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Immigration: associations et Gérard Collomb: rien ne va plus!

Les Associations intervenant dans le domaine des réfugiés et des migrants expriment un profond désaccord avec le gouvernement sur la façon dont sont traités ces personnes sur le sol français. L’Alterpresse tient à publier ici la position du Ministre de l’Intérieur et les réactions des Associations. Dans le but de donner un éclairage précis et complet sur les enjeux autour de cette question qui mêle humanité et principes démocratiques.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, reste ferme sur les orientations de son projet de loi sur l’asile et l’immigration, critiqué par les associations.

Les associations parlent d’un projet de loi déséquilibré, où le volet sécuritaire l’emporte sur l’humanitaire. Est-ce une fermeté que vous revendiquez ?

 Les associations parlent d’un projet de loi déséquilibré, où le volet sécuritaire l’emporte sur l’humanitaire. Est-ce une fermeté que vous revendiquez ?

Gérard Collomb. C’est un projet de loi totalement équilibré. Il reprend deux grands principes : la France doit accueillir les réfugiés, mais elle ne peut accueillir tous les migrants économiques. Cette année, 100 000 personnes ont déposé une demande d’asile, 85 000 n’ont pas été admises aux frontières. Il est impossible d’accueillir dignement 185 000 personnes par an. C’est une ville comme Rennes!

 Allez-vous maintenir la circulaire, très contestée, sur le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence ?

GC: Bien sûr. Cette circulaire a été extrêmement caricaturée, mais elle est assez nuancée. Qu’est-ce que nous disons ? Vous avez aujourd’hui des personnes qui ont un statut de réfugié : elles ont vocation à aller dans un logement stable. Il y a aussi ceux qui n’ont pas encore entamé les démarches de demande d’asile : nous allons leur permettre de le faire. Enfin, il y a les déboutés. Nous allons les orienter vers le guichet de manière à pouvoir suivre la procédure normale. Il n’y a là rien que le respect des règles de la République. L’accueil inconditionnel, oui. Mais pas indifférencié.

Vous comptez doubler la durée de rétention administrative. Que prévoyez-vous pour les centres ?

GC: Nous allons ouvrir 200 places d’ici à la fin du mois de janvier et 200 autres en 2018. Pour aller plus vite, nous allons construire des bâtiments adaptés en préfabriqué. Ce ne sont pas les baraquements d’il y a trente ans, mais de vrais bâtiments qui se montent en huit mois seulement.

 Vous souhaitez augmenter le nombre d’expulsions. Quels sont vos objectifs chiffrés ?

GC: Je n’ai pas d’objectif chiffré. Nous avons augmenté les éloignements de 14 % en 2017. Pour ceux que l’on appelle les « dublinés », nous avons fait + 100 %. C’est très important, car nous estimons aujourd’hui, en Europe, le nombre de déboutés du droit d’asile à 500 000. Si tous se disent qu’ils peuvent venir faire une seconde demande d’asile en France et que nous ne pouvons pas les éloigner dans des durées brèves, nous serons impuissants.

 Vous plaidez pour un raccourcissement des procédures de demande d’asile…

GC: L’objectif est de pouvoir examiner les demandes dans un délai moyen de six mois.

 Que comptez-vous faire pour améliorer l’intégration ?

GC: Dans le texte de loi, nous prévoyons un allongement de quatre ans de certaines cartes de séjour, la facilitation de l’accès à la carte de résident de dix ans pour les parents d’un réfugié mineur, l’extension de la réunification familiale aux frères et sœurs d’un réfugié mineur, des dispositions protectrices sur le droit au séjour des victimes de violences conjugales ainsi que pour les jeunes filles qui pourraient être menacées d’excision. Parallèlement, une mission a été confiée à Aurélien Taché (NDLR : député LREM du Val-d’Oise) dans le but d’augmenter le nombre d’heures pour apprendre le français et de faciliter l’accès à la formation et au logement.

 De nouveaux centres d’accueil seront-ils créés ?

GC: Oui. Nous avons expérimenté des nouveaux centres d’hébergement qui concilient hébergement et examen administratif, des CAES (NDLR : centres d’accueil et d’examen de situation). Face au succès de ce dispositif, nous allons ouvrir dans les mois qui viennent 200 places par région. A ce jour, 1 300 places sont déjà ouvertes. En Ile-de-France, nous allons passer à 900 places. Un nouveau centre vient d’ouvrir à Ris-Orangis.

 Vous auriez dit en avoir marre d’être vu comme « le facho de service »…

GC: Je fais ce que je crois devoir être fait. Mais ce n’est jamais plaisant d’entendre ce type d’accusations. On peut être généreux, mais il ne suffit pas de l’être en théorie, il faut l’être dans les faits.

 Le président va à Calais. La « Jungle » a disparu, mais il reste des centaines de personnes qui vivent sans abri…

GC: Il ne reste plus que 400 personnes à Calais, contre 7 000 il y a un an, et une cinquantaine à Grande-Synthe. Il y aura toujours des migrants qui voudront aller en Angleterre. Dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, nous avons ouvert cinq CAES. Ceux que l’on voit dormir dehors ne veulent pas s’y rendre, car ils n’ont pas pour projet de déposer une demande d’asile en France.

 Des ONG dénoncent des maltraitances policières…

GC: A l’époque, j’avais demandé une enquête aux inspections du ministère de l’Intérieur. Or, bien qu’elles soient d’habitude assez sévères, elles n’ont pas confirmé les faits. Il a pu y avoir quelques dérapages individuels mais ils sont suivis de sanctions internes.

 Vous vous êtes lancé dans un round de consultations avec les députés LREM. Pour déminer une possible fronde ?

GC: Je ne crois pas à un phénomène de fronde. Les discussions se passent de façon très apaisée. Ma méthode, c’est de jouer la transparence vis-à-vis des associations et des parlementaires, de la majorité, des groupes de l’opposition que je vais d’ailleurs recevoir.

 Vous laisserez une marge de manœuvre aux parlementaires ?

GC: Des possibilités d’amendement, bien sûr. Mais, il n’est pas question de changer d’orientation.

 Avec les Britanniques, y aura-t-il une modification des accords du Touquet ?

GC: Je souhaite aboutir à un protocole additionnel à ces accords, et à des mesures concrètes de prise en charge d’un certain nombre de coûts par les Britanniques, ainsi que d’un plus grand nombre de personnes, au titre de l’accueil des réfugiés et des mineurs non accompagnés.

Les associations d’aide aux migrants déplorent un projet de loi «déséquilibré» qui entérine «une logique de tri». 

