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Scandale: les deals du Crédit Mutuel…

On le sait en lisant régulièrement L’Alterpresse. Le Crédit Mutuel veut, par tous les moyens, liquider deux imprimeries et licencier les 130 salariés concernés : 60 à Metz, au Républicain Lorrain, 70 à Mulhouse, à L’Alsace. Malgré les propositions et les efforts continus du Comité d’entreprise de L’Alsace, MM. Théry et Carli, respectivement président du Crédit Mutuel et directeur du pole presse, ne veulent rien entendre. La logique financière veut qu’il faut tuer entreprises et emplois. Même au prix de manières pas très ragoutantes qui feront hurler les vrais mutualistes de la banque.

Nous avons déjà dévoilé à nos lecteurs les méthodes et la gestion des entreprises d’un patron imprimeur de la presse parisienne, M. Riccobono. Il y a quelques mois, le Crédit Mutuel était en pourparlers pour céder l’impression d’une partie de ses titres à cet imprimeur bien connu pour son optimisation fiscale au Luxembourg… Et qui mérite de figurer dans les Paradise Papers. Nos révélations ont-elles fait un effet ? En tout cas, MM. Théry et Carli ont dû démentir tout rapprochement avec l’imprimeur parisien qui possède une entreprise à Nancy.

Or, selon nos sources, l’hypothèse Riccobono revient sur le tapis car nous approchons des dates fatidiques où doivent être annoncées à des salariés remontés, la suppression de leurs emplois et de leur imprimerie.

Les discussions ont commencé à Metz, celles à Mulhouse sont prévues le mercredi 6 décembre. Mais la fermeture de l’entreprise de Metz poserait quelques problèmes pour imprimer la totalité des éditions du Républicain à Nancy sur les presses de son « concurrent » l’Est Républicain: difficile de digérer l’ensemble des quelques 100.000 exemplaires du journal messin.

Subrepticement, dans le dos des salariés concernés, le Crédit Mutuel a pris contact avec M. Riccobono pour lui proposer d’imprimer quelques éditions et de les faire distribuer par la toute proche agence de messagerie.

De quoi attiser la colère des salariés du Républicain Lorrain d’abord qui s’interrogent sur la nécessité réelle de fermer leur imprimerie. Mais fureur à Mulhouse, où le projet du Comité d’entreprise de maintien et de développement de l’imprimerie de L’Alsace envisageait une charge de travail pouvant venir d’autres journaux. En effet, n’est-ce pas frappé de bon sens que les éditions de Belfort, Montbéliard, Franche-Comté de l’Est Républicain pourraient s’imprimer à Mulhouse bien plus proche de ces zones de diffusion que l’établissement nancéien. Grâce à cet apport en charge de travail, l’imprimerie mulhousienne peut revenir à l’équilibre.

M. Carli fait donc clairement le choix de donner l’impression de ces journaux à une imprimerie extérieure à son groupe alors que celui-ci possède des outils en capacité de la réaliser. Comment le même M. Carli va-t-il faire accepter aux salariés de L’Alsace la casse de leur imprimerie tout en confiant la charge de travail à une entreprise extérieure connue pour pratiquer l’évasion fiscale et qui pourrait, à tout moment, relever de poursuites pénales ?

Acheter la paix sociale ?

Mais toujours selon nos recherches, il semblerait que le Crédit Mutuel fasse miroiter à une poignée de délégués syndicaux, des postes dans l’entreprise de M. Riccobono à Nancy. Une aubaine pour certains. Car l’entreprise Riccobono peut bénéficier d’un plan social négocié entre les patrons de la presse parisienne et le gouvernement, permettant de faire partir des salariés ayant plus de cinquante ans dans d’excellentes conditions. De toute évidence, les entreprises et les pouvoirs publics sont prêts à mettre un paquet d’argent pour liquider les emplois en s’achetant la paix social avec de l’argent public !

