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Chasse à courre à Pôle Emploi

Pour démarrer 2018, nous publions deux chroniques de Dédé Barnoin qui sont dans l’air du temps… Pour en lire plus, rendez-vous sur son blog.

Pour celles et ceux qui ne se tiendraient pas au courant de l’actualité, et ils ont des excuses, car nous sommes entrés dans le viaduc qui conduit des réjouissances de Noël aux festivités de la Nouvelle Année, ( quoique la culture de l’excuse, hein ? ), je m’en vais vous conter une petite anecdote qui est arrivée à un chômeur privé d’emploi toucheur de subventions en pleine villégiature dans les bois de Bonneuil-En-Valois…

Alors que ce profiteur de la manne publique se prélassait en broutant du gui et en se gavant de houx en veux-tu en Valois, un fier équipage de traqueurs de fainéants vint à passer par là…

Superbes dans leur costume traditionnel, veste sable à boutons d’or, pantalon de gueules, coiffés de la bombe de même et harnachés de leur gibecière à ordonnances, ils patrouillaient à la recherche de ces parasites qui mettent en danger tout le bel ordonnancement de notre société si civilisée, si policée, si douce aux faibles et aux laborieux, pourvu qu’ils enlèvent leur casquette quand sonne la trompe à vilains et que claquent les sabots des chevaux surmontés d’un gyrophare…

Or donc, pendant la trêve des confiseurs, le chef d’équipage Gattaz, Pierre pour les dames, fine mouche s’il en fût, se doutait bien que quelque part, dans quelque fourré juridique bien camouflé sous les épines de l’aide juridictionnelle, un oisif ennemi de la société se la coulait douce en ricanant de la naïveté de ses semblables qui se saignaient aux quatre veines pour lui offrir à lui, Feignasse Cerf ( ou Serf, selon les époques ), des vacances aux Bahamas et des promenades insolentes dans les bois autour de son Agence Pôle Emploi d’attache…

D’un impérieux coup de cor, Gattaz Pierre convoqua son chef de meute Macron, dit Jupiter, qui sauta illico dans son pantalon de gueules et, droit dans ses bottes, courut fissa à son destrier de parade, entraînant à sa suite Muriel, la Diane Chasseresse titulaire actuelle du Ministère de la Chasse aux Fainéants et aux Assistés.

Déjà, dans la cour de l’Elysée éclairée aux flambeaux par les secrétaires particuliers et les stagiaires surnuméraires réveillés en sursaut, Jehan Bassère, maître-chien à la longue expérience, tenait à bout de laisse la meute hurlante de ses limiers impatients d’en découdre avec la méchante bête brouteuse de subventions publiques…

Je ne raconterai pas la longue chevauchée de l’héroïque phalange à travers le maquis législatif peuplé de zadistes sournois et de bergers rebelles à toute objurgation, aidés dans leur entreprise maléfique par des cégétistes obtus, des militants associatifs procéduriers et des opposants à toute forme de retour aux temps bénis de la chandelle de suif pour les manants et de la bougie de cire pour les personnes qui comptent dans la société…

Voilà donc notre troupe battant les fourrés dans la cambrousse, ce lieu incertain et dangereux dont le principal mérite est de fournir des sauts d’obstacle à la bonne société, et accessoirement de cadre de vie à la population ordinaire quand il y reste un bureau de poste en état de marche et une maternité pas encore fermée…

Mais voilà que les chiens donnent tous les signes d’une grande excitation : Pas de doute, ils ont senti la présence du fraudeur, du parasite, du mauvais exemple à ne pas suivre et à radier d’urgence : le Chômeur de Longue Durée !

Aussitôt, la traque s’organise : maître Bassère déboucle, et ses contrôleurs assermentés se précipitent en rugissant sur les pièces justificatives, les attestations, les décomptes, les agendas, les curriculum vitae rédigés à 160 exemplaires et expédiés en vain à des employeurs potentiels, putatifs et dubitatifs noyés sous les candidatures spontanées, eux-mêmes à la recherche éventuelle de postes de travail à créer afin de la faire fléchir un peu, cette sacrée courbe qui se hausse du col et refuse un tant soit peu de faire plaisir aux annonceurs de bonnes nouvelles anticipées, histoire de maintenir un semblant de popularité à ceux qui se risquent à prendre les manettes des affaires publiques…

A force de reniflages, de farfouillages et de recoupages, voilà que la bête tapie non loin dans un épais buisson de règlements contradictoires, se met à suer d’angoisse et émet ses effluves à portée de truffe des enquêteurs spécialement sélectionnés pour leur savoir-flaire…

Aussitôt, c’est le grand branle-bas, c’est le tumulte, c’est la chasse à cor et à cris, c’est le chômeur dix cors qui jaillit des fourrés, talonné de près par les limiers lancés à ses trousses, courant, haletant, affolé par les trompes de la renommée qui répètent à l’envi son nom et son matricule à tous les échos…

Déjà les banquiers se frottent les mains et réservent leur part de sa dépouille sous forme de frais augmentés d’agios arrosés d’interdictions diverses et de saisies conservatoires à partager fifty-fifty avec les huissiers, les loueurs de bosquets changent les serrures en prévision de son expulsion, les opérateurs téléphoniques lui coupent la chique avant qu’il n’explose son forfait…

Le voilà fait, le brigand, le gibier de potence, qui fuit à travers les friches industrielles où autrefois le travail poussait à foison, et où ne reste plus que de maigres carrés de start-up maintenues en vie au goutte-à-goutte des subventions filtrées à travers des tonnes de paperasses exsudant l’encre antipathique et la sueur bureaucratique…

En traversant le marché du travail installé sur le carreau de l’usine envolée Dieu sait où, il ne jette même pas un regard sur les stands d’annonces d’aides à domicile pour personnezagées, de vendeurs-démonstrateurs-réparateurs d’objets en panne avant d’être mis en service, de serveurs de fast-food gastronomiques, de pondeur d’appels téléphoniques en batterie ou de contrôleurs de surveillants de vigiles gardiens d’agents de sécurité, métier pourtant en pleine expansion en cette époque bénie de bienveillance de tous contre tous…

Ah, le sacripant ! Ah l’ingrat ! Au lieu de ralentir puis de s’arrêter, comme l’y enjoint la Ministre de la Chasse aux Chômeurs et aux Assistés qui s’époumone dans son cor de chasse à gyrophare, puis de fléchir le jarret afin de recevoir le coup de stylet à radiation porté par Jehan Bassère le préposé idoine, le voilà qui se met en tête de sauter la barrière des convenances et de se réfugier dans la cour de l’Agence Pôle Emploi de son village, seul service public en voie d’extension, y semant l’embarras et la confusion parmi le petit personnel qui ne sait plus à quel saint se vouer :

Prêtera-t-il main forte à son chef légitime en tenant ferme le récalcitrant par les sabots, comme le prévoit le règlement intérieur de la Maison, ou se laissera-t-il aller à son bon sens naturel, qui lui dit que le métier d’aide aux chômeurs consiste à aider les chômeurs, et pas à leur pourrir la vie sur ordre ?

Ici s’arrête mon histoire.

La suite, vous la connaissez par les journaux. Je vous renvoie à la video qui circule sur les réseaux sociaux et qui illustre cet aimable moment de convivialité dans la campagne française au début du XXI ème siècle, et qui laisse M. Hulot pantelant, à moitié étouffé par une couleuvre plus grosse que les autres….

Je soulignerai tout au plus que vous ne reconnaîtrez ni M. Gattaz, ni M. Macron, ni Mme Pénicaud, ni M. Bassère sur les images, car ils ont gardé leur masque pour faire croire qu’ils n’ont rien à voir avec ce monde faisandé et plein de morgue.

Vous ne reconnaîtrez pas non plus Feignasse Cerf (ou Serf ) qui a gardé son apparence de fier dix-cors et qui a eu la chance inouïe d’échapper au massacre d’une bande organisée grâce au courage et au sens de l’humanité d’une communauté villageoise qui sait ce que la vie en société et le respect dû aux êtres vivants veut dire.

Et aussi un peu grâce à internet que d’aucuns aimeraient bien faire rentrer dans le rang.

Bonne Année 2018, en espérant qu’elle soit un peu moins désespérante que la précédente…

Si cette histoire vous a plu, n’hésitez pas à la propager, elle ne contient pas de virus, sauf celui de l’insolence,

Ce qui ne fait pas forcément du mal en cette période de soumission généralisée,

Surtout de la part de celles et ceux dont c’est le métier de dire et proclamer que le Roi est nu,

Surtout quand il est nu…

Et ce n’est pas madame Lucet qui dira le contraire…

 

“ Bonne Année, Emmanuel ! “

Vous connaissez sans doute la fable de La Fontaine intitulée “Les Grenouilles qui demandent un roi “ ? Non  ?

Ca m’étonnerait que parmi celles et ceux qui ont voté la dernière fois, beaucoup de gens la connaissent, sinon notre bon Emmanuel ne serait pas là où il est…

Vous me direz, moi aussi j’ai fini par voter pour lui à reculons parce que la fifille à son père le Blond, non vraiment ce n’était pas possible, et rester à la maison sans donner mon avis, ce n’est pas mon genre. Alors bien fait pour ma gueule.

Et puis voilà. A force de réclamer un qui connaît la musique, un qui en a, un qui se les bouge, un qui n’a pas froid aux yeux, on a fini par l’avoir…Celui-là a un appétit de jeune homme, une vue perçante, un cerveau boosté aux nanoparticules et ne dort jamais.

