Archives de catégorie : Environnement

Fêtez les fêtes avec la planète !

Le marché de Noël s’est bien installé sur les places des villes et villages d’Alsace. Vin chaud, tartes flambées et mannalas sont au programme, la neige tombe parfois mais de moins en moins à cause du réchauffement climatique… Bref, nous sommes en décembre, le mois de toutes les folies !
Entre le calendrier de l’avent à usage unique, le suremballage, l’orgie de chocolat, les mille et une destinations pour le Nouvel An et l’arbre de Noël, difficile de se sentir ouvert à l’écologie.
Pourtant, c’est la période idéale pour faire les choses différemment !

Privilégiez le 0 déchet

Tout le monde le sait, les emballages, c’est naze.  Mais s’en passer demande quand même un peu d’organisation. Alors avant d’aller faire vos courses, prenez des sachets en tissu ou en papier réutilisables et des petites boîtes en fer ou en carton pour stocker vos achats. Dans les boulangeries et chocolateries du centre-ville, votre démarche sera bien acceptée et parfois même félicitée !

Soutenez les petits commerces locaux

Les grandes enseignes et les magasins standardisés ont pignon sur rue dans le centre-ville. Pourtant, il existe plein de petites boutiques sympas qui non contentes de faire vivre le centre-ville, ont aussi pour qualité de payer leurs impôts en France (#StopEvasionFiscale). En vous garant dans les parkings relais-tram ou en utilisant le train et le vélo, vous pourrez faire du lèche-vitrine sans pester après une place de parking et profiter sans stresser de la magie de Noël.

Pensez avant de dé-pensez !

Les néons et lumières de Noël ont tôt fait de nous aveugler, nous rendant sans doute plus sensibles à la publicité. Réductions, offres exclusives, promos, tout est bon pour nous faire acheter n’importe quoi dans une sorte d’euphorie qui n’est bonne ni pour notre porte-monnaie, ni pour la planète. Profitons-en donc pour éviter les publicités, vous vous rendrez peut-être compte à quel point c’est difficile. Les études le prouvent, les publicités fatiguent le cerveau et encore plus quand elles sont sur des écrans. Pour leur résister, essayez le boycott inversé : toutes les marques vues sont absolument à éviter ! Après tout, le prix de leur produit comprend un budget pub souvent astronomique et comme chacun sait, toute publicité est mensongère.

Conjuguez faste et sobriété

Deux termes qu’on pense antinomiques mais si on y pense, en utilisant des produits sains, locaux et peu carnés, on évite de participer au gaspillage ambiant sans pour autant sacrifier les grandes tablées chaleureuses qui font le plaisir de Noël. Vous n’aurez peut-être pas de dinde à mettre sur la table ou d’avocats dans votre salade mais en découvrant à plusieurs plein de recettes différentes et respectueuses de l’environnement, vous pourrez offrir à vos invité.e.s tout le faste et la richesse d’un grand festin, la bonne conscience en plus !

Idées pratiques :

            *Calendrier de l’Avent : si vous tenez à en acheter un, prenez-le en tissu pour le remplir chaque année de friandises préparées par vos soins ou achetées en 0 déchet.

            *Saint-Nicolas : Faites vos Mannalas maison avec des ami.e.s accompagnés d’une soirée vin chaud sympa ou avec des enfants qui créeront toutes sortes de petites figures fantastiques. Si vous n’avez pas la fibre pâtissière, il vous reste les boulangeries.

            *Cadeaux : Là aussi, on privilégie la simplicité. Ce qui n’empêche pas l’originalité ! En chinant au « Magasin pour Rien » (103, rue Vauban) ou à Emmaüs Cernay, vous pourriez tomber sur des petites merveilles avec une empreinte plus douce pour la planète que les objets décos, chers et de mauvaise qualité des magasins « tendance ». Si vous êtes plus dans l’expérience, le concret, vous pouvez offrir un week-end dans le programme « Accueil paysan » pour un moment authentique à la campagne, des cours à l’UP (ça tombe bien, elle a d’ailleurs sorti son nouveau programme), une carte de bibliothèque, un abonnement légumes à l’AMAP ou encore une carte Presto pour prendre le train moins cher et (re-)découvrir la région toute en douceur.

Pour des cadeaux plus passe-partout et moins onéreux, il reste les bocaux de gâteaux à faire soi-même. Pas la peine de les acheter tout fait : on reste dans le 0 déchet en recyclant et en customisant un vieux bocal et en le remplissant d’ingrédients en vrac de la biocoop. Miam, la bonne recette de bredala ou de cookies avec tous les ingrédients prêts (sauf les œufs et le beurre bien sûr).

*Le réveillon : c’est sans doute dans la cuisine que la démarche écologiste trouvera le plus facilement sa place. Des plats préparés avec amour qui sentent bon Noël, ce sont d’abord des plats avec des produits locaux et bios de préférence. Et pour aller un peu plus loin dans la découverte, on réduit considérablement l’apport en viande car l’élevage industriel, trop souvent présent dans nos assiettes, participe activement au réchauffement climatique. Poêlée de champignons des bois, fondue de poireaux, röstis, salade de mâche aux noix, pommes au beurre, mandarines au four… ce ne sont pas les recettes savoureuses qui manquent, il suffit de se lancer ! Chacun fait son choix mais le foie gras, c’est quand même triste quand il existe tant d’alternatives délicieuses qui ne requièrent pas de rendre un animal malade (stéatose) !

*Le Nouvel An : La SNCF veut vous vendre un tour d’Europe des capitales pour un Nouvel An inoubliable mais entre nous, où qu’on soit, les meilleures fêtes sont celles qu’on fait avec ses ami.e.s. Un chalet dans les Vosges, un appart sur Mulhouse ou le réveillon proposé par l’association du coin dans la salle polyvalente, pas besoin d’aller bien loin pour que ces fêtes de fin d’année se terminent sur une note heureuse ! Et si vous trouvez ça trop morne, à vous de l’épicer avec des costumes, du karaoké, une murder-party, des jeux de sociétés ou des défis à lancer. Le plus, c’est quand même d’utiliser de la vaisselle réutilisable et pas trop de « conneries » qui sitôt utilisées viendront alourdir la poubelle… et votre bilan carbone !

Voilà déjà quelques idées pour se mettre en jambe pour la période des fêtes, n’hésitez pas à partager vous aussi vos idées pour une fin d’année écolo ! Perso, étant allergique aux aiguilles de sapin, je décore mon ficus et ça lui va très bien !

Cécile Germain

Roderen: Le ranz des vaches

Toute la presse en parle- FR3 Alsace, Radio Bleu Alsace, 20minutes.fr, portail.free.fr, et j’en passe, en débutant
par Reporterre- qui a lancé l’affaire, après deux ans d’études, mesures et autres enquêtes,
Ou, mais de quoi parlent ces sources diverses et variées, chambre d’écho de cet article foncier? D’une épidémie
de décès (techniquement, on dit épizootie quand on parle d’animaux, mais tout le monde ne connaît pasami.
e lecteur.trice, tu es gâté.e sur le site de l’Alterpresse, tu enrichis même ton lexique!)