Evidemment, si des délégués syndicaux de l’Est Républicain, du Républicain Lorrain, de L’Alsace, étaient transférés dans l’entreprise de M. Riccobono, ils seraient, eux, tirés d’affaire… Dans quelques mois ils pourront jouir d’une belle pré-retraite… et aujourd’hui, ils ne seront pas les plus virulents pour s’opposer à la fermeture de leur entreprise ! C’est ce qu’on appelle « acheter un plan social » !

Mais pour les salariés concernés et les délégués honnêtes, eux, la galère commencera dès la porte de leur entreprise fermée. De quoi donner la rage et de mener la lutte pour garder un emploi qu’aucune « généreuse prime de départ » ne pourra jamais remplacer.

Si d’aventure nos informations se vérifiaient, le Crédit Mutuel aura beaucoup perdu de son image… et de son honneur de banque soi-disant mutualiste.

Michel Muller

Retour sur l’interview de Nicolas Hulot par Reporterre

Dominique Jacques Roth, membre du collectif GCO Non Merci, nous livre trois remarques relatives à la prise de parole de Nicolas Hulot dans sa dernière interview publiée par Reporterre :

N. Hulot : « Sur le grand contournement ouest de Strasbourg, les procédures ont eu lieu et je ne peux pas revenir dessus. C’est comme pour les déchets radioactifs : ils sont là, je ne peux pas les faire disparaître ».

Cette phrase prononcée par N. Hulot dans l’interview « Reporterre » est incompréhensible au regard des faits, car si les déchets nucléaires sont bien là, le GCO à ce jour en revanche, n’existe pas !

NH : « Je ne peux pas prendre des mesures rétroactives qui nous conduiraient à des indemnités ou à des contentieux très lourds ».

Cette allusion exacte au regard du réel des PPP (Partenariats Privé Public) ne comporte en revanche aucune critique à l’égard de pratiques faisant sombrer nombre de collectivités publiques (communes, hôpitaux, Palais de justice etc…) dans un endettement structurel. En parler ainsi la bouche en coeur, avalise (tacitement) ces pratiques.

Ces programmes électoralement payants développés par J. Chirac, N. Sarkozy et F. Hollande se trouvent en faillite à court moyen terme en raison des intérêts rédhibitoires dus au bout de deux ou de trois années d’échéances à des taux normaux empêchant de financer les prochains programmes prioritaires au profit de quelques grandes entreprises et des banques avec la complicité du législateur.
Ces contrats transforment le service public en produits financiers dérivés dont le risque sera supporté par les contribuables. La rupture de ces contrats qui coûtent des indemnités à hauteur de dizaines, voire de centaines de milliers d’Euros à l’Etat (donc au contribuable) et constituent de véritables bombes à retardement financières dans tous les pays du monde ou la pratique des PPP a cours.
NH : « On a suspendu avec Elisabeth Borne tous les projets qui n’étaient pas pertinents et crantés juridiquement et financièrement ».
Ce dernier passage méconnaît que le projet GCO est aussi « cranté » juridiquement car au-delà de l’avis du CNPN que la ministre semble appeler de ses voeux manifestant ainsi sa volonté d’aller au bout du projet, la DUP n’est pas pas encore renouvelée. « Cranté » financièrement aussi, car il n’est pas avéré à ce jour que Vinci bénéficiera des subventions nécessaires pour mener ce projet à terme. En conséquence de quoi, il pourrait faire l’objet d’un moratoire a minima.

Retrouvez l’article de Reporterre : Nicolas Hulot : « Un ministre n’est pas un électron libre » : https://goo.gl/mQpctb

Julien WURTZ

La vacance de M. Hulot

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On se souviendra de cette photo dans Paris-Match : le ministre Nicolas Hulot, tête basse, parle à la presse flanqué sur sa gauche de Sébastien Lecornu,  secrétaire d’Etat qui le chaperonne pour le compte de Bruno Lemaire, et sur sa droite de Brune Poirson, ancienne de Véolia, elle aussi secrétaire d’Etat et l’œil de Macron pour surveiller Hulot. Car il en est ainsi dans ce gouvernement : chaque ministre a auprès de lui un ou une « envoyé spécial » du Président de la République chargé de veiller au grain.