Vous allez voir qu’en 5 ans, il va réussir à boucler tout ce que les autres bûches n’ont pas été foutues de faire depuis l’abdication du Général : défaire fissa ce qui avait été mis en place à la Libération et qui avait empêché de dormir des générations de patrons du patronat : la sécu, la retraite, les congés payés, tout ça, augmentés au fil des années des Comités d’Entreprise, des Comités d’Hygiène et de Sécurité, du SMIC, de la RTT, des 35 heures, toutes ces choses qui empêchent l’entrepreneur d’entreprendre le cœur léger et le portefeuille bien lesté…

Vous me direz que ça n’avait pas empêché la France de devenir la cinquième puissance mondiale et de s’y maintenir jusqu’à ces derniers mois, malgré sa population riquiqui et son niveau scolaire qui baisse depuis Charlemagne… Vous me direz que ça n’a pas empêché les millionnaires de devenir milliardaires… Mais ces manants qui prétendaient singer les habitudes de la haute société, ces foules hébétées défilant avec leur cornet de glace devant nos yachts à l’heure de l’apéritif, ou se prenant pour des stars en dévalant les pistes de leur station familiale, non vraiment ça n’était plus possible…

Et dire que pendant ce temps là l’ouvrier japonais, puis le coréen puis le chinois et maintenant l’éthiopien se défoncent 17 heures par jour en échange d’un bol de riz quotidien pour fabriquer nos sacs Vuitton et nos vêtements de marque ! Non mais je t’en foutrai, des 35 heures et des 6 semaines de congé payé ! Le mot “compétitif” n’a pas été forgé en vain, en voilà un néologisme qui vaut son pesant de lingots d’or !

Heureusement Emmanuel vint, et le pays respira ! Enfin, un Code du Travail allégé ! Enfin, un qui ose dire leur fait aux manants et aux vilains qui l’ont trop longtemps ramené et qui ont enfin compris que défiler dans la rue ne sert à rien quand le châtelain leur tient la dragée haute ! Aussitôt, les effectifs de la CGT fondent, paraît-il, comme neige au soleil, c’est ça qui va remettre du beurre dans les épinards de la ménagère monoparentale de plus ou moins 50 ans !

Enfin, un Président pas fier qui téléphone à son pote Hanouna le jour de son anniversaire ! Voilà qui doit ravir M. Finkielkraut et toute la théorie des hommes (et femmes, on l’oublie trop vite !) en vert qui frétillent d’aise depuis l’élection du jeune prodige !

Quel dommage que notre bon Jean d’O n’ait pas vécu ça ! Il nous en aurait fait devant les caméras une pirouette drolatique dont il avait le secret pour rajuster sa cravate quand son image ne collait plus tout-à-fait avec son personnage…Vous me direz que M. Hulot est en train de reprendre le rôle, mais en moins primesautier, je trouve…

Finalement, c’était une riche idée cette idée de milliardaires, d’acheter tous les médias et d’étrangler ou couler ceux qui ne se laissent pas faire !

En 20 ans, une fois débarrassés de tous les vieux briscards (sauf une ou deux  vieilles mules qui s’accrochent ), qui croyaient que leur métier consistait à parler des sujets qui fâchent les puissants et les malfaisants, le paysage médiatique est devenu un lieu paisible où il faut mettre un peu d’agacerie hanounesque pour que le bon peuple ne sombre dans une profonde léthargie entre deux matches de foot et deux funérailles nationales de vieux rockers, ce qui n’est pas bon pour la productivité et nuit à la compétitivité de nos comptes en banque bien garnis, jamais assez garnis, vous avez compris bande de salarié(e)s en Contrats à Durée Déterminée Indéterminés de projets jamais loin de la porte de Pôle Emploi ?

“Je ne suis par le Père Noël “ avait été son slogan de campagne… Pour une fois, nous avons un Président qui dit ce qu’il fait, et qui fait ce qu’il dit… Je ne sais pas si mes concitoyen(ne)s ont apprécié ce qu’ils ont trouvé dans leur sabot le matin de Noël, en matière d’augmentation de coups de bambou et de diminution de sucreries, mais je crois qu’on peut dire que notre premier magistrat tient plus du Père Fouettard que du Père Noël…

Mais puisqu’il l’avait promis, où est le problème ? Ne sommes-nous pas en démocratie, et le peuple souverain n’a-t-il pas le droit de se voter des coups de martinet, si son derrière le réclame ?

            Donc, Emmanuel, notre nouveau capitaine, non de pédalo, mais de porte-avions à turbo-réaction, il ne me reste plus, avec l’ensemble du peuple  qu’à vous souhaiter, en compagnie du Bouffon Hanouna à vous gracieusement prêté par Bolloré en guise de cadeau d’anniversaire, une Bonne Année 2018 pleine de rapines, d’évasions fiscales, de reculs sociaux et de chasses à courre le Chômeur, l’Etranger et le Militant syndicalo-associatif ringard et passéiste…

Ce vestige des trente glorieuses qui se croit autorisé à prolonger le rêve des lendemains qui chantent et qui ne trouve à s’occuper que de tentes sur les quais du Canal st Martin, de distribution de nourritures récupérées en fin de marché et de serrures forcées pout mettre à l’abri des femmes et des enfants dans des appartements gardés vides pour ne pas faire baisser les loyers, toutes activités misérabilistes et peu porteuses de plus-values pour notre portefeuille…

Tous ces sous-produits de l’humanité non comptabilisés au bilan de la start-up France, Marque Déposée et Certifiée par la Grâce de l’Académie Françoise, cette vieille dame qui a retrouvé une nouvelle jeunesse en croyant entendre Richelieu renouveler ses lettres patentes, alors que ce n’était que Finkielkraut qui bramait à la cantonade dans un cornet acoustique à l’attention  de ses camarades de fauteuil, son dépit d’avoir été éconduit d’une Assemblée Générale de Nuit debout…

Bonne Année,donc, mister Président, profitez bien de la stupéfaction des foules ébaubies par votre désinvolture de fils à maman, comme celle de  ces cantonniers qui se faisaient insulter par des fils à papa juchés dans leur topolino, juste avant qu’elle tombe en panne sèche à portée de leurs pelles vengeresses…

Les « Vitelloni », le film culte de Fellini, les « Vitelloni », les veaux élevés sous la mère, vous vous souvenez, Président ?

 

 

La pauvreté sous contrôle ?

La France, comme beaucoup d’autres pays européens, connaît ce phénomène qui s’aggrave d’année en année. Selon le Secours Catholique,  près de 9 millions de personnes, dont 3 millions d’enfants, vivent dans la pauvreté en France.  « Nous constatons, ajoute-t-il, une précarisation croissante des familles, des femmes et des enfants, ainsi que des personnes d’origine étrangère, avec davantage de personnes sans ressources, en logement très précaire ».

La Fondation de l’Abbé Pierre quant à elle, rappelle que  « la France compte 2,3 millions de personnes vivant avec moins de 672 euros par mois et 1,9 million de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France. »

Le Secours populaire indique qu’en 2017, plus d’un tiers des Français (37 %) a déjà vécu une situation de pauvreté. Plus d’un Français sur cinq ne parvient pas à équilibrer son budget à la fin du mois. 23 % des Français rencontrent des difficultés à faire trois repas par jour. »

Parmi les sept pôles de plus de 100 000 habitants de la région, la ville de Mulhouse se détache nettement avec trois habitants sur dix vivants sous le seuil de pauvreté selon les chiffres de l’INSEE.

L’action admirable des associations

Elles sont près des milliers en France. A Mulhouse, plusieurs dizaines d’associations, avec des centaines de bénévoles, viennent au secours des plus démunis, dans de multiples domaines. Car la pauvreté se décline sous tous les angles de la vie sociale : emploi évidemment (et la précarité engendre à présent des travailleurs pauvres), logement, accès à la santé, à la culture… Et bien évidemment alimentaire.

Un grand nombre d’entre elles développent une activité d’éducation populaire pour socialiser des femmes, des hommes, des enfants, qui se sentent exclues de notre société. Dans de nombreux cas, ces personnes ne demandent même plus les aides auxquelles elles ont droit, elles ne vont plus voter, elles ne peuvent participer à des activités culturelles, associatives, sportives. La marginalisation est en route.

Par leur incessante activité, les bénévoles de ces associations viennent en appui aux services sociaux et bien souvent assument leurs tâches. L’extension des besoins et le manque de moyens humains des services sociaux rejaillissent sur leurs activités et font douter bien de personnes démunies de l’efficacité de l’Etat pour combattre la pauvreté.

L’exemple de l’aide alimentaire

Nous l’avons dit : les associations s’investissent dans toute la chaîne de la pauvreté. Mais nous souhaiterions relever ici le cas particulier de l’aide alimentaire. Celle-ci est très organisée en Europe et en France. Comme le montre le tableau ci-dessous, l’aide alimentaire est sous contrôle. A priori, il n’est pas scandaleux qu’une distribution d’aliments à cette échelle nécessite un suivi et des contrôles.

Le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) participe à la réduction de la pauvreté et vise, à terme, à l’éradication des formes les plus graves de pauvreté dans l’Union. En France, tout le système d’aide est placé sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture et des Préfets de Région.

La France bénéficie, pour la période 2014-2020 de 500 millions d’euros de crédits européens auxquels s’ajoutent 88 millions de crédits nationaux et a choisi que ces crédits soient uniquement consacrés à l’achat de denrées alimentaires.

Les denrées alimentaires acquises par les divers circuits (voir schéma) sont mises à disposition des plus démunis à titre gracieux par l’intermédiaire d’associations caritatives désignées par le Gouvernement. Actuellement quatre associations participent au PEAD : la Fédération française des banques alimentaires, les Restaurants du Cœur, le Secours populaire français et la Croix-Rouge française.

