Archives pour la catégorie Economie

La Grèce sacrifiée au Moloch de la finance ?

moloch

Le débat sur le référendum en Grèce a, une fois encore, démontré l’aggravation du conflit entre les intérêts des peuples et ceux des « Institutions » regroupées au sein de la fameuse et toujours active « Troïka ».

Dans un article intitulé « Non, Oui, guerre et paix », paru dans Médiapart le 4 juillet, Makis Malafékas donne un éclairage bien utile à la compréhension des réels enjeux. Rappelant « que c’est une erreur de penser qu’il s’agit juste d’une affaire de pognon ». Effectivement, la Grèce représente à peine plus de 2% du PIB de la zone Euro et est tout à fait supportable par les autres Etats.

Il s’agit donc d’autre chose, selon Makis Malafékas : « L’enjeu de l’affrontement est l’hégémonie absolue (ou pas) d’une superstructure historique spécifique. La partie grecque veut obtenir « quelques chose », les autres tiennent justement à ce qu’elle n’obtienne rien. (…) Seule l’humiliation complète, l’anéantissement de l’expérience Syriza à tous les niveaux peut apaiser l’insécurité existentielle d’un système qui est tout à fait conscient de son immoralité. (…) La défaite de Syriza doit être totale, au point que personne en Europe n’entreprenne un tel projet de gauche pour au moins une génération »… Continuer la lecture de La Grèce sacrifiée au Moloch de la finance ?

Yannis Varoufakis au quotidien irlandais IRISH TIMES

ARTICLE signé de Yannis Varoufakis au quotidien irlandais IRISH TIMES, paru le samedi 20 juin 2015,  portant sur l’EUROGROUP du jeudi 18 juin à Luxembourg, et faisant référence au comportement de Wolfgang Schäuble.

varoufakis

« La réunion de l’Eurogroup de jeudi dernier est l’histoire d’une occasion perdue pour la conclusion d’un accord qui n’a que trop tardé entre la Grèce et ses créanciers.

Le commentaire le plus avisé sur ce sujet vient sans doute du ministre irlandais de l’économie, Mikel Nunan. Il a protesté, en effet, pour n’avoir pas été tenu informé, lui et ses collègues ministres, de la proposition faite par les créanciers à la Grèce avant le début des discussions.

Je voudrais joindre ma propre protestation à la sienne. Il ne m’a pas été permis, en effet, de communiquer à Monsieur Nunan, ni à personne d autre d’ailleurs, nos propositions écrites. Ainsi que nous l’a confirmé notre homologue allemand, aucune proposition écrite émanant d’un ministre de l’économie, grec ou représentant les « Institutions », ne peut être acceptée, sous peine de la voir réfutée comme document de travail lors des négociations, n’ayant pas été présentée auparavant au Bundestag.

La zone euro fonctionne selon d’étranges règles. Appelés à prendre des décisions importantes, les ministres de l’économie sont dans le « noir » concernant leurs détails, tandis que des responsables non issus du suffrage universel continuent des tractations unilatérales avec un gouvernement dans le besoin. C’est comme si l’Europe avait décidé que les ministres, responsables élus, n’étaient pas capables de se charger des détails techniques, tâche laissée à des « spécialistes » représentant, non les citoyens, mais les « Institutions ». Comment dans ces conditions un accord pourrait-il être efficace, ou tout simplement conforme à la démocratie ?

Inutile de rappeler aux lecteurs irlandais ce que signifie le mot « humiliation » pour un peuple contraint de perdre sa souveraineté lors d’une crise économique. Peut-être cela justifie-il que, contemplant l’interminable crise grecque, ils se retournent sur eux-mêmes avec calme et fierté, par le fait que, ayant souffert en silence et avalé l’amère pilule de l’austérité, ils aient fini par revoir la lumière.

A l’opposé, les Grecs ont protesté des années durant à pleine voix. Ils ont tenu tête à la « Troika », ont choisi de porter au pouvoir le gouvernement de la gauche radicale dont je fais partie, et continuent de subir la récession.

Exprimer ce ressenti est compréhensible, mais n’apporte aucun secours, et ceci pour trois raisons :

– D’abord parce que ça n’aide en rien à comprendre le drame grec.

– Ensuite, parce que ça n’informe en rien sur ce qu’il faudrait faire pour le développement de la zone euro, et celui de l’UE dans son ensemble.

