Archives pour la catégorie Economie-social

M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent

F. Jordan, président de M2A et son vice-président chargé des finances, A Homé, ont répondu fin juin au collectif haut-rhinois CP68 qui les avait interpellés deux mois plus tôt (voir l’article : Budget M2A sinistré : des aveux et un désaveu). En rédigeant fin juillet une nouvelle lettre ouverte adressée aux deux édiles pour leur (re)demander une gestion transparente, le CP68 a évoqué un problème qui a fait la une de l’actualité en ce début août : celui de la dotation étatique accordée aux collectivités qui va encore baisser de 300 millions d’euros d’ici la fin 2017, suite à une décision brutale du gouvernement qui donne priorité à la finance. Continuer la lecture de M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent

70 ans de syndicalisme en Bade…

Le 13 juillet dernier, une très sympathique manifestation fêtait, au siège du syndicat DGB à Freiburg (Fribourg), la création, en 1947, du premier syndicat confédéré de l’après-guerre en Allemagne. Ce « BGB », Badische Gewerkschaftsbund s’est constitué deux ans avant la confédération DGB, « Deutscher Gewerkschaftsbund » en 1949. De nombreux syndicalistes (dont la CGT et la CSS helvète), des représentants des institutions sociales, du monde politique, des organisations patronales étaient présentes. L’ambiance était moins commémorative que constructive : le DGB lance une campagne « Syndicat 4.0 : un défi pour le futur »…

 

Victimes des nazis et reconstructeurs de la nouvelle Allemagne…

Cela se passait donc en mars 1947… Deux ans après la période nazie sous la férule d’une administration française puisque la France était, aux côtés de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de l’Union soviétique, une des forces contrôlant  une partie de l’Allemagne.

On ne dit pas assez que les victimes des nazis étaient d’abord des Allemands : dès  début 1933, après les communistes en février, les syndicalistes et les membres du Parti socialiste seront internés dans les premiers camps de concentration construits pour éliminer physiquement l’opposition de gauche (puis tous les autres) au NSDAP.

En 1947, les syndicalistes rescapés des camps et de la guerre, considèrent qu’il faut créer un contrepouvoir au capitalisme qui veut reconstruire l’Allemagne et veulent que les syndicats soient associés aux décisions économiques et politiques pour relever le pays de ses ruines. De là naquit la fameuse « Mitbestimmung » qui caractérise le syndicalisme allemand.

Dès février 1946, un « Freier Deutscher Gewerkschafsbund » est crée en zone Soviétique. Quelques mois après, un syndicat est crée en Hesse en zone US et, dans la zone britannique, un « DGB » se constitue dès avril 1947 à Bielefeld. Puis, peu à peu sept organisations syndicales se crééent dans les Länder et fusionnent en octobre 1949 à Munich pour former le DGB que nous connaissons encore aujourd’hui.

Sous occupation française… le soutien des syndicats français

La zone française intégrait Rheinland-Pflaz  (Rhénanie-Palatinat), le Saarland (Sarre), Baden-Württemberg, une partie de Bayern (Bavière) et quelques districts de Berlin.

Les forces d’occupation françaises avaient autorisé l’activité syndicale dès le 10 septembre 1945. En Baden-Württemberg, de nombreuses sections locales et de branche se créèrent dans la foulée et les effectifs syndicaux grandissaient rapidement. Aussitôt apparut le besoin de s’unir au sein d’une « confédération » en créant  un  « Badischer Gewerkschaftsbund ».

Le très gaulliste gouverneur militaire Marie-Pierre Koenig voit plutôt d’un mauvais œil la constitution d’une confédération syndicale sur le territoire. Il fallut une forte expression de solidarité des syndicats français CGT en tête avec la CFTC, pour que les syndicalistes allemands puissent constituer leur organisation confédérale. Ce fut chose faite en mars 1947 avec pourtant des restrictions de libertés syndicales qui montraient bien le visage social du gaullisme : le rôle du syndicat était limité exclusivement à gérer les relations salariés-patronat, les syndicalistes ne pouvaient être actifs en politique, les grèves étaient interdites… ainsi que de défiler avec le drapeau rouge !

Un article de la Badische-Zeitung narre en détail cette période. A lire sous http://www.badische-zeitung.de/wirtschaft-3/hunger-wiederaufbau-und-betriebspolitik–139267779.html

Regarder vers le futur…

En accueillant ses invités dans le très bel immeuble moderne du DGB à Freiburg, Jürgen Höfflin, le président du DGB de la Région Bade du Sud ne manqua pas de rappeler la solidarité des syndicats français dans la constitution du BGB.