 Et derrière le trio, le porte-parole du gouvernement Castaner, tendu comme un arc, surveillant chaque syllabe que le Ministre Hulot exprime.

 Et que dit-il le Ministre écologiste : que la France ne pourra pas appliquer la loi sur la réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française à 50% en 2015.

 Et on comprend la crainte du trio qui surveille Nicolas Hulot : faire dire à quelqu’un le contraire de ce qu’il a professé pendant des années de militant pur et dur de l’écologie, comporte quelque risque. Il est vrai que ce risque dépend fortement de la force des convictions du militant et plus encore des gages qu’il a dû donner pour devenir Ministre d’Etat. A 62 ans, c’était peut être la dernière occasion de connaître les ors de la République.

 Mais à quel prix ! « La première ligne rouge, c’est l’instant où je me renierai », a déclaré récemment Hulot au Monde. Pour l’heure, il affirme ne pas trahir ses convictions.

Que lui faut-il donc ? S’il y a un ministre qui n’arrête pas d’avaler son chapeau, c’est bien lui ! A part des promesses qui verront le jour aux calendes grecques, il n’a fait que reculer sur ses engagements passés. Le glyphosates ? Lui qui prétendait l’interdire, il accepte que cela se fera (sans garantie) dans trois ans seulement.

Lui qui était un farouche combattant de l’accord euro-canadien CETA, accepte que son gouvernement l’applique avant même que l’assemblée nationale ne donne son avis… Apparemment, la crainte de voir des OGM déferler sur l’Europe par des produits venant du Canada qui n’interdit pas ses saloperies, ne l’habite plus.

Et à présent, le nucléaire. C’était pourtant prévisible : avec un premier ministre qui fut le directeur des Affaires Publiques d’Areva, entreprise phare du nucléaire, de 2007 à 2010, pouvait-on s’imaginer qu’un gouvernement allait à l’encontre du lobby du nucléaire ? Il est présent au sein même des structures de l’Etat. Nicolas Hulot pouvait-il ne pas le savoir ?

Et c’est sur la foi d’un rapport de Réseau de Transport de l’Electricité (RTE), filiale à 100% d’Edf, que le Ministre Hulot décrète qu’on ne peut arriver aux objectifs fixés par la loi et qu’il faut reculer le délai de 10 à 15 ans. Et à lire le fameux rapport, ce serait plutôt 2035 que 2030.

L’électricité produite en France provient pour 77,0 % du nucléaire, plaçant ainsi notre pays au 2e rang des producteurs d’énergie nucléaire au monde après les États-Unis, et au 1er rang pour la part du nucléaire dans la production d’électricité.

 Le reste de la production d’électricité est assuré à partir de sources d’énergie renouvelables : 15,7 % et de centrales thermiques : 7,3 %.[]

Nous sommes loin de l’objectif fixé par l’Union Européenne, soit 20% d’ici à 2020. C’est en Suède que la part des énergies renouvelables est la plus élevée, puisqu’elles contribuent à plus de la moitié (52,6%) de la consommation finale, devant la Lettonie et la Finlande (38,7% chacune), l’Autriche (33,1%) et le Danemark (29,2%).

La plupart des experts rappelle que ce retard de la France est essentiellement dû au fait que la France a tout misé sur le nucléaire et a utilisé son entreprise EDF pour en être le maître d’œuvre. Et bien évidemment, celle-ci n’a pas investi dans les énergies renouvelables pour préserver les parts de marché du nucléaire qui devait permettre à notre pays d’exporter son savoir-faire en la matière.

En 2030, sur les 58 réacteurs nucléaires, il y en aura 48 qui auront plus de 40 ans. A l’échéance à 2030, la quasi totalité de notre parc nucléaire sera au-delà de sa date de péremption et les risques d’accident se multiplient au fur et à mesure des années qui passent.