– Enfin, parce qu’il est une source de discordes nuisibles, entre des peuples qui ont beaucoup en commun. »

Après l’évocation de ces années dramatiques pour l’économie de son pays, le ministre Varoufakis pointe du doigt ce dont a besoin la Grèce aujourd’hui. Non pas des nouvelles coupes sombres, ou une imposition plus lourde, mais des réformes sérieuses. Et de citer la mise en œuvre d’un régime fiscal entièrement refondu, des procédures de délivrance de licences d’exploitation plus bienveillantes envers les entreprises, des réformes dans le système judiciaire, l’abrogation de la pratique scandaleuse des retraites anticipées, la réglementation du fonctionnement des médias, celle du financement des partis politiques, etc…

Traduction du grec : Michel Servé.

UNE SOIREE QUI FERA DATE

La soirée-débat du 20 mai au cinéma Bel Air fut une réussite. De participation d’abord puisque la salle était pleine à craquer. Par le contenu également : Stelios Kouloglou a parfaitement décrit la situation et les enjeux actuels pour les Grecs tout en concluant par un « nous ne lâcherons rien » applaudi par la salle. Patrick Le Hyaric, député européen, a explicité le travail du groupe Gauche Unitaire pour faire pression sur la Commission en exigeant une autre politique financière et économique, ce qui est parfaitement possible.

Ce fut une réussite aussi grâce à des participants attentifs et bien informés qui, par leurs questions judicieuses, ont permis d’approfondir les enjeux économiques et sociaux qui se posent non seulement à la Grèce mais à tous les pays européens; et aussi grâce à des participants prêts à s’engager dans une solidarité concrète avec le peuple grec.

Le spectacle filmé de Christophe Alévêque sur la dette a conclu la soirée en replaçant la question de la dette dans son vrai contexte avec beaucoup d’humour et énormément de pertinence.

De quoi donner raison à un des participants intervenants dans la salle durant le débat en rappelant le qualificatif inadapté de « dette » pour ce qui n’est somme toute qu’un investissement public pour promouvoir l’économie et le social.

Un post-scriptum qui n’a rien à voir : si vous aimer les publications qui ont « quelque chose entre les deux oreilles » et qui vous rendent un peu plus intelligents après la lecture, dévorez le dernier numéro du Sauterhin dans lequel Erasme rappelle que « la guerre est douce pour celui qui ne l’a pas faite ». Un message à l’éditorialiste va-t-en guerre de L’Alsace ?

Michel Muller

Riga : poussez la Grèce vers la sortie ?

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25 avril 2015, énième réunion de l’EUROGROUP, à Riga, Lettonie, cette fois. En première de leurs éditions WEB, TA NEA et TO VIMA ont placé la photo de famille de tous ces ministres des finances groupés autour de leur président, le néerlandais Dijsselbloem. Il a l’air satisfait, dans son costume bleu pétrole un peu étriqué de bon élève de la classe. Du moins peut-on le supposer, car il n’est pas très attentif à l’objectif. Tourné vers ceux du second rang, il semble échanger avec trois d’entre eux un bon mot, car ils sont tout sourire. A ses côtés, Mario Draghi, gouverneur de la BCI, lèvres serrées et visage figé, n’apprécie pas, Continuer la lecture de Riga : poussez la Grèce vers la sortie ?

Le FMI gagne 2,5 milliards € sur le dos du peuple grec !

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Ils s’y mettent tous ! Il faut à tout prix empêcher Alexis Tsipras de réussir à mettre en œuvre  le mandat que lui a donné le peuple grec. De la droite à la social-démocratie, les discours sont exactement les mêmes. Il n’y a pas d’autre politique possible que celle que nous appliquons, dites-le vous une fois pour toutes. Florilège des copains et des coquins dont la vertu est à géométrie variable.

Il est difficile de savoir par lequel ou laquelle commencer. Manuel Valls, par exemple, qui dans une interview accordée au Diario Economico exhorte Syriza d’adopter une liste de réformes plus profondes. Il veut  imposer au gouvernement en place depuis les élections du 25 janvier des « réformes » du marché du travail et de nouvelles réductions des montants des retraites, en clair aller encore plus loin que l’ancien gouvernement grec recalé par le peuple grec.

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances d’Allemagne (et donc de la zone euro) veut la sortie de la Grèce de cette zone, la plupart des observateurs allemands en sont convaincus. Et voilà qu’il préconise même qu’une Troïka vienne superviser la politique française pour que les réformes aillent plus vite et plus loin !  Ainsi, à l’occasion d’une conférence prononcée à Washington, Continuer la lecture de Le FMI gagne 2,5 milliards € sur le dos du peuple grec !

Le super traité de libre échange transatlantique (acronyme T.A.F.T.A ou T.I.P.P) arrive !

CHAMBOULE TOUTGrande partie de chamboule-tout offerte gratuitement aux passants, place de la Victoire à Mulhouse, ce samedi 18 avril.