La convivialité du moment n’empêcha pas d’engager le débat sur le futur du syndicalisme en Allemagne. Martin Kunzmann, le président du DGB du Baden-Württemberg exposa la volonté de son organisation d’être présente dans le salariat actuel dans l’économie 4.0. Le maintien de la politique sociale acquise et surtout la campagne lancée par le DBG pour la préservation de la retraite, étaient les deux points forts de son intervention. Le fait que seuls 50% des salariés soient actuellement couverts par une convention collective, et ce nombre régresse continuellement, est sûrement la raison de vouloir étendre la présence des syndicats auprès des salariés du monde numérique si souvent victimes de la précarité.

 La secrétaire de Verdi, Melanie Kühn rappelait que les syndicats ont la capacité de le faire comme le prouve l’instauration d’un salaire minimum légal. « Sans les syndicats, une telle avancée n’aurait jamais pu se faire », insista-t-elle.

Un représentant des jeunes syndicalistes, Benedikt Rube, encore étudiant, appela à l’unité des syndicats mais également à une volonté d’être plus combatif. Et de rappeler qu’une plus grande solidarité avec les syndicats français luttant contre la loi travail aurait été salutaire. Une bonne raison de rappeler ici que le contraire est également vrai : même en Alsace, les syndicats n’ont pas toujours le réflexe solidaire avec leurs collègues allemands qui, à quelques petits dizaines de kilomètres, se battent bien souvent qu’on ne le croit, pour défendre leurs acquits.

Un appel aux actions communes transfrontalières

La présidente du Conseil syndicat Interrégional des Trois Frontières, Katrin Distler, a tenu à inviter des syndicalistes français et suisse à cette manifestation. Occasion de rappeler qu’une instance syndicale internationale locale existe, elle est très active dans son domaine (suivi du statut des frontaliers, connaissance des situations sociales au-delà des frontières…) et est une émanation de la Confédération européenne des syndicats. Une meilleure prise en compte de cette instance par les syndicalistes des trois pays permettrait une coopération plus grande et de faire entendre un peu plus fort les attentes sociales du monde du travail. A méditer dans la période difficile qui s’ouvre pour l’ensemble du mouvement syndical, ici et ailleurs.

Michel Muller

 

La coopération syndicale dans le bassin du Rhin supérieur

Le secrétaire régional de la CGT Alsace, Raymond Ruck, a publié chez nos amis de la revue Lànd un Sproch*, un article sur la coopération syndicale au-delà des frontières dans notre région. Sujet (trop) rarement traité par les syndicats, raison pour laquelle nous pensons utile de publier cet article dans nos colonnes. 

*http://www.centre-culturel-alsacien.eu/land-un-sproch-n202/

Le syndicalisme s’inscrit nécessairement comme d’autres activités économiques et culturelles dans le territoire. Mais il ne peut s’y limiter. Dès la naissance du syndicalisme il s’est construit en tissant des relations au-delà des frontières nationales. Ces liens impliquent bien évidemment sinon la maîtrise complète au moins la compréhension et l’expression courante de la langue du partenaire.

Qu’en est-il aujourd’hui spécifiquement dans le bassin du Rhin supérieur ?

Le processus de la construction européenne a bien sûr son pendant syndical sous la forme de Confédération Européenne des syndicats (CES). Celle-ci s’est dotée d’outils territoriaux dans les zones frontalières : les conseils syndicaux interrégionaux (CSIR). Il en existe deux dans lesquels l’Alsace et le pays de Bade sont parties prenantes : le CSIR Eurorégio situé au niveau du Bas-Rhin et le CSIR des trois frontières  au niveau du Haut-Rhin incluant le territoire suisse. Dans ces CSIR on retrouve les structures locales de toutes les organisations syndicales adhérentes à la CES : Côté allemand il s’agit du DGB côté français on retrouve les grandes organisations (CFDT, CFTC, CGT, FO, UNSA).

Ces conseils permettent aux syndicalistes français et allemands de se connaître, procéder à des échanges réguliers sur l’activité syndicale réciproque et d’organiser des soutiens aux actions menées  les entreprises du pays voisin. Le CSIR Eurorégio a fêté son premier quart de siècle en septembre 2016 à Karlsruhe. Un congrès se déroule tous les 4 ans pour faire le bilan et définir les projets pour la période suivante. C’est l’occasion de confirmer ou de renouveler les militants syndicaux membres du conseil. Les séances de ces conseils se déroulent très souvent en allemand. Incontestablement la pratique du dialecte alsacien et une pratique de l’allemand courant était très majoritairement présentes chez les syndicalistes français lors du démarrage et de cette première phase d’existence des CSIR. Le passage à une autre génération va certainement faire disparaître cette facilité de communication sans recours à un interprète. Nous savons en effet que les locuteurs de l’alsacien régressent sensiblement et que l’apprentissage de l’allemand dans les milieux populaires est de moins en moins fréquent. L’engagement efficient dans le travail transfrontalier (c’est certainement valable pour le syndicalisme comme pour d’autres registres) exige que la langue du voisin tant du côté allemand que français soit parfaitement maîtrisé par une fraction majoritaire de la population.