PRÉCISION.

Une lecture cursive de l’article «Le ranz des vaches» pourrait laisser l’impression que le journal en ligne Reporterre
aurait découvert l’affaire de cet empoisonnement sur des vaches- qui n’avaient rien demandé, elles- et aurait dévoilé à
l’attention de son lectorat ébaubi, et passablement choqué, cette atteinte à l’environnement, de même que la sourde
menace qui pèse sur notre alimentation ,voire même sur notre flux vital.
Rien ne serait plus erroné, et ce pour deux raisons:

1°) c’est grâce aux connaissances scientifiques et à l’engagement
de Michael Loeckx que cette affaire a pu être initiée et mise en route (je n’omets pas le fait qu’il ait été mené à se pencher
sur cette pollution par sa connaissance, Franz Baumann, de la Confédération paysanne, mais cet intéressement
s’est fait grâce à sa seule compétence, et non par un pacte de copains)- on pourra juger de cet engagement en répétant
les dires même de M. Loeckx, interrogé au téléphone, qui me précisa: «J’ai réalisé cette enquête à mes frais»- entretien du 28
novembre, 11h 38).

2°) j’ai un peu honte à le révéler, je ne tire pas sur un confrère, mais le journaliste en question avait passé un pacte
avec M. Loeckx, aux termes duquel il devait attendre la fin de la conférence de presse du collectif au Cercle St-Thiébaut
de Thann, le 9 novembre dernier en matinée, ce qu’iln’a pas fait. Dont acte.
Il faut rendre à chacun son dû, et le souligner ne fait que rendre justice à chacun.
Attention à la suite, c’est pour bientôt!

L’origine

Mais de quoi donc parle-t-on en abondance? Du décès, pour l’instant inexpliqué, d’un cheptel de vaches, d’un agriculteur de Roderen (Haut-Rhin), à quelques kilomètres au-dessus de la vallée de Thann- ville du siège de la sous-préfecture et de deux sites chimiques.

Or donc, en 2004, Pascal Wolferperger, éleveur, fonde le Gaec des Collines avec un associé, Pascal Bianchi. À partir de 2014, les symptômes apparaissent: les vaches sont atteintes d’une sorte de grippe ou d’allergie se traduisant par un écoulement de nez très fort, un (ou des) abcès près de la tête et/ou du cou, puis par des défaillances neurologiques.

Des 140 vaches de départ, il n’en restait plus qu’une trentaine fin 2016. Dans ce cas-là, l’éleveur se pose des questions, demande autour de lui, fait venir le vétérinaire, le paie (ce qui n’est pas donné- pour une consultation d’un animal de compagnie, le vétérinaire demande 39 €; pour une vaccination de chien ou de chat, cela fera 45 de plus; pour une vache, la moindre consultation avec déplacement {sans analyse] est facturée 60 €…).

L’éleveur, lui, ne ressent aucun malaise corporel. L’enquête se met alors en marche: Mr Wolfensperger veut savoir ce qui se passe avec ses vaches, son gagne-pain, on parle là d’une production annuelle de 500 000 litres de lait, ce n’est pas rien!

En 2014, il déplore une vingtaine de décès, «sans explication plausible, causant des pertes de revenus et d’importants frais vétérinaires». Un collègue agriculteur du même village, Franz Baumann, membre de la Confédération paysanne, est alerté par un
habitant. Mr Baumann fait le relais auprès d’associations de protection de l’environnement (Alsace Nature, Acces [Actes Citoyens pour une Consommation Ecologique et Solidaire], successeur de NIHA, et alias).

Etape suivante: contacter les services de l’Etat, par le biais de la sous-préfecture; celle de Thann n’étant pas disponible (le poste est alors vacant), c’est celle d’Altkirch qui prend le relais. Est alors mandatée la Dreal (Direction Régionale de l’Environnement, del’Aménagement et du Logement- http://www.bas-rhin.gouv.fr/Servicesde-l-Etat/Presentation-des-services/Unites-Territoriales-UT/DREAL-Alsace#), qui mandate l’Aspa, une association oeuvrant sur les mesures de la qualité de l’air.

Pour cette premère campagne, aucun résultat probant n’est détecté. Il va falloir persévérer. Entretemps, un nouveau sous-préfet est nommé à Thann, et ses services reprennent le suivi de l’affaire.

Les mesures bis

Au niveau des organisations étatiques, c’est l’Ineris (https://www.ineris.fr/fr) qui prend le relais, sans plus de résultats; elle s’est attachée à mesurer (on dit ‘investiguer’, anglicisme maladroit…) l’air, l’eau, les sols, la circulation  des vents, l’alimentation des bêtes, bref, la totale- et, dans ces domaines, la présence de titane, de cadmium et de tungstène. Malgré ces multiples analyses, dont celles del’Inéris (cf.supra) et des services vétérinaires du département, rien n’a permis d’identifier les causes possibles de cette mortalité.

La dernière en date, en juin 2017 et opérée par la sous-préfecture de Thann, n’a rien révélé de déterminant non plus. Une question est soulevée: serait-ce l’emplacement? Une partie du Gaec est situé sur le site d’une ancienne décharge, comblée depuis, bien sûr, et il pourrait y avoir comme des remontées de gaz, après toutes ces années, ce qui arrangerait bien les choses. Pas besoin de chercher autre part…

L’aide extérieure

Franz Baumann décide alors de faire appel à Michael Loeckx, scientifique formé au journalisme, consultant en environnement (http://milou.org/news/), qu’il connaît depuis longtemps. «On a mis en place un programme d’analyse de recherches, de l’air, de fourrage…».

Pendant ce temps, les vaches continuent de périr. «Elles avaient toujours les mêmes symptômes- un écoulement de nez très fort, puis un abcès près de la tête et du cou, des défaillances neurologiques, avant de dépérir et de mourir».

Avec l’aide de l’université de Berne, il abat deux bêtes, dont il emmène les carcasses en laboratoire pour en prélever les organes, et ne constate aucun problème d’ordre biologique (virus, bactérie ou autre parasite). «En revanche, on a pu démontrer que les problèmes rencontrés par les animaux provenaient de l’inhalation d’un produit toxique présent dans l’atmosphère de manière chronique», révèle le scientifique.

M. Loeckx veut s’assurer que les pratiques de l’agriculteur ne sont pas en cause dans cette contamination. Ils trouvent du titane en grande quantité. Serait-ce un résidu de l’usine Cristal, voisine de quelque 4 kilomètres?