GC: « Mieux accueillir les réfugiés » et « mieux expulser » les illégaux: le futur projet de loi asile et immigration, dont le gouvernement a dévoilé les grandes lignes aux associations le 11 janvier, devrait être présenté fin février en Conseil des ministres, puis en avril au Parlement. Les associations d’aide aux migrants, déjà très remontées contre une circulaire prévoyant le recensement des migrants dans les centres d’hébergement, déplorent un projet « déséquilibré » qui entérine « une logique de tri ». D’autres voix, comme celles de la Conférence des évêques de France ou d’intellectuels, ont elles aussi protesté.

 En matière d’asile

GC: La notion de « pays tiers sûr », qui visait à faciliter le renvoi des demandeurs d’asile, a été abandonnée. Mais le texte renforce le contrôle des demandeurs d’asile et les soumet à des délais raccourcis. Ainsi, le demandeur d’asile disposera de 90 jours au lieu de 120 pour déposer son dossier. Puis, s’il est débouté par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, de 15 jours au lieu d’un mois pour déposer un recours. « La volonté de réduire les délais » ne doit pas « porter atteinte à la qualité de la procédure d’asile », prévient Forum réfugiés, qui rappelle que l’enregistrement d’une demande se heurte d’abord, en amont, à l’attente dans les préfectures.

En matière d’immigration

GC: La mesure la plus contestée concerne l’allongement de la durée de rétention administrative, qui passerait de 45 à 90 jours, voire 105 si l’étranger s’oppose à son éloignement. « Inutile et inefficace », assurent les associations, qui rappellent que les deux tiers des expulsions sont décidées dans les douze premiers jours d’enfermement. Autre disposition critiquée et jugée inutile : l’allongement de 16 à 24 heures de la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour.

Les associations d’aide aux réfugiés sont vent debout contre la circulaire du ministère de l’Intérieur visant à contrôler les migrants dans les centres d’hébergement pour en recenser les occupants, et les orienter en fonction de leur situation.

Le 5 décembre dernier, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait présenté son projet consistant à envoyer des « équipes mobiles » dans les centres d’hébergement d’urgence pour en recenser les occupants, et les orienter en fonction de leur situation administrative. Ce lundi, plusieurs grands acteurs associatifs ont annoncé la saisine du Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour suspendre cette circulaire qui fait polémique.

Cette circulaire, adressée aux préfets mardi dernier, a notamment pour but de « réduire le nombre de personnes qui, hébergées pour une durée parfois longue, restent sans statut ou ne peuvent bénéficier ». Elle participe de la politique voulue par le gouvernement sur l’immigration : de meilleures conditions d’accueil pour les étrangers qui relèvent du droit d’asile, mais une fermeté inédite pour ceux qui peuvent être reconduits dans leur pays d’origine comme les sans-papiers, ou dans le pays par lequel ils sont arrivés en Europe (conformément à la procédure dite de « Dublin »).

La Fédération des acteurs de la solidarité (Fas, ex-FNARS) est l’un des auteurs de la saisine. Florent Guegen, est directeur de la FAS, et comme beaucoup de travailleurs sociaux il met en garde contre les dangers de cette circulaire qui va à l’encontre des principes fondateurs des associations d’aide aux migrants. «Notre rôle c’est d’accompagner les migrants pas de devenir des auxiliaires de police. Les travailleurs sociaux, ne sont pas là pour contrôler ou signaler les personnes » explique le dirigeant associatif.

Contre-productif ?

« Le risque que nous pointons, c’est un dispositif totalement contre-productif. Il risque simplement de dissuader les migrants d’aller dans les centres. Ce sera un piège à migrants, pour les éloigner, ou les placer en centre de rétention » alarme Florent Gueguen.

«Au final, il y aura plus de personnes dans les rues. Il y a un vrai risque de reconstitution de campements massifs comme à Calais, à l’est de Paris ou dans des grandes villes comme Lyon ou Lille. » ajoute le directeur de la Fars. « La circulaire pose un problème de périmètre. Elle rentre dans la sphère sociale avec la question du contrôle. Le risque c’est de se retrouver avec beaucoup de personnes dans la rue de peur d’être contrôlées. Alors même que le président s’est engagé à ne plus avoir personne dans la rue » abonde Jean-François Dubost, Responsable du Programme Personnes déracinées, à Amnesty International.

L’idée des associations c’est donc de rendre la circulaire inopérante par le biais de la saisine du Défenseur des droits plus que de gagner du temps.

Absence de la Justice dans le processus

« Cette circulaire est contraire à la loi et au code de l’action sociale et des familles. La loi garantit « l’accueil inconditionnel » dans l’hébergement. Toute personne sans abri a droit à un hébergement sans qu’on distingue sa situation administrative » martèle Florent Gueguen.

Autre argument des associations : l’absence des instances judiciaires dans le processus. « Ces contrôles s’effectueraient sans procédure judiciaire. Un centre d’hébergement est considéré comme un domicile. Et jusqu’à preuve du contraire, l’administration n’a pas le droit de venir dans le domicile d’un citoyen lambda » précise le dirigeant.

Mais cette circulaire gouvernementale est perçue par le milieu associatif comme une rupture sans précédent dans le processus d’accueil en France. « C’est le coup le plus dur porté aux associations sur les politiques migratoires depuis très longtemps. Le milieu associatif est un contre-pouvoir. C’est un garant du fonctionnement démocratique. Et là, cette circulaire touche au cœur de ce système » témoigne un proche du dossier.

« C’est une rupture avec une doctrine qui date du XIXe siècle ! Doctrine qui dit que les centres sont des lieux de protection, ils ne peuvent pas faire l’objet d’une mesure coercitive. C’est la tradition française de l’accueil des plus démunis » rappelle Florent Guegen. La circulaire n’est que le premier des contre-feux prévus par les associations pour stopper ce projet gouvernemental.

Recours à venir

 » On utilisera toutes les voies du droit pour faire en sorte que cette circulaire ne soit pas appliquée » conclut Florent Guegen. La CNIL a d’ailleurs été saisie sur le courrier du préfet de Haute-Savoie qui demandait aux associations la liste des personnes hébergées. Un recours au tribunal administratif est aussi à l’étude du côté de la FAS. Le regroupement d’associations ne s’interdit pas un recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme.

« Les signaux envoyés par le gouvernement et les pratiques, à Calais, ou à la frontière transalpine, sont autant de témoignages d’illégalités quasi quotidiennes commises par les pouvoirs publics. On renvoie les mineurs, on ne fournit pas de formulaires de demandes d’asile ; à Briançon, la situation est telle que c’est de l’ordre du sauvetage des vies en montagne… Aujourd’hui, en France il y a des personnes mises en danger. Ce n’est pas anodin dans un pays européen… » analyse Jean-François Dubost, d’Amnesty.

« Il faut arrêter de voir les migrants comme un problème, et d’avoir comme seule réponse des moyens coercitifs. Il y a un vrai débat national à avoir et cela ne veut pas dire forcément ouvrir les frontières » commente le membre d’Amnesty International. Les associations attendent de rencontrer le président de la République, comme il leur a été promis, pour faire infléchir la politique gouvernementale.