Ainsi, les 79 Banques alimentaires et leurs 23 antennes ont distribué 106 000 tonnes de denrées à 5400 associations et organismes sociaux. Environ 2 millions de personnes ont pu bénéficier de cet accompagnement alimentaire représentant l’équivalent de 210 millions de repas. Les ressources globales de la Fédération des banques alimentaires est de 31.821.000 € en 2016. Donc tout l’alimentaire distribué par des associations doit transiter par la Banque alimentaire. En outre, des « Epiceries solidaires » proposent aux plus démunis des aliments variés comme dans une vraie boutique. Les personnes viennent y faire leurs courses elles-mêmes, moyennant une participation financière à hauteur de 10 à 20% du prix habituel,

La colère des associations 

Ce système apparemment rodé est pourtant gangrené par une organisation très (trop ?) encadrée, des contrôles tatillons et de certaines règlementations proprement scandaleuses.

Les associations distribuant de l’aide alimentaire sont soumises à des impératifs qui pèsent de plus en plus lourds. Elles doivent d’abord obtenir un agrément préfectoral et justifier d’une activité d’au moins trois ans. Elles doivent établir chaque jour une liste des personnes aidées, leur adresse, leur état-civil. Cette liste est adressée au Ministère et au Préfet de Région : dans ces lieux, seront vérifiés si ces personnes ne se sont pas servies ailleurs, auprès d’une autre association.  A combien peut-on estimer le coût de ces contrôles quotidiens ?

Chaque personne aidée ne peut l’être que durant trois mois. Au-delà de cette date, il est interdit à l’association de redonner de l’aide alimentaire.

Mais pour en bénéficier, la personne concernée doit posséder une justification dressée par une Assistance sociale dûment mandatée.

Si on peut comprendre qu’un contrôle soit établi pour éviter des abus, les bénévoles se sentent de plus en plus démunis : comment expliquer à telle famille en détresse alimentaire, qu’on ne peut rien lui donner car elle n’est pas administrativement en règle ? Ces bénévoles mus essentiellement par leur volonté d’aider, de soutenir, ne se sentent pas à l’aise dans ces tâches administratives dont toutes ne sont pas compréhensibles.

Interdiction de distribuer aux migrants déboutés !

Ainsi, dans la politique des migrants du gouvernement, ceux qui sont déboutés de leur droit d’asile, ne peuvent recevoir une aide alimentaire ! Car pour le Ministère de l’Intérieur, ces personnes, expulsables, ne devraient plus être sur le territoire français… et n’auraient donc aucun droit.

Or, selon la Cour des comptes, 97% des migrants déboutés restent en France… ce qui conduit M. Collomb a trépigné en exigeant plus d’expulsions… peut importe ce qui va advenir de ces personnes.

Pour les bénévoles des associations, c’est un crève-cœur de refuser à une famille qui vient demander une aide alimentaire, de la lui accorder sous prétexte qu’elle ne devrait pas être là… Etre débouté du droit d’asile, supprime-t-il la faim ? Là, nous quittons le domaine du contrôle de l’aide pour passer dans celui de l’inhumanité et la répression la plus ignoble.

Car si une association contrevient à ces règlements, elle doit rembourser la valeur de l’aide alimentaire accordée… et cela revient à condamner le bénévole qui, devant la détresse, a estimé qu’on ne pouvait pas priver ne famille d’un besoin de base : celui de s’alimenter.

L’Etat ou l’Europe n’ont pas à s’octroyer le droit de séparer le bon grain de l’ivraie.

Le libre arbitre de la distribution alimentaire doit être laissé aux associations. C’est un devoir humanitaire et d’humanité des associations, qu’aucune administration ne peut déranger.

Un militant d’ATD Quart Monde le dit avec ses mots : « La liberté des associations, c’est comme la liberté de la presse. On n’a pas à être sous la coupe d’un gouvernement politique ou d’intérêts privés. Sans cela, nous perdons tout sens, tout intérêt et toute crédibilité. L’association se doit d’être un lieu un espace neutre. »

Quelles sont les motivations ?

Cette situation envenime les relations entre les acteurs de la lutte contre la pauvreté… alors qu’ils sont tous au service de la même cause.

Des associations comme Bouge ta Galère et de nombreuses autres, ne se limitent d’ailleurs pas à l’aide alimentaire. Leur activité est souvent plus centrée sur l’éducation populaire.

Devant une règlementation de plus en plus régressive, les bénévoles ont souvent l’impression de faire partie d’un réseau de contrôle des individus. Comme s’il fallait mettre la pauvreté sous contrôle et dissuader une grande partie des personnes de faire appel à l’aide. Ou des les orienter plutôt vers les Epiceries solidaires qui se consacrent exclusivement à l’aide alimentaire… ce qui est certes essentiel mais pas suffisant dans la lutte contre la pauvreté. Les associations, par l’aide alimentaire, peuvent commencer à travailler avec les personnes pour arriver à une réinsertion sociale indispensable pour sortir définitivement de leur état.

A écouter attentivement les bénévoles, on sent pointer un découragement, une lassitude, une incompréhension du rôle qu’on veut leur faire jouer.

Alors de nouvelles idées commencent à pointer. A Mulhouse, Astrid Noel, par exemple, est en train de lancer un « groupement d’achats » auquel peuvent adhérer les personnes démunies ou non-démunies : aucune distinction ou stigmatisation de la pauvreté. Aucun contrôle de la situation des adhérents, pas besoin de passer par un service d’action sociale pour être adhérent. Ce groupement pourra, par la masse de produits qu’il peut acheter, négocier des prix pouvant être extrêmement compétitifs sur des denrées de première nécessité (pas de produits de luxe ou d’épicerie fine). Ce serait une manière d’assurer la solidarité sans passer par un circuit qui devient de plus en plus contrôlé bien au-delà de ce qu’il faudrait pour assurer l’équité de la distribution des aides alimentaires.

En guise de conclusion, la ferme position d’ATD Quart Monde : «  On n’adosse pas aide alimentaire et politique migratoire. Il n’y a pas de bon pauvre et de mauvais pauvre (origine, couleur de peau …). Il n’y a que de bonnes politiques et de mauvaises politiques. ». Fermer le ban !

Michel Muller

La grande pauvreté en France
Nombre
Personnes vivant sous le seuil de pauvreté à 40 % du revenu médian (Insee – 2014) 2 269 000
Personnes sans domicile personnel (Fondation Abbé Pierre – 2017) 896 000
– dont personnes hébergées chez des tiers dans des conditions de logement très difficiles 643 000
– dont personnes sans domicile* 143 000
– dont habitats de fortune (cabane, camping, etc.) 85 000
Personnes en habitat dégradé ou exigu 2 819 000
– dont logements inconfortables 2 090 000
– dont logements surpeuplés 934 000
Personnes bénéficiaires des Banques Alimentaires (Banques Alimentaires – 2015) 1 900 000
Allocataires de minima sociaux (Drees – 2015) 4 149 100
– dont RSA socle 1 945 900

Source Fondation Abbé Pierre

 

CETA : que les citoyens s’expriment!

Ils étaient là, en ce samedi 18 novembre, rue du Sauvage à Mulhouse, pour alerter les citoyens sur les dangers de l’accord de commerce entre le Canada et l’Union européenne. Le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » a ouvert la discussion avec les passantes et passants pour dénoncer sur le fond et la forme, ce traité qui est entré en application d’une manière totalement illégale.

CETA DISCUSSION

Sur le pont en toute occasion: on est militant(e) ou on ne l’est pas!

Négocié entre 2009 et 2014, dans une totale opacité, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement)  comporte des risques importants pour de nombreux aspects de notre vie : le climat, l’emploi, les services publics, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture. Et implique de graves entorses à la démocratie.

Le texte prévoit la suppression des derniers droits de douane entre le Canada et l’Europe, notamment dans l’agriculture. Il offre ainsi aux multinationales d’imposer leurs produits quasiment sans contrôle. Ainsi, le traité ne prévoit pas de vérifier les conditions sociales faites aux salarié(e)s dans la production, ouvrant la voie à un dumping social sans frein qui pourra avoir de lourdes conséquences sur l’emploi. Il en va de même pour les normes sanitaires qui sont profondément différentes entre le Canada et la plupart des pays européens. Ainsi l’utilisation des OGM est autorisée au Canada et grâce à ce traité, des produits OGM pourront se retrouver dans nos assiettes.

On parle souvent du « saumon Frankenstein », élevé dans des conditions lui permettant d’atteindre un poids de commercialisation en un an (alors qu’il en faut deux pour un saumon « normal »), mais cela peut se décliner avec beaucoup d’autres produits.

Mais, pensez-vous, il sera possible d’attaquer ces multinationales si leurs agissements sociaux ou environnementaux ne correspondent pas à notre législation ? Que nenni, car il est prévu, à terme, de mettre en place des Commissions de litiges d’interprétation de l’accord. Ces Commissions pourront condamner un Etat car sa loi pourrait être contraire aux dispositions de l’accord CETA. Est-ce donc cela la démocratie du « marché » ?

CETA CECILE 2

Cécile Germain: convaincre les passants!

Application immédiate… sans décision du Parlement !

Sur proposition de la Commission, le traité fut adopté par le parlement européen le 15 février 2017 par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions. Notons que seuls 26 des 74 députés européens français ont approuvé le texte.

Ce vote a permis l’entrée en vigueur provisoire du traité dès avril, alors que chacun des Parlements nationaux devaient encore s’exprimer. Même le président Emmanuel Macron notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir ». Mais, ça c’était avant…

Car le CETA est entré en vigueur en France le 21 septembre dernier… décision du même M. Macron. Pour en décider ainsi, il s’est appuyé sur un rapport rendu par une commission indépendante le 8 septembre émettant un avis favorable… mais relevant qu’en matière de viandes par exemple, « rien n’est prévu en ce qui concerne l’alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de maïs de soja OGM, résidus de pesticides…) ; l’utilisation des médicaments vétérinaires (notamment des antibiotiques) en élevage ; le bien-être des animaux (élevage, transport et abattage) ». Apparemment, notre président n’a pas jugé cela suffisamment grave pour s’opposer à l’application du CETA en France.