Des nanoparticules en grande quantité

Ce n’est pas une véritable explication, mais c’est une piste. «L’étape d’après, c’était donc d’analyser l’atmosphère beaucoup plus finement. On a fait des analyses d’air avec des filtres spécialisés pour le captage des nanoparticules. C’est là que l’on s’est rendu compte que les nanoparticules de dioxyde de titane étaient présentes en grande quantité», conclut M. Loeckx. Impossible de détecter ces nanoparticules de titane dans les organes des vaches- question de moyens techniques, pas encore au point, selon le journaliste scientifique.

L’intervention – mesurée – de l’Etat

Pendant ce temps- étalée sur dix-huit mois, est demandée par les services de l’Etat une campagne de mesure des rejets gazeux de l’usine. La demande, formulée en 2015, devait être complétée pour février 2017; elle a été communiquée par le site chimique en juillet de la même année, et n’ a été relayée auprès du collectif de défense
qu’en novembre, tout récemment donc…

Le site et sa production

Qu’est-ce que Cristal? Sur son site d’entreprise (en techspeak, corporate), Cristal se présente comme le second plus gros producteur ‘global’ de dioxyde de titane, le premier producteur mondial de dioxyde de titane ultrafin et de produits chimiques à base de titane, un des fers de lance des produits spécialisés à base de titane et –  enfin – un des producteurs en plein essor de sables minéraux et de poudre métallique de titane.

C’est un pigment blanc, produit depuis 1922 dans l’usine, substance chimique inerte sous sa forme normale. Il est utilisé pour ses propriétés d’opacité, de blancheur et de brillance, dans la nourriture, la peinture, les revêtements ou les plastiques: on en trouve dans une foule de produits, de l’électronique aux médicaments, en passant par la confiserie: c’est le « colorant E 171 ».

Seulement voilà, depuis une dizaine d’années, l’industrie du dioxyde de titane s’est mise à la production de titane sous forme de nanoparticules, on parle là de l’échelle d’une cellule.

Les nanoparticules

Pour être plus précis, 1 millimètre- mm, c’est un millième de mètre (1/1000° m), 1 micron- μm, est 1 millionième de mètre (1/1 000 000° m), et 1 nanomètre- nm, est 1 milliardième de mètre (1/1 000 000 000 °m). Selon la norme ISO TS/27687, une nanoparticule est un nano-objet dont les trois dimensions sont à l’échelle nanométrique,

Cette échelle est celle de l’atome, la brique élémentaire de toute matière. Ainsi Il existe la même différence proportionnelle de taille entre un atome et une balle de tennis qu’entre une balle de tennis et la planète Terre.

Mais revenons à nos vaches: Chose à remarquer: les vaches, une fois malades, ont été déplacées sur un autre site d’élevage de l’associé dudit Gaec, à Flaxlanden, et se sont remises. Il y a donc un lien avec le lieu, ce n’est pas une épizootie!

La démarche rigoureuse, à la suisse

Michael Loeckx veut s’assurer que les pratiques de l’agriculteur ne sont pas en cause dans cette contamination.

Grâce à l’examen des deux vaches abattus volontairement, « on a pu démontrer que les difficultés rencontrées par les animaux provenaient de l’inhalation d’un produit toxique présent dans l’atmosphère de manière chronique», dévoile le scientifique. « Dans toutes les analyses, du baryum et du titane ont été retrouvés, ce qui a entraîné chez les bovins des blessures dans les poumons et dans le système respiratoire. On pense que les nanoparticules ont un effet délétère pour les vaches », explique-t-il.

«L’étape d’après, c’était donc d’analyser l’atmosphère beaucoup plus finement. On a fait des analyses d’air avec des filtres spécialisés pour le captage des nanoparticules. C’est là que l’on s’est rendu compte que les nanoparticules de dioxyde de titane étaient présentes en grande quantité», conclut M. Loeckx.

Impossible de détecter ces nanoparticules de titane dans les organes des vaches… question de moyens techniques, pas encore au point, selon le journaliste scientifique.

«En revanche, on a trouvé du tungstène, et ce produit ne peut provenir que des nanoparticules incriminées». Conclusion: «La probabilité la plus grande est que cela vienne de l’usine».

L’usine Cristal

L’usine de Thann, située à quelques kilomètres de la ferme, emploie 244 salariés et est un des sept sites de production de dioxyde de titane de l’entreprise Cristal, second plus gros producteur mondial de cette substance, après avoir acquis Millenium Inorganic Chemicals en 2004 pour 1,3 milliards de dollars. Cristal est ainsi devenu un acteur de poids (on parle d’une production de plus de 4 millions de tonnes pour le monde entier, et cela ne fait que se développer).

Tasnee, sa structure mère, est une société par actions cotée détenue à 79% par le fonds national d’investissement industriel saoudien, à 20% par la Corporation d’Investissement du Golfe persique (détenue à fonds égaux par les six pays composant le Conseil de Coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, sultanat d’Oman et Qatar) et le 1% restant est un investisseur privé.

Depuis une dizaine d’années, l’industrie du dioxyde de titane s’est mise à produire le produit sous forme de nanoparticules- on parle de l’échelle d’une cellule.

Et – coïncidence, fortuite ou pas, que relève Michael Loeckx – les vaches ont commencé à tomber malades au moment où l’usine a intensifié sa production de nanoparticules.

Un drame social

Après avoir vendu ses dernières vaches début 2017, Pascal Wolfensperger, confronté à de graves difficultés financières, s’est reconverti dans la culture des céréales. Son associé, Pascal Bianchi, lui, s’est retiré de l’affaire.

Désabusé, l’agriculteur veut bien croire à un dénouement prochain de ce mauvais feuilleton: il n’a pour l’instant perçu aucun dédommagement en raison des pertes qu’il a subies. Si ce dernier n’a pas tenu à se prononcer sur la responsabilité de l’usine, les résultats de l’enquête ne semblent laisser aucune place au doute.

Le problème est que l’on commence seulement à appréhender les effets de ces nanoparticules, omniprésentes et totipotentes: dans l’alimentation, les peintures, les textiles, les cosmétiques…une brassée d’usages «inquiétante», selon les déclarations d’André Cicolella, toxicologue et président de l’association Réseau environnement santé, au journal l’Usine nouvelle: «Sous forme nanométrique, le dioxyde de titane passe à travers la peau et la molécule peut ainsi aller se loger un peu partout, y compris dans le cerveau».

En janvier 2017, une étude de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) parvenait à démontrer la nocivité de ces nanoparticules sur le rat- sans toutefois que ces résultats puissent être extrapolés à l’homme.

Les chercheurs montraient que des nanoparticules de l’E171 pénètrent la paroi de l’intestin et se retrouvent dans l’organisme des rats, provoquant des troubles du système immunitaire et générant des effets cancérogènes.

Les responsabilités diluées, forcément diluées

Les responsables de l’usine contactés par France Bleu Alsace ont affirmé être très surpris par cette enquête.