Force est de constater que le fait d’avoir un Ministre de l’environnement et de la transition écologique venant des rangs du mouvement écologiste n’est pas de nature à changer l’orientation de l’Etat sur le nucléaire… ni sur d’autres problématiques environnementales comme Notre-Dame des Landes, le Grand contournement ouest de Strasbourg, Stocamine, Bure…

De tels reniements valent-ils un poste de Ministre d’Etat ? Et de fouler aux pieds trente ans d’engagement et de respectabilité…

Michel Muller

 

 

 

La France barbare…

Les actes exercés par quatre policier à Aulnay-sous-Bois sont révoltants et relèvent de la barbarie. Quatre pour contrôler un gamin sans histoire, dans les rues de cette banlieue parfois un peu turbulente, cela fait déjà beaucoup. Mais cette violence ! Les coups pleuvaient drus et cela se termine par un viol, un des policiers ne trouvant rien d’autre à faire que d’enfoncer sa matraque télescopique dans l’anus du jeune garçon. Grièvement blessé, sûrement marqué à vie physiquement et psychologiquement.

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La grande réussite des bus Macron!

Rappelez-vous, en juillet 2015, l’alors Ministre de l’Economie de M. Valls imposa, à coup de 49-3, une loi libéralisant le transport national par autocar. Cette loi devait mener à la complémentarité des modes de transports, entre le rail, l’aérien et la route.
Rappelez-vous : ces dernières avaient arrêté le travail le lundi 24 octobre à 16 h 38 pour protester contre les inégalités salariales entre les hommes et les femmes.
Cela devait aussi désenclaver les territoires et, surtout, permettre aux moins fortunés de voyager puisque un trajet Strasbourg – Paris par Flixbus vous coûtera entre 15 ou 30 euros en fonction de la date choisie contre 107 euros en TGV. Evidemment, vous aurez le temps de voir le paysage puisqu’il vous faudra 6 h 20 pour atteindre la capitale là où le train en met un peu moins de 2 h… Mais bon, admettons, si Paris ne vaut plus une messe, elle vaut bien quelques miches endolories…
On nous promettait la création de 22.000 emplois, des entreprises allaient fleurir quasiment dans chaque ville… oubliant juste que la plupart d’entre elles n’ont pas de gare routière…
Il y eut bien quelques voix qui s’élevaient pour s’interroger si c’était vraiment une bonne idée de multiplier les autocars sur des autoroutes déjà pas mal encombrées par les poids-lourds, rien que l’A36 et l’A35, c’est déjà quelque chose, mais si vous prenez l’A1 de Paris vers Lille… l’enfer !
D’autres s’interrogeaient si cela était vraiment opportun en pleine période d’application de la COP 21 dans laquelle la France voulait être l’élément le plus vertueux.
Car pour le bilan carbone, le bus devra repasser ! Quand un TGV émet 13 grammes de CO2 par km, l’autocar en émet 10 fois plus, 130 grammes !
Mais tout cela fut balayé. M. Macron rappelant même que les TER étaient la plupart du temps vides ou peu occupés. Il ne devait pas prendre souvent le Mulhouse – Colmar ou Strasbourg… Mais peu de monde mis cette contradiction entre la politique sur l’environ et celle sur le transport du gouvernement en évidence.
Alors, où en sommes-nous aujourd’hui. Eh bien, il y a bien eu près de 4 millions de passagers, des lignes interurbaines ont été ouvertes, 200 environ…Par contre, nous sommes loin, très loin, des 22.000 emplois puisqu’on en compte tout juste… 1.450 ! Et encore, une des six sociétés d’autocars, Mégabus, est en train de fermer en licenciant 175 salariés.
Evidemment, les prix bas et la concurrence féroce entre les opérateurs conduisent à des problèmes économiques. Pour un des acteurs, Transdev, filiale multinationale de la Caisse de dépôt et de Véolia, aucune ligne n’est véritablement rentable et ses pertes se comptent à une dizaine de millions d’euros par an. Le géant allemand Flixbus, 47% du trafic en France, lui, commencent à supprimer des destinations et dégage des bénéfices grâce à ses 90% du trafic allemand.
Dans ces conditions, pas sûr que les 22.000 emplois se concrétisent un jour. D’autant plus que le taux de remplissage des autocars n’est que de 40%, pas beaucoup mieux que les TER…
Mais c’est la SNCF qui tient le pompon : elle a créé une filiale de bus, Ouibus, pour se faire la concurrence elle-même en quelque sorte. Cela lui a coûté 250 millions d’euros sur la seule année 2015, en renflouant en plus des pertes à hauteur de 50 millions d’euros.
Sa consoeur allemande, la Deutsche Bahn avait imaginé un parcours identique dès 2013 date de libéralisation du marché allemand, mais en mesurant le poids des pertes accumulés, elle a vite jeté le manche.
En un an, la loi Macron a réussi l’exploit de déstructurer massivement tout le secteur du transport. Elle a justifié des fermetures de lignes ferroviaires dans des régions et a ainsi « réenclavé » des territoires. Le transport est devenu une compétence régionale en France et en privant les TER de passagers, le maintien indispensable de certaines lignes deviendra plus onéreux et devra être assumé par les contribuables.

