Archives pour la catégorie Culture

« Nos années françaises » : l’Alsace autrement…

marie hart a bal liebezell

Un jour, il y a bien longtemps, Daniel Muringer, notre chanteur alsacien grand explorateur d’archives littéraire et musicale, me demanda : « Connais-tu Marie Hart ? ». Je du avouer mon ignorance et grâce à la mise en musique d’un poème j’ai découvert la plus grande poétesse alsacienne. Sans pour autant pouvoir lire ses livres car aucun éditeur alsacien ne publie cette figure incontournable de la littérature alsacienne.

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Alsacien interdit de mémoire : Joseph Rossé

MICHEL KREMPPER

https://www.mixcloud.com/radio-mne/un-autre-son-de-cloche-du-1er-juin-2016/

L’Alsace commence enfin à s’interroger sur son histoire. Sa « disparition administrative » engagée par une réforme territoriale absurde et stupide, ne lui enlève en rien son passé et sa singularité au sein de la république française. Encore faut-il qu’elle se réconcilie avec son histoire et qu’elle l’accepte telle qu’elle est et non pas telle qu’elle a été réécrite par ceux qui veulent effacer sa mémoire. La biographie de Joseph Rossé qui vient de paraître sous la plume de Michel Krempper, avec une préface d’Andrée Munchenbach et éditée chez Yoram, s’attelle à cette difficile mais indispensable tâche.

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Voyage aux pays des déchets nucléaires

(Documentaire programmé sur Arte le 11 mai 2016 à 9 h).

Aux quelque 380 000 tonnes de détritus hautement radioactifs accumulés depuis 1943 dans le monde s’ajoutent environ 10 000 tonnes chaque année, émanant des 398 réacteurs opérationnels actuellement dans 31 pays. Durant cinq ans, Edgar Hagen avait accompagné aux quatre coins du globe le physicien écossais Charles Mc Combie, un expert du «rangement» définitif. Continuer la lecture de Voyage aux pays des déchets nucléaires

Au cinéma: « Dalton Trumbo »

Tout comme dix de ses confrères scénaristes, tout autant que réalisateurs et producteurs, Dalton Trumbo fut une victime de la paranoïa anticommuniste qui saisit les Etats-Unis, sous le triste patronage du « House Un-American Activites Commitee », et la férule de son principal sectateur, un certain Joseph McCarthy.

Le réalisateur Jay Roach restitue dans son film éponyme la lente disgrâce de ce scénariste hollywoodien prolifique et multi-oscarisé, l’un de ceux qui eurent le plus à pâtir de l’hystérisation de la vie politique américaine sous l’ère Eisenhower, obnubilée alors par le fantasme de l’invasion soviétique et l’atteinte à ses valeurs cardinales.

Campé par un formidable Bryan Cranston (que l’on a découvert dans la série « Breaking bad ») tour à tour matois, tyrannique et intensément humain, Dalton Trumbo cultive avec ferveur le vaste sillon des thrillers politiques à l’américaine, tout en en creusant la veine du « biopic ». Un tantinet académique par son traitement, il vaut surtout pour être une convaincante étude de caractère, interrogeant la valeur de la rectitude morale et de la force de conviction en milieu (très) hostile. Servi par des dialogues habilement ciselés et une mise en scène tirée au cordeau, Dalton Trumbo peut-être vu comme une ode au courage et à la fraternité, passés par pertes et profits au milieu des survivances idéologiques américaines les plus rétrogrades, dont le candidat à la Maison blanche Donald Trump est la toute dernière manifestation.

 

« Dalton Trumbo »

Réalisation : Jay Roach

Avec : Bryan Cranston, Diane Lane, Helen Mirren…

Durée : 124 min.

A voir notamment au Palace à Mulhouse et au Colisée à Colmar.

Comprendre l’autonomisme alsacien : deux ouvrages à ne pas rater!

La question de « l’autonomie » de l’Alsace est revenue en force avec l’insertion contrainte de la région dans une méga-région dont l’immense majorité de ses habitants ne voulaient pas. L’apparition d’un parti qui se revendique « régionaliste » et « autonomiste », Unser Land, 3e formation politique en Alsace devant le PS, montre que les citoyens alsaciens sont sensibles à cette idée. Et dès lors, le monde politique, voire au-delà, commence à s’agiter : tout le monde a évidemment un avis sur « les autonomistes », le plus souvent tranché et définitif. Il est pénible alors, d’écouter ou de lire des propos à l’emporte-pièce, des analyses sommaires, des arguments basés sur une histoire de l’Alsace tronquée et orientée. Bref, tout cela est le fruit d’une réelle ignorance de l’origine du mouvement autonomiste en Alsace qui est à nul autre pareil.