Le lancer de balles pour faire tomber des bidons empilés, étiquetés notamment « gaz de schiste », « contrôle des semences », « brevets sur le vivant », « opacité des négociations », « organismes génétiquement modifiés », « baisse des salaires », attirait nombre de passants, disposés à participer joyeusement à la partie de chamboule-tout proposée par quelques organisations politiques et associations (Jeunes écologistes et Europe écologie les Verts, PCF et Front de gauche, Ligue des droits de l’Homme, Alternatifs 68) pour dénoncer dans la bonne humeur et participer à la journée de mobilisation mondiale contre TAFTA, acronyme pour « Traité transatlantique avec les Etats-Unis » sur les accords de libre-échange et d’investissement en cours de négociations entre Bruxelles et Washington.

UNE ACTION A L’ECHELLE MONDIALE

750 actions, rassemblements, manifestations étaient prévus dans le monde entier, alors que le prochain round de négociations débute ce lundi à New York.

Il s’agit donc rien de moins que de la création d’une très vaste zone de libre – échange  par accords entre l’Europe et les Etats Unis visant à l’abaissement général des droits de douanes et à l’harmonisation systématique des normes industrielles, Continuer la lecture de Le super traité de libre échange transatlantique (acronyme T.A.F.T.A ou T.I.P.P) arrive !

Fessenheim: fermera, fermera pas?

Fukushima:

11 mars 2011: le tsunami provoque  l’accident industriel majeur que le monde entier connaît et depuis septembre 2013 la totalité des 48 réacteurs  nucléaires du Japon sont arrêtés.

2012: le ministre japonais en fonction lors de l’accident de Fukushima  déclare lors d’une audition parlementaire que le désastre avait failli provoquer l’évacuation de Tokyo et de ses 30 millions d’habitants, ce qui aurait provoqué  un « effondrement national ». Il déclare que les conséquences d’un accident nucléaire sont « trop importantes pour en accepter le risque ».

Fin 2014: les autorités de sûreté nucléaire au Japon ont donné leurs premiers feux verts pour la relance de quatre réacteurs (dont 2 à proximité d’un volcan actif).

22 févier 2015: une nouvelle fuite d’eau hautement radioactive (70 fois plus que le reste du site) est détectée sur la centrale dévastée de Fukushima ; elle se déverse dans l’océan. Les 6000 ouvriers affectés au chantier de la centrale sont toujours soumis à de fortes radiation quotidiennes; le  démantèlement des installations est considéré comme difficile et dangereux  et devrait prendre au moins quarante ans; 120 000 « réfugiés nucléaires » ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.

370 000 tonnes d’eaux hautement contaminées utilisées pour refroidir ce qui reste du cœur et des barres de combustibles fondues des trois réacteurs impliqués en 2011 sont stockées dans plus de 1000 citernes dont l’étanchéité inquiète l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Mai 2015 : un mur de glace souterrain de 30 mètres de profondeur, entourant les réacteurs, devrait être « mis en service »  pour empêcher les eaux radioactives d’atteindre les nappes phréatiques.

Fessenheim :

Plus vieille centrale nucléaire française.

Des éléments majeurs, comme les cuves, sont prévus pour une durée maximale d’exploitation de 32 ans et ont désormais atteint les 38 ans de durée de Continuer la lecture de Fessenheim: fermera, fermera pas?

OPERATION TRANSPARENCE . AU CONSEIL DEPARTEMENTAL: DES TOXIQUES QUI PIQUENT

Dans un article paru dans les « DNA » du 17 janvier 2014 et que nous reproduisons ici, le Département du Haut-Rhin est cité comme faisant partie des « 39 emprunteurs alsaciens ayant contracté des emprunts structurés dits toxiques auprès de Dexia entre 1995 et 2009 ». Continuer la lecture de OPERATION TRANSPARENCE . AU CONSEIL DEPARTEMENTAL: DES TOXIQUES QUI PIQUENT

Opération transparence sur les dettes publiques locales. L’Alterpresse 68 s’y associe volontiers

Le Conseil Populaire 68 pour l’abolition des dettes publiques est le fruit d’une initiative de militant(e)s de Action contre le chômage 25, A Contre-Courant, Amis de l’Emancipation Sociale, ATTAC 68, Les Alternatifs de Franche-Comté, NPA Besançon et Mulhouse, PCF 68. Son analyse et ses objectifs sont explicités dans une charte adoptée à Thann en septembre 2011.

Contribuer à la transparence sur les dossiers publics fait partie des objectifs qu’une presse libre doit se fixer. C’est pourquoi L’Alterpresse68 relaie une nouvelle initiative du CP68 qui cherche à mettre une peu de clarté sur la gestion opaque des dettes publiques des collectivités locales alsaciennes.

Nous reproduisons ici la lettre ouverte que Continuer la lecture de Opération transparence sur les dettes publiques locales. L’Alterpresse 68 s’y associe volontiers