Ainsi, une poignée d’entreprises d’autocar aura le monopole sur les lignes rentables pour lesquels elle pourra, tôt ou tard, imposer des prix de billet comme bon lui semble. Pour les passagers, ne resteront plus alors que les miches endolories…
Michel Muller

Loi travail, et si on en causait ? – Le podcast de « Un autre son de cloche »

En partenariat avec radio MNE (107,5 Mhz sur Mulhouse), de jeunes lycéens et étudiants, mais également des syndicalistes et des responsables politiques locaux se sont entretenus avec l’équipe de l’Alterpresse, au sujet de la loi travail, et plus largement des perspectives du mouvement social, quelques heures après la manifestation du 30 mars 2016 à Mulhouse.

Nous vous proposons donc de retrouver ici bas l’intégralité de l’émission « Un autre son de cloche », enregistrée le 30 mars 2016 à 20 heures, dans les studios de Radio MNE.

Loi sur le travail : Faut-il attendre le 31 mars ?

Cinq cent mille manifestants dans toute la France le 9 mars dernier qui veulent le retrait de la loi de liquidation du code du travail. Deux mille pour le moins à Mulhouse ce qui ne s’était plus vu depuis longtemps.

Le 12 mars, les « rassemblements » à l’appel des organisations syndicales CFDT – UNSA – CFTC – CFE-CGC et la deuxième organisation étudiante FAGE, n’ont pas eu le succès attendu. Ce qui fragilise évidemment la position de « renégociation de la loi ».

La CGT, la FSU, Force Ouvrière, l’UNEF et l’UNL appellent à présent à une manifestation le 31 mars prochain. Alors que le gouvernement tente une opération déminage dès le 14 mars. Faut-il attendre aussi longtemps pour réagir ?

Ndlr: vous trouverez en fin d’articles une série de photos gracieusement mis à disposition par Pierre Dolivet, photographe indépendant, qui a couvert la manifestation du 9 mars. Qu’il en soit chaleureusement remercié.

Un succès indéniable des manifestations

C’est le contexte dans lequel elle se déroule qui définit le succès d’une manifestation. Celle du 9 mars est sans aucun doute à ranger dans la colonne réussite. Comme le disait Jacques Rimeize, secrétaire général de l’Union départementale FO rencontré dans la manifestation à Mulhouse, « nous avons eu très peu de temps pour nous préparer à la participation à cette action décidée par les jeunes. Et nous avons été entendus ».

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Le peu de jeunes étudiants dans la manif ? Jacques Rimeize tempère : « Mulhouse n’est pas une ville universitaire de la dimension de Strasbourg. Ce sont surtout les lycéens qui sont organisés ici. Pas de quoi s’inquiéter ! »

Indiscutablement, la forte présence syndicale dans la cité haut-rhinoise, sous les bannières de la CGT, de Force Ouvrière, de Solidaire et de la FSU semble démontrer que nombre de salariés étaient mobilisés. La présence de la Fédération autonome de la Fonction publique territoriale (FAFPT) montrait que le secteur public dans lequel œuvrent de plus en plus de salariés contractuels se sent également concerné. La belle participation de la CFDT (Métaux et Chimie) dans le défilé est aussi une indication : si les « états-majors » syndicaux ont une stratégie différente, les choses ne sont pas aussi simples sur le terrain où la volonté de voir les syndicats s’unir est très forte.

