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Et l’efficacité, bordel !

André Barnoin, Dédé pour les intimes, nous envoie chaque semaine son humeur accompagné de ses savoureuses caricatures. Nouvelle livraison de cette semaine…

Je suis toujours épaté par les gens efficaces. Je veux dire ceux qui ont fait de l’efficacité leur métier, et qui ont dans leur musette la solution à tous nos problèmes. Généralement, ils se manifestent à intervalles réguliers, au moment où il s’agit de renouveler les occupants des fauteuils d’où ils vont continuer de résoudre les maux qui nous accablent.

Prenons par exemple, le problème des gens qui dorment dans la rue. Vous me direz : tout le monde ne dort pas dans la rue. En effet, il y a aussi ceux qui dorment dans des placards suintants d’humidité baptisés “appartements” pour faire croire que ce sont des lieux dignes d’abriter les représentants de l’espèce humaine, hommes, femmes et enfants compris.

Vous me direz encore : il y a d’autres petits désagréments dans cette société postmoderne, que celle des SDF. Il y a aussi celles et ceux qui travaillent comme des bêtes pour trois euros six centimes et qui tremblent à l’idée de perdre leur merveilleux boulot. Et qui, si ça se trouve dorment dans des placards ou pire dans leur voiture, ou pire du pire sur une bouche de chaleur du métro, si un efficace n’a pas eu l’idée géniale de faire voter  un mobilier urbain anti-cafards pour empêcher celui-là de ne pas mourir de froid. Certes, ça ne date pas d’aujourd’hui et on a connu pire dans le passé, et ailleurs pas loin sur la Terre ce n’est pas mieux.

Bon, nous voila rassurés : les efficaces sont passées par là, ils ont résolu le problème en nous faisant penser à autre chose. La communication, ça s’appelle. Le Foot, les Jeux Olympiques, le Tour de France, l’Enterrement du Rocker, le Baptême du Panda par la Première Dame et l’Anniversaire de Jupiter, selon les saisons et les circonstances. Si ce n’est pas de l’efficacité, ça !

Il y a peu, en 2008 pour être précis, quelques joueurs de casino ont mis tout le système économique mondial en danger par souci d’efficacité : ils voulaient que les riches qui ruissellent sur les pauvres ruissellent encore plus en inventant des usines à gaz de plus en plus efficaces pour que l’argent rentre de plus en plus vite dans les coffres où il s’accumule en attendant qu’il ruisselle. Quand ? Ca c’est une autre paire de manches, ça ruissellera quand ça sera le moment, et ce n’est pas encore le moment.

Pendant quelques jours, les pauvres diables que nous sommes, avons cru que c’en était fait de l’efficacité ambiante: les joueurs imprudents avaient fait des bêtises, et ils allaient payer leur cuistrerie algorithmique à la vitesse de la lumière. C’est la devise de l’efficace : prise de risque, responsabilité, éthique, courage devant l’adversité, tout ça. La culture de l’excuse n’a plus cours, place à la culture de l’efficacité.

Eh bien, nous avons vu : en une nuit, les pauvres banquiers en grand danger de banqueroute frauduleuse ont trouvé 1000 milliards d’Euros pour sauver la Planète. Avec un héroïsme sans exemple dans l’Histoire, ils les ont trouvés là où un jour auparavant il n’y avait que des caisses vides.  Comment ont-ils fait ? Ont-ils creusé à mains nues le sol de leurs banques et déterré le trésor des Templiers, des Nazis et des Incas tout ensemble ?

En tout cas, ils nous ont apporté la preuve incontestable de leur efficacité. Ils nous ont démontré que quand il faut promouvoir de grandes causes, on peut compter sur eux, surtout quand c’est leur survie qui est en jeu, et qu’en l’espace d’une nuit ils sont capables de faire surgir une montagne d’argent là où il n’y avait que ruine et désolation la veille.

Depuis ce temps, les choses ont repris leur train-train: les contribuables  doivent aux banquiers l’argent sorti on ne sait d’où qu’ils ont prêté aux Etats appelés à la rescousse pour réparer leur étourderie, et les pauvres continuent de dormir dans la rue, et les migrants sont invités à cesser de respirer et se fondre dans le paysage pour aider les efficaces à résoudre les problèmes de politique internationale.

Comme quoi, il faut toujours faire confiance aux efficaces: Non seulement ils savent ce qui est important pour eux, et ils s’en occupent très efficacement, rassurez-vous, mais en plus eux seuls savent ce qui est important pour nous, et les gens qui dorment sur les trottoirs ou passent pied nus les frontières dans la neige, ne sont pas des sujets de conversation pour des citoyens bien élevés. Et s’ils persistent à vouloir causer de ce qui fâche, les tribunaux ne sont pas faits pour les chiens. L’efficacité, toujours…

Mais ne vous faites pas de souci : l’efficace en chef a pris la brassée de problèmes à bras le corps et va tout réduire en poudre en moins de temps qu’il n’en faut pour boucler un quinquennat : Le travail, le fonctionnariat, le réchauffement climatique, l’instruction, l’information, la fiscalité, la santé, la retraite, les prisons, le chômage, le bénévolat, le logement, la pauvreté, le sénat, la chambre des députés, ce n’est plus Jupiter, c’est Hercule qui a pris le relais, et qui va efficacement et durablement tout faire passer par la case pognon : D’abord, on arrose là où il y a une inondation, et on attend que ça déborde là où il y a sécheresse : on ne fait pas plus efficace, en effet !

Parfois, je me demande quand même s’ils ne nous prendraient pas un peu pour des imbéciles, ces monstres d’efficacité…Le problème, c’est que nous avons tellement pris l’habitude de croire tout ce qu’ils nous racontent, que pour rien au monde nous ne voudrions passer pour des  malpolis !

Alors soyons patients : Monsieur Gattaz nous l’a demandé avec insistance, et nous n’allons quand même pas lui faire de la peine, à cet homme si efficace qui a combattu le chômage à coup de pin’s, et ce n’est quand même pas de sa faute si vous n’avez pas su occuper les emplois qu’il n’a pas créés en échange de la très efficace aide de l’Etat qu’il a reçue !

Les dessins de DD

Journaliste rebelle

Debout les élus de l’Alsace!

Ne pas confondre!

Présidente bénévole

Revendication légitime

 

Le « Moi Soleil »

Le « Moi Soleil », comme dit le Canard Enchaîné, a encore frappé et à Versailles en plus… M. Macron a accueilli les nouveaux maîtres du monde (je parle de la planète) sous les ors du palais de Louis XIV. En réalité, ce fut une agréable étape pour ces gens là avant d’aller assister a un raout rituel et annuel à Davos, fine station suisse inaccessible pour le commun des mortels… c’est-à-dire nous.