 

Etats généraux des migrations…Vite!

Quelques 500 tracts distribués rapidement devant la gare de Mulhouse ce 18 décembre, journée mondiale des migrants. 

 Symbolique, oui…mais pas que….

 Les milliers d’enfants, de femmes et d’hommes accablés.e.s par les violences, les dangers de mort sur les routes de l’exil, ne laissent plus indifférents une opinion publique recrue  de mensonges, de phantasmes, de calculs électoraux de politiciens minables, de désinformation.

 Le mépris des droits humains, la criminalisation des bénévoles, les financements de camps de tri en Libye, l’abandon de milliers de mineurs totalement isolés aux hasards et dangers de la rue, interrogent de plus en plus une opinion publique qui évolue rapidement sur ces sujets, qui comprend la réalité des drames et l’indigence des politiques publiques proposées – en France notamment.

 500 associations et collectifs nationaux voulaient d’abord affirmer ce 18 décembre que ces politiques de chasse au migrant, de violation des droits humains élémentaires ne sont pas conduites en notre nom.

 La France de l’accueil s’est mise en mouvement par ses mobilisations de citoyens solidaires et responsables, eux…

Les dispositifs les plus répressifs

 Mais ce gouvernement, celui de Monsieur Macron, prépare un projet de loi qui durcit encore les conditions d’accueil des migrants; il invente des dispositifs qu’aucun gouvernement n’avait encore osé imaginer (éloignement vers des pays de transit, refoulement pur et simple à la frontière franco – italienne, dispositif de renvoi massif de sans – papiers mais aussi de demandeurs d’asile, contrôles policiers jusque dans les centres d’hébergement sociaux ou d’abri d’urgence, redéfinition de la notion de pays sûrs, réinvention des centres d’assignation à résidence à proximité des aéroports, mobilisation de dispositions  issues du dispositif anti – terroriste pour se dispenser du contrôle judiciaire tels les contrôles au faciès, les zones de contrôles frontaliers élargies…).

 Outre que nombre de ces dispositions sont en contradiction avec des dispositions légales nationales et européennes, avec nombre de conventions internationales signées par la France, elles sont présentées par le locataire de l’Elysée comme un dispositif rationnel, équilibré humain… »efficace » en somme.

 En fait il s’agit désormais de sous – traiter la demande d’asile, ses garanties légales nationales et européennes,  ses principes fondateurs même, à des pays tiers (Turquie comme référence et Tunisie, Maroc, Algérie, Niger, Mali sans doute demain).

Le distinguo entre « demandeurs d’asile » et « migrants économiques » cher à Emmanuel Macron ne cache même plus la réalité de politique de renvoi systématique des uns comme des autres.

Le mur législatif : une terrible régression

Carine Fouteau, dans un article repris par « Mediapart » évoque à juste titre le « mur législatif » construit par le Ministre de l’Intérieur.

Le Défenseur des droits observe par ailleurs que le dispositif de renvoi touche particulièrement les étrangers malades et cite l’éloignement de personnes dont les pathologies ne peuvent pas être traitées dans leur pays d’origine; il souligne « la régression particulièrement terrible et une atteinte au droit fondamental le plus essentiel, le droit à la vie ».

Plus d’un an après la destruction de la jungle de Calais, des experts de l’O.N.U viennent de rappeler à la France la nécessité d’octroyer de l’eau potable aux migrants, de cesser la maltraitance organisée à leur encontre.

La question est désormais de savoir jusqu’où ira ce Président pour, « en même temps » expulser, interdire, oublier nombre d’engagements internationaux de la France, imposer aux pays d’origine récalcitrants, notamment africains, des réadmissions de leurs nationaux, par ce qu’il faut bien nommer un chantage aux aides financières publiques au développement et « en même temps » cacher la réalité de sa politique qui semble désormais ébranler quelques certitudes dans les rangs même de sa majorité.

En Alsace comme ailleurs le  processus national de rencontres, débats, mobilisations est désormais  lancé, avec l’ensemble des personnes impliquées aux côtés des migrant.e.s pour élaborer des propositions, une politique alternative au niveau national comme au niveau européen, les Etats généraux des migrations.

 Il faut le rejoindre…

 C.R

 

Ari Shavit : la terrible confession…

A l’heure où la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël fait peser sur le monde entier un nouveau risque majeur de graves, très graves, conflits, il n’est pas inutile de rappeler qu’en Israël aussi, des citoyens s’engagent pour éviter cette escalade et militent pour la création d’un vrai Etat palestinien. Nous souhaitons également que leurs voix soit entendues.
L’Alterpresse68

Ari Shavit est un journaliste israélien. Il travaille pour le quotidien Haaretz. Son livre, « Ma terre promise » a obtenu de nombreux prix aux Etats-Unis. Sur la 4e de couverture, l’éditeur présente ainsi l’auteur : « Partisan de la paix et de la création d’un état palestinien, Ari Shavit nous offre, à travers l’histoire de sa famille et des principales étapes de la création d’Israël jusqu’à nos jours, le plus passionnant et contrasté des voyages (…) Son histoire met en évidence la complexité et les contradictions de la condition israélienne. L’évocation d’un pays vibrant d’énergie qui a vécu et vit toujours au bord du gouffre »

Nous publions ici, des extraits du Chapitre 9 de « My Promised Land », intitulé « Gaza Beach 1991 ».

« Vingt ans après que l’Occupation ait débuté et 12 ans après que Ofra fût fondé, la première Intifada éclata. En décembre 1987, les Palestiniens résidant en Cisjordanie et ceux de la bande de Gaza se révoltèrent contre la règle militaire israélienne en vigueur.

Des dizaines de milliers descendirent dans les rues. Villes, villages et camps de réfugiés ne furent que protestation. Un soulèvement palestinien sans précédent défia Israël et mit quasiment en cause son règne sur les Territoires occupés. Mais après le choc initial, Israël riposta. Il mobilisa son armée et l’entraîna pour en faire une force de police effective. Il lâcha le Shin Bet, son efficace service secret sur les masses désarmées qui s’étaient dressées contre lui.

En peu de mois, la force militaire israélienne construisit plusieurs camps de détention dans lesquels de milliers de Palestiniens furent enfermés après avoir été jugés par les tribunaux militaires. En peu d’années, l’insurrection Intifada déclina. L’usage systématique et déterminé de la force oppressive fonctionna. La campagne Palestinienne perdit de sa force propulsive. C’en fut fini des manifestations de masse. C’en fut fini de l’idée que le soulèvement populaire forcerait Israël à en finir avec l’Occupation. Des milliers de civils Palestiniens croupissaient dans les camps de détention. De bien des façons, cet emprisonnement de masse souilla l’identité démocratique d’Israël.