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Un « tour de chauffe » ?

Eliane Lodwitz et Arnaud Anthoine (Union départementale 68 CGT) étaient eux aussi satisfaits de la mobilisation. « Cela fait longtemps que nous n’avons pas vu autant de monde dans la rue. Nos syndicats CGT ont bien répondu. Mais pour nous, cela n’est qu’une première étape. Il faudra continuer pour arriver au retrait du projet de loi. »

Effectivement, le gouvernement a mesuré la dimension du rejet et de la capacité de mobilisation qui se dessine. Si la loi sur la réforme du code du travail est au centre de la contestation, d’autres sujets latents, antérieurs à cette loi, amplifient le mécontentement. L’état d’urgence perpétuel, la politique sécuritaire, la politique d’austérité et son impact sur le pouvoir d’achat, l’augmentation du chômage.

Et un sentiment qui gagne du terrain : celui de s’être fait avoir par les promesses d’un président avant les élections et la réalité de sa politique.

La crainte d’un mouvement social d’envergure

Le 9 mars, les syndicats ont rejoint un appel des organisations de la jeunesse, y compris du Mouvement des Jeunes socialistes. Si les exemples de reculs des gouvernements devant la colère de la jeunesse sont nombreux, chaque situation est pourtant différente. Et le gouvernement à raison de s’inquiéter de l’extension possible d’un mouvement qui agrège autant de motifs de mécontentement.

Traiter les jeunes d’ « inconscients » comme le fait l’ancien président Sarkozy relève plus de l’incantation que de la réalité. La génération qui est aux portes du monde du travail a vu ce que ses aînés endurent : contrat limité, stage non rémunéré alors qu’ils travaillent réellement, conditions de travail de plus en plus dégradée, code du travail non respecté… Ils ne veulent plus de cela.

Et c’est pourtant ce que la loi El Khomri veut graver dans le marbre d’un nouveau code du travail.

Mais le monde du travail, lui aussi, commence à relever la tête. Il voit bien que tous les sacrifices qu’on lui a demandé pour « combattre le chômage » n’ont servi à rien et que le nombre d’exclus est de plus en plus importants. Seuls les tripatouillages des chiffres de Pôle Emploi permettent de masquer la catastrophe.

Alors que le spectre de la pauvreté s’éloignait de plus en plus pour certaines catégories de la population, une grande partie d’entre elles ne se sentent plus protégés et considèrent que cela peut aussi leur arriver.

D’ordinaire, le malheur n’est pas toujours synonyme de mobilisation ou de révolte. Sauf quand il y a une prise de conscience que les intérêts particuliers des uns se défendront mieux en les partageant avec d’autres. En sommes-nous là ? C’est encore à vérifier, mais la panique gouvernementale devant cette mobilisation naissante semble indiquer que cette éventualité soit prise en compte.

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Le dérapage du MEDEF

Ce n’est pas un scoop : le MEDEF (beaucoup plus que la CGPME ou l’Union Patronale des Artisans UPA) soutient de toutes ses forces la loi. Et cela se comprend puisqu’il est le seul gagnant dans l’affaire.

Le journal Les Echos vient de dévoiler les pressions que Pierre Gattaz, président de l’organisation patronale, vient d’exercer sur la CFT-CGC et qui est révélatrice des rapports qu’ont certains syndicales avec le MEDF.

Vendredi soir donc, le site des Echos a dévoilé les messages que Pierre Gattaz  aurait envoyés à la présidente de la Confédération des cadres, CFE-CGC, Carole Couvert.

Le président du Medef la menace de ne plus la « soutenir » si elle persiste dans son opposition au projet de loi El Khomri sur le marché du travail.

«L’attitude de la CGC est incompréhensible et nuisible. Vous avez déjà planté la loi MDS (ndlr : Modernisation du dialogue social). Vous n’allez pas nous planter la loi MEK (ndlr: Myriam El Khomri)», écrit le dirigeant patronal. Puis il ajoute : «Si vous persistez dans cette attitude « cgtiste » sur cette loi, le Medef en tirera toutes les conséquences sur nos discussions en cours». Et il se fait  plus précis : «Ce que je veux dire c’est que nous (ne) vous soutiendrons plus dans votre combat pour les cadres si vous plantez la loi MEK».