C’est, entre autres, des appréciations de ce type qui  génèrent une vive opposition à l’application de ce traité. La contestation est forte dans de nombreux pays, gênant certains gouvernements qui auraient voulu ratifier au plus vite. En France, l’opinion publique est majoritairement contre ces traités. En Allemagne, ce sont plus de 300.000 personnes qui ont manifesté contre ce traité. En Wallonie, le Parlement régional (qui a un véritable pouvoir de bloquer la ratification par la Belgique toute entière) exige des contreparties pour l’approuver.

Rien n’est donc jouer. Ce traité peut encore être rejeté et renégocié : même dans une Europe centralisatrice, les parlements nationaux gardent encore la possibilité de rejeter un accord qui devrait s’imposer dans leur pays.

C’est pourquoi de nombreuses organisations, dont le « Collectif de vigilance et de combat contre les traités commerciaux inégaux » appellent à l’organisation d’un référendum sur le sujet. Ce qui aura deux avantages certains : rétablir un processus démocratique digne de ce nom et ouvrir le débat sur le contenu du CETA et donner aux citoyens le moyen de savoir ce qui va se passer avec l’application définitive de ce traité.

Michel Muller

Démission de Philippe Richert : aveu d’impuissance… ou pire ?

M. Richert démissionne de son poste de président de la Région Grand Est… Ils ne sont pas nombreux ceux qui vont le regretter en Alsace ! Archétype de l’élu alsacien d’après-guerre qui disent en Alsace ce que les Alsaciens veulent entendre et qui votent, à Paris, comme la République le leur demande, M. Richert est la victime de sa duplicité. Apparemment farouche opposant à la liquidation de l’Alsace dans le Grand Est, il a trahi ses premiers engagements… contre la promesse du poste de président… suivi par tous ses affidés, M. Rottner en tête… Des places étaient à prendre, alors fi des espoirs des Alsaciens.

Mais cette démission ne règle pourtant rien au fond du problème : comment l’Alsace peut-elle recouvrer la maîtrise de son destin en sortant de cette hyper-région sans queue ni tête…

Platzlajager…

C’est ainsi que les Alsaciens nomment ces femmes et hommes politiques dont la seule ambition est d’occuper des fonctions assouvissant leur plus ou moins grande ambition. « Chasseurs de postes » : est-ce cela l’avenir indépassable de l’engagement politique ?

Ici, on veut croire que non ! Et un bon exemple est la lutte pour redonner à l’Alsace une instance représentative et décisionnaire pour entrevoir son avenir. Il ne s’agit évidemment pas d’une revendication  « régionalo-autonomiste » comme le jacobinisme aime (mal)traiter tous ceux qui ne pensent pas « centralisation » ! Il s’agit bien d’une question démocratique : nous sommes à l’ère d’exigence citoyenne non seulement de pouvoir dire son mot mais d’être entendu !

L’éloignement des centres de décisions, la prééminence de la technocratie sur les politiques, malmène la démocratie. Les pertes de pouvoir de décision des communes, des intercommunalités, de toutes les collectivités locales font naître dans la population le sentiment de ne plus peser sur les décisions prises en son nom. Le vrai visage d’Emmanuel Macron apparaît, entre autres à travers le budget : toutes les structures décentralisées perdent des moyens alors que s’élargissent leurs domaines d’intervention. Voilà pour le fond. Le président de la République ne discute pas, il ordonne ! Voilà pour la forme.

La fin de la Conférence des Territoires

Devant le mécontentement engendré dans la population française par une réforme territoriale non discutée, imposée par le fait du prince élyséen, Emmanuel Macron a cru bon de créer, il y a deux mois,  une « Conférence des Territoires » rassemblant les collectivités locales et leurs associations. Lors de son lancement, le président de la République assura : « il n’y aura pas de baisse des dotations aux collectivités locales en 2018. Le chef de l’État a évoqué un contrat de confiance passé avec les élus locaux. Il s’engage à ne pas diminuer les dotations aux collectivités en échange d’efforts pour faire des « économies intelligentes » (…) » C’était le 17 juillet 2017.

Lors de la dernière conférence nationale des Territoires, le 28 septembre, toutes les Régions quittent cette instance pour protester contre la suppression de 450 millions de dotations… Les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire…

Apparaît ainsi clairement que la réforme territoriale n’a pas accouché d’une décentralisation mais au contraire d’un renforcement de la mainmise de l’Etat central sur les collectivités locales. C’est pourquoi la revendication d’une nouvelle organisation territoriale doit être imposée. Car la faiblesse de la position des Régions c’est qu’elles quittent la Conférence sans pour autant proposer une alternative.

Une majorité pour modifier la réforme territoriale ?

Le  septembre dernier, pas moins de 15 élus alsaciens de tous bords se sont succédé toute la journée à Sélestat, où l’Initiative citoyenne alsacienne (ICA) organisait un débat sur « l’avenir institutionnel de l’Alsace ». Avec quelques nuances, tous se sont exprimés pour que l’Alsace recouvre une certaine « souveraineté » pour s’administrer. Voici quelques échantillons dans laquelle on a parfois du mal à discerner la sincérité de la duplicité…

Patricia Schillinger, sénatrice (LREM) du Haut-Rhin: « Revenir en arrière, découdre ce qui a été fait va être très difficile ». Comme la salle gronde devant cet aveu (à mon sens sincère car il reflète ce qu’assène E. Macron, d’autres Républicains marcheurs veulent redorer leur blason devant une assistance visiblement acquise à la sortie du Grand Est.

Vincent Thiébaut, député LREM, explique qu’il parle au nom des députés LREM et MoDem du Bas-Rhin. « Nous, les députés En marche, souhaitons clairement un retour à une Alsace institutionnelle ».

Bruno Fuchs, lui aussi député LREM mais du Haut-Rhin, plaide pour un « détachement en 2021 de la région Grand Est », mais cela ne sera possible, dit-il, « que si nous avons convaincu que cela créera de la valeur pour la région, pour la communauté nationale, pour l’Europe ».

Le ton devient moins nébuleux avec Daniel Hoeffel,  ancien ministre et président du conseil général du Bas qui invite à « revenir à une région Alsace » qui puisse coopérer avec les régions françaises et étrangères qui l’entourent.

La toute nouvelle présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert dit sa « colère de voir disparaître l’Alsace des livres scolaires, des cartes de Frances, et de découvrir des tartes flambées estampillées Grand Est »! Elle dénonce « l’ensemble désincarné et désenchanté [du Grand Est] qui est un véritable obstacle à l’ancrage rhénan de l’Alsace ».

Les déclarations d’autres élus tentaient le mariage du carpe et du lapin en étant tout à fait contre le Grand Est et inversement… Sauf Jean-Georges Trouillet, Unser Land, qui rappelait que selon un sondage Sofres, 84% des Alsaciens étaient pour la sortie de l’Alsace du Grand-Est.

Avec le recul, cette conférence, utile, fait surtout craindre que les Alsaciens ne pourront pas compter sur leurs élus pour modifier profondément la réforme territoriale.

D’ailleurs Philippe Richert a immédiatement sifflé la fin de la partie : lors de son discours annonçant sa démission le 30 septembre, il a écarté de la main toute possibilité de séparation de l’Alsace de la nouvelle région. Voilà le bilan de celui qui a soutenu une manifestation à Strasbourg, le 11 octobre 2014, se félicitant de voir 10.000 personnes s’opposer à la disparition de l’Alsace.

Et celui qui aujourd’hui voudrait bien briguer la succession de M. Richert, le maire de Mulhouse Jean Rottner avant, quant à lui, lancé une pétition recueillant 55.000 signatures contre la création de la méga-région… qu’il voudrait bien présider aujourd’hui…

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La société civile et le referendum

Visiblement échaudés par les discours à géométrie variable des élus, 100 personnalités alsaciennes ont signé un appel que vous pouvez lire en suivant ce lien :

https://perspectivesalsaciennes.com/2017/09/29/appel-des-100/

Le texte appelle les responsables politiques « à s’engager pour la création d’une Région Alsace pourvue des compétences départementales et régionales ». Cette « collectivité à statut particulier » devrait aussi, écrivent-ils, être dotée de compétences complémentaires transférées par l’État.

Souvent l’exemple de la Corse ou des Antilles a été avancé pour démontrer que cette création était tout à fait possible dans le cadre de la constitution française. Mais pour l’heure, cet appel a malheureusement peu de chance d’être entendu s’il n’est pas soutenu par les citoyens alsaciens.

M. Eric Straumann, député LR, a lancé une idée loin d’être saugrenue… si elle est sincère et si son auteur est prêt à s’engager à la faire aboutir. Lors d’un débat sur l’avenir institutionnel de l’Alsace, sur France 3 Alsace, Eric Straumann a considéré que si aucune solution politique n’intervient d’ici la fin de l’année sur le sujet, « il faudra en appeler au peuple alsacien« . Et d’inviter les départements du Bas Rhin et du Haut Rhin, «  à organiser un référendum pour demander à la population s’il faut sortir ou non du Grand Est« .

Il serait intéressant de voir la réaction du gouvernement à une initiative de ce type. Traitera-t-il cette demande à l’image de ce que fait le gouvernement espagnol à l’égard des Catalans ?