En mars 1991, j’étais un jeune journaliste attendant de devenir père. Quand je dus me signaler à une base militaire proche de Lydda pour mon activité obligatoire de réserve annuelle, je n’avais pas idée de ce que cela signifierait. On me dit que je devrais servir comme geôlier dans un camp de détention de Gaza.

Un endroit idyllique

L’endroit est idyllique, à quelques pas de la plage de sable blanc du bord de la Méditerranée. A 6 h du matin, quand sortent les bateaux de pêche, je me sens en Crète dans les années 50. Tout ce qui est à l’Ouest de moi capture mon cœur : ciel bleu, vagues bleu-vert, pêcheurs pleins d’espoir .Mais la brise fraîche qui souffle dans mon mirador souffle de l’Est dans les clôtures de fil de fer barbelés et sur les sombres tentes militaires. Elle soulève l’âme des Palestiniens emprisonnés et celle des Juifs qui les emprisonnent.

(…) Un jour, quand sera établie la Libre Palestine, son gouvernement louera sûrement ce morceau de terre à un entrepreneur international qui y implantera le Club Med de Gaza Beach.

Un jour, quand il y aura la paix, les Israéliens y viendront pour une courte période de vacances « à l’étranger ». Près de ces eaux bleu-verts, ils boiront du vin blanc et danseront la samba ; sur le chemin du retour ils achèteront les habits noirs palestiniens brodés dans la boutique « duty free » à air conditionné du terminal international qui sépare Israël prospère de la Palestine pacifique.

Mais pour le moment, il n’y a pas ici de Palestine libre et pas de paix. C’est pourquoi nous devons préparer la distribution du matin. Une longue file de prisonniers en uniforme bleu sont conduits à travers les boucles des clôtures de barbelés. Et ceux qui les aiguillonnent avec des tonnes de fusils M-16 sont mes potes. Ils ordonnent aux prisonniers d’arrêter, d’avancer, d’arrêter. Et pendant que la bise fraîche souffle de la mer, ils exigent des prisonniers de tenir leurs mains devant eux. Un jeune soldat va de l’un à l’autre et leur passe durement les menottes.

Le CAMP D’INTERNEMENT DE GAZA BEACH

C’est l’un des multiples camps de ce type construits à la hâte après le soulèvement Palestinien en décembre 1987. Plus d’un millier de Palestiniens sont emprisonnés ici. La plupart ne sont pas des terroristes mais des manifestants et des jeteurs de pierres. Beaucoup sont des ados. Parmi eux ici et là certains sont petits et semblent être des gamins.

Le camp dispose de deux salles d’interrogatoire et 4 compartiments. Dans chaque compartiment une douzaine de vieilles tentes militaires brunes ; dans chaque tente de vingt à trente prisonniers; dans le passé chacune des tentes en comprenait 50 ou 60 mais les conditions se sont améliorées et elles sont maintenant considérées raisonnables.

Chaque compartiment est entouré d’une clôture conventionnelle au-dessus de laquelle il y a des barbelés ; hors de cette clôture un étroit chemin pour les gardiens. Ensuite vient une clôture extérieure – une sorte de mur improvisé fait de barils métalliques remplis de ciment. Comme les geôliers vont et viennent entre ces clôtures il me vient à l’esprit qu’il n’est pas clair pour moi qui est emprisonné et qui est gardien. Le camp dans son ensemble me frappe comme une grande métaphore de ce qu’est l’emprisonnement. Israéliens et Palestiniens sont clôturés ensemble ici.

L’ensemble possède une douzaine de miradors. Certains soldats juifs sont frappés de la similitude entre ces miradors et d’autres de ces objets dont ils ont entendu parler à l’école. Mais le choc n’est qu’émotionnel. Les miradors construits en Europe dans les années 40 étaient faits de solide bois germanique ou polonais, alors que les tours de guet de l’ensemble de Gaza Beach ne sont faites que de métal israélien léger produit en Galilée. Les tours sont équipées de projecteurs qui sont rarement utilisés. En fait le camp est baigné toute la nuit par une lumière jaune extraforte qui vient de centaines de lampadaires puissants. Quand le système électrique n’est pas fermé, comme exigé, à chaque tombée du jour, les lampes et les faisceaux illuminent la lumière du jour.

(…) Une puanteur diabolique flotte dans l’air que la brise méditerranéenne ne peut pas dégager. Bien qu’injuste et infondée, l’analogie traumatisante est partout. Ici elle n’est pas suggérée par la propagande anti-israélienne mais dans le langage que les soldats utilisent comme une façon de parler.

Lorsque A. va prendre son tour de garde au quartier des interrogatoires il dit « Je pars pour l’Inquisition ». Lorsque R. voit une ligne de prisonniers approchant sous les tonnes de M-16 de ses potes, il dit avec une intensité tranquille : « Regardes, l’ « Aktion » a commencé. ». Et même N. qui charrie des idées d’extrême droite grogne auprès de quiconque l’écoute que la place ressemble à un camp de concentration. M. explique avec un sourire fin qu’il a accumulé tellement de temps comme réserviste pendant l’intifada qu’ils vont bientôt le promouvoir comme officier supérieur de la Gestapo.

Et moi aussi, qui aie abhorré l’analogie, qui ait durement polémiqué avec quiconque l’a pointée du doigt, je ne peux pas m’en empêcher. Les associations sont trop fortes. Elles envahissent lorsque je vois un homme de la Prison N° 1 appeler à travers le grillage un homme de la Prison N° 2 pour lui montrer sa fille en photo. Elles envahissent lorsqu’un jeune homme qui vient juste d’être arrêté attend mes ordres dans un mélange de soumission, de panique et de fierté tranquille. Elles envahissent lorsque je me regarde dans une glace, choqué de me voir ici comme geôlier dans cette horrible prison. Et quand je vois des milliers d’hommes, quelque chose comme ça, autour de moi, enfermés dans des prisons, en cage.

Comme un croyant dont la foi vacille je parcours la longue liste de contre arguments, toutes les différences bien connues. Le plus évident est qu’ici il n’y a pas de crématoires. Et en Europe des années 30 il n’y avait pas en Europe de conflit existentiel entre deux peuples. L’Allemagne et sa doctrine raciste étaient l’organisation de l’enfer. Les Allemands n’étaient sous la menace d’aucun danger réel de toute façon.
Mais je réalise alors que le problème n’est pas dans la similitude – personne ne peut penser sérieusement à une réelle similitude.

LE PROBLEME EST QU’IL N’EXISTE PAS ASSEZ DE MANQUE DE SIMILITUDE

Le manque de similitude n’est pas assez fort pour faire taire une fois pour toutes les échos diaboliques.