Cette nécessaire prise de conscience en faveur du bilinguisme dans les zones frontalières pour quiconque est convaincu de la nécessité de donner enfin à la construction européenne l’indispensable dimension sociale devient une urgence.

Elle l’est d’autant plus que les coopérations syndicales entre la France et l’Allemagne progressent. La CGT d’Alsace et de Lorraine a développé depuis presque une dizaine d’années un partenariat avec une branche (VERDI) du DGB dans les Länder limitrophes (Sarre, Rhénanie, Palatinat, Bade-Württemberg). Un autre partenariat entre CGT Alsace et DGB Südhessen a démarré depuis 3 ans. Elle se traduit par des prises de parole de l’organisation partenaire lors des manifestations du 1er mai symbole historique fort de l’internationalisme. Un projet de commémoration historique relatif aux évènements sociaux et révolutionnaires qui se sont déroulés en Alsace comme dans toute l’Allemagne à la fin de la première guerre mondiale est en cours de préparation.

Raymond Ruck

 

10ème AG Les Sheds : riche et prometteuse

L’association Les Sheds à Kingersheim a tenu sa 10ème assemblée générale le vendredi 16 juin 2017 à 18h sur le site de l’ancienne usine textile qu’elle occupe depuis trois ans, en y faisant fonctionner un restaurant et une épicerie avec un marché paysan hebdomadaire. Elle y propose tout plein d’activités. L’Alterpresse68 était présent à cette AG. Continuer la lecture de 10ème AG Les Sheds : riche et prometteuse

OPTIMISATION FISCALE DANS LA PRESSE : L’ETRANGE M. RICCOBONO

Quand la presse quotidienne nationale a décidé de se séparer de son outil d’impression, elle a confié le travail a un groupe d’imprimeries appartenant à la famille Riccobono. Celle-ci détient le quasi-monopole de l’impression de la presse quotidienne nationale… et lorgne à présent sur la presse régionale. Elle serait même dans les petits papiers de celui qui doit restructurer la presse en Alsace au nom de M. Théry, PDG du Crédit Mutuel. Un rapide constat permet de découvrir que toutes les entreprises du groupe en France sont déficitaires, pour l’une M. Riccobono demande même la liquidation. Or, surprise : à l’examen des comptes, on s’aperçoit que la famille est riche à millions et réalise ses profits… au Luxembourg ! Informations sur un potentiel scandale majeur…

Un groupe aux pratiques douteuses

L’origine du groupe Riccobono se trouve sur la côte d’Azur avec une imprimerie locale offset installée au Muy. De cette modeste place, la famille conquiert en quelques années l’impression de la presse nationale en proposant des imprimeries décentralisées installées dans divers lieux du pays, ce qui permet aux journaux nationaux d’être plus rapidement distribué, à la même heure que la presse régionale. Auparavant, l’impression centralisée sur Paris allongeait considérablement le temps de trajet.

Ainsi, le groupe a pu installer des imprimeries entre autres à Lyon, Vitrolles (près de Marseille), Toulouse, Nantes, Nancy. Les investissements ? Payés essentiellement par les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne qui devenaient la tête du réseau de cette impression et distribution décentralisée… et la pompe à fric de M. Riccobono.

Mais M. Riccobono possède également une imprimerie… au Luxembourg. Il installe donc une holding qui détient tout le groupe dans ce pays, bien connu pour être un paradis fiscal au sein de l’Union Européenne. Cette holding détient plusieurs entités avec un système juridique en cascade… Ce qui permet d’effectuer les opérations les plus étranges…

Les entreprises françaises : des coquilles vides… et une holding riche à millions

Le groupe a créé des sociétés détenues par la « Société européenne d’investissements financier » basée au Luxembourg donc. Par un emboitement digne des poupées russes, tous les actifs des entreprises françaises appartiennent à des holdings luxembourgeoises.

Les contrats commerciaux, une partie du personnel, l’immobilier, la trésorerie sont externalisés des imprimeries françaises. Un contrat de sous-traitance les lie aux holdings et en vertu de ce contrat elles versent des sommes rondelettes en paiement de locations diverses.

Ce contrat établit les obligations et les différentes modalités du donneur d’ordre (la holding) et du sous-traitant (l’imprimerie en France).

Il s’agit donc d’un véritable pillage de l’activité en France : en effet, le chiffre d’affaires se réalise dans l’hexagone mais celui-ci ne bénéficie pas aux établissements français. Par le jeu des obligations, locations, assurances, les ressources sont versées à la holding au Luxembourg. C’est ainsi que toutes les entreprises françaises sont en déficit… et la holding luxembourgeoise est florissante.