En tout  cas, sans une initiative mobilisant l’opinion publique alsacienne, en organisant un débat large sur la nature et les prérogatives d’une « nouvelle Région Alsace », les élus alsaciens se réfugieront derrière leur impuissance pour que rien ne bouge. Et les Alsaciens se seront fait avoir une nouvelle fois…

Michel Muller

Nous publions ici une réaction fort intéressante de Daniel Muringer sur cette question.

Les aspects culturels et identitaires ne sont pas l’objet du propos (…) qui s’en tient à la seule question de la démocratie. Pour ce qui me concerne, ils pèsent évidemment et fortement dans la nécessité de maintenir une entité territoriale Alsace.

Cette prise en compte a d’ailleurs été celle du communisme alsacien, qui s’est positionné avant-guerre sur l’auto-détermination de la région (avec y compris le soutien en ce sens dirigeants nationaux Duclos et Thorez).

 Font partie de cette question de démocratie ET de l’histoire régionale les départements : il se trouve que les deux nôtres sont peut-être les seuls en France qui ont une justification historique, et ce, depuis l’époque romaine en passant par les comtés carolingiens, les Habsburg ainsi que le fameux et quelque peu mythifié – Reichsland  avec ses trois zones administratives.

 Il m’est impossible de participer à un mouvement où l’on revient à la charge avec le gadget « Conseil unique », que, comble de paradoxe, a appelé de ses vœux le gouvernement auquel s’oppose le mouvement de contestation de l’ALLOC (Alsace-Lorr-Champ) et qui constitue en soi un recul de démocratie locale : au nom de cette même démocratie locale, il est antinomique de s’opposer à la Grande Région et dans le même temps vouloir la suppression des départements.

 Pour mémoire, la Corse est bien plus avancée que nous sur les terrains qui nous préoccupent et le fait d’avoir deux départements n’y suscite pas d’états d’âme ! 

 Ensuite, je suis très inquiet au sujet de l’absence de préoccupations formulées par le mouvement concernant l’avenir du régime Alsace-Moselle de sécurité sociale qui pourrait bien passer à la trappe avec la réforme en cours et la suppression des départements, dont les trois concernés ; cela fait aussi partie du patrimoine historique autant que du progrès social. Ce silence serait-il du à la présence de plusieurs porte-paroles du MEDEF dans les colloques ad hoc qui ont eu lieu récemment ? Comble de paradoxe, il n’est pas exclu que ce soit une région dotée de plus de pouvoirs, mais si peu en lien avec les préoccupations sociales, qui jette le « Bubbala » par-dessus bord.

Heureusement que la CGT régionale a l’œil ouvert et défend le morceau.

Daniel MURINGER

 

 

28 septembre : au tour des retraités !

Qui dit que les syndicats français ne peuvent s’entendre ? Le tract (voir illustration) distribué à Mulhouse porte les sigles de (par ordre d’apparition sur la feuille…) la CGT, de la CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de FO et des Retraités de la Fonction publique… Seule manque la CFDT. On se demande bien pourquoi ! Ils donnent rendez-vous à tout(es) les retraités le 28 septembre à 11, place de la Bourse à Mulhouse pour un grand rassemblement de protestation.

tract

Le pouvoir d’achat en berne !

E. Macron l’a dit : avec 1.200 euros bruts de pensions, on est favorisé ! Et il faut donc  faire payer les heureux bénéficiaires ! Première étape: 1,7% d’augmentation de la CSG que les 0,8% d’augmentation des retraites en septembre ne comblera que très partiellement. Alors, des nantis, les retraités ?

 Depuis les réformes Balladur en 1993, les retraites ont perdu 30% de leur pouvoir d’achat. Depuis avril 2013, elles n’ont plus été revalorisées alors que les prix continuaient de grimper. Résultat : une perte de pouvoir d’achat de 6% en quatre ans !

Le Secours Populaire Français publie annuellement, avec l’institut IPSOS, un baromètre sur la pauvreté. Dans l’édition 2017, il apparaît que 49% des retraités ont connu la précarité ou la redoutent. 31% peinent à payer une mutuelle, 39% renoncent à des actes médicaux mal remboursés.

Le pays des « nantis » n’est visiblement pas là !

Le baromètre révèle également que de plus en plus de retraités sont contraints de reprendre une activité pour compléter leurs revenus souvent dans des emplois  style « petits boulots  pénibles ».

Une autre inquiétude apparaît dans cette enquête SPF-IPSOS porte sur les retraités qui touchent entre 1.200 et 2.000 euros de pension. 68% aident leurs proches, 67% soutiennent des associations et 27% s’occupent d’une personne dépendante ! Devant la dégradation de leur conditions de vie avec les diverses hausses (CSG) mais aussi la baisse des APL, seront-ils en mesure de continuer à assurer ces aides ?

La réforme Macron des pensions

Décidément notre président va laisser son nom coller à des lois de reculs sociaux de grande ampleur ! Si les retraités seront dans la rue le 28 septembre, ce n’est pas uniquement pour protester contre l’augmentation de la CSG.

Un danger bien plus grave pèse sur eux et sur les futures retraités que nous sommes tous ! Le président de la République veut instaurer un nouveau système de retraite. Pour le justifier, M. Macron affirme que « pour un euro cotisé, chaque personne devrait toucher le même montant de pension », et pour y arriver il veut créer le système de comptes « notionnels », c’est-à-dire virtuel.

Le principe du système de comptes notionnels

Ce compte virtuel est alimenté par les cotisations retraites sur les salaires. Au moment du départ en retraite, ce compte détermine un capital, divisé par le nombre d’années d’espérance de vie pour calculer la pension annuelle.

Ce calcul crée une première injustice : pour toucher plus pendant l’ensemble de son temps de retraite, il vaut mieux avoir bénéficié de meilleures conditions de travail et vivre plus longtemps, être cadre plutôt qu’ouvrier (dont l’espérance de vie reste inférieure de 5,5 ans).

Ce système met fin aux solidarités puisque celui ou celle qui ne cotise pas n’alimente pas sa retraite. Il fait disparaître la majoration de durée de cotisations pour le temps de maternité, l’éducation des enfants, le chômage même indemnisé, la précarité et le temps partiel… et la pension de réversion.

Les inégalités accrues

Le calcul de la pension n’est plus effectué sur le dernier salaire ou les meilleures années, en éliminant les plus mauvaises, mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise les précaires, les personnes ayant connu de mauvaises années, du temps partiel imposé… Ce système prolonge et amplifie les inégalités de la vie active.

Le calcul sur toutes les années de la carrière prend en compte les premières années de travail, très souvent inférieures aux suivantes, ce qui tire vers le bas la pension, ce changement de règles de calcul aboutit mathématiquement à une diminution du montant des retraites.

De plus, dans une période où les papy boomers sont encore vivants, le nombre de pensions augmente et l’équilibre financier n’est possible qu’en baissant chaque pension.

Cette baisse incite à reculer l’âge de départ : lorsque le futur retraité encore en emploi verra la faible pension attribuée en cas de départ dans l’année, il repoussera spontanément son départ en retraite.

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et…

Pour mettre en évidence l’indécence qui consiste à présenter les retraités, voire une partie d’entre eux, de « privilégiés », il faut parler des vrais privilèges. Et les calculs de l’OFCD publiés par l’ONG Oxfam sont explicites.

Grâce à la réforme fiscale du gouvernement de M. Macron, les 10% les plus riches vont gagner en moyenne 1.193 euros par an… Et les 10% les plus pauvres vont, eux, perdre 337 euros ! A l’échelle des 1% les plus riches les inégalités apparaissent encore plus importantes : la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) fait gagner 15.000 euros par million possédés. Prenons M. Arnault qui a une fortune de 46,1 milliards d’euros, il pourrait empocher 553,2 millions de cadeaux fiscaux !

Les recettes des impôts sur les sociétés ont baissé de 9 milliards en dix ans… Comme quoi, M. Macron pourrait dire « c’est pas moi qui ai commencé ! ».

Alors, nantis les retraités ? Qu’ils se nantissent d’une bonne paire de grolles pour battre le pavé jeudi 28 septembre… juste pour ne pas s’appauvrir un peu plus.

Michel Muller

 

MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

Face à la brutalité de l’annonce de la suppression (totale à terme) des emplois aidés et l’émoi que cela a suscité auprès des salariés intéressés ainsi que des associations faisant appel à ce type d’emploi, L’Alterpresse, Old School, les Sheds et l’association Ludo se sont associés pour lancer le manifeste publié ci-dessous, ouvert à la signature de toutes les associations et collectivités locales haut-rhinoises qui souhaitent le soutenir. Il a été envoyé à tous les parlementaires alsaciens assorti d’une demande d’intervention dans le cadre du débat sur le budget pour annuler cette mesure tout aussi inique que la suppression des APL. Tout cela n’aura qu’une seule conséquence: affaiblir le mouvement associatif qui par l’activité inlassable de ses bénévoles avant tout, supplée au carences de l’Etat dans bien des domaines sociaux.

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MANIFESTE POUR DES EMPLOIS AIDES DE QUALITE

 

Le gouvernement de M. Macron vient de décider brutalement et unilatéralement la suppression des emplois aidés.

Nous, associations, collectivités locales, assumant des tâches économiques, sociales, culturelles, sportives… que le secteur privé ne prend pas en compte, œuvrons ce faisant pour contribuer au maintien d’une cohésion sociale dans notre pays.

Les manques de moyens récurrents, le gel, puis le recul des subventions, ont déjà affecté négativement nos actions au détriment de la population et singulièrement de sa part la plus fragile.

La suppression des emplois aidés nous prive de moyens au risque de nous obliger à réduire drastiquement, voire à interrompre, nos initiatives et actions, qui relèvent de l’intérêt général et ne sont pas à but lucratif.