Peut-être le Shin Bet doit-il en être blâmé. Chaque nuit après avoir réussi à briser quelques jeunes dans la salle d’interrogatoire, les Services Secrets Israéliens livrent aux paras Israéliens qui contrôlent la ville de Gaza, une liste des amis proches de ces jeunes brisés. Et quiconque comme moi, debout près du portail peut voir la jeep des paras quitter le camp de détention après minuit et se rendre dans la ville occupée et dont les lumières sont éteintes à cause du couvre-feu pour arrêter ceux qui sont présumés mettre en danger la sécurité de l’état.

Je serai debout près du portail lorsque les paras reviennent dans leurs véhicules militaires avec des gamins de 15 ou 16 ans qui claquent des dents, leurs yeux sortant de leurs chaussettes. Dans quelques cas ils ont déjà été battus. Les soldats sont rassemblés pour les voir se déshabiller, les voir trembler sous leur sous vêtement. Comme ils tremblent de peur, même S. qui possède une usine de plastiques dans les Territoires occupés n’en croit pas ses yeux « Comment en sommes-nous arrivés là ? » demande-t-il ; «Comment en sommes-nous arrivés à pourchasser ces gosses ?

Ou alors c’est le médecin qu’on doit blâmer pour l’analogie qui me hante ; ce n’est pas un Mengele évidemment mais si je le réveille au profond de la nuit pour s’occuper d’un détenu juste arrivé – pieds nus, meurtri , avec un regard d’épileptique – le docteur lui hurle dessus .Et bien que le détenu ait à peine 17 ans et se plaigne d’avoir été rossé dans le dos , sur son estomac et sur son cœur , et bien qu’en effet il y ait des marques rouges horribles sur tout son corps , le docteur lui hurle : «J’aimerais que tu sois mort » Ensuite , il se tourne vers moi et dit en riant : « J’aimerais qu’ils soient tous morts » .

(…).De ce que j’ai lu des rapports variés relatifs aux droits de l’homme, je sais ce qui pourrait se passer derrière la clôture. Utilisent-ils la méthode de la banane ou des formes de torture encore plus brutales ? Ou appliquent-ils seulement le vieux et rustique passage à tabac ?

Quelle que soit la méthode, je sais qu’à partir de ce moment, je ne connaitrais pas de repos. Parce qu’à cinquante pas des douches où je tente d’éliminer la poussière et la sueur de la journée, des gens hurlent. A quatre-vingts pas du mess où j’essaie de manger, des gens hurlent. A cent pas de mon lit où je tente de dormir, des gens hurlent. Et ils hurlent parce que des gens qui portent le même uniforme que moi les font hurler. Ils hurlent parce que mon état Juif les fait hurler. De façon méthodique, ordonnée, et absolument légale, mon Israël aimé et démocratique les fait hurler.

Arrête ce sentimentalisme, me dis-je. Ne tire aucune conclusion. Est-ce que ce n’est pas le lot de toutes les nations au monde d’avoir ses caves sombres ? Toutes les nations n’ont-elles pas leurs services secrets, leurs unités spéciales et leurs bâtiments d’interrogatoire dissimulés aux yeux du public ? C’est juste ma malchance d’avoir été envoyé à l’endroit exact où je peux entendre tous ces sons. Mais alors que les hurlements deviennent plus intenses, je sais qu’il n’y a pas un atome de vérité dans ce que je viens de me raconter.

Parce que dans ce bâtiment d’interrogatoire, ils n’interrogent ni de dangereux espions ni des traîtres ni des terroristes. Il n’y a pas ici de bombes amorcées. Et dans les complexes d’emprisonnement qu’Israël a érigés dans les années récentes, des milliers et des milliers sont détenus. Beaucoup sont torturés. Dans notre cas la question n’est pas celle d’une douzaine d’agents ennemis mortels et la question n’est pas celle d’une opération limitée et précise de contre-espionnage. Ce qui se passe ici est l’écrasement d’un soulèvement populaire, l’occupation par la force d’une autre nation.

(…) C’est un phénomène sans aucun parallèle à l’Ouest. C’est une brutalité systémique qu’aucune démocratie ne peut tolérer. Et j’en fais partie. Je m’exécute.

Maintenant les hurlements s’atténuent ; ils se transforment en sanglots, en plaintes. Mais dès ce moment je sais que rien ne sera plus comme avant. Un être humain qui a entendu hurler un autre être humain est un être humain transformé .Et j’ai entendu les hurlements de quelqu’un.  Je continue de les entendre .Même lorsque ceux qui hurlent s’arrêtent de hurler, je continue d’entendre leurs hurlements .Je ne peux pas arrêter d’entendre leurs hurlements.

« Dormez braves gens, on s’occupe du reste…. »

La question de la sûreté des installations industrielles se pose de plus en plus: risques liés aux produits, risques liés aux process, risques d’attaques criminelles d’origine diverse.
Sans remonter aux catastrophes de Seveso et au nuage de dioxine ou à l’explosion d’AZF on peut rappeler les attentats plus récents, aux conditions peu claires, sur le site d’Air Products de Saint Quentin Fallavier et les « incendies criminels » sur deux cuves d’hydrocarbures de la raffinerie Lyundell Bassell à Berre l’Etang.

Les réponses par prise de textes législatifs supplémentaires avaient déjà été nombreuses (notamment directives européennes, loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques naturels et technologiques, création des plans de prévention des risques technologiques…).

Après le rapport du Bureau d’analyse des risques et des pollutions atmosphériques sur la malveillance dans ce domaine et un audit général de la sécurité fin 2015 l’Etat a décidé d’agir pour la sûreté des installations industrielles dangereuses…comme il agit dans le domaine spécifique du risque majeur que représente l’industrie nucléaire: moins de transparence et plus de répression.

Le facteur ambiant aggravant du « risque terroriste » rend cette approche particulièrement significative pour  l’analyse  des logiques mises en oeuvre dans la conception de la prévention.

Limiter l’information:

Le 5 septembre 2017, lors du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, une instruction qui doit être soumise à signature ministérielle a été présentée; elle ne sera pas publiée au Journal officiel de la République française et met donc de fait fin à la transparence.

Même si le texte est censé concilier information des populations et protection des installations classées on peut craindre qu’il ne soit opérant dans la restriction du besoin d’information légitime du public et inopérant dans celui de la prévention des actions malveillantes.

Par ailleurs, motifs « terroristes » ou pas, le risque d’accident nucléaire est suffisamment connu, notamment en Alsace, sans qu’il soit besoin de développer.

Mais l’action récente des militants de Geenpeace est importante et  remarquable: le feu d’artifice tiré au pied de la centrale de Cattenom voulait dénoncer le risque présenté par les piscines de combustible radioactif non protégées suffisamment (pas de double enceinte ou d’enceintes renforcées pour confinement de ces combustibles usés qui peuvent contenir plus de combustible que les coeurs de réacteurs – 63 piscines de ce type en France.