Comme d’habitude, tous ces montages sont parfaitement opaques et la direction refuse de donner les vrais chiffres au Comité d’entreprise… Mais c’est mal connaître les salariés quand ils sont acculés par exemple en cas du risque de liquidation de leur imprimerie, ils cherchent et trouvent.

Organiser le déficit pour ne pas payer d’impôts…

On peut estimer que la holding luxembourgeoise a redistribué environ 17 millions d’euros de dividendes sur les six dernières années. Et que les résultats financiers étaient, pour la même période, de 22 millions d’euros, ces résultats intégrant le coût des investissements, des impayés clients, des salaires des dirigeants de des frais financiers. Les dividendes ne seraient donc que des pourboires ? Belle affaire… alors que quasiment tous les centre d’impression affichaient des déficits…

Prenons un exemple : pour imprimer un journal, il faut une rotative. Ainsi, le centre d’impression de Vitrolles possède, entre autres, une machine dont le coût est de 3,9 millions à l’achat. Mais bien qu’installée dans ses locaux provençaux, cette machine ne lui appartient pas, elle est la propriété de la holding luxembourgeoise. Le Centre d’impression paye donc un loyer, rubis sur ongle même quand l’imprimerie était en déficit bancaire sérieux : Il parait que ce n’est pas illégal.

Certes, mais regardons de plus près : depuis 2003, le centre d’impression de Vitrolles a payé… 17 millions de location à M. Riccobono au Luxembourg pour une machine qui coûte 3,9…

Bien évidemment, M. Riccobono ne paye pas d’impôts puisque ses entreprises sont en déficit… et récupère l’argent généré en France au Luxembourg où… il ne paye pas d’impôts.

Immoral et abus de biens sociaux… payés par les aides à la presse ?

Mais que fait M. Riccobono avec tout cet argent ? En tout cas, il ne le réinvestit pas en France : dès que nous en saurons plus, nous tiendrons nos lecteurs informés…

Ce qui est étrange, c’est que les payeurs de M. Riccobono, ce sont les éditeurs de presse. Ceux-ci étaient jusqu’à présent bien contents de trouver un professionnel pour externaliser leur outil d’impression et sa gestion pas toujours aisée.

Les éditeurs payent donc grassement leur imprimeur qui, en situation de monopole n’hésite pas à utiliser tous les moyens (pas toujours les plus délicats) pour augmenter les factures. Mais les éditeurs de la presse nationale ont accès à des aides à la presse entre autres pour se moderniser. Une partie de ces aides sert à payer leur impression et donc vont chez M. Riccobono… qui s’empresse de les faire évader vers un paradis fiscal…

Cet imprimeur est donc un parasite de la presse française. Que la presse nationale ait eu besoin d’un tel individu pour se débarrasser de leur outil d’impression n’est pas très glorieux. Mais si la presse régionale lui emboîte à présent le pays, on sait que les richesses vont continuer de s’accumuler au Luxembourg et ne restera à la France que d’assumer les fermetures d’imprimeries et le cortège de licenciements qui s’en suivra.

Michel Muller

Pour une enquête parlementaire sur le dossier Stocamine

L’article précédent : Dossiers Sordi et Stocamine : sortons la vérité du fond du trou ! publié dans L’Alterpresse68 le lundi 29 mai 2017, décrit quelques unes des graves anomalies et des épisodes troublants du dossier Stocamine. L’équipe de notre revue électronique y propose une interpellation des candidats aux législatives. Sur la base d’un modèle de proposition de résolution que nous publions ci-dessous, il s’agit de les inciter à s’engager, sitôt élus, à demander la création d’une commission d’enquête parlementaire. Combien accepteront ? Continuer la lecture de Pour une enquête parlementaire sur le dossier Stocamine

Com’ M2A sur les cantines : de la bouillie pour les chats

Des personnels dévoués servent encore aux élèves des repas de qualité dans des cantines de M2A qui sont menacées. Les élus communautaires, eux, font avaler à tout le monde de la bouillie pour les chats, histoire d’entretenir opacité et confusions autour de leurs véritables intentions et responsabilités. Continuer la lecture de Com’ M2A sur les cantines : de la bouillie pour les chats

SYNDICALISME FRANCO-ALLEMAND EN MARCHE

Mosbach est une petite ville pittoresque à l’est de Heidelberg, au pied de l’Odenwald et à proximité du Neckar. Sur le plateau aux horizons boisés, deux bâtiments constituent l’un des neufs centres de formation de Ver.di répartis sur l’ensemble de la République fédérale. C’est là que des syndicalistes français et allemands se sont retrouvés pour en appeler à l’Europe sociale (voir la résolution en fin d’article)

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