de présenter un plan mobilisateur capable d’entraîner une adhésion forte du peuple, dont de nombreux éléments ressentaient la nécessité de leur mise en route. Au lieu de cela, qui aurait eu le mérite de la clarté avant l’acte électoral et l’aurait posé en chef d’Etat, il s’est enlisé dans le piège des négociations que lui tendaient les éléments durs de la zone euro, leur offrant de surcroît l’occasion de le décrédibiliser pour absence de projet. On connait la suite.

Des conditions impossibles à mettre en oeuvre

Reste à envisager la situation actuelle, laquelle n’incite pas à l’optimisme. Je serai dans le pays le lendemain des élections du 20 septembre. Il y a fort à parier qu’aucune majorité stable n’en sortira. Pire, on peut craindre qu’aucune coalition stable, viable et crédible, ne puisse se faire. Et en prime, tous les sondages actuels montrent le risque d’une remontée forte des néo-nazis d’Aube dorée, dont les relais dans la police et l’appareil militaire sont avérés.

D’autre part, les conditions imposées par l’accord du 12 juillet, déjà presque impossibles à mettre en œuvre par un pouvoir stable et respecté, n’ont aucune chance de l’être dans les conditions qui sortiront des élections. Octobre verra une pluie d’impôts et de charges tomber sur les citoyens, ceux qui payent déjà, pas ceux qui ont leurs avoirs à l’abri. Dans un pays habitué à contourner la fiscalité, démuni de plus des outils techniques nécessaires, beaucoup se réfugierons dans l’économie grise et noire. Il sera facile alors pour Schäuble et les autres « vertueux » de dénoncer l’absence de résultats, de persuader les opinions que, non, décidément, il n’y a rien à attendre de ce pays, et la question du grexit se reposera, avec toutes ses conséquences prévisibles et connues.

Ce cynisme poursuivra ses ravages, sur fond de crise des migrants et de menaces terroristes. On est loin des débats inutiles sur l’anti-germanisme ou la germanophobie. Mais tout près, par contre, des conséquences de l’irresponsabilité contenue dans des attitudes dogmatiques et psycho-rigides qui ont trop tendance à ignorer, dans l’histoire, ce qui gêne et dérange.

Michel Servé