Dès 2015 le Parlement avait alourdi les peines encourues pour ce type d’actions et les militants de Greenpeace risquent plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Certes donner des informations à des personnes mal intentionnées est un risque réel et la transparence sur certaines données peut l’aggraver.

Mais y répondre par la tentation de la répression ne peut être considéré comme une réponse satisfaisante.

 Parce que la raison « sécurité » « sécuritaire » évoquée ne prend pas en compte l’origine du risque et les responsabilités de ceux qui organisent ces risques – ainsi les Alsaciens connaissent trop le dossier Stocamine, comme ils connaissent les démêlées judiciaires d’EDF avec les fuites non révélées à Fessenheim – la réponse « opacité et répression » est déjà contestable.

Mais l’essentiel est ailleurs: les citoyens sont considérés a priori comme des incapables, au sens juridique du terme, dans la lutte pour la sécurité de ces installations dangereuses, classées ou non. Il n’est pas question de consultations, sinon formelles.

 En fait, c’est bien le droit à l’information tel que prévu par exemple par des directives européennes qui prévoient accessibilité et partage de l’information, qui est menacé dans son principe même: « le citoyen a droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger (loi de 1987 relative aux incendies de forêts et à la prévention de risques majeurs » – article abrogé depuis.

 Alors?

Menaces sur la transparence et le droit à l’information, lourdes sanctions pénales contre les « dénonciateurs »  – venant après les mesures de répression contre les lanceurs d’alerte qui ont abouti à une évolution législative -, c’est toute une philosophie qui est en jeu dans le débat sociétal actuel du droit à l’information, dans ces domaines comme dans bien d’autres, dans un contexte sécuritaire exacerbé.

 « Dormez braves gens, on s’occupe du reste »: les citoyens ne sont pas obligés de croire  ni d’accepter, dans ces domaines des installations classées et du  nucléaire, la politique du chloroforme et du bâton.

L’approche sécuritaire, la volonté de contrôle de l’information sont les recours de pouvoirs politiques impuissants. On peut préférer les pouvoirs organisés de citoyens conscients et responsables.

 C.R

[Action Greenpeace] Feu d’artifice à Cattenom pour dénoncer le risque nucléaire

 

 

 

LES ANTI LINKY 68 CHEZ LE PREFET

Malgré un ciel peu engageant, plus de deux cents personnes (trois cents, selon la presse) se sont rassemblés devant la préfecture à Colmar samedi 9 septembre dernier. Beaucoup de têtes grises, ce qui ne nous change pas des manifestations à caractère social.
Objet du rassemblement : obtenir la suspension de l’installation des compteurs Linky, ou, pour le moins, la possibilité de choisir d’en être équipé ou pas.

Ont contribué à la mobilisation une vingtaine de collectifs opposés aux compteurs communicants qui se sont constitués dans le département, en lien ou non avec les décisions des municipalités concernées de faire valoir leur droit en la matière, puisqu’elles sont propriétaires des compteurs, même si elles ont délégué leur compétence au syndicat départemental d’électricité du Haut-Rhin. Plusieurs maires arborant leurs écharpes participaient d’ailleurs au rassemblement. Le Préfet ne daigne pas pour autant recevoir une délégation et c’est son secrétaire général qui prendra note des doléances exprimées par les manifestants.

Les griefs sont de trois natures : la préoccupation principale concerne les ondes potentiellement nuisibles pour la santé, mais le captage à fin de communication commerciale à Big Data de données personnelles inquiète également. Enfin, les exemples de plus en plus nombreux de pressions exercées tant sur les communes que sur les particuliers pour imposer l’installation du compteur « intelligent » exaspèrent et inquiètent, tout en posant de sérieuses questions sur l’état de notre démocratie, puisque l’Etat est de fait partie prenante de l’opération.

Parmi les manifestants, quelques agents EDF qui, tout en confirmant les risques sanitaires et la marchandisation des données collectées, contestaient en outre la priorité donnée par l’entreprise à ces installations, alors qu’il leur apparaît bien plus urgent de pourvoir au remplacement de nombreux transformateurs et de lignes enterrées en état d’obsolescence.

compteur

Si le rayonnement des compteurs Linky suscite des inquiétudes, celui des centralisateurs collecteurs et émetteurs des données recueillies et regroupées (autant que de transformateurs dans la commune) est bien plus impressionnant : les habitants vivant à leur proximité auraient du souci à se faire.

A l’heure où 50% des compteurs en question sont déjà installés, comment poursuivre et amplifier la bataille ? Ira-t-ellejusqu’à l’exigence de leur démantèlement postérieur, comme cela a été le cas notamment au Canada ?

Dans l’immédiat, selon Claude Litschky, initiateur du collectif anti-Linky d’Hochstatt, il importe de fédérer les collectifs existants, d’en susciter la création dans les communes qui en sont dépourvus, et de mettre en place une plateforme d’alerte pour permettre le signalement des problèmes consécutifs à la mise en marche des compteurs ainsi qu’aux méthodes utilisées par les installateurs sous-traitants pour les installer de force.

Le rédacteur de ces lignes est, à cet égard, confronté à une situation insolite : alors qu’il a fait part de son refus du compteur « espion » en bonne et due forme, on lui a annoncé le prochain relevé annuel de son compteur par une société externe à Enedis (Solutions 30) dont l’activité consiste plutôt dans l’installation des Linky : qu’a réellement l’intention de faire son agent à la date fixée ? L’avenir nous le dira et nous saurons être sur nos gardes…

DM

Trop c’est trop…

Donald Trump mène sa croisade anti immigration et veut que soit mis fin dans les 6 mois au programme qui permet à des centaines de milliers de jeunes immigrants clandestins de rester au Etats – Unis.

Ce programme (DACA pour Deferred action for childhood arrivals), avait été crée par son prédécesseur à la Maison Blanche  pour les quelques 800.000 clandestins, mexicains ou asiatiques principalement,  arrivés aux Etats Unis avant l’âge de 16 ans ; il s’agissait de leur permettre de disposer d’un permis provisoire de deux ans renouvelable afin d’étudier ou travailler.

L’opposition à l’annulation de DACA est forte aux Etat – Unis et plusieurs dizaines de dirigeants de très grandes entreprises américaines ont appelé à maintenir ce programme, soucieuses de l’importance du capital humain dont se priveraient les U.S.A et, pourquoi ne pas l’espérer, du coût humain qu’entraînerait une abolition impliquant que des centaines de milliers de mineurs se retrouveraient chassés du seul pays qu’ils aient jamais connu pour être expulsés vers des pays dont ils ignorent en général tout, où ils n’ont même pas, ou  pas souvent, de famille.