Mais la mise en scène fut bonne : tout d’un coup la France apparaissait renaître, elle allait revivre cette période du XVIIe siècle où, à coups de guerres et de misère populaire, elle semblait dominer le monde. Avec les philosophes des « Lumières » qui éclairaient les sociétés encore féodales alors que le monde avait déjà basculé dans un fonctionnement nouveau, ébranlèrent réellement les aristocratie au pouvoir.

De ce Versailles là, émanait le mythe de la « Grande Nation » que l’histoire nationale a fondé pour asseoir une sorte de fierté nationale qui devait faire accepter au peuple français les inégalités et injustices que la nouvelle société bourgeoise ne manquait pas de perpétuer sous les ors désormais républicains.

Il y a quelque chose de comique, de drôle, de vain, de puéril même, de voir un président de la République française se plier devant les 140 grandes fortunes mondiales dans un lieu où c’est devant le Roi Soleil que les courtisans faisaient la révérence.

Et justement, les courtisans eux-aussi, ont changé de dimension. Ils sont toujours là et assurent le décorum. Un des plus zélés d’entre eux, France Info, explique au bon peuple et relate fidèlement la voie de son maître : « D’après l’Élysée, ce mini-sommet aurait déjà porté ses fruits. Les investissements sur 5 ans en France devraient atteindre 3,5 milliards d’euros et la création de 2 500 emplois ».

Et tous les autres ont suivi : courtisanes et courtisans, bouffonnes et bouffons, valets et valetailles, reprennent le thème. Oui, notre souverain a séduit…

Car il est évident que ces gens riches n’ont attendu qu’une réception à Versailles pour apporter leur richesse à la si peu encore « Grande Nation ». !

Tout cela n’est bien sûr que mise en scène et feu de paille : dès le lendemain, à Davos, les vraies affaires ont repris, et là cela ne rigolait plus. Car cette rencontre annuelle dans les Alpes suisses, rassemble l’élite capitaliste et les politiques. Le vrai pouvoir est celui de l’économie : il demande au politique de prendre les mesures favorisant le fonctionnement d’une économie capitaliste toujours plus avides de profits rapides et de moins en moins encline à les partager.

Dans une étude, l’ONG Oxfam rappelle fort opportunément aux « Davosiens », qu’il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales du textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner. Aux Etats-Unis, les trois personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population étatsunienne : ce sont Bill Gates, de Microsoft, le pdg d’Amazon, Jeff Bezos et l’investisseur Warren Buffet, d’une part, et de l’autre : 160 millions de personnes…

Quand le Roi Soleil pensait dominer le monde, son peuple sombrait dans la misère et songeait à préparer une révolution.

A Davos, le monde des affaires qui n’a jamais été aussi riche, ne connaît pas la crise : ce sont les peuples qui les subissent de plus en plus. Pas sûr que les Français qui verront peu à peu leur pouvoir d’achat fondre, les prix augmenter, les instruments de la solidarité s’affaiblir, seront longtemps sensible à l’illusion que M. Macron sème avec l’aide de ses courtisans.

Car dans la mémoire collective française, Versailles ne fut pas uniquement le lieu des splendeurs de la monarchie à l’apogée de son pouvoir.

Après la défaite de Napoléon III devant l’empire prussien, Le 31 août 1871, à Versailles, l’assemblée se proclame Constituante et, dans le même temps, donne le titre de président de la République à Adolphe Thiers. Pendant ce temps, le peuple de Paris s’oppose à l’armée prussienne et à l’Assemblée installée à Versailles, et prend le pouvoir au sein de ce qu’on appellera la Commune de Paris, première tentative d’une démocratie réellement populaire.

Bien que moins glorifiée par l’histoire officielle de la France, la Commune de Paris est, au même titre que les philosophes des Lumières, une contribution de notre pays à l’élaboration de règles démocratiques nouvelles et en l’occurrence, une organisation proche de l’autogestion fin du XIXe siècle déjà. M. Thiers, le président de la République le plus infâme que notre pays ait connu, choisit de mater les Communards et ses troupes, appelées les « Versaillais » les exterminèrent lors de la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Versailles n’incarne donc pas que les Ors de la République, elle reflète aussi son pire visage comme on vient de le voir. A chacun son symbole…

Michel Muller

LE DEBLOG’DE DEDE

Le « Deblog » de Dédé devient désormais une rubrique régulière dans L’Alterpresse. Sous un ton caustique et impertinent, illustré par un de ses dessins, Dédé nous fait part chaque semaine de son humeur et particulièrement tout ce qui l’irrite dans le fonctionnement si harmonieux de notre société… et notre pays!

“ FAKE NEWS TOI-MEME ! “

Décidément, nos Génies qui gouvernent le Monde ont un petit problème avec la réalité.

Bon, il y en a certains  qui n’ont  aucun souci avec ça, ils sont tellement géniaux que la réalité leur obéit comme un petit chien : le soleil se lève où et quand ils le décident, les lois de la physique ont intérêt à appliquer leurs décrets et les gens qui crèvent de faim sous leur géniale gouvernance, sont priés de croire qu’ils vivent dans l’opulence.

Il est vrai que ces Génies-là n’ont aucun journaliste pour les contredire : s’il y en a un qui l’ouvre, il est bouclé et rayé de la carte s’il est vraiment trop contrariant…

C’est à cela qu’on reconnaît la supériorité de leur Génie : le pays où ils exercent leurs bienfaits sur leurs heureux sujets est comme une propriété privée un peu sur la défensive: parsemée de pièges à loups et de fosses aux lions où aucun journaliste ne peut survivre plus d’une journée…C’est commode pour ne pas être amené à répondre à des questions stupides telles que : “Etes-vous  un criminel contre l’Humanité ? “ qui peut vous donner des aigreurs d’estomac à l’heure de la digestion…Alors autant supprimer la cause du trouble en éradiquant cette espèce malfaisante : le journaliste d’investigation.

Ceci dit, le Génie de plein exercice souffre secrètement d’un mal qu’il lui est plus difficile de combattre : le manque de considération de ses collègues moins absolument géniaux, mais plus habiles à sauver les apparences de leur supériorité sur la plèbe dont ils ont obtenu la garde (par héritage, par force, par séduction ou par ruse, mais ceci est une autre histoire qui fera peut-être un jour l’objet d’un prochain déblog…)

Ces Génies éclairés sont passés maîtres dans l’art de faire semblant de se croire aimés en adoptant des journalistes domestiques qui, tout en imitant à la perfection le ton tranchant et l’air intransigeant de leurs congénères sauvages, se gardent bien de titiller les mollets de leur bienfaiteurs… A quoi sert de pisser sur les géniales godasses, si c’est pour être privés de carton d’invitation au Dîner du Siècle, et de badge donnant accès au chenil de l’avion présidentiel ?

