Archives pour la catégorie Economie

Une monnaie locale : what is it ?

cigogne

Lors d’une récente présentation  aux medias locaux Sud Alsace Transition* a fait le point avec ses partenaires sur les principaux projets en cours et a annoncé le forum « Alternatiba » du 23  janvier ainsi qu’autre édition du festival des alternatives le 3 juillet 2016, après le succès marquant rencontré par  celui de 2015. Continuer la lecture de Une monnaie locale : what is it ?

Richert : du culot à revendre, des dettes à fourguer

Cigognes ?… Non, cigales ! Mais la farce a ses dindons.

Il y est allé au culot : comme s’il ignorait tout du budget qu’il supervise, lors de l’ultime séance du Conseil régional d’Alsace, le 16 octobre 2015, Philippe Richert a ironisé sur le « stock de dettes » de régions de gauche. Un coup de bluff : Continuer la lecture de Richert : du culot à revendre, des dettes à fourguer

Confidentialité dosée, démocratie bafouée et Mulhousiens floués

Dettes3

Aux ordres de la finance ? En tout cas, résignés !

Comme on pouvait le craindre, l’état d’hébétude observé chez les élus mulhousiens le jour du conseil municipal du 29 juin 2015 perdure. Dépassés par la situation, ils avaient alors presque tous avalisé sans réagir une arnaque qui va coûter Continuer la lecture de Confidentialité dosée, démocratie bafouée et Mulhousiens floués

Bruno Dalpra: Non aux usines à vaches!

La crise de l’élevage occupe l’espace médiatique depuis quelques mois.

Les éleveurs n’arrivent plus à vivre de leur production et depuis des mois ils enchaînent  manifestations et déclarations.

Mais la chute des cours et la pression de la grande distribution dont ils sont victimes sont les manifestations d’une crise structurelle; les traditionnels coups de pouce publics financiers et les déclarations gouvernementales lénifiantes  n’ont évidemment rien réglé.

C’est qu’au delà des facteurs conjoncturels les déséquilibres et les surproductions ont des causes profondes: suppression des quotas laitiers qui régissaient la politique européenne laitière européenne, déclenchement de la guerre du lait entre producteurs nationaux, embargo contre la Russie suite au conflit ukrainien, guerre des prix et des parts de marchés entre grandes enseignes qui  utilisent volontiers la viande comme produit d’appel, recours au moins – disant pour les acheteurs de  la restauration collective, des cantines scolaires, des  administrations, des hôpitaux..

Dans l’espoir d’amortir les coûts fixes les éleveurs se sont lancés dans la course au volume, au raccourcissement du temps.

Des animaux qui n’ont jamais vu une prairie!

Les exploitants se sont endettés et le Crédit agricole comme les coopératives liées à la FNSEA les y ont aidés, Continuer la lecture de Bruno Dalpra: Non aux usines à vaches!

Une conférence de Robert Thys sur la régulation de la finance

La section du Parti Socialiste de Bollwiller organise une soirée-débat sur la « Finance internationale, sa régulation et le rôle des citoyens ». Elle sera introduite par une conférence donnée par Robert Thys, ancien « trader » avec 40 ans d’expérience internationale dans le domaine financier.

Il a travaillé pendant plus de 10 ans pour la banque américaine JP Morgan ainsi que dans différentes places boursières en Europe.

Tirant les enseignements de son expérience professionnelle, il lutte avec d’autres depuis longtemps contre les excès de la finance et la spéculation qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres. Il traitera aussi la partie concernant ce que nous pouvons faire à notre place de citoyen ou de militant déjà engagé, pour contribuer à construire des systèmes bancaires au service d’une économie humaine.

L’argent ne doit pas être un moyen de spéculation au service des riches et des puissants, mais au service de tous les êtres humains. Vivre dignement par le travail justement rémunéré pour tous, voilà un idéal à promouvoir, en cette période difficile.