Selon eux, leur entreprise n’a jamais été mise en cause, ni par les études officielles réalisées par les services de l’État (Ineris et services vétérinaires locaux), ni par celles de la Chambre d’Agriculture (pour celle-ci, les études portaient sur le lait)*. Le mystère resterait entier.

L’industrie du dioxyde de titane entretient d’ailleurs savamment la confusion entre usage «classique» du dioxyde de titane et utilisation sous forme nanométrique. Sur le site de la Titanium Dioxide Manufacturers Association (Association professionnelle [équivalant à un syndicat, mais avec d’énormes moyens, financiers entre autres, très commodes pour le lobbying] des fabricants de dioxyde de titane), la question des nanoparticules est rarement abordée, à part dans la section «nourriture», pour une brève mention de leur «grande rareté».

Une plus grande part, même discrète, est utilisée pour – je cite – «s’étonner et se désoler de l’inscription du dioxyde de titane comme agent carcinogène par la directive Reach».

Une évaluation objective a enfin été réalisée par l’Anses (Agence nationale de sécurité environnementale et sanitaire); les industriels concernés ayant longtemps refusé d’apporter les données demandées (sous diverses raisons, la plus usuelle étant… le risque d’espionnage industriel, si, si!), avaient partiellement obtenu gain de
cause auprès de la Commission Européenne (tant décriée, et à juste titre), ce qui n’a fait que retarder cette évaluation de l’industrie du dioxyde de titane: elle a partiellement eu lieu en 2014.

Les nanoparticules de ce produit étaient donc utilisées largement avant même leur évaluation par les États.

Soutien…ou pas

Un soutien des services de l’État, c’est justement ce qu’aimeraient les associations et les agriculteurs qui se sont saisi de la situation du Gaec des Collines. «Des réunions se font avec la sous-préfecture depuis longtemps. Les services de l’État sont au courant», expliquent Franz Baumann et Régis Absolu.

L’Ineris, alerté du problème, a d’ailleurs mené des enquêtes fin 2016 sur le site du Gaec des Collines. Sa conclusion est qu’«à ce jour, aucune source n’a été identifiée et aucune matrice environnementale investiguée ne présente des concentrations anormales susceptibles de
dégrader la santé du cheptel». L’Ineris renvoie à la possibilité d’une pollution du fait de l’existence antérieure d’une décharge sur le site de la ferme… et propose comme futures pistes de se pencher sur les activités industrielles de la vallée de Thann.

Un impact sur les humains?

C’est justement autour de l’usine Cristal que devraient se porter les interrogations. «Les responsables ne se sont pas manifestés malgré deux ans qu’on tourne autour», regrette Franz Baumann. «On nous a raconté des salades», ajoute- t-il, tout en refusant d’aller plus loin dans ses explications. «On ne peut pas établir de manière exacte une relation de cause à effet, mais on joue notre rôle de lanceur d’alertes. Cela doit amener l’État à prendre le sujet au sérieux et à faire un véritable travail d’enquête complémentaire à celui que nous avons fait. Si ces nanoparticules se sont baladées dans la nature, quel est l’impact sur la population civile? Si elles sont capables de mettre une vache au tapis, que pourraient-elles faire sur les humains?» s’interroge l’agriculteur. «Tout ce que l’on sait, c’est ce que ces particules n’ont rien à faire là».

Le collectif, très actif, a communiqué les résultats de son enquête le lundi 6 novembre dernier au Cercle St-Thiébaut à Thann. Ce que souligne ce collectif, ce sont les lenteurs accumulées, les réticences mesurées à communiquer, la mauvaise volonté évidente des différentes parties engagées face à la situation malencontreusement
dramatique d’un agriculteur, privé de son outil de travail, et d’une certaine mauvaise foi, disons-le tout net: le principe de précaution s’applique dans un seul sens.

A la question légitime de l’exploitant agricole sur les dangers encourus pour lui-même, ou toute autre personne travaillant dans l’étable concernée, il lui est répondu par les services vétérinaires de «veiller à ne pas rester trop longtemps en effet dans l’espace clos; par contre, le lait récolté est commercialisable, car il se fondra dans le volume et sera ainsi neutralisé»- ce qui devrait éviter toute prise en charge par l’Etat? Gageons que la dernière page n’est pas encore tournée, et attendons la suite. Que nous ne manquerons pas de vous relater…

Georges Schaffner

[On appelle nanoparticules des particules de matière de quelques millionièmes de millimètre. Ce sont des particules ultra-fines (PUF*), dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nanomètres, nm (ou milliardième de mètre). Leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques découlent spécifiquement de
cette taille nanométrique. Les NPs sont très présentes dans notre environnement, notamment le noir de carbone,

* Les particules ultra-fines (ou PUFs) sont des particules de taille nanométrique (moins de 0,1 μm ou 100 nanomètres de diamètre), si ténues qu’elles se comportent comme des gaz. Elles ont des origines soit naturelles (incendies de forêt, volcanisme, érosion éolienne) soit anthropiques, dérivant des activités humaines (échappement des moteurs et chaudières, raffineries, usure de pneus, peintures, freins et autres sources mécaniques, soudure et autres systèmes fonctionnant à haute température, lavages, etc.).

Les PUFs contribuent très peu à la masse globale des polluants de l’air de par leur ténuité/petitesse, mais elles sont dominantes en nombre de particules; leur rôle est majeur dans les effets des pics de pollution et de la pollution chronique, en raison de leur quantité, de leur surface spécifique et de leur capacité à pénétrer profondément
dans le poumon, entre autres organes, puuis à traverser la barrière pulmonaire. Dans le domaine de la santé environnementale, c’est une catégorie majeure de polluant dans l’exposition respiratoire à la pollution et en ce qui concerne les effets sur la santé.
Bien plus petites que les classes de particules réglementées (PM10 et PM2.5), et bien qu’elles soient suspectées d’avoir des effets graves sur la santé (car bien plus agressives à masse égale que les classes de particules plus importantes), elles ne sont pas encore réglementées.

Selon le Pr Gherardi, neuropathologiste, chef de service du Centre expert en pathologie neuromusculaire à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), plus la nanoparticule est petite, plus elle est toxique; elle pourra aisément franchir toute barrière- pulmonaire, entre les poumons et le sang; encéphalique, entre le cerveau et le corps…

L’empoussiérage métallique mène à la même pathologie – or, que transforme Cristal, sinon du métal sous forme de nanos?]