Ainsi, Génies pur sucre et Génies demi-sel se regardent-ils en chiens de faïence : les uns ont besoin des autres, et les autres des uns, ne serait-ce que pour échanger quelques Airbus et deux ou trois centrales nucléaires, ou la recette du missile chercheur de zadiste athée et güléniste, en échange de quelques bidons de pétrole, d’une poignée de terre rare, de métaux du même métal et de sacs en croco de luxe en série limitée cousus à la chaîne dans des usines du trou du cul du monde dans ces pays de merde chers à Donald Trumpescu…Ils appellent ça du « bizness », et c’est génial pour soulager les maux de l’humanité, et seuls quelques tarés de journalistes persistent à ne pas s’en rendre compte…

Le problème avec les Génies qui gouvernent des pays qui ont eu le malheur de connaître un instant de bonheur entre la fin de la guerre mondiale et le début de la guerre sociale, ces trente putains d’années dites “glorieuses” qui malgré leurs tares incontestables, ont apporté la preuve que le progrès était possible pour tous  sans que le Monde s’écroule dans le chaos indescriptible prédit par les gros pleins de soupe claquant des dents à l’idée qu’ils puissent un jour ne plus être les seuls à manger à leur faim, leur problème voyez-vous, c’est que la génération élevée au lait du progrès social a la mémoire longue et l’exigence tenace, et qu’elle sait parfaitement faire la différence entre des lois sociales et de grossières imitations programmées pour tomber dans l’obsolescence aussitôt séchée l’encre de l’accord capitulard…

Qu’ils tardent à mourir, ces baby-boomers certes pas meilleurs que les autres, mais qui ont connu toutes les félicités au sortir de la période la plus terrible dont l’Humanité a gardé la mémoire, donnant des idées perverses à d’autres peuples moins chanceux et tout aussi rêveurs… Quel peuple ne rêve pas de prospérité et d’avenir meilleur pour ses enfants ? A part quelques abrutis et quelques criminels qui ne demandent qu’à inciter leurs compatriotes à s’entretuer par-dessus les frontières ?

Pour  ceux et celles qui ont grandi dans un monde où chaque année apportait son lot de progrès social, à force de lutte et de conscience de classe, il est difficile de faire avaler que le sens de l’Histoire  a enclenché la « Marche arrière »… C’est un « fake news » géant qui n’a aucune chance de les abuser et le bruit assourdissant des coups de brosse à reluire des journalistes domestiques ne peut couvrir la petite musique de la résistance aux cons, aux lâches et aux gloutons… Ami, entends-tu…

Parce que, voyez-vous, il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des fatalistes…

Il nous appartient à nous, qui savons faire la différence entre par exemple, Elise Lucet et Cyril Hanouna, d’en informer tous ceux et celles qui désespèrent de l’avenir car ils n’ont pas connu “les jours heureux”, pas toujours radieux, c’est vrai, mais quand même…

Qu’ils se taisent, ces chanceux de l’Histoire, ou fassent amende honorable comme autrefois dans les pays communistes ou tout au moins qu’ils arrêtent de toucher leur retraite de nababs comme s’ils avaient gagné au Loto avec en plus une santé de fer et un solide appétit pour  les biens de ce monde, bienfaits trop méconnus de la médecine de prévention et des dispensaires gratuits et obligatoires, comme dans les Etats collectivistes…

C’est ici que nous voyons combien la réalité est agaçante pour tout Génie qui entend remettre les pendules à l’heure…Tenez, pour ne prendre que la France, pays que vous et moi connaissons bien, il y a en ce moment un maître des lieux en CDD qui n’est pas content du tout de la façon dont certains trublions professionnels répandent des « fake news » à longueur de médias malintentionnés et pour tout dire, mal informés…

D’après ces fabricants de fausses nouvelles, il y aurait dans le Calaisis des représentants de l’ordre qui se comporteraient comme des voyous sous emprise de stupéfiants, importunant les passants sous prétexte qu’ils seraient sans papiers et que par conséquent, ils n’auraient le droit ni de manger, ni de boire, ni de rester là, ni d’aller ailleurs, ni de dormir, ni de respirer…

Comment peut-on croire une chose pareille, dans le pays qui reçoit le Génie du Bosphore en grande pompe et qui va vendre des centrales nucléaires au Génie du Fleuve Jaune, des « Rafale » au Génie du Désert et qui ouvre grand la France aux Génies des Pépètes qui veulent y naturaliser leur compte en banque ?

Naturellement, Jupiter se doit de partir en guerre contre tous ces colporteurs de fausses nouvelles que sont, entre autres, le directeur de la Croix Rouge et le rédacteur en chef du Nouvel Obs, assortis d’une cohorte de folliculaires et de gourous associatifs tous plus délirants les uns que les autres… Il est vraiment urgent de mettre ses pas dans les pas du Génie à Quat’Pattes qui invente la réalité du jour en fonction de ses tweets de la veille…

Courage, Jupiter ! Quand tu auras tordu le cou aux « fake news » de Calais, il te restera à combattre le bobard le plus abominable et le plus éloigné de la vérité qui soit : celui qui tend à faire croire aux populations hébétées que tu serais le président des riches…

Et je pense qu’il te faudra plus d’une loi contre les « fake » et plus d’un quinquennat pour venir à bout de cette méprisable insinuation!

André Barnoin

 

 