Cette conférence se tiendra le jeudi 8 octobre prochain, à 19 h 30, salle Grassegert, 111, rue de Reiningue à Wittelsheim..

https://www.youtube.com/watch?v=Msw7O6SP5G0

Dette toxique: Mulhouse – Soultz, choix et démocratie locale…

maire de soultz

Il n’est pas utile de revenir ici sur la dette de la ville de Mulhouse, et particulièrement sa partie toxique, ni sur les modalités de sa gestion, ni sur la calamiteuse tentative de renégociation des emprunts par le maire et les élus municipaux responsables, ni par l’étrange atonie de ladite opposition municipales – à de rares  exceptions près;  l’Alterpresse rend compte depuis des mois (voir en particulier Dettes publiques de Mulhouse et d’ailleurs: dossier pour informer et pour agir) de cette affaire et continue de suivre le dossier.

UN BULLETIN MUNICIPAL EXPLICITE ?

La lecture du bulletin municipal de juillet de la ville de Soultz, dans le Haut – Rhin, mérite par contre quelques commentaires.

Dans ce bulletin le volet « analyse financière » présente longuement « l’emprunt structuré dit toxique »   et ses conséquences pour le budget communal principal de Soultz pour l’année 2015.

Il détaille la gravité de l’impact de ce toxique contracté par la ville auprès de la banque Dexia Continuer la lecture de Dette toxique: Mulhouse – Soultz, choix et démocratie locale…

Grèce, collectivités locales : même Troïka, même combat !

Nous publions ci-après un texte de Patrick Saurin paru sur Médiapart également disponible sur le lien http://cadtm.org/Grece-collectivites-locales-meme

 L’auteur met en exergue les similitudes tant dans les causes de la dette et les solutions imposées par les banques et les élus politiques qui leur sont inféodés, entre la Grèce et les collectivités locales.

Il cite entre autres le cas de Mulhouse. Son article très complet et très référencié, est une contribution essentielle à la compréhension des enjeux et à la recherche d’autres solutions que celles trouvées, par exemple, par la municipalité de Mulhouse ou des collectivités comme le SIVOM et bien d’autres organismes.

Patrick Saurin est membre du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde (en 2013). Il est l’auteur du livre « Les prêts toxiques : Une affaire d’état ».
Il est également membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce, créée le 4 avril 2015

 arton11995-dcc19

Annulons les dettes illégitimes issues d’une escroquerie en bande organisée

Une Troïka « à la française »

Au moment où le peuple grec et son gouvernement se voient imposer un nouveau plan d’austérité par la Troïka et l’ensemble des autres gouvernements de la zone euro, en France, une autre troïka s’attaque aux collectivités locales. Depuis plusieurs mois, cette troïka made in France constituée par la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL), la Société de Financement Local (SFIL) et Dexia Crédit Local, propose aux collectivités locales victimes des emprunts toxiques un deal qui présente toutes les caractéristiques d’une escroquerie commise en bande organisée.

Au-delà du caractère anecdotique d’avoir en commun un adversaire sans foi ni loi à trois visages, la Grèce et les collectivités publiques françaises partagent le fait d’être les victimes d’une machination qui opère de part et d’autre selon un scénario identique mettant aux prises des acteurs fort semblables.

 Ces protagonistes se répartissent en deux camps : d’un côté, un pays et sa population, des collectivités et leurs habitants, de l’autre, des banques privées et des institutions publiques entièrement acquises à la cause des financiers. Le même scénario se répète invariablement : des banques privées consentent des prêts risqués à une entité publique (ici un État, là des collectivités), encaissent de substantiels profits, puis lorsque survient le risque dont elles sont à l’origine, au lieu de le prendre en charge conformément à leur vocation, elles le transfèrent sur la collectivité publique et les contribuables tout comme les pertes qu’elles auraient dû supporter.