Des centaines de milliers d’emplois sont en jeu : des emplois utiles, valorisant les personnes qui les occupent, des emplois qui sont souvent le seul moyen de sortir de la précarité, de la marginalité, de l’exclusion sociale. Sans emplois aidés, la quasi-totalité de ces personnes vont se retrouver au chômage.

Cette décision gouvernementale ne peut se justifier par le besoin de réduire les dépenses publiques. Car, consacrer 24 milliards d’euros d’argent public à un CICE qui ne crée quasiment pas d’emplois, refondre l’Impôt sur la fortune privant l’Etat de 4 milliards de revenus, pèse bien plus lourd que les 3 milliards consacrés aux emplois aidés, utiles socialement tant pour les personnels concernés que pour nos concitoyens.

Les emplois aidés sont une réponse au désengagement de l’Etat dans de nombreux domaines sociaux, culturels, sportifs… Non seulement il ne faut pas les supprimer mais il faudrait au contraire les valoriser, les intégrer dans l’action publique de lutte contre le chômage, afin qu’ils débouchent sur des emplois stables et pérennes.

Le secteur privé n’a créé que 143 000 emplois entre juin 2015 et juin 2016, absorbant tout juste le flux de nouveaux entrants sur le marché du travail, il est donc indispensable de miser sur ces emplois aidés pour sortir deux millions de personnes actuellement totalement exclues de l’emploi et pour empêcher d’autres centaines de milliers d’y tomber.

Nous appelons le gouvernement à revenir sur sa décision et à répondre favorablement à ces centaines de milliers d’associations et de collectivités locales assumant des responsabilités qui relèvent fondamentalement de l’Etat et ses institutions.

Mulhouse, le 21 septembre 2017

De la misère (des contrats aidés) en milieu non-marchand

Ce texte n’épuise pas la problématique des dérives dont ces contrats de travail sont l’objet. C’est un simple témoignage, lancé à l’adresse de leurs défenseurs, et une invitation à penser hors les réflexes pavloviens de la gauche radicale, à partir d’éléments documentés (alsaciens pour partie), et des sources crédibles. Il s’agit surtout de rappeler, y compris de manière polémique, que le dispositif des contrats aidés constitue une solution douteuse parmi les normes sociales et juridiques de rigueur en matière salariale, singulièrement dans le contexte associatif et institutionnel, où ces contrats pullulent dans un climat d’impunité sans pareil. Et que, partant, il n’y a rien de moins normal que de les favoriser, ou les maintenir pour ce qu’ils sont (on pense notamment au dispositif « CUI-CAE »). Quand bien même s’agirait-il d’invoquer de fallacieux prétextes…

A la récente annonce d’une réduction sensible du budget alloué aux contrats aidés lors du second semestre 2017, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, provoqua l’incompréhension, voire la colère, de nombreuses structures tributaires de cette forme dérogatoire de contrat de travail. Pourtant, ce feu roulant protestataire dissimule quelques omissions qu’il convient de rappeler obligeamment aux oreilles de ces pétitionnaires démunis. En commençant par souligner combien, de longue date, le secteur para-public et associatif use, et abuse, de toute la panoplie offerte par ces dispositions salariales déséquilibrées, et à temps souvent incomplet.

Fort heureusement, nos plaignants disposent d’un kit de plaidoirie prêt à servir, dont voici à peu près la trame: « Ces contrats aidés agissent comme un tremplin vers l’emploi, par les effets conjugués de l’activité professionnelle, de l’accompagnement et de la formation. De fait, ces contrats aidés sont destinés aux plus fragilisé-e-s par le chômage de masse : personnes privées d’emploi sans qualification, jeunes des quartiers, personnes âgées et handicapées».

Face à un ramage un peu trop beau pour ne pas plumer spontanément les bonnes âmes progressistes, il est temps d’examiner ce dont on parle, par-delà les cris d’orfraie misérabilistes.

Aide-toi toi même !

Élément central de la politique de l’emploi, et du traitement social du chômage de masse, l’État, au travers de Pôle-emploi (prescripteur dans 80 % des cas), régale depuis belle lurette les employeurs du secteur non-marchand de ce genre de dispositifs. Plus de 30 ans déjà que les acronymes TUC, CES, CEC, CAE, CUI-CUI et autres noms floraux surgissent au firmament du précariat low-cost ambulant. Et ce n’est pas prêt de changer, tant le recours à ces contrats indirectement subventionnés par l’État constituerait, selon les économistes, une sorte d’amortisseur social de circonstance (effet «contracyclique » dans leur langage), en cas de hausse significative du niveau de chômage. Le sous-emploi aurait donc ses raisons que la déraison admettrait.

Pour preuve, une partie de la presse de « gauche » emboîte alors le pas de nos « sous-employeurs » privés et publics, et s’émeut du coup de canif envisagé par le gouvernement Macron à leur sujet. Et d’évoquer tour à tour le rôle « socialement utile » desdits contrats, le « coup dur pour les associations », l’« effet de lutte à court terme contre le chômage » ou, plus hardi encore : « l’effet sur la liste d’attente des chômeurs ». Le soldat-chômeur, avançant péniblement dans la file d’attente de l’armée de réserve des sans-turbin saura donc se consoler. Car le contrat-aidé viendra à lui aussi sûrement que le nuage de sauterelle viendra ensemencer son avenir.

Pleureuses enfarinées

Le niveau local n’échappe pas plus au concert de protestation de nos employeurs-aidés. Tonnant comme un choeur de l’Armée rouge sous tranquillisant, il aura toutefois titillé les portugaises du journal «L’Alsace », dont le numéro du 29 août 2017 leur ouvre largement le prétoire.

– Du social, du social, et encore du social, voilà notre grand oeuvre ! s’époumonent-ils, avant d’enchaîner avec le lamento des tartuffes. Une vocalise alsacienne pour travailleurs sociaux contrariés.

Mais alors, que sont les estomacs de nos étudiants devenus ? s’enquiert le peuple subalterne. Des contrats-aidés servent en effet le potage au resto-U du « foyer de l’étudiant catholique » de Strasbourg. Son directeur, Étienne Troestler, reconnaît la nécessité de « faire évoluer le dispositif », mais pas « dans la précipitation et sans concertation » s’étrangle-t-il, avant d’avaler son calice de travers. Une association d’étudiants en médecine strasbourgeoise, quant à elle, ne pourra plus « faire tourner sa cafétéria », prévient-on. Elle employait sept contrats-aidés, sans doute en guise de prophylaxie. Qui donc pour aller servir le redbull à ces messieurs-dames les futurs notables ?

A Mulhouse aussi, des soldats du contrat-aidé pointent le bout du mousqueton. Toujours relayé par « L’Alsace », Jean-Luc Wertenschlag, directeur de « Old School »-« Radio MNE », annonce salarier 13 personnes… dont 9 en contrats aidés. « C’est une vocation sociale qui risque de disparaître », prévient-il. Le patron sera-t-il encore audible sans sa cohorte d’aspirants sociaux ? Mystère et bande FM. Quant à l’APA, une association d’aide à la personne, qui fait figure d’institution en Alsace, elle indique employer 43 contrats-aidés. Un record d’emplois aidés… chargés d’aider ! Tandis que l’EPHAD de l’Arc à Mulhouse emploie un animateur… et 19 contrats aidés… chargés de compléter l’animation! Un ratio optimisé de travailleurs très animés.

Traiter le mal par le mal

Par delà les persiflages inspirés par les situations apparemment ubuesques engendrées par l’inflation de ces contrats (même si, tendanciellement, il y a un peu moins de contrats signés que lors des
années 2000), voire les petits arrangements avec la vérité quant aux activités ou missions réellement effectuées par les bénéficiaires, la rigueur et le sérieux des employeurs devraient prévaloir en la circonstance. Chacun sait que derrière ces chiffres, pourcentages ou acronymes, il y a la vie de personnes en désarroi et en graves difficultés économiques. Celles-là même qui, souvent, se persuadent volontiers du bien-fondé de tels dispositifs dont elles disent profiter. « Un contrat aidé, c’est sans doute mieux que rien, cela permet de se sentir utile, de reprendre confiance, c’est une opportunité pour espérer rebondir professionnellement », se promettent-elles.

Pourtant, cette occasion de rebond ne cesse de s’écraser contre le mur du réel, car les faits sont obstinément têtus. Et l’argumentaire de nos employeurs prétendant « faire dans le social », c’est-à-dire agir dans l’intérêt exclusif des personnes en recherche durable d’emploi, ce à quoi est voué en principe le contrat aidé, ne résiste pas longtemps à l’examen.

Des chiffres qui grincent

Les chiffres fournis par la DARES (la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail) dans l’un de ses derniers rapports sur ces contrats sont, à ce titre, extrêmement éclairants.

Il est ici important de distinguer entre les « contrats d’avenir », les contrats de chantiers d’insertion (ACI), des contrats CUI-CAE («contrats d’accompagnement dans l’emploi », les plus massivement
utilisés dans les administrations et les associations). De multiples études (dont celles de la DARES) montrent en effet que l’accompagnement social et l’accès à la formation sont, en règle générale, qualitatifs s’agissant des deux premiers, a contrario de celui que nous examinons particulièrement ici, le CUI-CAE.

Le tableau figurant ci-dessus (source DARES) formalise un aperçu de la situation des personnes en contrat aidé (CUI-CAE) six mois après la cessation de leur activité :

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Ces données documentent essentiellement 2 choses. La première est que 51 % des personnes ayant contracté un CUI-CAE du secteur non-marchand (autrement dit un contrat aidé dans une association, une collectivité locale ou une administration) sont au chômage 6 mois après avoir cessé leur activité sous cette forme. Par ailleurs, il indique que 41 % parmi elles ont renouvelé un contrat de ce type, ou au mieux un CDD. En ne prenant en compte que les CDI et les CDD de plus de six mois, ce taux était respectivement de 26,7% dans le secteur non-marchand et 54,8% dans le secteur marchand, en 2009.