PLU de Wattwiller Les habitants disent NON au sacrifice du « grand pré »

Dans nos éditions précédentes,nous avions exposé les tenants et aboutissants de cette affaire. Wattwiller est un village-clairière comme on en voit très rarement : il se distingue par l’existence en milieu urbain à l’entrée du village d’un beau pré pâturé, qui offre de surcroît une perspective unique sur le Hartmannswillerkopf avec un avant plan l’église classée monument historique. Il est ainsi considéré comme une véritable carte de visite de Wattwiller, et identifié dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial) du Pays Thur Doller comme un espace devant obligatoirement – au plan légal – être protégé.

http://lalterpresse.info/wattwiller-grand-pre-interet-general-interets-de-quelques-uns/

Ce patrimoine paysager aujourd’hui est menacé de destruction par le nouveau PLU concocté par le député-maire SCHELLENBERGER, au profit de deux élus et leur famille proche, qui siègent au conseil municipal. Ces derniers faisaient partie des propriétaires fonciers ayant réussi à faire annuler pour un souci de procédure l’ancien PLU jugé pourtant « particulièrement vertueux » (sic) par les services de l’État, notamment pace qu’il protégeait cet espace vert remarquable. Mais la population est entrée en résistance…

La barre des 500 été frôlée ! 493 électeurs exactement se sont exprimés à l’occasion de la consultation d’initiative citoyenne organisée par le collectif « Cœur de village » qui s’est tenue dimanche 12 novembre 2017. Le message adressé à la municipalité est clair et net : le « non au sacrifice du grand pré» représente 97% des voix exprimées bulletins blancs compris.

Le taux de participation de 36% – c’est le chiffre clé – est particulièrement élevé pour ce type de scrutin non officiel : pour mémoire une consultation de cette nature à l’occasion du dossier explosif de la construction de l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait suscité une participation de 27%. Cette participation est d’autant plus remarquable que le scrutin s’est déroulé dans les pires conditions météo : les votants ont littéralement bravé la tempête pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Il en résulte que la crédibilité de la consultation ne peut pas être contestée.

L’ampleur du score final de 97% peut surprendre, mais il ne supporte aucune contestation. D’abord parce que la question posée, « approuvez-vous que le grand pré devienne constructible ? », était claire et n’induisait pas la réponse de l’électeur. Ensuite parce que, comme tous les observateurs ont pu le constater, le scrutin s’est déroulé avec toute la rigueur requise : règlement précis et public de la procédure, tenue irréprochable du bureau de vote, isoloirs etc. Enfin parce que contrairement à ce qui se passe dans une enquête publique où le citoyen qui s’exprime s’expose publiquement, le vote à bulletin secret permet à chacune et chacun de s’exprimer en toute liberté dans l’isoloir… d’autant plus que le sujet est ultra sensible. Rappelons que deux élus et leur famille proche profitent directement de cette opération foncière… C’est ce qui explique le niveau exceptionnel de la mobilisation des habitants qui ont été deux fois plus nombreux à s’exprimer que lors de l’enquête publique.

Comme indiqué dans le document de présentation de cette consultation déposé dans toutes les boites aux lettres, le résultat du scrutin n’a pas de valeur sur le plan légal. Il n’en demeure pas moins qu’il met le député-maire Schellenberger en face de ses responsabilités : est-il prêt à ignorer l’avis quasi unanime exprimé par la population ? Ce résultat sonne comme un sévère avertissement adressé par la population à la municipalité, et plus particulièrement le député-maire qui dans cette affaire s’est une nouvelle fois distingué.

La démocratie, « une manipulation grotesque »?!!!

D’abord en faisant tout ce qui lui était possible pour torpiller l’initiative : refus de mettre à disposition une urne, refus de communiquer la liste électorale, refus de mettre à disposition une salle communale… Mais le collectif « cœur de village » a su trouver des réponses adaptées permettant aux habitants de Wattwiller de vivre une expérience de citoyenneté remarquable, qui constitue une véritable première !

Ensuite en déclarant le lendemain du scrutin lors de la séance du conseil municipal ne pas vouloir s’exprimer sur le fond mais dénoncer « une manipulation grotesque». Ces propos outrageants ont créé à juste titre des remous dans le village. En effet, ils sous-entendent implicitement que les citoyens qui ont bravé les intempéries pour aller voter sont ad minima des marionnettes qui se sont laissées manipuler, au pire des clowns qui ont accepté de participer à une mascarade… Le sérieux et la sérénité dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, tranchent furieusement avec ce nouveau dérapage verbal du premier magistrat de Wattwiller (1).

L’un des adjoint avouait en voix off déjà avant la consultation, « avec le PLU la municipalité sommes sur le fil du rasoir »… Il reste aux habitants de transformer le magnifique essai qui vient d’être marqué, car cette consultation marque un tournant dans l’affaire du PLU de Wattwiller ! Au delà d l’intérêt général c’est le bien commun est en jeu… et ce n’est pas gagné ! La mobilisation va continuer de monter en puissance : prochainement à l’occasion du conseil municipal décisionnel qui se tiendra après le remise des conclusions du commissaire enquêteur que le 4 décembre, et le cas échéant avec l’engagement d’un recours devant le TA de Strasbourg pour faire tomber un PLU dont la fragilité juridique est avérée. La détermination du collectif est totale !

Pour le Collectif « Cœur de village »

Geneviève PETER et Jean-Claude PELKA

(1) A l’occasion de l’inauguration du nouveau mémorial du Hartmannswillerkopf par le président Macron les services de la préfecture avaient comme à l’accoutumée – problème de stationnement et écologie obligent – affrété des bus pour permettre aux élus, invités et journalistes de rejoindre le site. Le député-maire SCHELLENBERGER avait refusé de monter dans une « bétaillère »… Vous avez dit mépris des gens ?

Stocamine : le 2 décembre, tout le monde manifeste !

Stocamine : nouveau scandale !

Pour un moratoire sur les coulées de béton !

 Un nouvel épisode vient confirmer l’incroyable cynisme des pouvoirs publics qui imposent actuellement un déroulement frénétique des opérations de confinement.

Pour les autorités de l’Etat, il s’agit d’abord de cacher le plus vite possible, derrière des tonnes de béton, et donc irrémédiablement, la nature et la dangerosité des produits stockés par Stocamine à Wittelsheim.

Le collectif Déstocamine vient en effet d’apprendre que 200 fûts de déchets toxiques remontés au jour, ont été refusés par la mine de Sondershausen, car non conformes au cahier des charges. Les normes d’admissibilité de déchets au fond de la mine sont analogues dans la potasse en France ou en Allemagne à Sondershausen ou à Herfaneurode.

Ce scandale prouve une fois de plus que le stockage au fond à Stocamine c’est du grand n’importe quoi !

Cela confirme les dires d’experts qui doutent de la quantité et de la nature des déchets entreposés au fond de la mine Joseph Else à Wittelsheim.

Qu’en va-t-on en faire ? Si ce n’est déjà fait, ces 200 fûts seront probablement redescendus dans la mine de Wittelsheim pour être enfouis derrière les barrières de béton qu’on s’apprête à couler !

Monsieur Rollet liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE affirme dans la presse locale « Ce serait mentir que de faire croire que le stockage a été réalisé en imaginant que ces déchets remonteraient un jour. »

Voila l’état d’esprit dans lequel a été mené le dossier de demande d’autorisation de stockage illimité (enfouissement). La mise en place de barrages en béton est une gabegie financière. Elle n’empêchera pas une pollution de la nappe phréatique, vu les nombreux déchets présents au fond et qui n’ont rien à y voir.