Deux auteurs se sont attelés à la tâche pour donner les éléments historiques indispensables pour que les Alsaciens se réconcilient avec l’histoire de l’autonomisme: Bernard Wittmann, à partir d’une biographie de Jean Keppi, une des figures marquantes d’une des tendances autonomistes alsaciennes et Michel Krempper dont le livre « Aux sources de l’autonomisme alsacien-mosellan 1871-1945 » qui détaille savamment la naissance, le développement et l’affaiblissement de l’autonomisme durant cette période. A lire, et après on pourra discuter…

Les Alsaciens attachés à leur identité

Mais qu’est-ce à dire « l’identité alsacienne » ? Les uns l’analyse par son emplacement géographique, sa langue, son « savoir-vivre », les vicissitudes des changements de « camp » de la fin du XIXe au XXe siècle… Depuis 1945, époque où tout ce qui pouvait rappeler le passé germanique alsacien devait être expurgé, les Alsaciens ont baissé la tête. Ses élus politiques les premiers : ils ont été les instruments ou du moins ils ont accepté, de culpabiliser les habitants Continuer la lecture de Comprendre l’autonomisme alsacien : deux ouvrages à ne pas rater!

Nadia Hoog, UL, interpelle le Conseil départemental : les voyants rouges de la culture alsacienne

Nous publions volontiers la lettre ouverte que Nadia Hoog, de la section Unser Land de Colmar et une des personnalités émergentes dans le paysage politique alsacien, a adressé aux Conseillers départementaux du Haut-Rhin. Cette lettre a le mérite d’exiger des élus de mettre en oeuvre les promesses électorales voire les postures « régionalistes » qui ne sont jamais suivies d’actes concrets. Il y a là de quoi dynamiser l’activité culturelle en Alsace pour peu que les conseillers départementaux prennent cette question au sérieux. 

« Pourquoi protéger l’Alsace ? Vous entendez régulièrement dire : « Même au sein de l’ALCA, la culture alsacienne ne disparaîtra pas, les Alsaciens seront toujours là, sa langue aussi d’ailleurs ». C’est oublier qu’il y a des critères objectifs pour mesurer la vitalité d’une culture, et tous les voyants sont au rouge.

La langue en premier : ce n’est pas le nombre de locuteurs qui assure son avenir mais leur âge, or  moins de 3% des enfants entrant en maternelle parlent alsacien. Ce qui signifie que si l’alsacien, comme le français en son temps, ne devient pas langue de l’école maternelle, il ne sera plus parlé dans 30 ans. C’est oublier aussi qu’une langue n’est pas un outil de traduction mais un vecteur de culture. La langue oriente notre façon de penser et nous permet d’accéder à des trésors culturels qui forgent notre vision de la vie pour trouver des solutions aux problèmes de l’avenir. Perdre une langue c’est appauvrir sa pensée, perdre l’alsacien c’est engloutir un trésor millénaire.

Quelle culture ?

Quelle culture me direz-vous ? Ceux qui vous disent que la culture alsacienne ne disparaîtra jamais parlent généralement de choucroute, de bretzel et de vin blanc, accompagné de quelques mots grivois en alsacien pour donner le ton.

Soyons basiques : la culture française s’apprend à l’école avec près de 10 heures hebdomadaires obligatoires. C’est normal, me direz-vous, comment apprendre la littérature, l’histoire, l’art et tout ce qui fait l’importance et la beauté de la culture française si ce n’est pas dans le programme scolaire des enfants ? Peut-on réduire la culture française à un pot-au-feu qu’on apprend avec sa mère ? Alors comment imaginer que la langue et la culture alsaciennes doivent se transmettre avec les grands-parents, entre l’épluchage des patates et des navets ? Soyons sérieux !