Rien de tel ne pourrait arriver sous notre beau ciel de France ?

Le nombre de « mineurs isolés étrangers » (« Mineurs Non Accompagnés » selon le nouveau label officiel) a presque doublé en France depuis un an. Ils étaient estimés à plus de 4000 en 2010, et plus de 25 000 à ce jour selon l’Association des Départements de France.

Ils ont en général fui la guerre, la misère, dans leur pays d’origine et sont arrivés en France, seuls, par des voies diverses et très souvent périlleuses.

Ils n’ont pas la  nationalité française, n’ont pas de représentants légaux sur le sol français, n’ont pas de capacité juridique.

Ils relèvent du droit des étrangers et au titre des textes sur la protection de l’enfance en danger, du dispositif global français de protection de l’enfance, qui ne pose aucune condition de nationalité.

Ce sont les départements, collectivités territoriales, qui ont la charge de leur suivi, de leur protection sociale, dans notre système légal et dans le cadre de cette loi sur la protection de l’enfance.

Ces mineurs isolés  ne sont pas également répartis entre départements et, surtout, la  charge financière induite pèserait trop lourd sur les budgets départementaux aux dires de nombre d’élus concernés: plus de 2000 mineurs isolés en Seine Saint Denis et moins d’une centaine en Mayenne par exemple, avec un coût est estimé de 20 000 à 70 000 euros par mineur et par an  – soit un milliard d’euros par an dont l’Etat ne rembourse annuellement que15 000 millions d’euros aux départements.

Mais c’est maintenant dans le cadre d’un bras de fer budgétaire largement entamé entre départements et Etat que sont placés ces mineurs.

Leurs situations personnelles concrètes (logement, scolarité, assistance…). sont de plus en plus « oubliées », voire niées, par des institutionnels qui se renvoient « la balle ».

En outre et faute de dispositifs de transition suffisants ils sont même menacés d’expulsion dès leur majorité puisqu’ils sortent à cette date du dispositif de protection et deviennent, de fait, des « sans papiers ».

La question de l’âge exact des intéressés est évidemment centrale dans le traitement des cas individuels.

Malgré les nombreuses contradictions  scientifiques relevées, des tests osseux peuvent être pratiqués (avec un degré de précision inférieur à un ou deux ans reconnu). Malgré l’avis négatif du Haut Conseil de la Santé publique, du Conseil National de l’ordre des Médecins, du Comité Consultatif National d’Ethique, le recours à ces tests reste à l’ordre du jour….pour savoir in fine qui paiera, si le mineur est expulsable immédiatement ou pas, régularisable ou non… dans un contexte où les papiers qu’ils peuvent posséder sont très souvent déclarés « faux », sans aucune expertise ni jugement et toujours dans ce contexte de renvoi de responsabilités.

Entre enjeux budgétaires, discours politiques plus ou moins idéologiques, discours administratifs contradictoires entre départements et services d’Etat, mise en œuvre de tests pseudo – scientifiques, négation arbitraire de l’authenticité de documents d’identité produits,  s’esquisse aujourd’hui une « zone grise » où le mineur isolé l’est de plus en plus, avec le risque d’une assistance défaillante, voire la possibilité de l’expulsion pure et simple pour cadeau d’anniversaire de sa majorité.

Le dispositif que Trump veut remettre en cause est baptisé « dreamers » (rêveurs) aux U.SA.

En France (notre département 68 n’est pas exempt de tels cas de mineurs isolés…) on semble ne plus vouloir rêver non plus : se multiplient querelles politiciennes et administratives, dénis de droit, arbitraire, oubli du dispositif légal en vigueur, zones grises où le mineur isolé, totalement vulnérable, dépend de plus en plus totalement d’associations, de simples particuliers…ou de mafias diverses.

S’il vous plaît, restons dans le camp des « dreamers »….

C.R

 

PRESSE REGIONALE : LE CREDIT MUTUEL VEUT FERMER L’IMPRIMERIE DE L’ALSACE

Après le gant de velours, apparaît la main de fer  : la personne chargée de la restructuration de la presse du Crédit Mutuel, (groupe Ebra*), M. Philippe Carli, vient de tenir des réunions dites « informelles » pour annoncer aux syndicats de L’Alsace et des Dernières Nouvelles d’Alsace que le Crédit Mutuel veut fermer l’imprimerie du quotidien mulhousien et confier l’impression du journal aux DNA à Strasbourg.

Ce transfert « rapporterait » 6 millions d’euros sur l’année… Une goutte d’eau à l’échelle des déficits qui devraient, selon la direction, monter à 75 millions, voire 100, dans les prochaines années. Que cette situation ne puisse durer est compréhensible, les syndicats eux-mêmes en conviennent. Mais fermer l’imprimerie mulhousienne aurait deux conséquences extrêmement néfastes et sources de futures difficultés :

  • L’éloignement du lieu de l’impression de plus de 100 kilomètres, obligera les journalistes de L’Alsace à boucler le journal très tôt, beaucoup trop tôt pour coller à l’actualité. On parle de bouclage à 22 h 30 (au mieux !) alors que de nombreuses activités économiques, sociales, politiques, culturelles, sportives se déroulent en soirée et ne pourront être couvertes. Cela est flagrant pour le sport : ainsi, dans de telles conditions, L’Alsace n’aurait jamais pu rendre compte dès le lendemain matin, du match de volley qui a couronné l’ASPTT championne de France féminine! On s’imagine la tête des lecteurs concernés! Mais cela ne semble pas inquiéter la direction de L’Alsace totalement soumise à son actionnaire.
  • La presse alsacienne a une particularité en France que tous les journaux lui envient : plus de 80% de son lectorat sont des abonnés. Qui payent leur abonnement en avance et fournissent aux entreprises une trésorerie confortable. Mais cela a un prix : celui de fournir le journal aux abonnés le plus tôt possible, le matin, et surtout avant que les gens partent au travail. Dans certains lieux, comme dans la région frontalière, le journal est souvent livré dès 5 h le matin… Avec le déplacement de l’impression sur Strasbourg, le temps de livraison du journal s’allonge de près de deux heures, avec des risques de retards fréquents, et aura un coût que la direction refuse de communiquer. Quand les délégués de L’Alsace ont fait part de ce risque au restructurateur, celui-ci a rétorqué que la perte de 2.000 abonnés est un risque qu’il était prêt à assumer…

Mais le plus grave dans ce choix concerne l’avenir de L’Alsace. Pour combler les déficits, la vraie réponse serait de développer le journal, d’enrichir l’offre éditoriale, d’aller au plus près des lecteurs en investissant dans l’information locale… Or, l’unification des contenus avec les Dernière Nouvelles d’Alsace, les agences communes comme cela vient de se faire à Guebwiller ne faisant ainsi plus de distinction entre le journal de Strasbourg et celui de Mulhouse, font apparaître le vrai choix de M. Théry, Président du CIC-Crédit Mutuel : ne faire qu’un seul journal en Alsace en concentrant l’information, en liquidant le peu de pluralisme qui existait encore avec les deux quotidiens.