L’entourloupe de M. Rottner: le « Groupe Alsace »…

Décidément, la réforme territoriale ne passe pas chez les Alsaciens : on le sait, selon un sondage SOFRES, ils souhaitent le retour à une région Alsace de plein exercice à 84 % et ce en conservant les deux départements. Comme ils l’avaient décidé lors du référendum en 2013 en rejetant la fusion du conseil régional d’Alsace avec les deux conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Ce rejet n’est pas tellement surprenant et je ne pense pas qu’on puisse le taxer de « repli sur soi et de rejet des autres » comme certains ont tendance à le caricaturer. Non, à entendre les gens autour de nous, cela relève plutôt du sentiment que les citoyens sont de moins en moins entendus et ils ont l’impression que l’éloignement des centres de décision aggrave ce fait. Comment peut-on parler de décentralisation quand on veut supprimer l’échelon départemental et constituer une méga-région sans aucun lien économique, social, culturel…
Les problèmes spécifiques de l’Alsace sont nombreux, ne serait-ce que la situation géographique frontalière et les échanges économiques trop déséquilibrés avec le Pays de Bade ou le nord de la Suisse au détriment de l’Alsace. Ou bien, évidemment, le problème linguistique qui nécessite des investissements importants dans l’éducation pour que la Région puisse bénéficier de l’avantage d’une population naturellement bilingue… mais pratiquant de moins en moins la langue originelle de l’Alsace.
Cette prise de conscience des Alsaciens pour revenir à une structure territoriale propre est pour une grande part, le fruit de mouvements associatifs, culturels, sociaux, par exemple autour de la défense du droit local…
Cela a pris une telle dimension que les élus politiques de tous bords s’en alarment ayant bien compris que l’avenir d’un élu n’était pas très assuré s’il ignore les aspirations profondes de ses électeurs. Reconnaissons que Unser Land fut un des plus actifs pour rejeter ce Grand Est. Tous les autres en sont venus au même constat. Sauf le Parti Socialiste qui continue de défendre becs et ongles la réforme territoriale pondue par François Hollande… Mais qui se soucie encore aujourd’hui de l’avis du Parti socialiste ?
Donc tous les élus rouspètent, mêmes Les Marcheurs Macroniens font partie du lot bien que leur Président se tortille du popotin pour affirmer clairement qu’il ne reviendra pas sur la réforme des socialistes. Cette obstination des élus à coûter le poste de Président de la Grande Région à Philippe Richert qui, il est vrai, était plutôt contre, pour devenir plutôt pour… Et franchement « pour » quand on lui a proposé le poste de président.
M. Rottner l’a remplacé, lui, c’est l’homme aux plus de 50.000 signatures sur sa pétition contre la création de la Grande Région… De quoi gagner le jack-pot de l’impopularité.
Alors, il vient d’avoir une idée géniale : la création d’un « Groupe Alsace », « dédié à la valorisation de l’identité alsacienne ». Sa mission, indique-t-on à la région, sera « d’identifier les nombreuses spécificités de l’Alsace (linguistiques, patrimoniales, culturelles et le marketing territorial) en vue de valoriser l’héritage culturel alsacien et de renforcer le sentiment d’appartenance à ce territoire particulier ».
Il faut avoir de la peau de saucisson sur les yeux pour ne pas voir l’entourloupe qui se prépare. Non seulement on ne sort pas du Grand Est comme le demande les Alsaciens, mais ce « groupe » s’arroge les compétences qui relèvent aujourd’hui en grande partie des départements. Et hop, le tour est joué : comme sur d’autres questions, on s’assoit allègrement sur une expression populaire démocratique comme le référendum de 2013.
Une entourloupe car ce « groupe » n’a aucune légitimité à part celle du prince Rottner. L’Alsace devrait disposer d’une vraie structure territoriale ayant des pouvoirs de décision entre autres sur les questions économiques, d’aménagement du territoire. M. Rottner donne un os à ronger à ces élites alsaciennes, politiques et culturelles, prêtes à s’en emparer, des fois qu’il y aurait encore quelques grammes de viande qui y serait accrochés.
Car le fameux « groupe » à peine annoncé est déjà constitué : on s’imagine dans quelles conditions, avec quelles tractations (tu me donnes ceci, je te donne cela) les membres de ce groupe ont été approchés et harponnés. Et les « oubliés » s’agitent : « Pourquoi pas moi ?»
Alors qu’on pensait tout ce beau monde alsacien uni, enfin uni, pour un objectif qui vaut la peine, celui de regagner une structure territoriale correspondant aux attentes de la population, une partie retourne sa veste et avale son plat de lentilles…
Ils avaient pourtant tous souscrits à l’idée d’un référendum demandant aux Alsaciens de choisir entre le maintien ou la sortie du Grand Est. Les Corses, à leur manière, somme le Président de la République à la discussion. Une grande partie des élites alsaciennes trahit son peuple : un jour ou l’autre, ce sera peut être au peuple de trahir ses élites…
Michel Muller

Chasse à courre à Pôle Emploi

Pour démarrer 2018, nous publions deux chroniques de Dédé Barnoin qui sont dans l’air du temps… Pour en lire plus, rendez-vous sur son blog.

Pour celles et ceux qui ne se tiendraient pas au courant de l’actualité, et ils ont des excuses, car nous sommes entrés dans le viaduc qui conduit des réjouissances de Noël aux festivités de la Nouvelle Année, ( quoique la culture de l’excuse, hein ? ), je m’en vais vous conter une petite anecdote qui est arrivée à un chômeur privé d’emploi toucheur de subventions en pleine villégiature dans les bois de Bonneuil-En-Valois…

Alors que ce profiteur de la manne publique se prélassait en broutant du gui et en se gavant de houx en veux-tu en Valois, un fier équipage de traqueurs de fainéants vint à passer par là…

Superbes dans leur costume traditionnel, veste sable à boutons d’or, pantalon de gueules, coiffés de la bombe de même et harnachés de leur gibecière à ordonnances, ils patrouillaient à la recherche de ces parasites qui mettent en danger tout le bel ordonnancement de notre société si civilisée, si policée, si douce aux faibles et aux laborieux, pourvu qu’ils enlèvent leur casquette quand sonne la trompe à vilains et que claquent les sabots des chevaux surmontés d’un gyrophare…

Or donc, pendant la trêve des confiseurs, le chef d’équipage Gattaz, Pierre pour les dames, fine mouche s’il en fût, se doutait bien que quelque part, dans quelque fourré juridique bien camouflé sous les épines de l’aide juridictionnelle, un oisif ennemi de la société se la coulait douce en ricanant de la naïveté de ses semblables qui se saignaient aux quatre veines pour lui offrir à lui, Feignasse Cerf ( ou Serf, selon les époques ), des vacances aux Bahamas et des promenades insolentes dans les bois autour de son Agence Pôle Emploi d’attache…

D’un impérieux coup de cor, Gattaz Pierre convoqua son chef de meute Macron, dit Jupiter, qui sauta illico dans son pantalon de gueules et, droit dans ses bottes, courut fissa à son destrier de parade, entraînant à sa suite Muriel, la Diane Chasseresse titulaire actuelle du Ministère de la Chasse aux Fainéants et aux Assistés.

Déjà, dans la cour de l’Elysée éclairée aux flambeaux par les secrétaires particuliers et les stagiaires surnuméraires réveillés en sursaut, Jehan Bassère, maître-chien à la longue expérience, tenait à bout de laisse la meute hurlante de ses limiers impatients d’en découdre avec la méchante bête brouteuse de subventions publiques…

Je ne raconterai pas la longue chevauchée de l’héroïque phalange à travers le maquis législatif peuplé de zadistes sournois et de bergers rebelles à toute objurgation, aidés dans leur entreprise maléfique par des cégétistes obtus, des militants associatifs procéduriers et des opposants à toute forme de retour aux temps bénis de la chandelle de suif pour les manants et de la bougie de cire pour les personnes qui comptent dans la société…

Voilà donc notre troupe battant les fourrés dans la cambrousse, ce lieu incertain et dangereux dont le principal mérite est de fournir des sauts d’obstacle à la bonne société, et accessoirement de cadre de vie à la population ordinaire quand il y reste un bureau de poste en état de marche et une maternité pas encore fermée…

Mais voilà que les chiens donnent tous les signes d’une grande excitation : Pas de doute, ils ont senti la présence du fraudeur, du parasite, du mauvais exemple à ne pas suivre et à radier d’urgence : le Chômeur de Longue Durée !