Bonjour l’indépendance syndicale !

Les manœuvres de M. Valls

Il n’est pas dans nos habitudes de critiquer les organisations syndicales quelles qu’elles soient. Elles ont des orientations différentes et des difficultés à trouver la voie unitaire. Dont acte.

Mais apparemment, elles sont toutes d’accord pour considérer que le projet de loi initial est inacceptable et certaines d’entre elles ( les « réformistes ») ont mis en avant neuf propositions de changement dans le texte.

Les avis divergent sur le fait que ce texte soit amendable ou non. Nous verrons au résultat que le premier ministre veut rendre publique le 14 mars. Il semble que des modifications plus ou moins marginales sont envisagées. Et bien évidemment, retirer la loi dans le contexte actuel serait un désaveu de toutes la politique menée par François Hollande depuis sont élection.

Le rapport de force qui s’est exprimé est-il suffisant pour faire reculer le gouvernement ? On peut penser qu’il en est encore à croire que des manœuvres politiques, l’appui de certains syndicats dont les motivations sont plus politiques que syndicales, peuvent lui permettre de passer le cap.

Pourquoi attendre le 31 mars ?

Dès lors se pose la question : pourquoi les organisations syndicales et étudiantes qui se sont rencontrées il y a plus d’une semaine à présent, veulent attendre le 31 mars pour une nouvelle action. Les étudiants proposent que dès le 17 mars, de nouvelles manifestations soient organisées.

On peut comprendre qu’une date est fixée en fonction du temps qu’il faut pour optimiser la mobilisation.

Pourtant, il semble bien que la population de notre pays est bien consciente des enjeux et des risques. Alors, si on accélérait le processus ?

Michel Muller

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Ci-dessous les photos de Pierre Dolivet

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (51)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (16)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (48)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (4)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (20)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (50)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (11)

manif. mulhouse 9 mars 2016 contre la loi el khomry (39)

Samedi 27 février, Notre Dame des Landes…

NDDA

Samedi 27 février : au long du barreau routier partie de la future desserte de l’éventuelle future plate – forme aéroportuaire de Notre – Dame des Landes, entre les RN 65 (Nantes Vannes) et 137 (Nantes Rennes).

Notre Dame des landes elle- même a peut être lu ces panneaux, banderoles, pancartes, portés joyeusement dans le cortège de dizaines de milliers de manifestants qui occupaient entièrement ces 5 kilomètres d’asphalte ?

« Oui aux oiseaux, non aux lacrymaux », « Stop aux avions, oui aux tritons », « Cop 21 en décembre, kérosène en janvier », « Bure, Fessenheim, grands projets inutiles », « Des courgettes, pas des jets », « Remi Fraisse, mort à Sivens »…

Mais aussi : « TOTALe ment responsable », « Vinci – concessionnaire du futur éventuel aéroport – dégage »…

Ou encore : « Touche pas à ma terre », « Touche pas à ma ZAD », « Solidarité climat », « Sauvons la ZAD et le Code du travail », « Entendez- vous dans les campagnes nos vaillants paysans ? » « Mort à l’état d’urgence »…

Peut – a- elle vu fleurir des drapeaux régionaux, les quelques bonnets rouges portés par des manifestants, quelques drapeaux de partis politiques (Parti de gauche, EELV, organisations anarchistes, PCF, NPA…) ou de syndicats (CGT, Solidaires, Confédération paysanne..), remarqué les « tracteurs vigilants » de paysans locaux ?

Et maintenant ? Après cette énième mobilisation des anti-aéroports dont les organisateurs et les participants estimaient qu’elle avait été la plus forte de toutes (des médias locaux avançaient samedi soir le chiffre de 50 000 participants) ?

Référendum?

Un référendum local est donc annoncé par le gouvernement : mais référendum imbroglio ou référendum vrai ? Sur quel périmètre de populations pour un projet national.