Cela fait près de 20 ans que la population et les élus de la région se font berner par des décideurs publics qui, aujourd’hui, ne respectent plus rien. Sous la pression de puissants lobbies, une certaine panique les gagne. L’arme ultime qu’ils brandissent dorénavant pour empêcher l’émergence de la vérité, c’est le béton ! C’est avec du béton qu’ils cherchent à étouffer immédiatement les procédures juridiques et parlementaires en cours.

Le collectif Déstocamine lance un appel. Il faut absolument que la population reste mobilisée pour que cessent immédiatement les opérations d’enfouissement. L’obtention d’un moratoire sur les coulées de béton – ce que les pouvoirs publics refusent obstinément pour l’instant – est indispensable pour que les recours contentieux lancés et pour que l’enquête parlementaire demandée permettent l’émergence de la vérité et l’élaboration de solutions de nature à protéger la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Le collectif Déstocamine

Rendez-vous le samedi 2 décembre

10 heures​ 30 devant la préfecture à Colmar.

futs

LETTRE OUVERTE A M. EMMANUEL MACRON

 

 Monsieur le Président de la République,

Par courrier du 6 novembre adressé à la préfecture du Haut-Rhin, nous vous avions sollicité aux fins de nous accorder une entrevue. Nous voulions vous rendre attentif à la situation de Stocamine dans le Haut-Rhin et aux 41 500 tonnes de déchets industriels dangereux hautement toxiques stockés au fond de l’ancienne mine de potasse Joseph Else à Wittelsheim.

Le soir du 9 novembre la préfecture nous a fait part, qu’aucun autre sujet que la réconciliation franco-allemande ne serait abordé le 10 novembre 2017 au Vieil Armand.

Nous voulions vous faire part, que dans ce dossier, l’entreprise MDPA/STOCAMINE et les services de l’Etat, n’ont jamais écouté ni pris en compte l’avis et les remarques des collectivités, des élus, des citoyens, des représentants du personnel, des riverains, des associations et des syndicats, exprimés lors de la concertation publique de 2013 et de l’enquête publique de 2016. 2

L’arrêté préfectoral du 23 mars 2017 autorise le stockage en mine de ces déchets pour une durée illimitée, après retrait de 2200 tonnes de déchets mercuriels, ainsi que la mise en place de barrières de confinement en béton qui ne feront que retarder la pollution (avis unanime des experts).

Cela s’explique, par le fait que dans cette affaire l’Etat est à la fois juge et partie. En effet l’Etat est actionnaire à 100% de MDPA/STOCAMINE, les services de la DREAL et l’administration préfectorale dépendent de l’Etat. Tous n’entendent que la seule voix de M.ROLLET le liquidateur amiable de Stocamine.

Cet arrêté préfectoral est attaqué devant le Tribunal Administratif de Strasbourg par le Conseil Régional Grand Est, le Conseil Départemental du Haut Rhin, par la ville de Wittenheim, Alsace Nature et la CLCV pour le collectif Déstocamine.

Dans sa réponse au député Straumann et président du conseil départemental 68, Monsieur Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, tout en reprenant les mêmes arguments avancés par l’Administration depuis de nombreuses années, lui a assuré que ce dossier Stocamine allait être traité dans la transparence.

Cependant c’est par voie de presse, dans l’article paru dans le quotidien « L’ALSACE » samedi le 4 novembre 2017, que nous apprenons, que le déstockage partiel se terminait au plus tard mardi 7 novembre 2017. Les journalistes ont pu visiter le chantier du fond et Monsieur Alain Rollet, liquidateur amiable des MDPA/STOCAMINE leur a fourni ses explications !

Malheureusement nous devons vous informer que la CCS (Commission de Suivi de Site) Stocamine et le Comité de suivi des travaux de déstockage ont été réunis la dernière fois le 7 décembre 2016 ! Le règlement des CSS prévoit deux réunions annuelles. En matière de transparence dans ce dossier, les services de l’Etat mettent plutôt une chape de plomb !

A ce jour le chantier de déstockage partiel ayant pris fin, l’entreprise SaarMontan devra quitter les lieux avec son savoir faire. Il resterait au fond de la mine : 41500 tonnes de produits hautement toxiques dont 6872 tonnes de déchets arséniés, 5263 tonnes de terres polluées, 20714 tonnes de REFIOM non stabilisés, 3400 tonnes de sels de trempe cyanurés, 6 tonnes de plomb, des déchets mercuriels, de l’antimoine, des métaux lourds et des produits phytosanitaires…qui pollueront le sol l’air et la nappe phréatique la plus grande d’Europe.

L’entreprise MDPA/STOCAMINE a engagé des consultations avec des entreprises spécialisées, aux fins de démonter au plus vite le système de ventilation et d’aération du chantier de déstockage. L’installation de ce ventilateur, les accessoires, les capteurs d’émanation de gaz, ont coûté près de 500 000€ ! Cette installation est pourtant vitale pour la poursuite du déstockage. 3

Le but de cette manoeuvre est de rendre irréversible le confinement et d’anticiper une décision juridique qui pourrait annuler l’arrêté préfectoral du 23 mars 2017.

Pour éviter que la justice ne rende une décision inapplicable, car la plupart des galeries d’accès au stockage seraient bouchées par du sel ou du béton, il faut instaurer un moratoire dans ce dossier de confinement.

De plus Il faut empêcher le démontage des installations de ventilation, aération du chantier de déstockage, qui doit intervenir dans les prochains jours !

Nous rappelons également qu’une demande d’enquête parlementaire a été déposée par le député Raphaël Schellenberger, pour faire la lumière sur ce dossier opaque. Le député Bruno Fuchs et la députée Mathilde PANOT ont posé une question écrite au gouvernement au sujet de Stocamine. Une pétition recueillant près de 30 000 signatures circule en ce moment.

Nous avons encore en mémoire, votre propos de campagne qui disait : vos ministres s’imposeraient face aux directeurs de l’Administration. Dans ce dossier c’est bien l’Etat et l’Administration qui tentent par tous les moyens mêmes irréguliers, d’imposer leur solution.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’intervenir auprès de Monsieur Nicolas Hulot Ministre de la Transition écologique et solidaire, afin qu’il instaure un moratoire dans le dossier Stocamine et qu’il gèle le démontage du ventilateur d’aérage, afin que la justice administrative puisse rendre sa décision, sans que la situation au fond de la mine soit irréversible.

Nous souhaitons enfin être reçus personnellement par le Ministre Hulot, pour une mise à plat de ce dossier.