Parlez-moi de l’Alsace et récitez-moi un poème de Claude Vigée, rappelez-moi quand Louis XIV a soutenu les Suédois pour « nettoyer » l’Alsace, terre des Habsbourg et en prendre possession ? Présentez-moi  les œuvres majeures de la peinture rhénane au 15ème et 16ème  siècle ? Expliquez-moi l’apport de l’Humanisme dans la construction de la pensée européenne ? Parlez-moi de l’importance du transport fluvial dans le développement économique du bassin rhénan ! Vous ne savez pas ?! Auriez-vous perdu votre culture… ?

Maintenant, vous avez le choix : vous résigner et continuer à vous enivrer de paroles rassurantes car bière et vin blanc coulent à flots, ou lutter pour construire l’Alsace de nos enfants, comme vous l’ont demandé les Alsaciens lors des dernières élections.

Assumer vos responsabilités !

En tant qu’élus Alsaciens, vous êtes responsables de l’avenir de notre langue et de notre culture. Cette responsabilité va s’exprimer prochainement dans les priorités budgétaires que vous allez fixer courant de ce mois. Le budget 2015 avait fixé à 0.001% la part allouée au bilinguisme, une somme nettement insuffisante au regard des besoins linguistiques du département. Il est prévu de baisser davantage cette part, ce qui revient à tuer délibérément le peu de classes bilingues existantes et de dire clairement aux Alsaciens que vous n’êtes pas de ceux qui défendront l’Alsace. Ce n’est pas sur notre culture et encore moins sur des sommes aussi ridicules qu’il faut faire des économies. Au contraire, une politique volontariste doit accorder au moins 1 % de son budget à la langue régionale, et en particulier au développement des classes immersives et aux activités en alsacien. Vous ne pourrez pas vous réfugier cette fois-ci derrière le « c’est pas nous, c’est le gouvernement », car bien que l’on puisse entendre la baisse des dotations, c’est vous et vous seuls qui fixez les priorités.

L’identité de l’Alsace, au sein de cette méga région, doit rester une priorité pour notre département.

Nadia Hoog

Conseil culturel d’Alsace Lettre ouverte au Président Richert – Lectures de René Schickelé

langues

Monsieur le Président,

La revendication en faveur de la création d’un Conseil culturel d’Alsace (CCA) est ancienne. Elle remonte aux années 70. Elle a été reformulée maintes fois au cours des dernières décennies, y compris lors des Assises de la langue et de la culture régionales (2013-2014). Au début de l’année 2015, l’Initiative citoyenne alsacienne (ICA), que je préside, lançait un Appel en faveur de la création d’un Conseil culturel d’Alsace (voir pièce jointe). Extrait : « Nous en appelons aujourd’hui au Conseil régional d’Alsace pour qu’il décide avant sa dissolution la création d’un Conseil culturel d’Alsace. Ce qui est en son pouvoir ! Par la suite, le nouveau Conseil régional de la grande région (ALCA) devra garantir son maintien en tant qu’organe consultatif. » Ce qui était souhaité, c’est un Conseil culturel, organe consultatif du Conseil régional dont il constituerait un élément, une partie intégrante. Continuer la lecture de Conseil culturel d’Alsace Lettre ouverte au Président Richert – Lectures de René Schickelé

L’alsacien pas assez « subtil » pour l’adjointe… à la culture régionale

Un de nos lecteurs nous fait parvenir cette réaction que lui a inspiré les contradictions que manient l’adjointe déléguée à la langue et  à la culture régionale de la ville de Mulhouse. Ce poste serait-il un simple gadget pour duper ces nombreux Alsaciens attachés à la préservation de leurs droits et cultures. Continuer la lecture de L’alsacien pas assez « subtil » pour l’adjointe… à la culture régionale

QUAND LE FRONT NATIONAL SE MÊLE DE CULTURE

Nous avons échappé au pire, pense-t-on. Une preuve nous est donné par cet article de Daniel Muringer sur les propositions culturelles du FN. Mais la « lepénisation » des esprits n’a pas disparue avec ces élections régionales, bien au contraire, le nombre de voix recueilli par l’extrême-droite en atteste. Et on sait combien les autres partis qui aiment « l’ordre » ont parfois des tentations coupables. Alors, mieux vaut savoir à quoi on a échappé pour que ce ne soit pas servi par d’autres, avec un ruban autour….

L’Alterpresse68

Le FN s’est longtemps désintéressé de la culture, la traitant plutôt avec mépris, d’autant que le monde artistique a toujours manifesté une forte hostilité à son égard. Continuer la lecture de QUAND LE FRONT NATIONAL SE MÊLE DE CULTURE