Aussitôt, la traque s’organise : maître Bassère déboucle, et ses contrôleurs assermentés se précipitent en rugissant sur les pièces justificatives, les attestations, les décomptes, les agendas, les curriculum vitae rédigés à 160 exemplaires et expédiés en vain à des employeurs potentiels, putatifs et dubitatifs noyés sous les candidatures spontanées, eux-mêmes à la recherche éventuelle de postes de travail à créer afin de la faire fléchir un peu, cette sacrée courbe qui se hausse du col et refuse un tant soit peu de faire plaisir aux annonceurs de bonnes nouvelles anticipées, histoire de maintenir un semblant de popularité à ceux qui se risquent à prendre les manettes des affaires publiques…

A force de reniflages, de farfouillages et de recoupages, voilà que la bête tapie non loin dans un épais buisson de règlements contradictoires, se met à suer d’angoisse et émet ses effluves à portée de truffe des enquêteurs spécialement sélectionnés pour leur savoir-flaire…

Aussitôt, c’est le grand branle-bas, c’est le tumulte, c’est la chasse à cor et à cris, c’est le chômeur dix cors qui jaillit des fourrés, talonné de près par les limiers lancés à ses trousses, courant, haletant, affolé par les trompes de la renommée qui répètent à l’envi son nom et son matricule à tous les échos…

Déjà les banquiers se frottent les mains et réservent leur part de sa dépouille sous forme de frais augmentés d’agios arrosés d’interdictions diverses et de saisies conservatoires à partager fifty-fifty avec les huissiers, les loueurs de bosquets changent les serrures en prévision de son expulsion, les opérateurs téléphoniques lui coupent la chique avant qu’il n’explose son forfait…

Le voilà fait, le brigand, le gibier de potence, qui fuit à travers les friches industrielles où autrefois le travail poussait à foison, et où ne reste plus que de maigres carrés de start-up maintenues en vie au goutte-à-goutte des subventions filtrées à travers des tonnes de paperasses exsudant l’encre antipathique et la sueur bureaucratique…

En traversant le marché du travail installé sur le carreau de l’usine envolée Dieu sait où, il ne jette même pas un regard sur les stands d’annonces d’aides à domicile pour personnezagées, de vendeurs-démonstrateurs-réparateurs d’objets en panne avant d’être mis en service, de serveurs de fast-food gastronomiques, de pondeur d’appels téléphoniques en batterie ou de contrôleurs de surveillants de vigiles gardiens d’agents de sécurité, métier pourtant en pleine expansion en cette époque bénie de bienveillance de tous contre tous…

Ah, le sacripant ! Ah l’ingrat ! Au lieu de ralentir puis de s’arrêter, comme l’y enjoint la Ministre de la Chasse aux Chômeurs et aux Assistés qui s’époumone dans son cor de chasse à gyrophare, puis de fléchir le jarret afin de recevoir le coup de stylet à radiation porté par Jehan Bassère le préposé idoine, le voilà qui se met en tête de sauter la barrière des convenances et de se réfugier dans la cour de l’Agence Pôle Emploi de son village, seul service public en voie d’extension, y semant l’embarras et la confusion parmi le petit personnel qui ne sait plus à quel saint se vouer :

Prêtera-t-il main forte à son chef légitime en tenant ferme le récalcitrant par les sabots, comme le prévoit le règlement intérieur de la Maison, ou se laissera-t-il aller à son bon sens naturel, qui lui dit que le métier d’aide aux chômeurs consiste à aider les chômeurs, et pas à leur pourrir la vie sur ordre ?

Ici s’arrête mon histoire.

La suite, vous la connaissez par les journaux. Je vous renvoie à la video qui circule sur les réseaux sociaux et qui illustre cet aimable moment de convivialité dans la campagne française au début du XXI ème siècle, et qui laisse M. Hulot pantelant, à moitié étouffé par une couleuvre plus grosse que les autres….

Je soulignerai tout au plus que vous ne reconnaîtrez ni M. Gattaz, ni M. Macron, ni Mme Pénicaud, ni M. Bassère sur les images, car ils ont gardé leur masque pour faire croire qu’ils n’ont rien à voir avec ce monde faisandé et plein de morgue.

Vous ne reconnaîtrez pas non plus Feignasse Cerf (ou Serf ) qui a gardé son apparence de fier dix-cors et qui a eu la chance inouïe d’échapper au massacre d’une bande organisée grâce au courage et au sens de l’humanité d’une communauté villageoise qui sait ce que la vie en société et le respect dû aux êtres vivants veut dire.

Et aussi un peu grâce à internet que d’aucuns aimeraient bien faire rentrer dans le rang.

Bonne Année 2018, en espérant qu’elle soit un peu moins désespérante que la précédente…

Si cette histoire vous a plu, n’hésitez pas à la propager, elle ne contient pas de virus, sauf celui de l’insolence,

Ce qui ne fait pas forcément du mal en cette période de soumission généralisée,

Surtout de la part de celles et ceux dont c’est le métier de dire et proclamer que le Roi est nu,

Surtout quand il est nu…

Et ce n’est pas madame Lucet qui dira le contraire…

 

“ Bonne Année, Emmanuel ! “

Vous connaissez sans doute la fable de La Fontaine intitulée “Les Grenouilles qui demandent un roi “ ? Non  ?

Ca m’étonnerait que parmi celles et ceux qui ont voté la dernière fois, beaucoup de gens la connaissent, sinon notre bon Emmanuel ne serait pas là où il est…

Vous me direz, moi aussi j’ai fini par voter pour lui à reculons parce que la fifille à son père le Blond, non vraiment ce n’était pas possible, et rester à la maison sans donner mon avis, ce n’est pas mon genre. Alors bien fait pour ma gueule.

Et puis voilà. A force de réclamer un qui connaît la musique, un qui en a, un qui se les bouge, un qui n’a pas froid aux yeux, on a fini par l’avoir…Celui-là a un appétit de jeune homme, une vue perçante, un cerveau boosté aux nanoparticules et ne dort jamais.