Dans l’attente de réponses favorables et en vous remerciant, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Collectif Déstocamine :

Etienne CHAMIK, porte-parole, Josiane KIEFFER, CLCV, Jean Marie DUBEL, syndicat CFTC et président Association Cité Langenzug

Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

Il y a belle lurette que l’appareil d’Etat, ses suppôts et les lobbies qui l’assaillent en permanence ont l’intention d’enfouir pour l’éternité les déchets ultimes stockés au fond de la mine Joseph Else de Wittelsheim (Haut-Rhin). Sans une forte mobilisation, ce projet funeste risque d’aboutir sous peu. Le collectif Déstocamine vient d’adresser une lettre d’alerte à tous les députés pour qu’ils se saisissent d’urgence de ce dossier. Continuer la lecture de Stocamine : l’État veut boucher tout ça fissa !

« Dormez braves gens, on s’occupe du reste…. »

La question de la sûreté des installations industrielles se pose de plus en plus: risques liés aux produits, risques liés aux process, risques d’attaques criminelles d’origine diverse.
Sans remonter aux catastrophes de Seveso et au nuage de dioxine ou à l’explosion d’AZF on peut rappeler les attentats plus récents, aux conditions peu claires, sur le site d’Air Products de Saint Quentin Fallavier et les « incendies criminels » sur deux cuves d’hydrocarbures de la raffinerie Lyundell Bassell à Berre l’Etang.

Les réponses par prise de textes législatifs supplémentaires avaient déjà été nombreuses (notamment directives européennes, loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques naturels et technologiques, création des plans de prévention des risques technologiques…).

Après le rapport du Bureau d’analyse des risques et des pollutions atmosphériques sur la malveillance dans ce domaine et un audit général de la sécurité fin 2015 l’Etat a décidé d’agir pour la sûreté des installations industrielles dangereuses…comme il agit dans le domaine spécifique du risque majeur que représente l’industrie nucléaire: moins de transparence et plus de répression.

Le facteur ambiant aggravant du « risque terroriste » rend cette approche particulièrement significative pour  l’analyse  des logiques mises en oeuvre dans la conception de la prévention.

Limiter l’information:

Le 5 septembre 2017, lors du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, une instruction qui doit être soumise à signature ministérielle a été présentée; elle ne sera pas publiée au Journal officiel de la République française et met donc de fait fin à la transparence.

Même si le texte est censé concilier information des populations et protection des installations classées on peut craindre qu’il ne soit opérant dans la restriction du besoin d’information légitime du public et inopérant dans celui de la prévention des actions malveillantes.

Par ailleurs, motifs « terroristes » ou pas, le risque d’accident nucléaire est suffisamment connu, notamment en Alsace, sans qu’il soit besoin de développer.

Mais l’action récente des militants de Geenpeace est importante et  remarquable: le feu d’artifice tiré au pied de la centrale de Cattenom voulait dénoncer le risque présenté par les piscines de combustible radioactif non protégées suffisamment (pas de double enceinte ou d’enceintes renforcées pour confinement de ces combustibles usés qui peuvent contenir plus de combustible que les coeurs de réacteurs – 63 piscines de ce type en France.

Dès 2015 le Parlement avait alourdi les peines encourues pour ce type d’actions et les militants de Greenpeace risquent plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Certes donner des informations à des personnes mal intentionnées est un risque réel et la transparence sur certaines données peut l’aggraver.

Mais y répondre par la tentation de la répression ne peut être considéré comme une réponse satisfaisante.

 Parce que la raison « sécurité » « sécuritaire » évoquée ne prend pas en compte l’origine du risque et les responsabilités de ceux qui organisent ces risques – ainsi les Alsaciens connaissent trop le dossier Stocamine, comme ils connaissent les démêlées judiciaires d’EDF avec les fuites non révélées à Fessenheim – la réponse « opacité et répression » est déjà contestable.

Mais l’essentiel est ailleurs: les citoyens sont considérés a priori comme des incapables, au sens juridique du terme, dans la lutte pour la sécurité de ces installations dangereuses, classées ou non. Il n’est pas question de consultations, sinon formelles.

 En fait, c’est bien le droit à l’information tel que prévu par exemple par des directives européennes qui prévoient accessibilité et partage de l’information, qui est menacé dans son principe même: « le citoyen a droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger (loi de 1987 relative aux incendies de forêts et à la prévention de risques majeurs » – article abrogé depuis.

 Alors?

Menaces sur la transparence et le droit à l’information, lourdes sanctions pénales contre les « dénonciateurs »  – venant après les mesures de répression contre les lanceurs d’alerte qui ont abouti à une évolution législative -, c’est toute une philosophie qui est en jeu dans le débat sociétal actuel du droit à l’information, dans ces domaines comme dans bien d’autres, dans un contexte sécuritaire exacerbé.

 « Dormez braves gens, on s’occupe du reste »: les citoyens ne sont pas obligés de croire  ni d’accepter, dans ces domaines des installations classées et du  nucléaire, la politique du chloroforme et du bâton.

L’approche sécuritaire, la volonté de contrôle de l’information sont les recours de pouvoirs politiques impuissants. On peut préférer les pouvoirs organisés de citoyens conscients et responsables.

 C.R

[Action Greenpeace] Feu d’artifice à Cattenom pour dénoncer le risque nucléaire

 

 

 

LES ANTI LINKY 68 CHEZ LE PREFET

Malgré un ciel peu engageant, plus de deux cents personnes (trois cents, selon la presse) se sont rassemblés devant la préfecture à Colmar samedi 9 septembre dernier. Beaucoup de têtes grises, ce qui ne nous change pas des manifestations à caractère social.
Objet du rassemblement : obtenir la suspension de l’installation des compteurs Linky, ou, pour le moins, la possibilité de choisir d’en être équipé ou pas.

Ont contribué à la mobilisation une vingtaine de collectifs opposés aux compteurs communicants qui se sont constitués dans le département, en lien ou non avec les décisions des municipalités concernées de faire valoir leur droit en la matière, puisqu’elles sont propriétaires des compteurs, même si elles ont délégué leur compétence au syndicat départemental d’électricité du Haut-Rhin. Plusieurs maires arborant leurs écharpes participaient d’ailleurs au rassemblement. Le Préfet ne daigne pas pour autant recevoir une délégation et c’est son secrétaire général qui prendra note des doléances exprimées par les manifestants.

Les griefs sont de trois natures : la préoccupation principale concerne les ondes potentiellement nuisibles pour la santé, mais le captage à fin de communication commerciale à Big Data de données personnelles inquiète également. Enfin, les exemples de plus en plus nombreux de pressions exercées tant sur les communes que sur les particuliers pour imposer l’installation du compteur « intelligent » exaspèrent et inquiètent, tout en posant de sérieuses questions sur l’état de notre démocratie, puisque l’Etat est de fait partie prenante de l’opération.