L’analyse de ces premiers éléments permet de conclure assez sûrement que le contrat aidé est un dispositif qui génère à la fois de la précarité (de par sa nature de CDD), mais qu’il constitue, symétriquement, une forme achevée de précarité salariale circulaire, d’où il est extrêmement difficile de s’extirper. Constituant donc une sorte d’enfermement ou de cloisonnement social, presque à l’égal d’un RSA.

Un second tableau nous permet d’étayer ce sentiment:

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Il illustre la situation des personnes à 30 mois de la sortie du dispositif. On y apprend que 23 % des personnes issues de l’un de ces contrats y sont revenues, mais cette fois dans le cadre d’un contrat aidé du secteur marchand (sur lequel il faudrait se pencher dans un tout autre article, mais qui semblerait donner des résultats légèrement supérieurs, cela pour diverses raisons). D’autre part, 31 % des personnes issues d’un contrat aidé travaillent désormais dans le cadre d’un CDI non aidé. Moins d’un tiers des bénéficiaires qui renouent enfin avec un véritable emploi, ce n’est certes pas insignifiant, mais cela demeure modeste.

D’autant que la seconde colonne transcrit 2 chiffres bien plus stupéfiants. Le premier, « -5 », indique que le bénéficiaire d’un contrat aidé à 5 points de chance en moins d’être en « emploi non aidé » que s’il s’était dispensé d’y souscrire, et 8 points de chance en moins d’être en « CDI non aidé » que s’il n’avait jamais accepté de contrat aidé !

Autrement dit, le bénéficiaire d’un emploi aidé subit, outre la précarité et la circularité de sa condition, des situations de discrimination de fait à l’embauche !

Des employeurs désolidarisés !

Mais l’étude la DARES documente également le caractère opportuniste du dispositif aux yeux des employeurs. Dans le secteur-non marchand, celui qui nous intéresse, près de 70 % des bénéficiaires d’un contrat aidé quittent l’institution, ou l’association, aux termes de l’aide financière que percevait l’employeur pour financer le poste de travail. Avec un record, encore un, dans l’Éducation Nationale, avec près de 80 % d’exclus aux termes de l’aide financière !

A contrario, plus de 80 % des bénéficiaires d’un contrat aidé demeurent dans des entreprises du secteur marchand. Ce qui semble illustrer que la fin des incitations financières est compensée par la productivité nouvelle et le développement du chiffre d’affaires dégagé par la présence de ces salariés.

(dé)formation d’État

Au coeur du dispositif des contrats aidés, sont censément actives les « actions de formation », préalable indispensable à toute réinsertion durable dans l’emploi, et dont la mise en pratique est une obligation légale. Pourtant, près de 60 % des contrats ne respectaient pas ce volet de la convention signée entre l’employeur et Pôle-emploi en 2011.

Si tous les employeurs sont responsables de cet état de fait, l’Éducation Nationale, matrice institutionnelle de formation de la jeunesse française, n’est pas même fichue de former ses propres contrats aidés ! Cela tombe à point nommé, car l’État, qui a toujours fermé les yeux sur ces négligences particulièrement coupables, a décidé de concentrer les principaux moyens dévolus au financement des contrats aidés en 2017… vers l’Éducation Nationale !

Qu’en conclure, sinon que l’État, via le gouvernement Macron aujourd’hui, continue de s’asseoir sur ses propres obligations, et de creuser inlassablement le sillon de misère et de précarité salariale
circulaire que nous évoquions plus haut.

Un détournement cynique

Outre le déni de droit à la formation, le second élément à considérer est, de fait, le cynisme bien ordinaire d’une fraction non négligeable des employeurs associatifs ou institutionnels.

En 2011, via l’un de ses communiqués intitulé « Les salariés en contrats aidés : des salariés à part entière », la CGT dénonçait déjà le juteux bénéfice que tirent les structures d’accueil, de ce qu’elles ne sont pas tenues de comptabiliser leurs contrats aidés dans les effectifs de l’entreprise. Moralité : pas d’accession aux oeuvres sociales et aux institutions représentatives du personnel en leur sein, notamment.

A l’occasion d’un différend avec des employeurs privés et publics, le tribunal d’instance de Marseille rappelait alors que : « les travailleurs en contrats aidés doivent être des salariés à part entière ». Cela, alors que les accusations de la CGT se faisaient très précises: « Ils [les contrats aidés] sont censés permettre à des travailleurs en grande difficulté d’insertion sociale de retrouver un emploi pérenne. Or, les études de la Dares montrent un détournement de la finalité de ces contrats : les salariés qui en bénéficient sont de plus en plus qualifiés et de moins en moins chômeurs de longue durée ou bénéficiaires de minima sociaux ».

En effet, selon les derniers chiffres de l’institut, plus de 25 % des bénéficiaires d’un contrat aidé employés par des associations sont diplômés de l’enseignement supérieur. Plus de 58 %, si l’on y ajoute les titulaires du baccalauréat !

Le détournement du dispositif est manifeste, et le mot n’est pas trop fort. Les exemples sont légions, et internet regorge de témoignages à ce sujet. Notamment sur l’excellent site : « Le travail concrètement, on vaut mieux que ça ».

Mais le site internet de Pôle-emploi ne démérite pas moins en la matière. La CGT rappelait d’ailleurs récemment à son sujet que près de 50 % des annonces publiées sur celui-ci étaient illégales, ou bidons ! Aucune vérification n’étant réalisée par l’institution quant à la nature et aux spécifications des postes proposés par les employeurs, on y trouvera aisément toutes sortes d’annonces illustrant l’illégalité patente des employeurs publics ou associatifs à l’égard du dispositif CUI-CAE. Des postes d’enseignants dans des écoles privées du premier degré, ou d’éducateurs de jeunes enfants. Des postes équivalent à ceux de travailleurs sociaux, voire de fonctionnaires…

Tous ces exemples (non exhaustifs !) de professions qualifiées et réglementées, supposent l’obtention de diplômes d’État ou la réussite à des concours de la fonction publique. Ils sont néanmoins proposés impunément… sous la forme de contrats aidés !

Des temps très modernes

Comment peut-on profiter cyniquement de tant de salariés en situation de désarroi économique, a fortiori de l’énergie et de la créativité de la jeunesse universitaire, en leur assurant misère économique et désillusions, au prétexte de l’impératif de continuité d’un projet associatif, quel qu’il soit, ou afin d’assurer l’ordinaire d’une administration en sous-effectif ?

Je fus moi-même l’un de ces rouages que l’on tord à satiété. L’Éducation Nationale, encore elle, m’engagea en tant qu’« assistant de formation » en contrat aidé, chargé de recenser les besoins de formation d’hommes incarcérés. En réalité, dans cette maison d’arrêt, je fis office d’enseignant. J’apprenais le français aux étrangers en attente de jugement, et servais de professeur de langue auprès des détenus. Trop compliqué et trop cher de créer un poste de fonctionnaire, on appuiera donc sur le bouton « contrat aidé ». Facile, et très bon marché. Je n’effectue pas la prestation de travail qui figure dans mon contrat, et on ne me forme évidemment à rien. Et si je souhaite bénéficier des vacances scolaires, ce sera 26 heures de présence par semaine au lieu des 20 heures prévues au contrat. Rémunération : 578 euros nets. Prud’hommes et Cour d’Appel ont heureusement sifflé la fin de la récrée pour le mammouth grimé en baudruche administrative.

Alors que plus de la moitié des candidats tenus de s’engager par défaut dans ces contrats sont bachelier ou issus du supérieur, que la seconde moitié aurait besoin de se voir proposer un parcours de formation structurant et diplômant, que dit le rapport de la DARES sur la qualité du travail opérée par ces salariés ? Si 9 candidats sur 10 déclarent avoir « appris des choses » au cours de leur passage en CUI-CAE, ils sont 77 % a avoir effectué des tâches répétitives tout au long de la journée, 81 % pour l’Éducation Nationale, et 91 % dès lors que l’employeur est issu du secteur sanitaire et social…

Antonomase ta mère !

En vérité, l’essentiel à considérer est que dans notre pays, l’étiquette socio-professionnelle peut-être tout simplement infamante. Nous ne semblons être que ce qu’un statut nous confère, ou ce dont il
nous prive.

Diplômé ou sans formation, de quoi alors le « contrat-aidé », ce nom commun mué depuis en nom propre, est-il le prête-nom ? Du salarié qui n’est porté que par le type juridique avec lequel il se confond ? Et dont la compétence, le savoir-faire ou le métier sont indistincts, malléables ? Du handicapé social, dont on profite au gré des circonstances économiques ? Un polymorphe interchangeable, qui servirait à rafistoler les morceaux de société qui sombrent aussi prestement que le Titanic, et dont il devrait, lui, jouer le marin sauvé des eaux ?

Par-delà l’inertie aveugle de l’administration, qui ne reflète que la lâcheté des gouvernants, ce qui transparaît surtout dans ce débat est le court-termisme dont se rendent coupables certaines structures associatives. Réclamer des fonds, des subventions, créer de l’emploi qualifié et décemment rémunéré, est devenu chose aléatoire, harassante, et presque chimérique, tant cela suppose d’énergie et de temps consacré, dans un contexte de restrictions budgétaires croissantes.

Devant ce labeur inepte, les structures qui emploient ces travailleurs précaires pratiquent de fait l’exploitation par omission, au prétexte que des besoins non pourvus existent. Elles en oublient cependant que se compromettre socialement pour survivre, alors que l’on incarne une forme d’engagement désintéressé, et un modèle de développement alternatif, constitue une négation du projet qu’elles animent. La condition sociale de leur développement ne peut dépendre de l’emploi de sous-employés jetables, mais de la force de leur noyau bénévole, et avant tout de leur rayonnement militant.