Vous allez voir qu’en 5 ans, il va réussir à boucler tout ce que les autres bûches n’ont pas été foutues de faire depuis l’abdication du Général : défaire fissa ce qui avait été mis en place à la Libération et qui avait empêché de dormir des générations de patrons du patronat : la sécu, la retraite, les congés payés, tout ça, augmentés au fil des années des Comités d’Entreprise, des Comités d’Hygiène et de Sécurité, du SMIC, de la RTT, des 35 heures, toutes ces choses qui empêchent l’entrepreneur d’entreprendre le cœur léger et le portefeuille bien lesté…

Vous me direz que ça n’avait pas empêché la France de devenir la cinquième puissance mondiale et de s’y maintenir jusqu’à ces derniers mois, malgré sa population riquiqui et son niveau scolaire qui baisse depuis Charlemagne… Vous me direz que ça n’a pas empêché les millionnaires de devenir milliardaires… Mais ces manants qui prétendaient singer les habitudes de la haute société, ces foules hébétées défilant avec leur cornet de glace devant nos yachts à l’heure de l’apéritif, ou se prenant pour des stars en dévalant les pistes de leur station familiale, non vraiment ça n’était plus possible…

Et dire que pendant ce temps là l’ouvrier japonais, puis le coréen puis le chinois et maintenant l’éthiopien se défoncent 17 heures par jour en échange d’un bol de riz quotidien pour fabriquer nos sacs Vuitton et nos vêtements de marque ! Non mais je t’en foutrai, des 35 heures et des 6 semaines de congé payé ! Le mot “compétitif” n’a pas été forgé en vain, en voilà un néologisme qui vaut son pesant de lingots d’or !

Heureusement Emmanuel vint, et le pays respira ! Enfin, un Code du Travail allégé ! Enfin, un qui ose dire leur fait aux manants et aux vilains qui l’ont trop longtemps ramené et qui ont enfin compris que défiler dans la rue ne sert à rien quand le châtelain leur tient la dragée haute ! Aussitôt, les effectifs de la CGT fondent, paraît-il, comme neige au soleil, c’est ça qui va remettre du beurre dans les épinards de la ménagère monoparentale de plus ou moins 50 ans !

Enfin, un Président pas fier qui téléphone à son pote Hanouna le jour de son anniversaire ! Voilà qui doit ravir M. Finkielkraut et toute la théorie des hommes (et femmes, on l’oublie trop vite !) en vert qui frétillent d’aise depuis l’élection du jeune prodige !

Quel dommage que notre bon Jean d’O n’ait pas vécu ça ! Il nous en aurait fait devant les caméras une pirouette drolatique dont il avait le secret pour rajuster sa cravate quand son image ne collait plus tout-à-fait avec son personnage…Vous me direz que M. Hulot est en train de reprendre le rôle, mais en moins primesautier, je trouve…

Finalement, c’était une riche idée cette idée de milliardaires, d’acheter tous les médias et d’étrangler ou couler ceux qui ne se laissent pas faire !

En 20 ans, une fois débarrassés de tous les vieux briscards (sauf une ou deux  vieilles mules qui s’accrochent ), qui croyaient que leur métier consistait à parler des sujets qui fâchent les puissants et les malfaisants, le paysage médiatique est devenu un lieu paisible où il faut mettre un peu d’agacerie hanounesque pour que le bon peuple ne sombre dans une profonde léthargie entre deux matches de foot et deux funérailles nationales de vieux rockers, ce qui n’est pas bon pour la productivité et nuit à la compétitivité de nos comptes en banque bien garnis, jamais assez garnis, vous avez compris bande de salarié(e)s en Contrats à Durée Déterminée Indéterminés de projets jamais loin de la porte de Pôle Emploi ?

“Je ne suis par le Père Noël “ avait été son slogan de campagne… Pour une fois, nous avons un Président qui dit ce qu’il fait, et qui fait ce qu’il dit… Je ne sais pas si mes concitoyen(ne)s ont apprécié ce qu’ils ont trouvé dans leur sabot le matin de Noël, en matière d’augmentation de coups de bambou et de diminution de sucreries, mais je crois qu’on peut dire que notre premier magistrat tient plus du Père Fouettard que du Père Noël…

Mais puisqu’il l’avait promis, où est le problème ? Ne sommes-nous pas en démocratie, et le peuple souverain n’a-t-il pas le droit de se voter des coups de martinet, si son derrière le réclame ?

            Donc, Emmanuel, notre nouveau capitaine, non de pédalo, mais de porte-avions à turbo-réaction, il ne me reste plus, avec l’ensemble du peuple  qu’à vous souhaiter, en compagnie du Bouffon Hanouna à vous gracieusement prêté par Bolloré en guise de cadeau d’anniversaire, une Bonne Année 2018 pleine de rapines, d’évasions fiscales, de reculs sociaux et de chasses à courre le Chômeur, l’Etranger et le Militant syndicalo-associatif ringard et passéiste…

Ce vestige des trente glorieuses qui se croit autorisé à prolonger le rêve des lendemains qui chantent et qui ne trouve à s’occuper que de tentes sur les quais du Canal st Martin, de distribution de nourritures récupérées en fin de marché et de serrures forcées pout mettre à l’abri des femmes et des enfants dans des appartements gardés vides pour ne pas faire baisser les loyers, toutes activités misérabilistes et peu porteuses de plus-values pour notre portefeuille…

Tous ces sous-produits de l’humanité non comptabilisés au bilan de la start-up France, Marque Déposée et Certifiée par la Grâce de l’Académie Françoise, cette vieille dame qui a retrouvé une nouvelle jeunesse en croyant entendre Richelieu renouveler ses lettres patentes, alors que ce n’était que Finkielkraut qui bramait à la cantonade dans un cornet acoustique à l’attention  de ses camarades de fauteuil, son dépit d’avoir été éconduit d’une Assemblée Générale de Nuit debout…

Bonne Année,donc, mister Président, profitez bien de la stupéfaction des foules ébaubies par votre désinvolture de fils à maman, comme celle de  ces cantonniers qui se faisaient insulter par des fils à papa juchés dans leur topolino, juste avant qu’elle tombe en panne sèche à portée de leurs pelles vengeresses…

Les « Vitelloni », le film culte de Fellini, les « Vitelloni », les veaux élevés sous la mère, vous vous souvenez, Président ?

 

 

Une overdose…

Cela ne met pas en cause la popularité de l’artiste. Mais pour beaucoup d’entre nous, le traitement médiatique du décès de Johnny Hallyday a quelque chose de « trop » : trop d’hommages, trop de place dans les médias (5 pages dans L’Alsace du 8 décembre !), trop de cérémonies, trop de TV, trop de larmoyants témoignages… Alors que le président des Etats-Unis Donald Trump prend le risque d’allumer une guerre dont on ne peut connaître les conséquences en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, les médias français tartinent du Johnny jusqu’à l’indigestion. La hiérarchisation de l’information c’est donc cela ? L’émotion remplace la raison, avant le héros national s’appelait Victor Hugo et la référence journalistique Hubert Beuve-Méry. Aujourd’hui, le héros c’est Johnny et la référence c’et Léa Salamé… Décadence ?
L’Alterpresse68

 

On a tous quelque chose du grand Johnny, planqué en Suisse, votant pour Sarkozy … Cet hommage là, c’est le seul que j’ai réussi à apprécier et il a été diffusé mercredi soir, le 6décembre, sur France-Inter dans l’émission de Charline Vanhoenaeker « Par Jupiter », vers 17h30. Néanmoins, on a quand même chargé la bête, jusqu’à l’overdose dans le pathos, les honneurs et la flagornerie. Le concours de celui qui tartine le mieux le « lèche-bottes blues » a marché à fond les manettes et ce n’est sans doute pas fini.