Dans le cas grec, l’opération se réalise à travers un massif transfert de prêts à risque des banques privées vers les structures publiques. En 2009, les banques privées détenaient 80 % de la dette publique grecque que l’on savait déjà irrécouvrable, or en 2015, après les deux memoranda de 2010 et 2012, ce sont des institutions publiques et des États qui détiennent 80 % de cette même dette. Les banques privées se sont débarrassées de la « patate chaude ».[1]

 En ce qui concerne la dette locale française, ces dernières années, les banques privées ont fait souscrire aux collectivités locales des emprunts structurés beaucoup plus rémunérateurs pour les prêteurs, mais beaucoup plus risqués pour les emprunteurs. La commission d’enquête parlementaire a estimé l’encours de ces emprunts à 43,9 milliards d’euros au 3e  trimestre 2008 et a évalué à 18,8 milliards d’euros l’encours à risque de ces emprunts au 3e trimestre 2011.[2]

Le 31 janvier 2013, suite à la faillite de DEXIA qui avait commercialisé 70 % du stock des prêts structurés, l’État français a accepté de faire reprendre le véhicule de refinancement de Dexia Crédit Local, DEXIA Municipal Agency (DEXMA rebaptisée CAFFIL à cette occasion), par la SFIL, une structure 100 % publique [3] spécialement créée à cet effet. C’est donc la SFIL qui gère aujourd’hui le stock de 90 milliards d’encours de dette de DEXIA, dont 9,4 milliards d’euros d’emprunts toxiques représentant un risque estimé au moins au double de ce montant. [4]

Aussi bien en Grèce qu’en France, ces massifs transferts de risques et de pertes ont été réalisés à la suite à des décisions prises par les autorités publiques en dehors de tout processus et de tout contrôle démocratiques, Continuer la lecture de Grèce, collectivités locales : même Troïka, même combat !

Une alternative est possible au plan imposé aux Grecs

Alors que des prises de position assez surprenantes (voir la déclaration de Pierre Laurent au nom du PCF) saluent l’accord imposé par la zone Euro à Alexis Tsipras, d’autres réflexions, plus intéressantes et plus porteuses d’avenirs viennent alimenter le débat.

Ainsi, Eric Toussaint a publié sur le site du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, des propositions qui ouvrent d’autres pistes :

CADTM – Grèce : des propositions alternatives face à la capitulation de la nuit du 15 au 16 juillet 2015

toussaint

Eric Toussaint, maître de conférences à l’Université de Liège, spécialiste de renommée mondiale sur la question de la dette, a conduit la commission chargée de faire un audit sur la dette grecque à la demande de la président de l’Assemblée nationale hellène.

Dans cet article il démontre en onze points qu’il existe des moyens d’actions  pour éviter le pire : réquisition de la banque centrale, création d’une monnaie électronique libellée en euro (permettant de rester dans la zone euro), taxation des riches, réduction d’impôts pour les bas-revenus, politique d’emprunt public avec une volonté redistributive…

Ces mesures restent valables même en cas de sortie décidée ou imposée de la Grèce de l’Euro.

Car contrairement à ce qui est affirmé, la Grèce n’est en rien sauvé par le nouveau « paquet » d’aides financières promis mais toujours pas versé. D’autres échéances de remboursement sont actées en août et en septembre. Comme la Grèce ne pourra toujours pas payer, il est tout à fait possible qu’un nouvel acte du « Grexit « se déroule avec de nouvelles exigences de concessions sociales par les mêmes qui affirment avoir aujourd’hui « sauvé » la Grèce.

Les réflexions d’Eric Toussaint viennent fort à propos pour aider le peuple grec à résister aux diktats qu’on leur impose… et préparer d’autres peuples qui, tôt ou tard, seront confrontés aux mêmes exigences.

Michel Muller

La Grèce sacrifiée au Moloch de la finance ?

moloch

Le débat sur le référendum en Grèce a, une fois encore, démontré l’aggravation du conflit entre les intérêts des peuples et ceux des « Institutions » regroupées au sein de la fameuse et toujours active « Troïka ».

Dans un article intitulé « Non, Oui, guerre et paix », paru dans Médiapart le 4 juillet, Makis Malafékas donne un éclairage bien utile à la compréhension des réels enjeux. Rappelant « que c’est une erreur de penser qu’il s’agit juste d’une affaire de pognon ». Effectivement, la Grèce représente à peine plus de 2% du PIB de la zone Euro et est tout à fait supportable par les autres Etats.