Car une imprimerie peut aussi être un centre de ressources. Si l’outil industriel de L’Alsace devait disparaître, nous n’aurions plus aucune rotative dans le Haut-Rhin et empêcherait définitivement la création d’autres journaux locaux qui pourraient voir le jour dans l’avenir, comme cela se fait dans d’autres régions françaises.

Les syndicats ont une autre proposition : pourquoi le Crédit Mutuel n’utiliserait-il pas ses machines pour optimiser l’impression des titres de son groupe en mutualisant l’impression. Ainsi, Mulhouse serait bien en mesure d’imprimer des exemplaires de l’Est Républicain (faisant partie du même groupe) qui sont diffusés à Belfort et dans le Pays de Montbéliard et qui doivent actuellement être acheminés de Nancy.

Bref, l’argument d’économies à faire pour résorber un déficit ne tient pas. Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment le Crédit Mutuel compte assainir les pertes du groupe dans la région Rhône-Alpes qui semblent supérieures à celles dans l’Est.

banderole mulhouse

La fermeture éventuelle (contre laquelle les syndicats s’élèvent, voir un communiqué ci-après) du centre d’impression de L’Alsace à Mulhouse cache en réalité une volonté du Crédit Mutuel de faire disparaître à terme un des 66 quotidiens que la France connaît encore… contre près de 400 en Allemagne.

MM

* Le groupe Ebra est détenu par la Banque Fédérative du Crédit Mutuel est composé de neuf titres : L’Alsace, Le Bien Public, Le Dauphiné Libéré, les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est Républicain, le Journal de Saône et Loire, Le Progrès, le Républicain Lorrain, Vosges Matin. Ainsi que tous les suppléments.

Il couvre 23 départements et quatre grandes régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Grand Est et Provence Alpes Côte d’Azur). Dans ce bassin de 14 millions d’habitants, il diffuse chaque jour 1 million d’exemplaires touchant 4 millions de lecteurs dans sa version papier et 2 millions dans sa version numérique.

Près de 4.000 salariés oeuvrent quotidiennement. Ils étaient encore 7.000 il y a cinq ans : l’hémorragie des effectifs n’a pas permis de redresser la situation économique, bien au contraire, elle s’est aggravée.

Le groupe Ebra dispose également d’un réseau de distribution maillant tout le territoire : rien qu’en Alsace, il dispose par le biais de deux filiales des journaux régionaux, près de 3.000 porteuses et porteurs dont la revalorisation du travail pourrait être source de produits pour les entreprises.

http://lalterpresse.info/presse-alsacienne-developper-plutot-sacrifier/

COMMUNIQUE

filpac

 COMITÉ DE COORDINATION DES SYNDICATS FILPAC CGT

NON à la FERMETUREdu centre d’impression de Mulhouse

 

Les délégués FILPAC-CGT des DNA et du journal L’Alsace se sont réunis à Mulhouse après l’annonce de M. Carli, chargé pour le Crédit Mutuel de la res­tructuration de la presse alsacienne, du projet de fermeture du centre d’impression de L’Alsace à Mul­house. Unanimement, ils s’opposent fermement à la destruction de leur outil de travail. Ce projet de l’actionnaire est un non-sens économique, tota­lement négatif pour l’avenir des deux quotidiens et bien sûr désastreux socialement.

Si l’objectif du Crédit Mutuel allait à son terme, il ne ferait qu’aggraver la situation économique des entreprises comme le prouve la succession des sup­pressions d’emplois intervenues durant cinq ans dans le groupe de presse (près de 3000 !) qui ont contribué à dégrader encore plus les comptes des quotidiens…

La FILPAC-CGT se positionne, au contraire, sur le terrain du développement des deux journaux, de leur modernisation rédactionnelle et technique, pour mieux répondre aux attentes du lectorat tout en pérénnisant les emplois. Cela passe, entre autre, par la pleine utilisation de tous les outils de production pour dégager des ressources nouvelles.

Les délégués réunis en ce 1er septembre propose­ront aux salariés leur propre projet de développe­ment qui servira de base de mobilisation de l’en­semble des personnels des deux entreprises. Ils ont mis en place des commissions de travail communes aux deux syndicats pour analyser les conséquences dramatiques des objectifs patronaux et élaborer les contrepropositions concrètes que fera l’organisa­tion syndicale.

Ils envisagent également d’informer largement l’opinion publique sur le risque de voir disparaître un des deux derniers quotidiens régionaux ; l’unifor­misation des contenus que le Crédit Mutuel impose depuis des mois aux deux journaux est déjà vécue négativement par le lectorat et a des impacts néga­tifs sur la diffusion.

La FILPAC-CGT appelle à l’unité de tous les syndi­cats pour contraindre le Crédit Mutuel à renoncer à son funeste projet de fermeture d’une imprimerie, première étape d’une restructuration qui conduira à liquider le pluralisme de la presse dans notre région.

Les manifestations du 12 septembre prochain, contre les ordonnances Macron, seront une occasion pour informer l’opinion publique des projets antisociaux que le Crédit Mutuel veut imposer aux salariés de ses entreprises de presse. La FILPAC-CGT appelle les salariés des deux quotidiens à participer mas­sivement aux manifestations pour exprimer leur mécontentement et faire la démonstration de leur volonté d’imposer d’autres solutions.

Mulhouse, le 1er septembre 2017

TENTATIVE D’INTIMIDATION DEVANT LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM

Gabriel Weiser, un des militants les plus actifs pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, nous fait part d’un événement grave et inadmissible. Ilse Martin, une autre militante de la même cause, a connu pareille mésaventure il y a quelque temps. Nous publions volontiers ces témoignages car on se pose la question du rôle d’un corps comme la gendarmerie. Est-il au service du maintien de l’ordre républicain qui intégrer le droit d’informer, de manifester ou bien serait-il une partie intégrante d’une stratégie d’Etat visant à impressionner les citoyens pour les empêcher de pouvoir librement exprimer leur avis ouvertement dans la rue. Zèle d’un pandore ou acte mûrement réfléchi ? Les deux hypothèses méritent qu’on ne taise pas de tels agissements.

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COMPTEURS ELECTRICITE IDIOTS PAS SI BÊTES QUE ÇA

Un mouvement baptisé Stop-Linky (collectifs, associations, particuliers, élus municipaux, etc), entend s’opposer au aux passage en force d’Enedis et de ses sous-traitants qui tentent d’imposer leurs compteurs par la désinformation, les menaces, intimidations.

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