Tout le monde critique le culte de la personnalité des uns et des autres avec raison, mais les mêmes, toujours prompts à donner des leçons de retenue ou de discrétion, ont oublié leurs conseils et sont tombés profondément dans ce qu’ils dénonçaient par ailleurs, cette fois-ci.

On n’a jamais vu un truc pareil, sauf peut-être à la télé et à la radio Nord-Coréenne, qui fait encore un peu mieux dans ce genre d’exercice … sinon, il faut chercher loin. Même du temps de l’O.R.T.F. il n’y avait pas cette façon d’imposer de manière péremptoire le recueillement obligatoire, sur tous les canaux hertziens et dans la presse.

D’ailleurs Mélenchon, une fois de plus, en a fait les frais ! Il n’a pas fait d’hommage vibrant à l’exilé fiscal ! Scandale dans les chaumières et dans les salles de rédaction et la presse « main-stream », à son habitude, a sorti une phrase de son contexte et brodé une histoire incroyable de « non-hommage », déplacé …

Pendant ce temps-là, il y a des gosses et de pauvres hères qui dorment dans la rue, alors que des bâtiments sont vides et chauffés – rien qu’à Mulhouse, dans le secteur de la « Mer Rouge », on pourrait loger du monde – et ça couterait moins cher que les chambres d’hôtel « Formule 1 » et similaires, totalement inadaptés à une vie normale, en famille.

D’autres hommes, oui des êtres humains, sont vendus comme esclaves – mais personne ne pose la question à qui, étonnant non ? Trump délocalise l’ambassade américaine à Jérusalem … tout le monde s’en fiche aussi, malgré un nouveau risque d’embrasement au Moyen-Orient. Pas grave, on pourra vendre de nouvelles armes …

Evidemment que notre Johnny national – enfin très relativement quand même, puisque exilé fiscal, au même titre que beaucoup d’autres de nos vedettes « bankables » – avait du talent et ne se foutait pas de la gueule de son public, mais seulement des français, puisqu’il refusait de participer à l’effort national au titre de la répartition juste des impôts.

Il n’était pas le seul d’ailleurs. Beaucoup de nos millionnaires, soutenus par l’état, au titre de la défiscalisation des oeuvres d’art, qui trouvent que les « charges » salariales sont énormes et invivables pour ces pauvres entrepreneurs du CAC40, disposent d’un exil fiscal, ainsi que bon nombre de nos artistes de la chanson, du cinoche, de la raquette, de la voiture de course … etc.

Ces derniers trouvent eux aussi que la politique fiscale en France est invivable  … Cherchez l’erreur !
Bref, une journée et plus à nous suriner sur toutes les chaînes hertziennes, télévision comprise, au frais du contribuable … chapeau l’artiste !

De Gaulle, Malraux, Jean Ferrat, Cocteau, Pompidou, Mitterrand, Coluche, Balavoine …. beaucoup d’autres avec autant de talent dans un registre différent, n’ont pas eu cet honneur. Il y a même Fabrice Lucchini qui ose la comparaison avec Victor Hugo … on croit rêver !

Et maintenant on parle de funérailles « populaires » et de défilé de quelques 500 motards sur les Champs Elysées. On a déjà oublié la COP 23 et Mme Hidalgo fermera aussi les yeux sur le coût « carbone » de cet évènement hors normes, évidemment.

Tout ça, pour finir dans une caisse, à Saint-Barth, loin de ses fans. Quand on a choisi l’exil fiscal, c’est vraiment pour l’éternité !

Mais de quoi nous plaignons nous finalement ?

Les retraités ont eu droit à une augmentation de leur pouvoir d’achat de 10 euros/mois, le smic  a été bonifié de quelques centimes de l’heure et pour faciliter l’aide au logement, le gouvernement a amputé de 5 euros/mois l’A.P.L. … et supprimé l’ISF !

Ce qui permettra d’acheter encore un yacht et une Porsche ou une Maserati aux « premiers de cordée » et l’effet du ruissellement tant vanté par nos énarques S.D.F. (Sans difficultés financières) sera sans doute fort utile dans certains paradis fiscaux, listés par la Commission Européenne … c’est déjà ça, mais on attend quand même la suite donnée à ces listes avec beaucoup d’intérêt.

pierre dolivet / mulhouse

 

 

Fraudeurs de haut vol… impunément!

Cela se passe dans les allées du Salon aéronautique de Genève, en Suisse. Un journaliste s’est fait passer pour le représentant d’un client fortuné souhaitant s’offrir un jet privé, mais sans payer la TVA sur son achat à plusieurs dizaines de millions d’euros. Rien de plus simple.

Un représentant de Dassault Aviation lui conseille la création d' »une coquille vide » et recommande de passer par l’île de Man et comme par hasard, on trouve dans le salon le stand du cabinet d’avocats Estera, qui livre à ses riches clients ses précieux conseils pour éviter de payer la TVA, « Sur un jet à 50 millions d’euros, c’est 10 millions que vous économisez. J’ai fait ce montage tellement de fois, ça fonctionne parfaitement », assure l’un de ses représentants.

Et voilà comment Dassaut, un grand groupe industriel français, qui vit en partie grâce aux livraisons d’armes à l’Etat français, spolie les finances publiques de la TVA que vous et moi devons acquitter rubis sur ongle pour tout ce que nous achetons.

C’est la nouvelle enquête du consortium de journaliste exploitant plus de 13 millions de documents qui ont fuité du très célèbre cabinet d’avocats Appleby, installé aux Iles Bermudes, qui a permis la pugnace Elise Lucet de lever ce nouveau lièvre. Ce qu’on nomme à présent les Paradise Papers révèlent que des multinationales et particuliers très fortunés tentent de réduire au maximum le coût de leurs impôts avec l’aide de cabinets d’avocat utilisant les failles du système fiscal.

Ces placements offshore ne sont donc pas taxés et coûtent près de 350 milliards par an, dont 20 milliards à la France.

Déjà l’an dernier, les Panama Papers cette fois-ci, avaient épinglé des actionnaires et entreprises qui planquaient leur argent dans les paradis fiscaux pour ne pas payer d’impôts. Même une quinzaine d’Alsaciens faisaient partie de ces bons citoyens fraudeurs en bonne compagnie il est vrai avec Michel Platini, l’homme propre de l’UEFA viré de son poste pour d’autres joyeuses libertés prises avec le fric, Jérôme Cahuzac, la famille Balkany… et 128 responsables politiques, hauts magistrats, président de banque centrale, ministres, députés…

Cette fois-ci on retrouve à nouveau des pointures de l’économie et de la politique mondiale y compris l’homme le plus riche de France, M. Bernard Arnault, plus de 61 milliards de dollars de patrimoine, une fortune estimée à 41,5 milliards de dollars et un revenu annuel de 96 millions d’euros en 2017.