L’humilité de cette approche supposerait à tout le moins d’admettre qu’il n’existe aucune organisation qui soit indispensable en soi, dès lors qu’elle délaisse l’idéal et la promesse dont elle est porteuse. Et la nécessité de survivre pour survivre ne justifie rien, sinon que la forme associative est moribonde, et le projet exsangue. La fin ne justifiera jamais l’utilisation d’un volant continu de précaires, a fortiori diplômés et formés !

Capital et jambe de bois

Avec la fin progressive du modèle social « à la française », et le démembrement des solidarités de classe, les dernières décennies ont fait le lit du repli sur soi, des intolérances ethniques et religieuses. Tout cela a été largement documenté et établi par les meilleurs analystes.

Au plus fort de « la crise » dont nous ne sortons jamais que pour y choir, au gré des cycles du capitalisme zombie, ni vraiment mort, ni tout à fait vivant, le modèle marchand de surconsommation continue pourtant à cannibaliser nos imaginaires. Une reptation qui ne connaît plus d’entraves, et menace désormais d’engloutir nos écosystèmes matriciels, après avoir déjà siphonné une part considérable de leurs ressources.

La logique économique capitaliste, fondée sur la rapacité criminelle et la délinquance sociale, doit céder le pas, de gré ou de force, devant la gravité des enjeux qui surviennent. Et parmi les plus impératifs de ces enjeux, figure rien moins que celui de pouvoir survivre à ce siècle. Cela semble être le défi collectif le plus improbable que l’humanité ait eu à affronter depuis son apparition.

Mais outre les fondamentaux de la vie qu’il faudra préserver, ce sont les nouvelles modalités sociales de ce renouveau éventuel qui doivent émerger au plus tôt. Avec la fin possible, par épuisement idéologique et anthropologique, du modèle capitaliste, il s’agira de repenser nos priorités essentielles.

Repenser la place du travail « productif », ainsi que sa finalité. Et surtout valoriser celle de l’activité d’utilité sociale. Où la seule valeur d’usage, que l’on voit poindre aujourd’hui par le truchement de l’économie collaborative, primerait sur toute autre considération marchande ou économique. C’est dans cette optique que le monde associatif trouverait naturellement de quoi irriguer et contribuer positivement à l’émergence d’une société fondée sur la justice et l’utilité commune, et non servir de supplétif hypocrite au capitalisme mercenaire.

Se battre pour faire reconnaître la valeur sociale et économique du bénévolat. Se battre encore pour garantir l’émancipation du citoyen, par le plein épanouissement de ses compétences. Se battre enfin pour que le temps libre devienne une occasion matériellement reconnue de délibérer indéfiniment sur les manières dont il conviendrait d’agir pour rendre la vie plus… vivable !

Au lieu de cela, nous voyons des structures qui gèrent l’ordinaire, comme elles servent la soupe au cadavre auprès de qui elles servent de jambe de bois, et dont elles voudraient réclamer la pitance, afin de prolonger l’enfer social et économique qu’elles appellent monde. Les salariés jetés aux rebuts du fait des décisions gouvernementales quant aux à leurs contrats méritent que l’on se batte pour eux. Ils doivent être réellement « aidés », et valent plus que les larmes de crocodile qu’on leur prodigue ces temps derniers.

Sans évoquer le sort des employeurs publics et institutionnels auprès desquels il n’y a rien à attendre, sinon une (r)évolution de fond en comble, les associations qui gèrent le présent de ces salariés précaires devront décider si elles renoncent ou non à se servir, à travers eux. A défaut de quoi leurs atermoiements ressembleraient plutôt à ceux de geôliers qui verraient s’écrouler avec effroi le mur du monde qu’ils tentent vainement de maintenir à tout prix.

Le mot du Ruffin

Avec une gouaille inimitable et délicieusement provocatrice, François Ruffin, député apparenté « France insoumise », a résumé au mieux le psychodrame des hérauts versatiles du contrat aidé après, il est vrai, avoir préalablement traité le gouvernement de « minable »: « Le gouvernement a, sur ce dossier, commis une nouvelle maladresse. Il va reculer. Il va se rendre compte que, au fond, ces contrats aidés répondent plutôt à son idéologie : ils sont payés à un prix plancher, font baisser les chiffres du chômage, rendent les travailleurs dociles, et tout ça, pour un coût dérisoire. »

Merci à toi, patron !

Fernando TEIVES

LES ANTI LINKY 68 CHEZ LE PREFET

Malgré un ciel peu engageant, plus de deux cents personnes (trois cents, selon la presse) se sont rassemblés devant la préfecture à Colmar samedi 9 septembre dernier. Beaucoup de têtes grises, ce qui ne nous change pas des manifestations à caractère social.
Objet du rassemblement : obtenir la suspension de l’installation des compteurs Linky, ou, pour le moins, la possibilité de choisir d’en être équipé ou pas.

Ont contribué à la mobilisation une vingtaine de collectifs opposés aux compteurs communicants qui se sont constitués dans le département, en lien ou non avec les décisions des municipalités concernées de faire valoir leur droit en la matière, puisqu’elles sont propriétaires des compteurs, même si elles ont délégué leur compétence au syndicat départemental d’électricité du Haut-Rhin. Plusieurs maires arborant leurs écharpes participaient d’ailleurs au rassemblement. Le Préfet ne daigne pas pour autant recevoir une délégation et c’est son secrétaire général qui prendra note des doléances exprimées par les manifestants.

Les griefs sont de trois natures : la préoccupation principale concerne les ondes potentiellement nuisibles pour la santé, mais le captage à fin de communication commerciale à Big Data de données personnelles inquiète également. Enfin, les exemples de plus en plus nombreux de pressions exercées tant sur les communes que sur les particuliers pour imposer l’installation du compteur « intelligent » exaspèrent et inquiètent, tout en posant de sérieuses questions sur l’état de notre démocratie, puisque l’Etat est de fait partie prenante de l’opération.

Parmi les manifestants, quelques agents EDF qui, tout en confirmant les risques sanitaires et la marchandisation des données collectées, contestaient en outre la priorité donnée par l’entreprise à ces installations, alors qu’il leur apparaît bien plus urgent de pourvoir au remplacement de nombreux transformateurs et de lignes enterrées en état d’obsolescence.

compteur

Si le rayonnement des compteurs Linky suscite des inquiétudes, celui des centralisateurs collecteurs et émetteurs des données recueillies et regroupées (autant que de transformateurs dans la commune) est bien plus impressionnant : les habitants vivant à leur proximité auraient du souci à se faire.

A l’heure où 50% des compteurs en question sont déjà installés, comment poursuivre et amplifier la bataille ? Ira-t-ellejusqu’à l’exigence de leur démantèlement postérieur, comme cela a été le cas notamment au Canada ?

Dans l’immédiat, selon Claude Litschky, initiateur du collectif anti-Linky d’Hochstatt, il importe de fédérer les collectifs existants, d’en susciter la création dans les communes qui en sont dépourvus, et de mettre en place une plateforme d’alerte pour permettre le signalement des problèmes consécutifs à la mise en marche des compteurs ainsi qu’aux méthodes utilisées par les installateurs sous-traitants pour les installer de force.

Le rédacteur de ces lignes est, à cet égard, confronté à une situation insolite : alors qu’il a fait part de son refus du compteur « espion » en bonne et due forme, on lui a annoncé le prochain relevé annuel de son compteur par une société externe à Enedis (Solutions 30) dont l’activité consiste plutôt dans l’installation des Linky : qu’a réellement l’intention de faire son agent à la date fixée ? L’avenir nous le dira et nous saurons être sur nos gardes…

DM

Comment refuser le compteur Linky ?

Nous avons parlé des fameux compteurs Linky dans nos colonnes en prenant en compte la situation à Hochstatt. http://lalterpresse.info/compteurs-linky-mots-facheux-maire-de-hochstatt/

Il apparaît que EDF exerce dans de nombreuses villes et villages des sérieuses pressions pour contraindre les habitants à souscrire à ce compteur fliqueur. Or, il faut passer par certaines démarches pour refuser l’installation surtout si les élus municipaux refusent de prendre leur responsabilité en refusant à EDF de modifier des compteurs qui appartiennent en réalité aux collectivités locales. Sur

https://blogs.mediapart.fr/pierre-lassalle/blog/110316/kit-de-refus-compteur-linky

vous trouverez des arguments et un modus vivendi pour agir et ne pas vous laissez intimider par les pressions d’EDF. Comme l’a fait ce citoyen de Hochstatt dont nous publions les photos illustrant son action:

20170821_165819

20170821_165800

Nous suivons cet important dossier et vous fournirons d’autres informations pour dire clairement « Stop Linky »…

Un site très précieux pour toute information à propos de Linky:

http://stoplinkymulhouse68.monsite-orange.fr/page-5964eff1b73ea.html

 

 

 

 

 

M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent

F. Jordan, président de M2A et son vice-président chargé des finances, A Homé, ont répondu fin juin au collectif haut-rhinois CP68 qui les avait interpellés deux mois plus tôt (voir l’article : Budget M2A sinistré : des aveux et un désaveu). En rédigeant fin juillet une nouvelle lettre ouverte adressée aux deux édiles pour leur (re)demander une gestion transparente, le CP68 a évoqué un problème qui a fait la une de l’actualité en ce début août : celui de la dotation étatique accordée aux collectivités qui va encore baisser de 300 millions d’euros d’ici la fin 2017, suite à une décision brutale du gouvernement qui donne priorité à la finance. Continuer la lecture de M2A : transparence voilée et choix austéritaires perdurent