Il s’agit donc d’autre chose, selon Makis Malafékas : « L’enjeu de l’affrontement est l’hégémonie absolue (ou pas) d’une superstructure historique spécifique. La partie grecque veut obtenir « quelques chose », les autres tiennent justement à ce qu’elle n’obtienne rien. (…) Seule l’humiliation complète, l’anéantissement de l’expérience Syriza à tous les niveaux peut apaiser l’insécurité existentielle d’un système qui est tout à fait conscient de son immoralité. (…) La défaite de Syriza doit être totale, au point que personne en Europe n’entreprenne un tel projet de gauche pour au moins une génération »… Continuer la lecture de La Grèce sacrifiée au Moloch de la finance ?

Yannis Varoufakis au quotidien irlandais IRISH TIMES

ARTICLE signé de Yannis Varoufakis au quotidien irlandais IRISH TIMES, paru le samedi 20 juin 2015,  portant sur l’EUROGROUP du jeudi 18 juin à Luxembourg, et faisant référence au comportement de Wolfgang Schäuble.

varoufakis

« La réunion de l’Eurogroup de jeudi dernier est l’histoire d’une occasion perdue pour la conclusion d’un accord qui n’a que trop tardé entre la Grèce et ses créanciers.

Le commentaire le plus avisé sur ce sujet vient sans doute du ministre irlandais de l’économie, Mikel Nunan. Il a protesté, en effet, pour n’avoir pas été tenu informé, lui et ses collègues ministres, de la proposition faite par les créanciers à la Grèce avant le début des discussions.

Je voudrais joindre ma propre protestation à la sienne. Il ne m’a pas été permis, en effet, de communiquer à Monsieur Nunan, ni à personne d autre d’ailleurs, nos propositions écrites. Ainsi que nous l’a confirmé notre homologue allemand, aucune proposition écrite émanant d’un ministre de l’économie, grec ou représentant les « Institutions », ne peut être acceptée, sous peine de la voir réfutée comme document de travail lors des négociations, n’ayant pas été présentée auparavant au Bundestag.

La zone euro fonctionne selon d’étranges règles. Appelés à prendre des décisions importantes, les ministres de l’économie sont dans le « noir » concernant leurs détails, tandis que des responsables non issus du suffrage universel continuent des tractations unilatérales avec un gouvernement dans le besoin. C’est comme si l’Europe avait décidé que les ministres, responsables élus, n’étaient pas capables de se charger des détails techniques, tâche laissée à des « spécialistes » représentant, non les citoyens, mais les « Institutions ». Comment dans ces conditions un accord pourrait-il être efficace, ou tout simplement conforme à la démocratie ?

Inutile de rappeler aux lecteurs irlandais ce que signifie le mot « humiliation » pour un peuple contraint de perdre sa souveraineté lors d’une crise économique. Peut-être cela justifie-il que, contemplant l’interminable crise grecque, ils se retournent sur eux-mêmes avec calme et fierté, par le fait que, ayant souffert en silence et avalé l’amère pilule de l’austérité, ils aient fini par revoir la lumière.

A l’opposé, les Grecs ont protesté des années durant à pleine voix. Ils ont tenu tête à la « Troika », ont choisi de porter au pouvoir le gouvernement de la gauche radicale dont je fais partie, et continuent de subir la récession.

Exprimer ce ressenti est compréhensible, mais n’apporte aucun secours, et ceci pour trois raisons :

– D’abord parce que ça n’aide en rien à comprendre le drame grec.

– Ensuite, parce que ça n’informe en rien sur ce qu’il faudrait faire pour le développement de la zone euro, et celui de l’UE dans son ensemble.

– Enfin, parce qu’il est une source de discordes nuisibles, entre des peuples qui ont beaucoup en commun. »

Après l’évocation de ces années dramatiques pour l’économie de son pays, le ministre Varoufakis pointe du doigt ce dont a besoin la Grèce aujourd’hui. Non pas des nouvelles coupes sombres, ou une imposition plus lourde, mais des réformes sérieuses. Et de citer la mise en œuvre d’un régime fiscal entièrement refondu, des procédures de délivrance de licences d’exploitation plus bienveillantes envers les entreprises, des réformes dans le système judiciaire, l’abrogation de la pratique scandaleuse des retraites anticipées, la réglementation du fonctionnement des médias, celle du financement des partis politiques, etc…

Traduction du grec : Michel Servé.