Eh bien, il n’y a pas de petit profit : les documents d’Appleby dévoilent que M. Arnault a placé des actifs dans six paradis fiscaux différents. C’est ainsi qu’il a utilisé une société basée sur l’île de Jersey, territoire britannique faut-il le rappeler, pour acheter un terrain de 129 ha près de Londres, à lui seul vaudrait « un peu moins de 15 millions d’euros », et construire une propriété de 4.300 m2 dont les coûts seraient « bien supérieurs à 3,4 millions d’euros ». Il a aussi acheté, grâce à une société basée à Malte, autre paradis fiscal, pays membre de l’Union européenne, un yacht de 101 m de long estimé à 130 millions d’euros.

Autre exemple : Whirlpool, vous savez cette entreprise états-unienne qui veut fermer son usine d’Amiens pour l’implanter en Pologne pour profiter des salaires plus bas. Eh bien, son implantation mondiale lui permet de faire remonter tout le fruit de ses ventes vers une filiale aux Bermudes… pays dans lequel on ne paye pas d’impôts sur les bénéfices.

Révoltant pensez-vous ? Oui, mais contrairement aux Panama Papers, tout cela n’est pas illégal. D’ailleurs Bernard Arnault revendique même cet exercice appelé optimisation fiscale. Mais évidemment tout cela est difficile à justifier à des citoyens auxquels on explique chaque jour qu’il faut se serrer la ceinture, qu’il faut accepter de payer plus d’impôts, plus de CSG, qu’il faut retirer 5 euros des APL, qu’il faut supprimer les allocations familiales.

Alors branle bas de combat : Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics monte sur ses ergots et promet des « sanctions comme jamais contre les fraudeurs ». Oui, mais ils ne sont pas fraudeurs, M. le ministre. Ce sont des optimiseurs, nuance.

Et si M. Arnault achète son yacht de 130 millions à Malte c’est parce que la TVA y est de 5% au lieu de 20 en France : économie de 20 millions d’euros à la clé ! Et à Jersey pas de TVA du tout, juste une taxe générale de 3% sur les biens de consommation et service.

Continuer à dénoncer ces turpitudes financières sans dire clairement qu’elles sont inhérentes au système capitaliste et que la culture du profit à tout prix et le plus rapide possible ne peut s’embarrasser de notions de moralités. Et puis, compter sur notre président des Riches pour élever une digue efficace contre l’optimisation fiscale, c’est comme attendre du Pape qu’il réhabilite les Hérétiques ou de M. Juncker qu’il change la fiscalité au Luxembourg…

Michel Muller

Votez Le Pen ou Fillon… et vous sauverez Fessenheim!

Connaissez-vous Claude Brender ? C’est l’actuel maire de Fessenheim qui ne néglige rien pour garder sa centrale en activité quoi qu’il en soit… Il peut compter sur l’appui des présidents de la Grande Région, Philippe Richert, mais aussi sur celui du RSA-Killer Eric Straumann, du conseil départemental, des syndicats pour une fois unis comme les doigts de la main, une partie de la population de Fessenheim aussi. Continuer la lecture de Votez Le Pen ou Fillon… et vous sauverez Fessenheim!

« Trumperies »: 1 millions de femmes dans les rues…

Vous n’avez évidemment pas pu échapper aux « trumperies » désormais quotidienne. L’inattendu président des USA n’a pas attendu longtemps après son investiture pour agir : remise en cause de l’assurance maladie instaurée par Obama, affichage de sa politique par un tonitruant « America first »…

Les déclassés qui ont voté pour lui, eux, n’ont pas encore eu droit à la moindre mesure en leur faveur.
On se dit que le Parti démocrate va immédiatement réagir, que les syndicats vont manifester, que les classes populaires vont rugir… Mais rien à part les communiqués indignés traditionnels dont tout le monde se fiche.

Un flop monumental… jusqu’à ce que vous, mes sœurs, vous les femmes américaines, vous preniez les choses en main avec le seul soutien de ce bon vieux Bernie Sanders.

D’abord Trump vous a humiliées, vous a ramené à un simple objet et un objet, ça n’a pas de droit. Alors, hop, on va commencer à en détruire un, emblématique, le droit à l’avortement… Et là, mes sœurs adorées, vous n’avez pas attendu la consigne de je ne sais qui et vous êtes descendues dans la rue.

Tout est parti d’une initiative personnelle d’une ancienne avocate Teresa Shook, triste et déprimé après la victoire de Trump qui a trouvé sur Internet des filles dans le même état qu’elle et elles ont considéré qu’il fallait faire quelque chose pour se sentir moins triste. Pourquoi pas une marche ?

Ce n’est pas une poignée de militantes qui ont réagit, mais elles furent 400.000 à New York, 175.000 à Boston, 100.000 à Denver, des millions à travers le monde, aussi à Paris, Lyon, Marseille pour la France…

A la manif de Paris, beaucoup, énormément de femmes américaines résidant dans la capitale. Mais aussi des franciliennes, donnant ainsi à la protestation contre Trump une dimension réellement internationale.

Vous avez été les seules, mes sœurs, à trouver la bonne réponse adéquate. Loin des discours creux et insipides de ceux qui dénoncent Trump sans pour autant agir… C’est vous qui avez créé l’événement politique de la semaine… et peut être pour celles qui vont venir
Oui, ce que fait Trump ne menace pas les seuls citoyens américains, les féministes françaises présentes au Trocadéro ont saisi que leur propre conquête du droit à l’IVG est menacé par le grand (faux)blond à la chaussure brune.

Trump n’est qu’un aspect de la vague réactionnaire qui est en train de déferler sur le monde. Quand les partis d’extrême-droite européenne, dont le FN et l’AFD se réunissent à Coblence pour saluer la victoire du résident de la Maison Blanche, quand Bepe Grillo, du Mouvement 5 étoiles italien clame « La politique internationale a besoin d’hommes d’Etat forts comme Trump et Poutine »… et je pourrai en citer beaucoup d’autres, nous glissons vers un monde autoritaire, sécuritaire et réactionnaire… en attendant « mieux »!

Et comme toujours dans cette vision de la société, ce sont les femmes les premières victimes, celles auxquelles ont réduit les droits dont ceux de l’égalité des genres.

Mais non, c’est vous mes sœurs qui avez encore une fois prouvé que la femme est bien l’avenir de l’Homme… Et là, je m’incline bien bas et vous dis tout simplement: Respect…

Michel Muller