Parmi les manifestants, quelques agents EDF qui, tout en confirmant les risques sanitaires et la marchandisation des données collectées, contestaient en outre la priorité donnée par l’entreprise à ces installations, alors qu’il leur apparaît bien plus urgent de pourvoir au remplacement de nombreux transformateurs et de lignes enterrées en état d’obsolescence.

compteur

Si le rayonnement des compteurs Linky suscite des inquiétudes, celui des centralisateurs collecteurs et émetteurs des données recueillies et regroupées (autant que de transformateurs dans la commune) est bien plus impressionnant : les habitants vivant à leur proximité auraient du souci à se faire.

A l’heure où 50% des compteurs en question sont déjà installés, comment poursuivre et amplifier la bataille ? Ira-t-ellejusqu’à l’exigence de leur démantèlement postérieur, comme cela a été le cas notamment au Canada ?

Dans l’immédiat, selon Claude Litschky, initiateur du collectif anti-Linky d’Hochstatt, il importe de fédérer les collectifs existants, d’en susciter la création dans les communes qui en sont dépourvus, et de mettre en place une plateforme d’alerte pour permettre le signalement des problèmes consécutifs à la mise en marche des compteurs ainsi qu’aux méthodes utilisées par les installateurs sous-traitants pour les installer de force.

Le rédacteur de ces lignes est, à cet égard, confronté à une situation insolite : alors qu’il a fait part de son refus du compteur « espion » en bonne et due forme, on lui a annoncé le prochain relevé annuel de son compteur par une société externe à Enedis (Solutions 30) dont l’activité consiste plutôt dans l’installation des Linky : qu’a réellement l’intention de faire son agent à la date fixée ? L’avenir nous le dira et nous saurons être sur nos gardes…

DM

STOCAMINE : NICOLAS HULOT ENTERINE L’ENFOUISSEMENT DES DECHETS TOXIQUES !

On peut s’ériger « grand défenseur de l’environnement » et devenir un piètre ministre, cela s’est déjà vu sur d’autres thèmes. Mais il faut reconnaître que Nicolas Hulot fait fort dans l’immobilisme et la poudre aux yeux. La surprise de sa nomination devient une incompréhension : mais qu’allait-il faire dans cette galère ? Il est vrai qu’à près de 63 ans, la « chance » de devenir ministre avec son cortège de privilèges et de passe-droits, se réduisait de plus en plus. L’opportunité de la proposition de M. Macron en aurait-il fait un opportuniste ?

C’est ce que pouvait croire la nombreuse foule qui s’est déplacé devant l’entreprise Stocamine à l’appel du Collectif Déstocamine en ce 9 septembre, date anniversaire de l’incendie qui ravagea, en 2002, les galeries dans lesquelles s’entassaient des milliers de tonnes de déchets dangereux. Yann Flory, porte-parole de Déstocamine a pu rappeler que « grâce à cet incendie, nous avons pu enfin connaître la vérité sur la nature des déchets enfouis au fonds de la mine ».

Ce rassemblement était  une nouvelle étape contre l’arrêté préfectoral du 23 mars dernier, qui autorise le confinement des 44 000 tonnes de déchets hautement toxiques par des barrières de béton qui ne feraient que retarder, de l’avis des experts, la pollution, notamment de la nappe phréatique.

Le collectif Destocamine a été mis au courant de la réponse apportée par M. Hulot suite à l’interpellation du président du conseil départemental Eric Straumann.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire n’envisage pas de demander le déstockage total des 44 000 tonnes de déchets enfouis à Wittelsheim. Dans le courrier adressé au président du Département, Nicolas Hulot se dit « sensible aux craintes exprimées » mais valide la procédure qui a abouti à enfouir définitivement les quelque 40 000 tonnes de déchets restants.

Surprenant décision de la part d’un ministre qui semble plutôt jouer les potiches sur d’assumer de vraies responsabilités. Il est certes plus facile de décréter la fin de l’exploitation du pétrole en France… d’ici 2044 et qui ne concerne qu’à peine 1% de la consommation française…

Là où on attend véritablement le ministre, sur le projet Bure ou sur Stocamine, il continue sur la voie de ses prédécesseurs qui semblaient même un peu plus audacieux sur certains sujets. On se demande comment il va s’en sortir dans le dossier Notre-Dame des Landes !

stocamine

Aider le collectif Destocamine

Loin de se décourager devant le mauvais coup du ministre, le collectif continue son action entre autres le recours contentieux contre l’arrêté préfectoral déposé le 23 juillet 2017 au tribunal administratif de Strasbourg en compagnie de  la CLCV (Consommation Logement Cadre de vie) et d’Alsace Nature.

Parallèlement, une demande a été faite aux élus et particulièrement à ceux à l’Assemblée nationale pour qu’une Commission d’enquête parlementaire soit mise sur pied. Plusieurs élus étaient présents lors du rassemblement et le député Schellenberger a exprimé son soutien à la création de cette commission.

La présence de nombreux élus donnent quelques espoirs à l’avocat du collectif qui envisage de déposer un recours en référé suspension. « Il faudra aller vite avant que ne commencent les tests de coulage de béton dans les galeries de Stocamine », explique-t-il.

Espérons que les engagements des élus ici sur place ne s’estomperont pas au fil des kilomètres qui nous séparent de l’assemblée nationale et du pouvoir central parisien ! En tout cas, nous y veillerons car il ne suffit pas de nous abreuver de bonnes paroles qui ne sauraient être suivis de la mise en œuvre des engagements.

En attendant, Destocamine doit continuer à mobiliser la population car ce sera le meilleur garant pour rappeler à tout ce beau monde qu’il faut tenir ses engagements ! Le collectif lance un appel à l’aide financière et votre don est précieux… et donnera droit à une déduction fiscale de 66%. En donnant 10 euros, vous en récupérer dont 6,6 !

Les dons peuvent être envoyé sur un compte dédié soit par chèque libellé à l’ordre de CLCV Destocamine, 2, rue de la Fraternité à Wittelsheim, soit par virement sur le compte : CLCV Destocamine au CCM du Bassin potassique, 2, rue de Cernay 68310 Wittelsheim : code banque 10278, code guichet 03525, compte N° 00010194901 clé 34.

Michel Muller

Stocamine : des réactions de candidat-e-s aux législatives

Suite à une question que L’Alterpresse68 leur a posée au sujet du dossier Stocamine, des candidats aux législatives ont réagi. Ou pas. Voilà une liste et un contenu des (non) réponses. Continuer la lecture de Stocamine : des réactions de candidat-e-s aux législatives

Wattwiller: « Grand pré », intérêt général, intérêts de quelques uns….

Dans ses dispositions le plan local d’urbanisme adopté en 2013 (PLU) applicable à la commune de Wattwiller prévoyait la protection du « Grand pré » de la rue de Cernay.
Préserver un espace de biodiversité  au cœur du milieu urbain et maintenir  la qualité paysagère du lieu, justifiaient la préservation de cet espace de plus d’un hectare et demi dans le cadre du PLU adopté par la précédente municipalité.

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