Avec le support légal de la future possible Haute autorité de la participation du public sur le dialogue environnemental ?

A l’échelle de la Pays de Loire dont le président refuse l’idée de l’organiser ?
A l’échelle du département de Loire Atlantique pour un projet qui en impacte directement au moins 5 ?
A moins que le référendum ne soit formaté comme celui de la version projet de loi sur le travail conçu pour contourner si nécessaire les représentations syndicales majoritaires dans une entreprise, ou rejouer une version de référendum sauce 2005, rejeté massivement par le corps électoral français mais voté par le Parlement deux ans plus tard ?

Tous les juristes sérieux pointent les raisons d’invalidation d’un référendum sur le sujet Notre Dame des Landes dans le paysage légal et réglementaire qui est le nôtre.

Les opposants au projet d’aéroport exprimaient pour leur part samedi leur scepticisme quant à la solution référendaire mais pointent l’absence totale d’informations sur le sujet à l’heure actuelle, comme la difficulté d’organiser un débat public suer un sujet ou expertises et contre – expertises s’enchaînent depuis 15 ans ?

Et si Notre Dame des Landes elle-même avait une solution ? Sur un bout de nuage, pour ne pas l’oublier, je crois savoir qu’elle a recopié samedi une grande inscription taguée sur l’asphalte et appelant à l’unité : « Des fissures de la ZAD sortent les racines de leurs projets ».

Et sur une banderole on pouvait également lire samedi : « l’abandon, c’est maintenant ».

Christian Rubechi

De la culture cinéphilique en milieu départemental

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît », persiflait délicieusement le Dieu de la jactance, Monsieur Audiard.
Gageons que le cador Straumann, président du Conseil départemental du Haut-Rhin, doit émarger au sein de la vaste confrérie depuis quelques temps déjà.
Après avoir réinstauré le cassage de cailloux pour délit de grande pauvreté, le voici franchissant au trot le mur du çon en apparat de grand mamamouchi sud-alsacien.
Lundi 22 février 2016, le journal « l’Alsace » relatait en effet le courroux qui l’étreignait alors qu’il se bornait à propager la bonne nouvelle bénévolante, aux larbins pas franchement convertis. Il se trouve qu’une poignée d’empêcheurs de besogner pour des nèfles lui mordillait méchamment la soutane depuis une plombe. Ce à quoi il leur répondit, brandissant haut le portrait de Saint-Turbin: « Une partie de l’élite intellectuelle, osant même parler du retour du STO (Service du Travail Obligatoire) de sinistre mémoire, en oubliant de regarder du côté des pays anglo-saxons qui connaissent des niveaux de chômage bien plus faibles que nous. »
Il avait bien raison le Rico. Les anglishes c’est vraiment les rois du monde question boulot ! On peut même dire qu’ils dispersent la corvée, et ventilent la dèche, comme pas deux européens sauraient se tirer la nouille à Bruxelles ! On repère même qu’ils ont inventé le contrat de travail « zéro heure ». Ce qui veut dire que le bourgeois dispose de toi quand le besoin le presse, sinon tu repasseras la semaine des quatre !
On n’en croit pas ses cages à miel ! C’est un peu comme le « bénévolat » de Straumann : on te sonne au lance-pierre et t’aboules la bidoche pour pas une thune ! Si tu refuses, t’iras visiter la camarde la gueule ouverte, elle au moins te fera bouffer du pissenlit…
Y a pas à dire, la vie politique pour Straumann, c’est pas seulement du cinéma.

Mario DI STEFANO

Goodyear : lettre ouverte aux élus et responsables socialistes

 

Nous reproduisons ci-dessous une lettre ouverte adressée le 1er février 2016 par le PCF 68 à 3 élus socialistes (Patricia Schillinger, Sénatrice ; Cléo Schweitzer, Conseillère régionale ; Antoine Homé, Maire de Wittenheim, Conseiller régional) et aux responsables de la fédération du PS du Haut-Rhin qui sont interpellés sur la condamnation des syndicalistes de l’entreprise Goodyear.

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